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T. d'opium en 1898 et 2.775 en

Importation au Tonkin. — D'après les rapports officiels, le Tonkin consomme, en moyenne, par an, ponr environ 2.000.000 de taéts de 0 kil. 0375, soit 75.0UO kilog. d'opiam.

La régie da Tonkin prépare un opium qui est beaucoup plas apprécié des consommatears que celui de la manofactare de Saigon.

Opium indigène. — On a fait divers essais heureux de culture du pavot d'opium en Europe, en .Algérie, dans l'Amérique du Nord et en Australie, Mais cet opium indigène n'est pas, justiu'à présent, d'une grande importance dans le commerce.

Falsifications et analyses de l'opium .— L'opinm est souvent sophistiqué. Il faut de minutieuses analyses chimiques et microscopiques pour découvrir les falsifications. Cependant, nn moyen très simple de se rendre compte de la qualité de l'opium, c'est d'en brûler un morceau. Une bonne pâte pure et sèche ne doit donner que 4 à 8 •/, de son poids en cendres.

Pour les analyses on a souvent recours au procédé Guilliermond. (V. Officine Dorvault, 1873, f« 648.) M. H. Salle préconise, pour sa simplicité et son exactitude, le procédé de M. X. Icard, de Smyrne. Voici en quoi il consiste :

« Délayer 7 gr. 1/2 d'opium à l'état humide dans » 35 gr. d'alcool à 70* ; verser dans un flacon her- » métiquement fermé : après 5 heures pleines, filtrer. » Mettre, dans une capsule, 1 gr. d'ammoniaque li- » quide pur; ajouter 40 gr. du liquide ci-dessus, et » après 12 heures pleines filtrer, sécher, peser et » ajouter moitié en sus.

» Exemple : 750 centigrammes d'opium ont donné, » par exemple, 50 centigrammes de morphine. On » double ce chiffre, et on obtient ainsi 100 centigr. » On en déduit 23 Vo pour le lavage, soit 23 centigr. ; » il reste donc 75 centigr. de morphine, soit 10 • ',. »

C%fiservation de l'optum. — On peut conserver très longtemps l'opium, en l'emballant avec du rumex dans des caisses doublées de fer-blanc et soudées. Ces caisses seront déposées dans des locaux très secs, snr un sol parqueté; tout contact avec la pierre ou la maçonnerie serait mauvais. Une fois chaque année les pains seront exposés quelques heures à l'air, nettoyés avec du rumex et réemballés avec soin. Dans ces conditions, le rendement en morphine, au bout de quinze ans, sera aussi bon qu'au premier jour. Édolwrd B.vuty.

Douanes.— L'opium paye 100 fr. les 100 kliog. nets aax deux tarifs.

OPOPOXAX. V. Parfumerie.

OPOKTO. V. Porto.

OPPOSITION. V. Effets de Commerce.

OPTIQUE (Instruments d'). Les instruments d'optique rentrent dans la catégorie des Instruments DE PRÉcisiox. (Voy.ce mot.) La mécanique de précision, et par conséquent la construction des instruments d'optique, a fait, dans le dernier quart du XIX' siècle, des progrès considérables, notamment en France et en .\llemagne. Les besoins des investigations astronomiques ou microscopiques, et aussi le perfectionnement des procédés photographiques ont nécessité la création d'appareils de plus en plus parfaits. (Voy. Photogr.vphie).

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Il a fallu améliorer les verres, et l'on y est arrivé en faisant entrer dans leur composition les phosphates et la baryte. On a cherché les moyens de corriger dans les lentilles l'aberration chromatique et l'aberration de sphéricité, de manière à obtenir des objectifs irréprochables aussi bien pour les microscopes que pour les télescopes et les appareils photographiques. On possède maintenant des microtomes, des instruments de microphotographie et de projection qui sont pour ainsi dire sans défauts et dont on a pu voir à l'Exposition de 1900, aussi bien dans la section allemande que dans la section française, de remarquables spécimens.

On dispose des appareils les plus précis pour la technique de la lumière, comme des photomètres donnant des approximations de 1/2%; pour l'analyse spectrale; pour les mesures optiques, utilisées par le physicien, le cliimiste, le minéralogiste, etc.; pour la cristallographie; pour la polarimétrie, qui a trouvé une application si utile dans la fabrication sucrière. (Voy. Saccharimétrie, Verres, Verrerie.)

OR. (Syn. : Angl. et Allem. : Gold. Ital. et Esp. : Oro.)

L'or a été surnommé le roi des métaux, et c'est justice. Comme poids spécifique, comme finesse, comme éclat, comme homogénéité, comme malléabilité et comme incorruptibilité, il est supérieur à l'argent lui-même. Il est également plus rare, ce qui complète son prestige. La production de l'or a beaucoup augmenté de nos jours ; mais celle de l'argent aussi, et il subsiste toujours entre l'une et l'autre un écart considérable. On a démontré que tout l'or extrait du sol des continents depuis les commencements de l'histoire ne formerait pas un cube de plus de 10 mètres de côté, et cependant de quel poids cette petite masse de métal jaune n'at-elle pas pesé sur les destinées humaines ? Nous dirons, en quelques pages, quelles sont les propriétés de l'or, comment on essaye les alliages d'or, quelles sont les principales sources de production de l'or, ce qui en a été extrait aux différentes époques; quel rôle l'or a joué et joue encore dans le monfle en tant que métal monétaire, et quels sont ses débouchés artistiques ou industriels.

Propriétés de l'or. — La densité de l'or est considérable ; elle oscille autour de 19 1/2, variant un peu selon l'état moléculaire du métal. Il fond à l.Oio" (M. Violle) et arrive vite à un état de parfaite fluidité. Il se volatilise difficilement. L'or pur est d'un beau jaune. Par réflexion, sa couleur passe au rouge pourpre, et par transparence au vert. L'incomparable malléabilité de l'or permet aux batteurs d'or de le réduire en feuilles si minces qu'il en tient 1.000 et plus dans l'épaisseur d'un millimètre. L'or est aussi le plus ductile des métaux : avec un gramme d'or, on peut faire un fil de 3.000 m. de longueur. L'or, comme l'argent et le fer, se soude à lui-même sans fusion préalable.

L'or cristallise en cubes, en pyramides quadrangulaires et en octaèdres.

Une de ses plus précieuses vertus est l'inaltérabilité dont il fait preuve dans les conditions ordinaires de la nature. Il est absolument inaltérable à l'air, à l'oxygène, à l'eau, quelle que soit la température. Les principaux acides minéraux, acide sulfurique, acide azotique, acide chlorhydrique, ne peuvent rien contre lui. Et la chimie a vite fait d'énuniérer les rares réactions auxquelles il ne se

montre pas rebelle. C'est surtout par le chlore et le brome qu'il se laisse attaquer. Il se dissout rapidement dans les eaux régales, que l'on obtient en mêlant l'acide azotique aux acides chlorhydrique ou bromhydrique (1 partied'acide azotique, par exemple, avec 4 d'acide chlorhydrique). C'est par le chlore qui s'en dégage que l'eau régale agit sur l'or. Les chlorures d'or ainsi formés sont, d'ailleurs, facilement décomposables. Le mercure attaque l'or à froid et forme avec lui un amalgame ^ Parmi les autres alliages d'or, il faut citer ceux dont le second élément est le cuivre ou l'argent.. . Le cuivre durcit l'or et le rougit un peu. L'argent le pâlit. On trouve souvent, dans la nature, l'or associé à une notable proportion d'argent^ {electrum des anciens). La présence du platine, de l'iridium... rend l'or aigre et cassant. En associant 78 gr. d'or à 22 gr. d'aluminium, on fait apparaître une substance d'un beau violet.

La législation française donne une consécration spéciale à six alliages différents d'or et de cuivre : pour les monnaies d'or, 900 millièmes de fin; pour les médailles, 916 millièmes; pour l'orfèvrerie et la bijouterie, 920, 840 et 750, ce dernier titre étant de beaucoup le plus usuel ; pour les boîtes de montre destinées à l'exportation, a83 millièmes.

Essais d'or. — La pierre de touche donne d'une manière approximative le titre des alliages or et cuivre. L'essai définitif se fait par voie de coupellation, après addition de plomb et d'argent. L'addition de l'argent est nécessaire, parce que l'alliage peut déjà en contenir et qu'il ne faut pas qu'on risque de le compter comme or. On met, d'ordinaire, pour 1/2 gr. d'or allié, 1 gr. 1/2 d'argent (inquartation) et 5 gr. de plomb. La litharge entraîne le cuivre transformé en oxyde, et il reste un bouton de retour, uniquement composé de métal précieux. On le lamine; on le recuit; on le roule en cornet. Puis on procède au départ, c'est-à-dire à l'élimination de l'argent. Pour cela, on met le cornet dans un matras avec de l'acide azotique et l'on fait bouillir. On ajoute ensuite de l'eau, de manière à remplir le matras; on le coiffe d'un creuset en porcelaine; puis on retourne le tout, de manière à se débarrasser du liquide et à recueillir le métal dans le creuset. Après avoir chauffé le creuset, on en retire l'or et, en le pesant avec soin, on voit ce que contenait . d'or fin le 1/2 gramme d'alliage soumis à l'essai. Le titre se trouve ainsi déterminé avec précision.

Mines d'or. — Il y a peut-être beaucoup d'or dans les couches profondes de la sphère terrestre, la densité de ce lourd métal devant contribuer à le retenir près du centre. A la surface, l'or existe un pea partout et souvent à l'état natif, mais généralement à dose infinitésimale. Les chimistes en découvrent des traces dans beaucoup de pierres, de terres, de sables. Il n'est guère de rivière qui n'en charrie quelques parcelles, et la mer en a certainement beaucoup reçu par l'entremise des fleuves on autrement. Mais cette ubiquité n'implique pas l'abondance; et, même dans les placers, la dissémination de l'or en rend la conquête assez difficile. Les placers sont des terrains d'alluvions, siliceux, argileux ou calcaires,

1. C'est avec l'amalgame d'or qu'on dorait autrefois. Les procédé» électro-chimiques qui sont aujourd'hui en usage sont plus éco miques et plus inoffensifs; mais la dorure ainsi obtenue est mo belle et moins durable.

2. L'or transylvanien contient un tiers d'argent. En Sibérie, ' Californie, dans l'Amérique Centrale et l'Amérique du Sud,! proportion de l'argent est souvent de 10 •/••

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qui proviennent de la désagrégation d'anciennes roches aurifères et dans lesquelles l'or pnllule parfois sons forme de petites écailles, on de paillettes, de grains, voire même de pépites. Là où les dépôts aurifères sont restés intacts, ce sont, d'ordinaire, des fllons quartzeux contenus dans des formations siluriennes, composées de schistes micacés ou de calcaires argileux, avec intervention de roches érnptives relativement modernes. .\n Transvaal, la nature du minerai est différente : c'est un conglomérat sédimentaire, fait de galets roulés dans une sorte de ciment durci {banket). L'extraction du métal précieux contenu dans les roches dures exige un broyage préliminaire et suppose tout un outillage, tandis que dans certains sables de rivière nn enfant, avec une écuelle (battée) et de l'eau, peut faire de bonnes affaires. Par l'emploi du rocker, le traitement s'accélère déjà : c'est nn grand sas, un grand tamis carré, que porte une sorte de berceau oscillant; le gravier reste suspendu, le liquide fnit et les molécules d'or tombent sur une table ou elles se flxent. Le sluice constitue un progrès moins relatif : on nomme ainsi une longue gouttière en bois, à section quadrangulaire, où les eaux mères viennent couler en i)ente douce; l'or, à raison de sa densité, va au fond et s'y trouve retenu par des rainures. On donne au sluice comme au rocker son maximum d'efficacité par l'emploi du mercure. Dans l'Afrique du Sud, où l'exploitation des mines du Witwatersrand a vite pris tous les caractères de la grande industrie, des méthodes particulières ont prévalu. Les opérations successives dont se compose cette métallurgie spéciale sont résumées comme suit par M. de Lannay :

Triage du mineiai (grilles, plaqnes tournantes, etc.); concassajre par les concasseurs Blake, Gates, Dodge, etc. ; broyage mécanique par les pilons t.

Concentration des résidus qui ont échappé à l'amalgamation directe, au moyen de Ji-ue canners ou de spitzluten.

.\malgamation

immédiate

de l'or

libre

— Traitement Traitement Traitement

Distillation des concentres des taitings éventuel

de l'amalgame. soit par la (résidas sableux), des siimes chloruration, dans on bassin (boues (ines) soit, de de dépôt, par un système

préférence, par la par la spécial de

cyanuration. cyanuration. cyanuration.

Traitement Les résidus

du cyanure d'or de ce traitement

et de potassium sont

soit par le zinc, rejetés

soit par comme

l'électricité. stériles.

Production. — De nos jours, l'or nous vient surtout de pays neufs et lointains où nos ancêtres n'avaient point accès. Les mines qu'on y a découvertes sont supérieures en richesse à celles que l'antiquité exploitait et dont il ne reste pas grand'chose. Il est certain que l'or a joué, dès les âges les plus recules, un rôle important dans l'histoire. Même sons forme monétaire, l'emploi de l'or, dans l'Inde, en Egypte et ailleurs, remonte à plus de mille ans avant l'ère chrétienne, peut-être à deux mille ans. Mais rien ne justifie les évaluations fantaisistes de certains auteurs, tel M.Tarrassenko-Otreschkoff.qni professe gravement qu'an temps d'Alexandre l'Asie détenait pour 6 milliards 2 3 d'or, l'Afrique pour 060 millions, l'Europe pour 266. . . Renonçant ici, et pour cause, à tout essai de statistique quantitative,

1. Les pilons en usage à Johannesburg pèsent de 400 à 550 kilog. Le nombre des chutes, par minute, va jusqu'à 90 et même davantage. Chaque pUon peut ainsi broyer de 4 à 5 tonnes do minerai par 24 heures. "^

bornons-nous à constater que, sur la carte du monde' connu des anciens, les principales localités signalées comme ayant produit de l'or forment une chaîne discontinue, allant de la mer Caspienne aux colonnes d'Hercule. C'est dans le Caucase et l'Asie-Mineure que la race blanche parait avoir trouvé ses premiers eldorados. Les Phéniciens allaient chercher l'or dans l'ile de Thasos, dont les dépôts métalliques étaient la continuation de ceux de la Thrace et de la Macédoine. La ville de Philippes fut un vrai centre minier. D'autres exploitations s'échelonnaient autour du Haut-Danube, en Hongrie, en Pannonie, en Dalmatie; puis dans la région des Alpes, à Aquilée, à Verceil, à Aoste... Le Rhin, le Tessin, l'Orco, le Rhône, la Garonne, l'Adour ont donné de l'or, comme le Pactole lui-même, et pourraient encore en donner un peu, surtout après les grandes pluies. On ne l'y cherche guère aujourd'hui : l'orpailleur des siècles passés se trouvait riche si, au bout de l'année, il avait tiré de sa sébile une livre d'or : maintenant, au prix où sont les choses, ce serait à peine de quoi ne pas mourir de faim. Il faut encore citer parmi les anciens milieux aurifères les deux Bretagnes, l'Andalousie, la Sardaigne, la Nnmidie. Les Romains, non contents d'exploiter les ressources de leur immense Empire, attiraient à eux une partie de l'or obtenu dans des régions plus éloignées. Il leur en venait de la Haute- Egypte, de l'Ethiopie, de r.\rabie, de la Carmanie» de l'Inde, de l'Asie-Centrale. Il leur en venait peutêtre déjà de l'Oural.

Pour la production de l'or comme pour celle de l'argent, le moyen âge ne présente guère que des résultats négatifs, bien que les sables du Tage, du Guadalquivir, du Douro et du Rhiu n'aient jamais cessé, à ce qu'il semble, d'être mis à contribution par nos ancêtres.

Une nouvelle ère s'ouvre pour les métaux précieux avec le XVP siècle. En 1492, Christophe Colomb a découvert le Nouveau Monde ; en 1519, Cortez entre à Mexico ; en lo27, Pizarre aborde au Pérou, et les galions espagnols,franchissantr.\tlantiqne, arrivent chargés de riches cargaisons. On s'était d'abord contenté de faire main basse sur les trésors des vaincus; ensuite on s'était préoccupé de mettre en coupe réglée les richesses minérales de l'Amérique. L'Espagne aurait voulu s'en réserver le monopole ; mais, peu à peu, la France et l'Enrope commencèrent à en prendre leur part, et partout ce flot de métal, dont la disette antérieure rehaussait l'importance, fit monter les prix avec une rapidité extraordinaire'. Ce n'est pas que les productions de cette époque fussent comparables à celles d'aujourd'hui. Les recherches successives d'Alexandre de Humboldt et du D' Sœtbeer permettent de chiffrer assez sûrement la marche des extractions :

Production totale de l'or aux XVI* et X^1I• siècles Moyennes annuelles Années Poids d'or fin Valeurs

milliers de kilog. millions de trancs 1493-1520 5,8 20,0

1521-15ii 7,2 24,7

162t-16iO 8,3 28,6

On voit que, jusqu'à la fln du XVII' siècle, la pro-

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