V. le mot Aroext
OR
OR
Années
Poids d'or fin
milliers de kilog
rgression reste assez lente. Le développement des «xploitations américaines (800 kilog. par an de 1493 à 1520, 7.7o0 kilog. de 1681 à 1700) se trouvait en partie compensé par l'appauvrissement des mines européennes (au moins 2.000 kilog. avant 1520, 1.000 kilog. seulement de 1545 à 1700) et par l'amoindrissement des importations d'Afrique (2.000 kilog. environ, au lieu de 3.000).
Le XVIIP siècle voit le mouvement s'accélérer d'une manière sensible, puis se ralentir, à un moment donné :
Production totale tic l'or au XVIII* siècle
Valeurs millions de Crânes 44,1 63,7 84,8 71,3 61,3
Cette marche, d'abord ascensionnelle, puis rétrograde, résultait surtout des variations de la production brésilienne (2.750 kilog. par an au commencement du siècle, 15.000 kilog. au milieu, puis moins de 5.000 à la fin).
Le XIX" siècle allait, d'ailleurs, se signaler par de tout autres péripéties. Elles sont assez connues pour qu'il suffise de les rappeler brièvement. C'est d'abord, à partir de 1810, l'insurrection des colonies espagnoles, la guerre de l'Indépendance. Cettelongue crise eut pour effet d'interrompre ou de ralentir le travail dans les mines d'outremer, dont le rendement baissa de plus de moitié (18.000 kilog. d'or de 1761 à 1780, moins de 9.000 de 1811 à 1820). L'Empire russe tendait à devenir le principal pourvoyeur du monde civilisé, lorsqu'au milieu du siècle se révélèrent coup sur coup les mines d'or de la Californie et celles de l'Australie. On y courut de toutes les parties du monde, et la statistique suffit pour montrer avec quelle promptitude ces renforts inattendus enflèrent la production :
Production totale de l'or
Moyennes annuelles
Années
Poids d'or fin milliers de kilog.
Moins de 100 millions de fr. jusqu'en 1848, de 600 à 700 millions à dater de 1850, c'était certes un bond prodigieux. Et l'on put croire, pendant quelque temps, qu'il marquait l'extrême limite des rendements possibles. Stationnaire jusque vers 1870, la récolte d'or allait ensuite décroître d'une manière ■ appréciable :
Production totale de l'or
Chiffres annuels
Valeurs millions de francs
Années
Poids d'or fin
Valeurs
milliers de kilog.
millions de francs
143,3 (minimum)
Mais un
nouveau revirement
était
proche et le
monde allait voir cette production d'un demi-milliard doubler d'abord en quelques années, puis tripler..., infligeant ainsi le plus cruel démenti au pessimisme de certains géologues, comme le professeur Suess, qui venait de prophétiser l'épuisement prochain de l'or, et aux affirmations des bimétallistes, qui venaient de prendre comme plate-forme d'une active campagne la disette et la plus-value de l'or. Voici, pour finir, les résultats des dernières années :
Production totale de l'or Chiffres annuels
Poids d'or fin milliers de kilog.
De tels chiffres sont significatifs, et le diagramme ci-des.sous en rend plus frappante encore l'extraordinaire progression.
Années
Valeurs millions de francs
Si la récolte annuelle de l'or, qui avait décuplêi commencement au milieu du siècle, a pu encore doubler et an delà en dix ans, c'est que les progrès
OR
ORAX
iinnilanés de la colonisation et de la science ont en mr effet, d'une part, de révéler de nouvelles sources ' production, et d'autre part de perfectionner parut les méthodes applicables à l'extraction de l'or. i;i traite maintenant avec profit des minerais qui iguère eussent paru inexploitables et, dans certins terrains, il suffit, pour qu'une usine fasse ses !i:iis, que l'or atteigne la proportion d'un millionième (1 gr. d'or par tonne). Mais ce sont surtout h's mines nouvelles qui ont exercé sur la production une influence décisive, à commencer par celles du Transvaal. Sur les 1.500 millions d'or réalisés en |s98, le Transvaal en a donné 418 à lui seul ; et "land a éclaté, fin 1899, la crise sanglante provo- ;i'e par r.\ngleterre, ses outputs cumulés, depuis .^7, dépassaient déjà 2 milliards.
Les antres grands centres de production sont auii^nrd'liui r.\mérique du Nord (Etats-Unis, de 300 à '0 millions; Klondyke et .\laska, 100 millions pentîre; Mexique, 40 à 50 millions); puis l'.^nstralie (300 à 350 millions, dont plus d'un tiers maintenant fourni par les placers récemment découverts de r.\ustralie occidentale) ; enfin l'Empire russe, ou plus exactement l'Oural et la Sibérie (de 100 à 150 millions par an et peut-être le double quand le Transsibérien sera venu féconder une industrie encore dans l'enfance;.
Voilà déjà un milliard. Le surplus vient de l'Inde anglaise (40 millions, principalement fournis par les provinces de Madras et de Mysore) ; des Guyanes (20 à 25), de la Colombie (10 à 15), de la Chine et de la Corée, du Chili, de la Bolivie, du Japon, etc. Le rôle de l'Europe, dans cette statistique, serait négligeable si certains minerais d'outre- mer ne venaient s'y faire traiter, en .\llemagne ou ailleurs. En totalisant, autant qu'on peut le faire, les productions des quatre derniers siècles (1493-l300), on arrive à un total d'environ 50 milliards d'or.
Cote de l'or. — L'or tend de plus en plus à supplanter l'argent comme étalon monétaire (voir Monnaie), et pour les pays riches, c'est lui maintenant qui constitue la véritable mesure des valeurs. Notre franc, que la loi de germinal an XI définissait par 5 gr. d'argent au titre de 900 millièmes, doit plutôt se définir aujourd'hui par 0 gr. 3226 d'or au même titre (un peu moins d'un tiers de gramme), puisque la valeur nominale de l'or monnayé ressort à 3.100 fr. le kilog., soit pour l'or fin 3.444 fr. 44 c. Mais ce n'est pas ce dernier chiffre que la Bourse de Paris prend comme valeur au pair de l'or, c'est celui de 3.437 fr., d'après lequel sont calculés les bons de monnaie au bureau du change de la Monnaie de Paris, l'écart, soit 7 fr. 44 par kilog. de fin on 6fr. 70 par kilog. de pièces fabriquées, représentant le tarif actuel des frais de fabrication. C'est par rapport à ce pair de 3.437 fr. que sont cotées, en millièmes, les primes ou les déprimes résultant des vicissitudes de l'offre et de la demande.
Pour trouver l'or an-dessous du pair, il faut remonter aux années 1851 à 1855 ou à 1860. Les plus fortes primes réalisées depuis trois quarts de siècle ont été les suivantes : 19 ou 20 millièmes en 1829, en 1832, en 1833; fô en 1848: 25 en 1871. Depuis iSTo, la prime n'a jamais atteint 10 millièmes (8,50 en 1887, 9 en 1893, de 6 à 7 en 1898 et 1899).
Principaux emplois de l'or. — Sur les 50 milliards d'or, environ, qui ont été extraits du sol au cours des quatre derniers siècles, il en a beaucoup
disparu (frai, naufrages, trésors perdus...). Les stocks monétaires actuels, pour l'or, dépassent 20 milliards et montent peut-être à 25, surtout si l'on y comprend les lingots qui, dans les grandes banques, font à peu près le même office que l'or monnayé. Les statistiques élaborées à Washington attribuent près de 5.000 millions de fr. d'or aux États-Unis, 4.200 à la France, 3.850 à la Russie, 3.500 à l'Allemagne, 2.500 millions seulement à r.\ngleterre. Des chiffres plus indiscutables sont ceux des encaisses or desgrandes banques. Pour l'Europe seule, la totalisation de ces encaisses donnait 7.695 millions de fr. à la fin de 1895, 8.746 millions à la fin de 1897, 7.850 millions à la fin de 1899, 8.160 millions en octobre 1900. Dans plus d'un pays, ces encaisses d'or, soigneusement défendues, tendent à devenir de véritables trésors de guerre. Dans le total actuel, la Banque de France entre pour près de 2.300 millions, la Banque impériale de Russie pour plus de 1.800 millions, la Banque impériale d'Allemagne pour 630 millions^ la Banque d'Angleterre pour plus de 800.
Le monnayage de l'or, de 1880 à 1898, a porté dans le monde entier sur 3,4 milliards d'or; mais ce n'était pas exclusivement avec de l'or neuf qne l'on travaillait, et il est difficile de savoir quelle part de la récolte annuelle va se faire monnayer dans les divers États.
La consommation industrielle est également difficile à connaître. Les chiffres recueillis par les statisticiens vont à peu près au quart de la production. Pour 1898, par exemple, la Direction des monnaies des États-Unis propose après enquête : 63 millions de fr. pour la France, 73 pour l'Angleterre, 59 pour les États-Unis, 37 pour l'Allemagne, 27 pour la Suisse, 17 pour l'Italie, etc.. Total, 343 millions^ (98.000 kilog. de fin).
En ce qui concerne la France, voici les chiffres acceptés par l'Administration pour 1899 : fabrication des médailles à la Monnaie, 121 kilog. d'or à 916 millièmes; pour les bijoutiers et les monteurs de boîtes de montre, 22.950 kilog. d'or fin ; pour la porcelaine et la dorure galvanique, 760 kilog. d'or fin: pour la dorure au mercure, 40 kilog. d'or à 9fômillièmes; pour la bijouterie, 3.800 kilog. d'or à 750 millièmes.
Le droit de garantie sur les ouvrages d'or contrôlés est de 37 fr. 50 par hectogramme, frais d'essai non compris. Le droit applicable à l'argent (2 fr. par hectogramme) est proportionnellement plus
lourd. A. DE FOVILLE.
OR BRILLANT. (Glanz-Gold.) C'est un produit de fabrication allemande qui consiste en une dissolution d'or dans l'eau régale traitée par l'éther sulfuriqne et combinée avec divers éléments. Il se présente à l'état de liquide visqueux, de couleur noire, répandant une forte odeur de musc et de lavande, due à l'emploi de cette essence à sa préparation. Il sert à la décoration de la porcelaine commune.
OR DE M.\N>'HEi.M. V. Cuivre.
OR FAUX. On fabrique aux États-Unis, notamment à Providence, une sorte d'or faux, dit « Babbit's métal », qui est fort employé depuis 1897 on 1898 dans la bijouterie fausse. Les statistiqne»^ d'export. des États-Unis signalent, en 1899, des demandes du faubourg du Temple, à Paris.
ORAX. Ville et port d'.\lgérie, chef-lieu du départ, du même nom, par 35*44' lat. N. et 2* 18' long. 0.»