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NOIRS

kilog. à 0fr.2o le kilog., et en 1898 1.038.440 à 0 fr. 22. Nous fournissons surtout à l'Angleterre (93.097 kilog. en 1897 et 354.314 en 1898), à la Belgique (64.447 et 167.935), puis, en proportions beaucoup moindres, à l'Espagne, à l'Italie, à la Suisse. Notre export, en Allemagne, qui avait été de 73.109 kilog. en 1897, est tombée à 28.338 en 1898. La Guadeloupe est un de nos meilleurs clients (170.970 kilog. en •897 et 237.382 en 1898), et l'Algérie a presque doublé ses demandes d'une année à l'autre (de 08.997 à 110.337).

Douanes. — Le noir animal ou noir d'os paye 3 fr. d'entrée au T. G., 2 fr. au T. M. les 100 kilog. li. On y assimile le noir de prussiate. Le noir ayant servi et destiné à la fumure des terres est exempt de droits aux deux tarifs, «omme « Engrais autres».

NOIR D'ESPAGNE ou Nom de Liège. Liège brûlé ou carbonisé (soumis aux mêmes droits d'entrée que le noir de fumée). (Voy. Noms : Couleurs.)

NOIRS. (Couleurs. ) Le noir n'est pas, à proprement parler, une couleur. Quand un corps absorbe tous les rayons lumineux dans lesquels se décompose la lumière blanche, nous disons qu'il est noir. D'après cela, si le spectre solaire (image produite par tous les rayons composant la lumière blanche) vient se former sur un drap noir, l'image doit être invisible. Mais cette vérification ne peut être exacte, car aucun noir n'est parfait. Le plus beau drap noir d'Elbeuf, de Sedan, paraît toujours un peu violet dans la partie violette du spectre.

Aussi, dans la pratique, on dit que rien n'est plus difficile à rassortir que le noir. Il y a, eu effet, des noirs violets, des noirs un peu orangés (noirs suie), des noirs verdàtres, etc. Une couleur très foncée finit par s'approcher du noir: ainsi le bleu de Prusse très foncé paraît noir, et quand le peintre en décors veut avoir un très beau Hoir, il ne manque pas d'y ajouter du bleu de Prusse en forte proportion.

Les couleurs lumineuses, comme le jaune et le reuge, tendent aussi vers le noir quand elles sont en masses épaisses : ou, du moins, vers les différents bruns, qui ne sont autre cliose que des mélanges, naturels ou artificiels, de noir avec diverses couleurs. On a ainsi des bruns jaunes, des bruns rouges, etc. Citons seulement la gomme guUe : en masse, elle est d'un brun jaune assez foncé; en couche mince, elle est d'un jaune clair très vif.

Presque tous les noirs employés dans les arts sont à base de charbon.

Le charbon de bois, réduit en poudre impalpable en le faisant tourner dans des tonnes avec des billes de fonte ou de bronze, donne un noir à très bon marché, utilisé pour les peintures en détrempe, les papiers peints, etc. Mais il est plutôt gris foncé que noir : le gris étant formé d'un mélange de noir et de blane, plus ou moins modifié par l'addition de quelque autre couleur. C'est ainsi qu'on obtient les innombrables gris mode, gris tourterelle, gris de fumée, etc.

Le charbon des bois très durs, des noyaux de pêche surtout, est d'un beau noir foncé, usité même dans la peinture à l'huile.

Le noir de vigne, qui s'obtient par la calcination en vase clos des marcs de raisins (après distillation), oet aussi d'une belle teinte foncée: il sert de base à !ï fabrication des encres pour le tirage des gravures en taille-douce.

Les noirs d'os ou d'ivoire, fabriqués avec les déchets d'os durs ou d'ivoire, sont très employés surtout dans la peinture à l'huile.

Mais les noirs les plus usités sont les noirs de

fumée, dont les variétés sont nombreuses. La plus inférieure se recueille dans le nettoyage des grandes cheminées d'usine. Ce noir est mêlé de beaucoup de cendres et ne convient que pour les peintures les plus communes, celles de la marine, par exemple.

Le noir obtenu en faisant briiler incomplètement des résidus de matières résineuses et recueillant le noir déposé par la fumée dans une grande chambre, est le plus employé. Il sert de base à la fabrication des encres d'imprimerie, à la peinture, etc. Quand on veut l'obtenir pur, il faut le mélanger peu à peu avec de l'acide sulfurique concentré et agiter avec soin, à plusieurs reprises. Puis on délaye peu à peu dans une grande quantité d'eau : on lave le dépôt par décantation et on termine par un lavage avec de l'eau contenant un peu d'ammoniaque, de manière àsaturer les dernières traces d'acide. On sèche ensuite avec précaution.

' LeHotrdeto/»7?es'obtientaveclafumée de grosses lampes à huile ou à pétrole, en recueillant le noir dans une série de sacs de toile serrée. C'est ce genre de noir qui sert à la préparation des belles encres de Chine et du Japon.

Sous le nom de noir minéral naturel, on désigna notamment le noir d'Angleterre ou noir de Grant; c'est une sorte d'argile très fine et très noire, qu'on importe en poudre ou en morceaux réguliers. Le noir de terre est une sorte de charbon fossile, tendre et gras au toucher, employé surtout par les peintres pour les tracés d'esquisse, soit sur la toile, soit à fresque.

Citons encore le noir de schiste, produit d'un noir foncé, qui n'est autre que le résidu de la distillation des schistes bitumineux d'Autun.

Enfin, le noir d'aniline, couleur absolument indestructible et d'un noir un peu violet ou un peu verdàtre, est employé depuis plus de dix ans par les meilleurs fabricants d'encres typographiques ou lithographiques'.

Comme singularité, il faut citer le noir physique des fabriques de papiers peints. C'est une laque noire au campêche provenant des bains de teintures en noir, après épuisement.

Noirs vHrifiables. — Aucun des noirs indiqués précédemment ne peut servir comme couleur vitrifiable : car tous ces produits sont détruits par l'action du feu. On prépare aisément des noirs pour les poteries, les verres et les émaux avec des mélanges d'oxydes de cobalt, de fer et de manganèse. Employé seul, le premier donne un bleu foncé; le second, un brun jaune; le troisième, un violet foncé, un peu rougeàtre. Avec ces (rois éléments, en proportion couvenable, on réalise un très beau noir, déjà connu des anciens céramistes. L. Guignet,

Directeur honoraire dos tointures à la Manufacture des Gol)elinS.

CoMMEiiCE. — Voici les chiffres d'iaiport. et d'export.

1. La Société des Ingénieurs civils a reçu en 1900 une intéressante communication sur la production d'un nouveau noir, le «noir d'acétylène», provenant de l'utilisation des déchets dos usines à carbure de calcium. L'inventeur, M. Hubon, introduit un mélange d'acétylène et d'hydrogène sous pression dans un récipient de résistance appropriée, et il provoque l'explosion au moyen d'un courant électrique. Le noir se dépose en masse sur les parois du récipient, à raison d'un kilog. jiar mètre cube d'acétylène.

Ce noir renferme 99,8°,, île carbone pur et sa composition est constante. Il est noir bleuté, non roux, comme les autres noirs, dont la teneur de carbone ne dépasse guère 90 7'. ; il est soc, extrêmeuicnt ténu et peut se mélanger, en toutes proportions et sans dépôt, aux huiles, gommes, essences, etc., -pour les encres, cuirs vernis et cirés, laques, cirages, impressious sur étoffes, etc. Il convient parfaitement au tirage des dessins et épreuves lithographiques et typographiques, qui se conservent bien, sans jaunir.

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