PE-LA
7" La peinture en couleurs i-ilrijlahles.— Cette peinture s'exécute sur les poteries (faïences, porcelaines, etc.), sur les verres et sur les émaux.
On désigne sous le nom à.'êniaux des verres diversement colorés, généralement plus fusibles que le verre ordinaire. Les émaux s'appliquent sur les poteries, sur les métaux, sur la lave de Volvic, etc.
Les couleurs vitrifiables sont des émaux réduits en poudre fine; on les délaye à l'essence de térébenthine ou même à l'eau, et on les applique au pinceau ou par voie d'impression et de transport sur les verres ou les pièces émaillées. On passe au feu, à la température convenable, et on obtient des peintures qui peuvent être d'un grand mérite artistique ou simplement banales, comme des chromolithographies quelconques.
Ce sont des fabricants spéciaux qui produisent les couleurs vitrifiables. Les émaux qui leur servent de base sont colorés avec des oxydes métalliques ou des métaux très divisés, donnant les nuances les plus belles et les plus variées, bien supérieures à tout ce que les anciens ont fait de mieux en ce genre.
Le plus grand nombre des couleurs ordinaires sont détruites par la chaleur rouge : les noirs, le bleu d'outremer, le vert Guiguet, le bleu de Prusse, les laques, etc. Pour obtenir une série complète de couleurs résistant au feu, il a fallu de nombreuses et difficiles recherches; mais le résultat est admirable, car il a donné le moyeu de faire des peintures indestructibles, à part la fragilité de la matière qui sert de support au travail de l'artiste.
Ch.-Er. Guignet,
Ingénieur civil (E. P.)- — Directeur lionoraire îles teintures aux manufactures nationales des Gobelins et (le Beauvais.
Peinture ex bâtime.nt. — La peinture en bâtiment est l'exécution, sur les murs ou accessoires, des peintures unies, des enduits, vernissages, décors, dorures, papiers peints, etc.
Le peintre en bâtiment, avant d'appliquer ses couleurs, doit procéder à des travaux préparatoires ou apprêts, pour unir les surfaces des plâtres, faire disparaître les rugosités des bois, etc.
La peinture en détrempe est employée pour blanchir les parements extérieurs des murs. Pour la détrempe des murs intérieurs, on peut infuser à l'eau la couleur qu'on détrempera à la colle de peau.
Le hadigeon est employé pour peindre l'extérieur et s'applique sur enduits de cliaux ou phUre. Il blanchit en séchant; il faut en donner trois couches légères. Le badigeon conservateur Bachelier se compose de 23 parties de chaux éteinte, 7 de plâtre, 8 de céruse, 9 de fromage mou. Le badigeon de Lassaigue se prépare en éteignant 100 parties de chaux vive avec de l'eau, puis en y mélangeant 5 parties d'argile délayée dans l'eau. On ajoute à ces deux badigeons de l'ocre.
L'eJicoZ/ag'e est l'action d'étendre une ou plusieurs couches de colle; sur cet encollage, on pose plusieurs couches de blanc dit d'apprêt. Sur la peinture en détrempe, après avoir passé deux couclies d'une colle faible, quand l'encollage est faible, on peut donner deux ou trois couches de vernis.
Dans la peinture à l'huile, les impressions pour ouvrages extérieurs se font à l'iiuile de noix ; pour peindre les nœuds des bois résineux, ou se sert d'huile
broyée avec de la litharge. Pour le fer, la première couche d'impression se fait au minium ^
On fait aussi de la peinture au lait, dans laquelle il entre lo à 20 décilitres de lait écrémé pour 18 à 20 décagrammes de chaux éteinte, 12 à 13 décagr^ d'huile, 240 à 250 décagr. de blanc d'Espagne; oi colore avec du charbon ou des ocres.
A Paris, un compagnon peintre en bâtiment sel paye, en règlement, 1 fr. l'heure, et le peintre en dé-^ cors 1 fr. 30. Paul Barré.
Peinture lu.mineuse. — Cette sorte de peinture utilise les propriétés des matières rendues phosphorescentes, notamment par le sulfure de calcium (phosphore de Canton ou de Bologne). On peint ainsi les objets qu'on veut rendre visibles dans l'obscurité : cadrans de montres, enseignes, noms de rues et numéros de maisons, entrées de serrures, etc. Ou fait aussi des bouées phosphorescentes.
PEKix. Capitale de l'Empire chinois, située dans la province de Pe-tchi-li, à 130 kil. N.-O. du golfe de ce nom. par 40" lat. N. et 114° long. E. de Paris. La muraille qui entoure la ville a 33 kil. de tour. La pop. est estimée, très diversement, entre 500.000 et 1 million d'iiab. ; elle a beaucoup diminué à la suite des troubles de 1900. Pékin se compose de deux villes : la ville tartare ou intérieure (Neï-tcheng), où se trouvent le palais impérial et les maisons des Européens, et la ville chinoise ou extérieure (Outcheng), principal centre du commerce et de l'industrie. Pékin, résidence de l'empereur, est aussi le siège des grands Conseils de l'Empire et des ministères. La temp. moyenne de l'année est de 11", maxima de -(-30" en juillet, minimade — 15" en janvier. Chute des pluies : 652 mm.
L'industrie, peu importante, se borne à la fabrication des porcelaines, faïences et verreries, à l'élève des vers à soie, au tissage du coton, à la taille des pierres précieuses. La région environnante n'est pas fertile. La plus grande partie des approvisionnements de Pékin vient des provinces méridionales. Les soieries, les fourrures, les thés, les conserves, les objets d'art et les livres font l'objet d'un commerce considérable. Certaines corporations, telles que celles des marchands de thé et des banquiers, sont très puissantes. Une succursale de la Hong- Kong and Shanghaï Banking Corporation est établie à Pékin. Il y a une légation de France.
Pékin est réuni à Tien-Tsin et à Takou par un clu' min de fer et au Peï-IIo par un canal navigable di 25 kil. env. Il est le point de départ de la voie ferrée qui le reliera à Han-Kéou ; la ligne, d'une longueur de 1.300 kil. env., a été concédée à un syndicat franco-belge. Elle est actuellement construite (1900) jusqu'à Tching-Tong.
Dans quelques années Pékin ne sera plus, parles chemins de fer transsibérien et transmandchourien, qu'à deux semaines de l'Europe.
i'î:-LA. Cire blanche de Chine, appelée aussi cire d'arbre, parce qu'elle est récoltée sur des branches d'arbres. Cette cire est produite par un petit insecte du genre Coccus, Cocciis Pella. (V.Cire.) G. D.
1. D'après un mémoire iirosenté à la section de Newcastle do la Société de chimie industrielle (mai 1900), le meilleur mode de protection du fer contre la rouille au moyen d'un enduit serait celui qu'on a appliqué au pont sur le Forth. Ou a d'abord nettoyé tous les fers à vif avec des grattoirs en acier et des brosses métalliques; puis ces fers ont été recouverts d'une couche d'huile de lin chaude. Aussitôt après, le métal a reçu deux couches de peinture au minium, recouvertes à leur tour de deux couches de peinture à l'oxyde de fer.
PEF.LETERIES, FOURRURES — 1019
PELLETERIES, FOURRURES
l'ELART. .Nom donné an chêne qni a été écorcé pour en retirer le tau.
l'ELLKTEniKS, FOIRRURES. (Sjn.: Angl.: Furs, Furriery. Allem. : Kuischnerei, Pelzicerk. Ital. : Felliccerie.) On réserve le nom de pelleteries aax peanx d'animaux garnies de leurs poils. On nomme fourrures les pelleteries qni ont subi certaines préparations pour en rehausser la beauté ou la qualité et leur communiquer la propriété de se conserver sans altérations. Le commerce des pelleteries est exercé par les pelletiers, et l'industrie des fourrures par les fourreurs ; quelquefois ces deux métiers sont entre les mains des mêmes industriels, qui sont alors pelletiers-fourreurs.
L#s poils sont donc les ornements des fourrures. Comme grosseur, longueur et souplesse, les poils sont divisés en : piquants, lorsqu'ils sont gros, rigides et aigus comme des épines (ex. : hérisson, porc-épic); soies, lorsqu'ils sont pins fins, encore raides, sauf à leur extrémité (ex. : sanglier, porc) ; crins, pins fins, très longs et souples sur toute leur longueur (ex. : cheval); laine, très fins, longs, doux et bondés (ex. : moutoni; jarre, longs, fins et pins gros que la laine (ex. : lapin); duvet, très fins, courts, soyeux et très souples.
Les fourrures sont données par la plnpart des mammifères, dont la pean porte deux espèces de poils, le duvet et la jarre, qui le réouvre.
Le pelage est la couleur générale des poils des pelleteries. Cette couleur peut être noire, blanche, jaune ou un mélange variable de ces couleurs primaires. La répartition de la couleur à la surface du pelage est extrêmement variée; celui-ci peut être nniforme ou teinté, et dans ce dernier cas marbré, strié, rayé, moucheté, etc.
Les poils n'ont pas la même conlenr sur toute leur longneur : ils sont plus foncés à la partie supérieure qn'à la partie en contact avec la peau. Ils ne tiennent pas régulièrement toute l'année à la surface de la pean; à certaines époques ils s'en détachent pour se renouveler ensuite : c'est le phénomène de la mue. Les poils qui ne présentent pas cette particularité sont dits persistant:^. La mue est annuelle (printemps on aatomne) on bisannuelle (printemps et automne) ; elle n'exerce aucune influence sur la qualité des poils, seule la couleur peut être différente.
Le froid exerce la plus grande influence sur la qualité des fourrures. Aussi les belles fourrures viennent-elles des pays froids et sont-elles d'antant plus estimées que le froid y est plus intense. Les peaux des animaux tués pendant l'hiver sont les meilleures ; c'est à cette époque de l'année que leur tasse se produit : les poils deviennent uniformes en teinte et en grosseur, ils sont légers, doux et moelleux, régulièrement distribués sur la peau.
Dans l'hiver même, le commencement on la fin de la saison (le redoux ou le repiquage) ont une influence notoire sur la qualité des peaux. Dans les premiers froids le duvet n'est pas encore formé, la peau a une teinte verdàtre, le poil est jarreux (dur et long) ; dans les derniers froids la peau est ouverte, elle est rougeàtre, elle est soufflée, le poil n'y est plus attaché aussi solidement. En plein hiver, la peau est blanche, serrée, fine et fournie, le duvet est entièrement formé; elle est fourrée, c'est-à-dire bien garnie de poils solides, doux et lustrés.
Pour être bon pelletier, il faut avoir de l'œil et de la main.
Les bonnes fourrures de première qualité doivent être épaisses, garnies, fourrées; les peanx, minces, légères et souples.
On divise les fourrures en indigènes et étrangères. Les fourrures indigènes, provenant des animaux de nos pays, sont dites ordinaires, lorsqu'elles sont produites par les espèces domestiques, et sauvagines, parles espèces sauvages (blaireau, fouine,etc..i.
Les fourrures étrangères, provenant des animaux étrangers, sont divisées en pelleteries des pays chauds (tigre, lion, etc.) et pelleteries des pays froids, les plus recherchées (hermine, petit-gris, loutre).
Voici par ordre alphabétique les principales sortes de peaux préparées par le pelletier-fourreur :
Peaux d'agneau. — L'agneau est le petit de la brebis pendant la première année de son existence; il s'appelle «antenais» à l'âge d'un an. Les agneanx « broutards » sont ceux qui ont brouté ; la qualité de leur peau est inférieure. On distingue : les peaux de Turin, à large pelage noir et luisant, venant de la Lombardie, de la Toscane et du Piémont ; les peaux des Pyrénées, du Réarn et d'Espagne, à pelage noir (les plus recherchées) ou blanc, employées en Allemagne pour garnir les habits des paysannes: les peanx d'Arles, à pelage plus grossier qne les précédentes, venant de la Provence et divisées en trois sortes : les «agneaux forts», à laine abondante et longue ; les « agneanx crépus », à laine plus courte, serrée et frisée; les « agneanx ordinaires», de qualité inférieure. Les peaux d'Anvergne, du Limousin et du Périgord, de la Guyenne, sont les dernières comme qualité. Les peanx d'Allemagne et d'Ecosse sont peu estimées.
Les peaux d'Astrakan (ville sur le Volga, en Russie) et d'Orenbourg, provenant d'animaux mortnés, ont le pelage lisse, ras, noir et luisant; une qualité encore supérieure est moirée. Les agneanx destinés à fournir l'astrakan sont soignés d'une façon particulière : on leur enveloppe le corps avec un linge cousu que l'on élargit au fur et à mesure de la croissance de l'animal; la toison ainsi comprimée se frise et se boucle; on tue l'animal dès que la peau est assez belle. D'autres pays produisent des peaux semblables à l'astrakan : les peaux de Perse, à pelage serré et frisé, de couleur grise; les peaux de Crimée, à pelage gris ou noir, plus long que celui des peaux de Perse, bouclé ; les peanx de l'Ukraine, à pelage noir, très fin et bouclé: les peanx des Kalmoucks et des Rachkirs sont également très belles. (Voy. As-