NIJNI-NOVGOROD
300.000 marchands de toutes les provinces de la Russie et de l'étranger et donne lieu à des transactions dont l'ensemble a été, en 1899, de 161,9 millions de roubles.
Bien qu'en décadence, les foires russes conservent une importance considérable : d'après les derniers relevés du Comité central de Statistique, il y avait en Russie, en 1894, 16.604 foires, dont les transactions ont atteint ensemble 1.061 millions de roubles. Le développement des chemins de fer, des postes et des télégraphes, le crédit plus accessible et à bon marché, la multiplication des maisons de commission ont sensiblement diminué l'utilité de ces marchés locaux. La foire de Nijni ressent pourtant moins que les autres l'influence de ces nouveaux agents économiques. Il est vrai que le chiffre des transactions y baisse depuis un certain nombre d'années (valeur des marchandises vendues en 1881, 243 millions de r. ; en 1887, 186; en 1899, 162), mais il reste considérable ; les formes du commerce s'accommodent d'ailleurs facilement aux nouvelles exigences : la foire se tient maintenant dans des bâtiments en pierre ; on y négocie de plus en plus sur échantillons, sans déplacement réel de la marchandise.
Il n'y a pas d'entrepôt de douane. Toutes les marchandises doivent acquitter les droits d'entrée, et il n'y a pas à songer à en obtenir le remboursement lors de leur sortie, au cas où elles ne seraient pas toutes vendues.
La patente initiale de première guilde, qui donne le droit de faire le commerce dans toute la Russie,, coûte 500 r. Elle ne dispense d'ailleurs ni de la patente spéciale à la foire de Nijni, ni du payement des droits proportionnels qui frappent le commerce en Russie.
Le Transsibérien fera certainement perdre à la foire de Nijni certains marchés, et son influence se fait déjà sentir; mais il ouvrira de nouveaux débouchés, et en fin de compte il ne diminuera pas l'importance de Nijni, au moins jusqu'à ce que le commerce de la Russie d'Asie revête les formes européennes : les marchandises se vendant d'après des prix courants, des bourses, des banques, des succursales de marchands en gros étant fondées dans les principaux centres. Il faut encore noter que les oscillations qu'on peut constater dans les chiffres de la valeur annuelle des transactions à la foire de Nijni s'expliquent par une influence directe des récoltes sur les résultats de cette foire. En 1899, la valeur des principales marchandises vendues à la foire de Nijni a atteint, en millions de roubles :
Produits en coton 56,5
Laine 4,2
Peaux 6 »
Produits en laine 12,8
Pelleteries 8»
Cuirs tannés C,C
Métaux 10,1
Objets en métaux 2,6
Tlié 14,6
Articles de toilette... 3,2
Drogues 3,3
Produits coloniaux. . . 6,8
Tabac 2,9
Produits en graisse et
parfumerie 2,2
Confection 2,1
La foire s'ouvre le 15/28 juillet et bat son plein da 25 juillet au 5 août; le 15 août elle se vide; le 25 les pavillons sont descendus, et le 10 septembre les bureaux de l'administration et toutes les boutiques se ferment. L'époque la plus favorable pour les transactions varie chaque année et dépend do diverses circonstances ; toutefois, il n'y a pa& lieu d'arriver à Nijni avant la fin de juillet ou les premiers jours d'août (v. s.).
Le commerce des cotonnades y occupe le premier rang ; elles sont importées de Moscou, d'Ivanovo-Vosnessenk, d'Orekhovo-Zouevo, de Saint-Pétersbourg et de Lodz. Les fabricants de ces quatre premières villes possèdent ordi-