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sur le sol américain. Les colons nouveaux ne formaient qu'une petite minorité. De 1776 à 1820, il entra dans les ports des États-Unis 250.000 immigrants, et de 1820 à 18^0 environ 128.000. Le mouvement se précipita dès lors avec une violence croissante de décade en décade, sauf à l'époque de la guerre de la sécession :
Éinigraiits Émigrants
Del830àl8i0. 5-19.000 De 1870 à 1880. 2.834.000
De 1840 à I8r>0. I.i2.3.000 Del880àl890. 5.246.000
De IH.y) à IWiO. 2.800.000 En 1891 360.000
n- l,S60 à 1870. l.'JGi.OOO En 1802 623.000
Le mouvement s'est ralenti à partir de 1893, sous 1 iiilluence de lois restrictives votées parle Congrès.
iS95 280.000 1898 229.000
De 1820 à 1897, en soixante-dix-sept années, il est entré aux États-Unis 17.773.000 immigrants. Les arrivées dans la seule année 1891 représentent un chiffre supérieur au total des dix années de 1830 à 1840, et le contingent de 1892 a été plus élevé encore. Il avait été antérieurement dépassé par ceux de 1881 (669.000) et de 1882 (789.000).
En aucune année, depuis 1879, le chiffre de l'immigration n'a été aussi faible qu'en 1897-1898, soit 229.000. La moyenne annuelle de 1884 à 1893 a été de 472.000: celle de 1894 à 1897 a fléchi à 279.590.
Entre 1820 et 1840, l'immigration fut alimentée presque exclusivement par la Grande-Bretagne et l'Irlande, .\vant la (în de cette période, l'immigration allemande commençait à devenir importante. Elle s'est constamment accrue depuis jusqu'à s'élever au chiffre de 1.500.000 pour la décade de 1880 à 1890, sur un total de 5 millions, dont 1.500.000 également de la Grande-Bretagne. Cette même décade a été aussi remarquable par un développement extraordinaire des éléments Austro-Hongrois, Italiens, Russes, Polonais et Scandinaves dans l'immigration générale. Depuis 1885, on a renoncé à compter le nombre des immigrants entrant aux États-Unis par la frontière du Canada, mais on peut évaluer à 800.000 le contingent fourni par cette voie spéciale d'immigration,qui remplit deFranco-Canadienslesdistricts les plus voisins de la frontière, dans les États du Nord. C'est en 1882 que le nombre des arrivants par les ports et la voie de terre a été le plus élevé: 789.000, soit plus de 2.000 en moyenne par jour. Les 9 millions d'étrangers vivant aux États-Unis sont disséminés dans la région du Nord, depuis .\e\v-York jusqu'à Denver ; le Sud n'en a pas absorbé la dixième partie.
La densité de la population aux États-Unis, sur la base du recensement de 1890, est de 7 hab. par kil. c; elle est de 71 pour la France, de 124 pour les Iles-Britanniques, de 210 pour la Belgique. Si la densité était aussi forte aux États-Unis qu'en Belgique, la population y dépasserait le total actuellement atteint par celle du monde entier. La population est naturellement répandue d'une manière très inégale, suivant les conditions diverses d'altitude, de température, de situation commerciale, de richesses minières, de fécondité dn sol.
La ligne isothermique moyenne, qui est de 11»66, ! traverse à peu près par leur milieu les États d'Ohio] idlndiana, d'Illinois : près des trois quarts des habitants de l'Union sont groupés dans une zone comprise entre les isothermes de 7 et 15 degrés 1/2. La
Popalation 20.217.690
moyenne des pluies est de 758 mm.: les trois quarts des habitants de l'Union sont groupés dans les régions où il tombe de 750 à 1.280 mm. de pluies annuelles. Les deux cinquièmes du territoire (les déserts du grand plateau occidental) reçoivent moins de 250 mm. d'eau ; ils ne contiennent que les trois centièmes de la population. Le versant de l'Atlantique a vingt-cinq fois plus d'habitants que la région des Montagnes-Rocheuses et le versant du Pacifique. Voici, d'après le recensement de 1890, la répartition de la population par bassins :
Superficie Pop. an
kilométriqne Population kil. carré
\ersant cis-apala-
chien
Versant des Grands
Lacs
Versant dn Golfe..
Bassins fermés
Versant da Paci-
fiqae 1.603.832 2.145.337 1,3
Un autre mode de répartition présente encore un aspect intéressant : Étals de l'Ouest (Grand plateau et versant du Pacifique), 3.027.613 hab. ; États du Nord, 39.763.824; États du Sud (tous les anciens États à esclaves), 19.791.437.
Le Mississipi contenait, en 1890, le plus grand nombre de nègres purs: fô7.000. La Virginie venait ensuite avec 622.000.
40 millions de personnes âgées de plus de vingt ans ou de moins de cinq ans, étaient ainsi réparties: au-dessous de cinq ans (chiffre probable), 7.6.35.000; au-dessusde vingt ans (chiffre probable), 32 millions 1/2, dont : population m:\le, 17.000.000, soit 12.&50.000 nés aux États-Unis, et 4.;J50.000 nés à l'étranger; et, sur les 12.650.000 nés aux États- Unis, 1.650.000 environ de couleur.
Villes. — La population urbaine ne cesse de s'accroître aux dépens des campagnes, avec un mouvement au moins aussi rapide qu'en Europe et en Australie. Le recensement américain ne considère cependant comme populations urbaines que les agglomérations atteignant 8.000 hab. Les petites villes an-dessous de ce niveau sont recensées comme villages. La population des villes de 8.000 hab. et audessus constitue les trois dixièmes de la population totale, alors qu'en 1790 elle n'en formait que la trentième partie. Le nombre des villes de 8.000 hab. et au-dessus est passé de 6 en 1790 à 455 en 1890^ Il n'y avait pas, il y a cent ans, une seule ville de 100.000 hab.: on comptait en 1890, 20 villes, et en 1899, 41 ayant au moins 100.000 hab., avec une population totale de 15.563.000 hab., soit un cinquième de la population des États-Unis.
Les États méridionaux de la Nouvelle-Angleterre, Massachusetts, Rhode-Island et Connecticut, qui l'emportent sur tous les autres par la densité kilométrique des habitants, sont aussi la région de la République américaine où la population abandonne
1. D'ajirès le censiis de 1890, il y avaii, à celte date, aux États- Unis :
94 vUles de 8.000 hab. à 10.000 138 — 10.000 — 15.000 92 — 15.000 — 25.000
ee — 25.000 — 50.000
30 — 50.000 — 100.000 28 — lOO.OOO — 400.000 7 — Je plus de 400.000 bab.
455 villes de 8.000 bab. et an-dessos. 3.267 bourgs de 1.000 à 8.000.