L.-.A. et Paul B.\rré
EGREMOXT. V. Cumberlaxd : Industrie da fer.
EGYPTE
Sommaire : I. Géographie physique et politique : Territoire, popalation, gcovernement, dirisioDS administratives, armée et marine, dette et budget. — IL GÉofiRA- PHiE ÉcoxoMiQCE : Agricultarc, assolements, restitotions. régime des irrigations, suppression de la corvée, productions agricoles et industries dérivées, régime de la propriété foncière, impôts fonciers, pêche fluviale et maritime, mines et carrières, industrie minérale, boissons.— in. Voies de commu.mcatioxs : Chemins de fer, navigation du canal de Suez, télégraphes. — IV. .Mari>e MARCHANDE ET PORTS : Administration des phares, grands services postaux maritimes. — V. Monnaies, poids rr MESURES. — VI. Crédit et banques. — VII. Commerce ET douanes : Commerce avec la France, service de répression de la traite. — VIII. Lé(iislation nDUSTRiELLE
ET commerciale.
I. Géographie physique et politique. — Territoire. — Depuis la convention anglo-égyptienne de janvier 1899, l'Egypte, proprement dite, est la vallée du Nil, de la cataracte d'Assouan (1" cataracte, 24» 5' 30* lat. N.) à la mer (par 31* 30' lat. N. en moyenne).
Elle est bornée au N. par la Méditerranée, à l'E. par le désert Arabique et la mer Rouge, au S. par le Soudan égyptien, à l'O. par le désert de Lybie.
Elle comprend, en dehors de la vallée du Xil et du Delta, à l'E. les gouvernorats d'El-.\rich, du canal et de la ville de Suez, et la presqu'île du Sinaï; à l'O., la province de Fayoum, enclave du désert arrosée par une dérivation naturelle du Nil, le Bahr- Youssef, et les oasis de Karghah, Dacklak, Beharieh
1. La loi dn 10 joillet 1894 accordait cinq ans à la ville de Paris pour transformer le système de ses égouts. Le 9 juillet 1899, tous le» collecteurs de Paris à déversement en Seine ont été fermés ; en présence des hauts fonctionnaires invités à l'inauguration, on a ouvert à l'usine élévatolre de Clichy les nouvelles canalisation* distribuant les eaux de Paris sur les champs d'épandage d'Achères. de Méry-sur-Oise, de Triel et de Carriéres-sous-Poissy. C'est l'œuvre la plus considérable en ce genre qui ait jamais été accoBipUe ; U somme dépensée a été de 66 millions.
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et Farafrah, placées dans ane vallée désertique parallèle à celle du Nil et alimentées par de lointaines infiltrations de ce neuve. L'oasis de Siouah, plus à ro., est une dépendance naturelle de la Tripolitaine, qui fait partie de l'Egypte depuis 1820.
La conliguration géologique de l'Egypte est celle d'un vaste plateau calcaire courant du S. au N. et légèrement déclive de l'E. à l'O., dans lequel le Nil a creusé son lit aux âges préhistoriques. L'Egypte, c'est le Nil; où l'eau du fleuve n'atteint pas, le désert commence.
La superficie officielle du pays est de 935.275 kil. c, sur lesquels la zone cultivable ne comprenait, en 1894, de la mer à Wadi-Halfa, que 29.117 kil. c.
La position géographique de l'Egypte, depuis la percée du canal de Suez (voy. Suez) est devenue de tout premier ordre : les deux diagonales du monde, la route terrestre d'Asie en Afrique, et la route maritime d'Europe vers les Indes, se croisent sur son territoire. Elle est à mi-chemin entre l'Amérique et l'Australie.
Population.— D'après le recensement du l"juin 1897, la population de l'Egypte proprement dite s'élève à 9.734.405 hab. Le dernier recensement de 1882 avait donné le chiffre de 6.813.919 hab. : l'augmentation de population est ainsi de 43 %, soit 2.920.486 liab. Cet accroissement est un peu plus accentué dans la Haute-Egypte: 45 °/o, contre 42 "/« dans la Basse-Egypte (provinces et gouvernorats).
Le recensement de 1897 ne comprend pas l'oasis de Siouah, les tribus des Bédouins de la péninsule du Sinaï, le gouvernorat de Souakim et la province soudanaise de Dongola.
Considérée suivant le sexe, la pop. générale présente pour la 1" fois en Egypte un contingent masculin prépondérant, 4.947.850 hommes contre 4.786.555 femmes. La pop. sédentaire comprend9.020. 444 sujets locaux et 112.574 étrangers. La pop. bédouine sédentaire est de 530.955 hab. ; les Bédouins nomades atteignent 70.472 : soit, pour l'ensemble de la pop. bédouine, 601.427. En 1882, on comptait 340.133 sédentaires et 98.196 nomades, au total, 438.329. La pop. égyptienne présente depuis le commencement de ce siècle la progression suivante : 1800, 2.460.200 (d'après les évaluations de l'expédition française); 1821, 2.536.400; 1846, 4.476.440; 1882, 6.813.919; 1897, 9.734.405. Elle a donc exactement quadruplé. Sa densité actuelle est de 285 hab. par kil. c, densité supérieure même à celle de la Belgique. 4.558 nouveaux centres de pop. se sont créés, pour la majeure partie dans la Basse-Egypte.
L'iiccroissement a été surtout considérable dans les villes principales :
En 1882 En 1897
Le Caire 374.838 576.400
Alexandrie 213.010 319.767
Port-Saïd 16.560 35.508
Tantah 33.750 57.288
Assiout 31.575 42.076
Keneh 15.402 27.765
Zagazig 19.815 35.475
Les étrangers, au nombre de 112.574 (recensement de 1897), n'étaient que 90.886 au recensement de 1882; ce sont principalement: des Grecs, 38.208 ; des Italiens, 24.454 ; des Français, 14.172 ; des Austro-Hongrois, 7.115. Les Anglais sont au total au nombre de 19.563, dont 7.132 qui appartiennent à l'armée d'occupation on à la marine en transit, et 6.481 Maltais.
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L'agriculture occupe en Egypte 2.049.643 hommes; les industries diverses 800.013, dont 12.024 étrangers; le commerce 90.601. dont 6.551 étrangers; la navigation 44.522, dont 2.940 étrangers; l'industrie des transports 35.181, dont 140 étrangers.
Gouverneinent. — L'Egypte forme en droit une vice-royauté héréditaire, vassale de l'Empire ottoman. Depuis le firman de juin 1867, son vice-roi porte le titre de Kliédive (seigneur). Les droits de suzeraineté de la Porte ont été réglés originairement par les traités de 1840 et 1841, complétés par de nombreux firmans. Tous réservent expre.ssément les droits suzerains du Sultan, auquel l'Egypte paye un tribut annuel de 18 millions de fr. et dont elle inscrit le nom sur ses monnaies; mais a cela se réduisent toutes ses prérogatives depuis l'occupation anglaise (1882). L'Angleterre exerce en Egypte un contrcMe de fait. Le rôle du Khédive se borne à contresigner les décrets élaborés par le Conseil des ministres, placés eux-mêmes sous la tutelle absolue des trois conseillers anglais des finances, de l'intérieur et de la justice.
Les départements de l'administration publique sont au nombre de sept : affaires étrangères, finances, guerre, intérieur, justice, travaux publics et instruction publique. A ces grands services s'ajoute l'administralion des vvakfs ou biens de main-morte affectés aux mosquées, dont le budget de 9 millions env. a une destination analogue à celle de notre budget des cultes. Un conseil législatif délibère sur les affaires intérieures et les projets de décrets qui lui sont soumis. 11 se compose de 12 membres permanents et de 10 membres électifs. Son rôle est purement consultatif.
Dicisions administratives. — L'Egypte se subdivise en Haute et Basse-Egypte, comprenant chacune sept provinces ou moudiriehs, administrées par des inoudirs, avec l'assistance de délégués (iiiainour.s) qui résident aux chefs-lieux des districts (markaz) : inoudirs et mamours ont un rôle analogue à celui de nos préfets et sous-préfets; ils assurent en même temps la rentrée des impôts. Chaque district comprend un certain nombre de villages (heleds ou ezbelis), administrés par des omdehs ou cheiks, sortes de maires nommés par l'autorité administrative.
Le Caire, Alexandrie, Damiette, Rosette, El-.\rich, le canal et le port de Suez, Kosséir, forment des gouvernorats indépendants des moudiriehs.
Enfin, depuis la convention anglo-égyptienne de janvier 1899, non soumise à l'approbation du Sultan, l'Egypte a perdu, au profit du Soudan reconquis et pourvu d'une administration autonome, le port de Souakim et le nord de la province d'.Assouan, de la 1" à la 2« cataracte (Wadi-Halfa). L'autorité du Khédive sur le Soudan est purement nominale: tous les pouvoirs y sont concentrés dans les mains du gouverneur anglais. (V. Soud.4.n.)
Armée et Marine. — La conscription frappe tous les sujets locaux, mais est rachetable moyennant une taxe de 20 liv. ég.\ qui a produit en 1898 une somme de 117.555 liv. ég. La durée du service est, en temps de paix, de 4 années dans 1 armée active et 4 années dans le corps de police. L'effectif sur le pied de paix était, avant la reprise du Soudan, de 12.000 hommes. Il a été porté à 30.000 en 1897,