‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 620 sur 1134 · NOIR ANIMAL · texte numérisé non relu

NOIR ANIMAL

Bombay à Madras. Haïdarabad possède un hôtel des monnaies oîi sont frappées les roupies qui ont cours dans le royaume. NIZAM (LE). Diamant célèbre. V. Diamant. NOEUD. Le nœud est l'unité de vitesse de marche d'un navire. Pour mesurer cette vitesse, on se sert d'une corde légère, longue, appelée loch, à l'extrémité de laquelle est Qxée une planchette de bois, dite « bateau ». La planchette, lancée à l'eau à l'arrière du navire, y reste à peu près immobile, tandis que le navire continue sa marche. La corde du loch porte des nœuds à intervalles réguliers de 15 m. 43. On compte les nœuds qui défilent successivement par-dessus bord à partir du moment où l'on a commencé l'opération, en même temps qu'on renversait un sablier de 30 secondes. Le sablier vide, on arrête | la corde. Si l'on a compté 20 nœuds pendant cette | demi-minute, on dit que le navire « file » 20 nœuds | à la demi-minute, soit 20X1» m. 43=308 m. 60. On sous-entend « à la demi-minute » et l'on dit simplement que le navire file 20 nœuds. Le nœud est la IZO* partie du mille marin de 1.852 m., de même que la demi-minute est la 120« partie de l'heure; d'où il suit que 20 nœuds à la demi-minute c'est ' exactement 20 milles à l'heure. En 1846, les vapeurs j ne marchaient guère à plus de 7 à 8 nœuds; aujourd'hui les paquebots à grande vitesse dépassent 20 nœuds, soit 37 kil. 04.

NOIR AXI-M.VL, dit aussi noir d'os ou charbon animal. Syn. : Angl. : Bone Black. Allem.: Beinschirarz. Ital. : yero d'osso.) C'est le produit de la calcination, en vases clos, de matières animales, ordinairement des os, parfois du sang ou de la chair musculaire, des tendons, des cornes, des plumes.

Les os frais, d'abord dépouillés de leur graisse par ébullition dans l'eau, sont calcinés dans des fours à cylindres verticaux en terre ou en tôle, d'une capacité de 25 litres environ, qui envoient, par un tube de dégagement, dans une caisse remplie d'eau, l'ammoniaque provenant de la décomposition. Cette calcination ayant été menée très régulièrement, le noir est concassé ensuite par des cylindres en fonte cannelée et les grains classés d'après leur grosseur. Dans les usines où l'on fabrique de grandes quantités de noir animal, les fours sont disposés sur deux rangs, et il n'y a pas de temps d'arrêt pour le refroidissement efcle rechargement; on détourne sans attendre que les vases soient complètement refroidis. Certains appareils sont munis, entre les fours, d'un fourneau de revivification, qui reçoit la chaleur perdue venant des fours précédents.

On obtient avec 1.000 kilog. d'os ou980kilog. d'os secs débouillis (c'est-à-dire restés longtemps à l'air et dégraissés par le sulfure de carbone) : 475 kilog. de charbon en grains, 125 de charbon fin, 60 de graisse. Le noir animal contient environ 10 % de charbon, 82 de phosphate de chaux, 3 de carbonate de chaux, 3 de silice, etc. Sa valeur est proportionnelle à son pouvoir décolorant et à sa capacité d'absorber les sels de chaux. Certaines mattères accroissent son pouvoir décolorant : la calcination avec la potasse le décuple, avec le carbonate de potasse le rend encore deux fois plus grand, c'est-àdire vingt fois plus que le charbon d'os ordinaire à pouvoir normal.

La condensation, dans les pores des grains, des matières colorantes et des sels de chaux met bientôt le noir animal hors d'usage; on le régénère par

les procédés connus sous le nom de revivification. On emploie pour cela des fours de divers modèles: l'un des plus connus a deux foyers, contient 64 tuyaux et revivifie 140bectol. de noir environ dans les 24 heures.

Le noir animal est surtout utilisé par l'industrie dans la préparation et le raffinage du sucre, dans la fabrication des produits chimiques comme agent décolorant, dans la purification de certains produits organiques; mais on le lave au préalable à l'acide chlorhydrique, qui le débarrasse des carbonates de chaux et de magnésie et des phosphates qu'il contient d'ordinaire. Il sert encore à purifier les eaux stagnantes ou trop calcaires, dont il retient les matières organiques et les sels de chaux, à raison d'environ 4 kilog. par hectol.

Le noir d'ivoire est préparé comme le noir d'os, mais avec des rognures d'ivoire on des résidus de tabletterie.

Les noirs de Cassel, de Cologne, de velours sont obtenus par la calcination des os de pied de mouton bien nettoyés. Réduits en poudre fine, ils servent surtout, ainsi que le noir d'ivoire, comme matière colorante et comme composants du cirage. (Voy. Noirs.)

Le noir de cerf se prépare avec le bois de l'animal et de la même manière que le noir d'ivoire, mais il est moins estimé que celui-ci.

Le noir d'.illemagne est un mélange de noir d'os et de lie de vin calcinée; il constitue, une fois délayé dans de l'huile, l'encre pour impression en taille-douce. Il est d'une nuance plus rousse ou plus grisâtre que le noir de fumée, il est aussi moins léger. Le noir de prussiate, qui est un résidu de la fabrication du prussiate de potasse, possède un pouvoir décolorant égal à celui du noir d'os; on l'utilise surtout pour le blanchiment de la paraffine.

Quand le noir animal a épuisé son pouvoir décolorant ou absorbant et est devenu impropre aux usages industriels, on s'en sert encore comme engrais, après l'avoir pulvérisé ou dénaturé par l'addition de 10 Vo de son poids d'acide sulfurique ou par l'un des procédés en usage pour la dénaturation des sels destinés à l'agriculture. Un autre moyen de dénaturation est l'incorporation des matières fécales dans la proportion de 5 '/, du poids du noir. Celui-ci est disposé en cuvette sur le sol : après versement des matières dénaturantes, il est relevé et brassé jusqu'à complet mélange.

Le noir d'engrais ou de raffinerie est souvent falsifié; on y ajoute, pour augmenter son poids et son volume, du charbon de bois ou de tourbe, de la houille, du carbonate de chaux noirci, des schistes argileux ou bitumineux, des scories de forge, de la terre glaise, etc.

Commerce. — De 1887 à 1896. l'import. (C. S.) de noir d'os oa noir animal a été, en moyenne annuelle, de 3 millions 926. 186 kilog. évalués 981.547 fr.; l'expert. (C. S.) a été en moyenne annuelle, pour les trois périodes décennales 1867-76. 1877-86, 1887-96, respectivement : de 20.170.30* kilog., 39.366.172 et 37.977.531.

En 1897, nous avons importé (C. S.) 1.654.000 kilog. de noir animal à 0 f r. 25 le kilog., et en 1898 1.966.856 à Ofr. 22 le kilog. E. V. D. Nos principaux fournisseurs sont: l'Angleterre (673.020 kilog. en 1897 et 724.288 en 1898), la Belgique (254.032 et 487.112), les Pays-Bas (428.187 et 337.152) ; puis viennent la Russie (128.975 et 216.161} et l'Allemagne (109.924 et 157. %9), etc.

En 1897, nous avons exporté (toujours au C. S.) 596.836

Page 1