ÉTAMINE
ETATS-UNIS
de fonte est d'abord soigneusement nettoyée avec du sable ; après quoi on la recouvre d'un alliage composé de 89 parties d'étain, G de nick«l et 6 de fer fondues ensemble. Cet alliage est plus fusible, plus résistant et plus blanc que l'étain ; on peut l'employer aussi avec avantage pour l'étamage du cuivre.
On emploie encore pour la fonte l'étamage galvanique, qui donne des résultats supérieurs aux autres méthodes, mais qui coûte plus cher. Le bain dont on se sert est composé de 10 litres de soude caustique à 3" B., 1 gr. de protochlornre d'étain et 3 gr. de cyanure de potassium ; les anodes doivent être en étain pur.
Étamage des glaces. — Quand la glace à étamer a été bien polie d'abord avec du grès grossier, puis avec de l'émeri, enfin avec du colcothar délayé dans de l'eau, on étend sur une table de marbre bien dressée une feuille d'étain battu ayant ses dimensions. Cette feuille est encadrée de bois et entourée de rigoles : on promène à sa surface, avec une patte de lièvre, une petite quantité de mercure. Quand elle est bien imbibée de ce métal, on verse dessus une couche de mercure de 4 à 5 mm. d'épaisseur. Alors, on prend la glace par un de ses côtés, on place le côté opposé à l'une des extrémités de la feuille d'étain, et on la fait glisser de manière qu'elle pousse devant elle l'excès de mercure, qui s'écoule par les rigoles. Quand on a placé exactement la glace sur la feuille d'étain recouverte de mercure, on la charge de blocs de plâtre qu'on y laisse pendant quinze à vingt jours. C'est sous cette pression que se produit l'adhérence et que se coustitue l'alliage, qui est ordinairement de 1 partie de mercure pour 4 parties d'étain.
L'étamage des glaces, nuisible à la santé des ouvriers, et de plus en plus remplacé par l'argenture. (Voy. Verre, Verrerie : Glaces.)
Étamage îles globes de verre. — On se sert d'un amalgame de 1 partie de bismuth et 4 parties de mercure, ou bien encore de 2 parties de mercure, 1 d'étain, 1 de plomb et 1 de bismuth. On verse l'alliage dans le globe, préalablement bien nettoyé, bien séché, un peu chauffé, au moyen d'un entonnoir de papier qui plonge jusqu'au fond, puis on lui imprime un vif mouvement de rotation de droite à gauche et de gauche à droite, de manière à égaliser autant que possible la couche métallique ainsi déposée, laquelle adhère fortement au verre.
ÉTAMI>'E. Genre de tissus lisses et légers de la famille des toiles. Le caractère commun à toutes les étamines est d'être faites en comptes ouverts, avec des fils de chaîne très tordus et parfaitement lisses. Les fils de trame, bien que moins tordus que ceux de chaîne, doivent être également très réguliers et lisses; aussi dans les étamines à comptes très clairs le tissu présente un vide régulier à chaque croisement des fils de la chaîne et de la trame. La toile à bluter est une étamine, et c'est probablement de l'opération du blutage, qui consiste à faire passer la farine à travers les jours de l'étamine à bluter, pour la séparer du son trop gros pour passer avec elle, qu'est venu- l'expression « passer quelque chose, on quelqu'un, à l'étamine», c'est-à-dire examiner avec soin ses qualités et ses défauts. Les étamines peuvent être tissées en soie, en laine, en laine et soie, ou en crin.
Il y a un grand nombre de variétés d'étamines.
Les plus en usage aujourd'hui sont : la mousseline de soie, celle de laine, le voile |)our voiles de religieuses et pour robes de deuil, la tamise, le chaly, étoile en chaîne de soie organsin et en trame de laine peignée, enfin l'étamine à pavillon.
Gaston Grandgeorge.
ÉTAXÇOX. V. Bois.
ÉTAT (Quatrième). Nom inventé par les socialistes allemands. Il est impossible en France de déterminer à quelle catégorie de personnes il s'applique. Les privilèges qu'avaient la noblesse et le clergé en 1789 ont été abrogés par la Déclaration des droits de l'homme et la législation qui en est résultée. Sont-ce les non-propriétaires qui forment le quatrième état? Tout le monde peut le devenir, et il y a en France 8.500.000 propriétaires qui, multipliés par 4, chiffre moyen d'une famille, donnent 34 millions de propriétaires sur 38 millions d'habitants. Est-ce le salaire? Mais le directeur d'une grande Compagnie industrielle ou d'un chemin de fer est un salarié: fait-il partie du quatrième état? Y. G.
j ÉT.ATS-L'MS. (Bépublique fédérale dans l'Ams.-
j RiQCE DU Nord.)
1 Sommaire : Géographie physique et politique. — Finaoees.
— Gouvernement. — Géographie économique. — Production agricole. — Production minière. — Industrie.
— Voies de communication. — Marine marchande. — Crédit et Banques. — Commerce extérieur.
Géographie p»ysiqce et politique. — Territoire. — L'appellation politique de United States of America a été appliquée, depuis cinq quarts de siècle, à des espaces géographiques d'étendue très différente. En 1776, elle désigna la ConfédératioB qui venait de se former entre les colonies britanniques, unies pour conquérir l'indépendance proclamée. Ces colonies, devenues des États, bordaient le rivage de l'Océan .atlantique depuis la rivière Sainte-Croix au N. jusqu'à l'Altamaha au S. Ce territoire, limité à l'O. par les monts AUeghanys, couvrait environ I million de kil. carrés, à peu près la Sup. de la France et de l'Espagne, la huitième i partie du domaine actuel des États-Unis, non compris l'.\laska. — Le traité de paix de 1782 doubla cette sup. en portant à l'O. la frontière jusqu'au Mississipi. Les États-Unis achetèrent en 1803 à la France la Louisiane, terme géographique qui désignait alors, non pas seulement l'État connu aujourd'hui sons ce nom, mais la région indéfinie s'étendant à l'O. du Mississipi, entre ce fleuve et les Montagnes-Rocheuses, et même jusqu'à l'Océan Pacifique, 'au N. des possessions espagnoles. Le pays cédé par la France était inconnu, inexploré: mais cette acquisition triplait d'un seul coup le territoire des États-Unis. Un traité conclu en 1819 avec l'Espagne leur donna la presqu'île de la Floride et le littoral du golfe du Mexique jusqu'à la Louisiane. Un arrangement avec r.\ngleterre (1846) fixa la frontière septentrionale, entre l'Océan Pacifique (détroit de Juan de Fnca) et le l'ac des Bois, au 49» de lat. N. Le Texas fut annexé en 1845. Le traité de Guadalupe Hidalgo avec le Mexique (1848), complété par le traité Godsden (1853), donna aux États-Unis la Californie, le plateau d'Utah, le ""massif du Colorado, le Nouveau- Mexique et r.\rizona. La Russie leur céda r.\laska en 1872. — iVujourd'hui les États-Unis, avec cette dernière acquisition,embrassent une étendue de9.300.000 kil. c, dont 1.400.000 pour l'Alaska, et 7.900.000 pour le quadrilatère allongé compris, dans l'Ame-
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rlque du N., entre le Dominion, le Mexique et les deux Océans, quadrilatère représentant quinze fois la surface de la France, plus des trois quarts du continent européen. En 1898, les États-Unis ont annexé l'archipel Hawaïen, et le traité de paix conclu avec l'Espagne en 1899 leur a donné Porto-Rico, les Philippines, l'île de Guam dans les Mariannes et le protectorat de l'île de Cuba. La sup. de ces nouvelles possessions n'est pas comprise dans les chiffres ci-dessus.
Le territoire des États-Unis, entre 49° et 24° 23' de lat. N. et 69° 17 10" et 127° 4' de long. 0., se compose essentiellement d'une immense plaine centrale, arrosée par le Mississipi et ses affluents, et limitée à l'E. et à l'O. par deux systèmes de montagnes, les Apalaches sur la côte de l'Atlantique, les Montagnes-Rocheuses et les plateaux de la Cordillère du N., à ro., jusqu'à l'Océan Pacifique. Le Dominion et les États Unis ont une frontière naturelle dans la partie orientale, le haut Saint-Laurent et le chapelet des grands lacs (Ontario, Érié, Huron, Michigan et Supérieur). A l'O. de ces derniers, la frontière géométrique du 49° lat. N. laisse aux États- Unis le bassin entier du Missouri et du haut Mississipi et celui du fleuve Columbia.
Climat.— Compris entre 49° et 2o° de lat. N., ce territoire se trouve, par sa lat. moyenne, situé plus au S. que le continent européen, compris entre 71° et 36°. Il a cependant le même climat moyen, et la différence de température moyenne est très faible entre Liverpool et New-York, bien que la différence de lat. soit de 12°. Mais les froids de l'hiver sont beaucoup plus rigoureux et les chaleurs de l'été plus élevées à New-York qu'à Liverpool, Londres ou Paris. L'écart entre les temp. extrêmes est une caractéristique du climat américain. Au N. de la vallée du Mississipi, surtout à l'O. du fleuve, règne le climat continental dans toute sa rigueur : chaleurs et froids excessifs, avec des variations très brusques, déterminées par des « vagues » chaudes ou froides dans l'atmosphère. La hauteur de la colonne de pluie est de 175 cm. par an dans la Floride, de loO à Bàton-Rouge, de 127 à Nouvelle-Orléans, de 100 à Saint-Louis, de 70àMilwaukee. La moyenne à la base des Montagnes- Rocheuses ne dépasse pas 40 cm. Dans l'E., elle est de 93 cm. à Cincinnati, de 77 à Cleveland. L'air est très sec, les brouillards et la rosée sont inconnus dans les plaines de l'O. américain. Le vent d'O. domine dans la vallée du Mississipi comme sur le versant atlantique. Les cyclones sont fréquents. Ils s'accompagnent en hiver de trombes de neige; ce sont les blizznrcU, dont les journaux relatent de temps à autre les terribles méfaits. L'humidité fait complètement défaut sur le plateau des Montagnes- Rocheuses. Sur la côte de l'Océan Pacifique domine un climat plus doux même que celui de la zone correspondante de l'Atlantique. Le Puget-Sound, à l'extrême N.-O. de l'État de Wasliington, est sous la même latitude que la Bretagne. Québec est sous la lat. de Paris, Boston sous celle de Barcelone, la grande vallée californienne s'étend sous celles de Constantinople et de l'île de Rhodes. Les étés sont moins brûlants et les hivers moins rudes en Californie que dans la Nouvelle- Angleterre ou dans le New-York. Les régions les moins salubres sont certains rivages de l'Atlantique (Carolines, Dismal Swamp), la côte du golfe du Mexique, couverte de lagunes et de cyprières, le sol spongieux du delta
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du Mississipi, les parties basses des vallées du Missouri, de l'Arkansas, etc.
Population. — La pop. des États-Unis était en 1790 de 3.929.214 hab. Elle atteint en 1899 environ 78 millions. Voici quels ont été les chiffres, de dix en dix années, depuis le milieu du XVIII* siècle :
Hab. Hab.
1750 l.OiG.OOO 1840 17.069.453
1830 12.806.020 1900 (éval.). 80.000.000
L'augmentation de pop., dans la décade de 1880 à 1890, a été de 12.406.000 hab., soit de 24,86%. Il est entré aux États-Unis, pendant cette période, 3.247.000 immigrants et la population a augmenté dans tous les États, sauf deux, le Vermont et le Nevada. Le plus peuplé des quarante-cinq États est le New- York (7 millions), le moins peuplé le Nevada (.oO.OOO). Voici, d'après les évaluations des gouverneurs en 1898, quelle était à cette date la pop. approximative des douze États les plus peuplés :
New- York.... 7.000.000 Indiana 2.900.000
Pennsvlvania. 6.000.000 Massacliusets 2.780.000
Illinois 5.750.000 Micliigan. . . . 2.250.000
Ohio 4.800.000 Kentucky.... 2.200.000
Texas 3.400.000 lowa 2.200.000
Missouri 3.250.000 Wisconsin... 2.150.000
Le nombre des individus nés aux États-Unis de parents étrangers était en 1890 de 11.426.300 ; celui des individus nés à l'étranger et vivant aux États- Unis, de 9.249.300. Le total des personnes d'origine étrangère nées à l'étranger ou dans le pays même s'élevait donc à 20.676.000, soit à 33 % de la pop. La proportion n'avait été que de 29,73 en 1880 et de 28,23 en 1870.
Les 9.122.000 hab. des États-Unis nés à l'étranger comprenaient à la môme date :
Allemands 2.785.000 Suisses lOi.OOO
Irlandais 1.871.500 Gallois 103.000
Anglo-Améric. 981.000 Hollandais 82.000
Anglais 909.000 Mexicains 78.000
Suédois 478.000 Hongrois 62.000
Norvégiens 322.600 Belges 25.300
Écossais 242.200 Cubains 23.200
Busses 182.600 Portugais 16.000
Italiens 182.000 AméricainsduSud 6.200
Polonais 147.400 Espagnols 6.200
Danois 132. .500 Asiatiques divers. 4.400
Autrichiens.... 123.300 Japonais 2.300
Bohémiens 118.100 Grecs 1.900
Français 113.200 Autres 42.000
Chinois 107.000
7.638.360 personnes de couleur vivaient en 1890 aux États-Unis; savoir : 7.470.040 d'origine africaine, Chinois, 107.473; Japonais, 2.039; Indiens civilisés, 38.806.
C'est l'immigration des colons européens qui a fait les États-Unis. Jusqu'à la guerre de l'Indépendance, le mouvement fut très lent; les trois millions d'hab. étaient en grande partie composés de familles ayant déjà compté deux ou trois générations
1. La population, avant 1790, est imparfaitement connue. Bancroft donne 1.385.000 blancs et 310.000 noirs pour l'année 1760, et 2.383.000 blancs ot 562.000 noirs pour 1780.
2. Premier recensement décennal effectué sous le régime de la Constitution de 17S9.
3. Y compris les liabitants de l'Alaska (30.000) et du Territoir» Indien (179.320).