TR.'UTS DE VIANDE, F.VRINES PRÉPARÉES.) D' J. L
POT.\SSE (Sels de).
Sommaire : Sources de la potasse. — Gisements de sels potassiqaes de Stassfurt : description et exploitation.
— Fabrication du chlorure de potassium et du sulfate de potasse. — Statistique de l'industrie de Stassfnrt. — Carbonate de potasse. — Potasses du commerce. — Potasse caustique. — Nitrate de potasse. —Chlorate de potasse. — Hypochlorile de potasse (eau de Javel). — Bichromate de potasse. —Sulfo-carbonate de potassium.
— Cyanure de potassium et prnssiates de potasse. La production des sels de potasse donne lieu à
«ne activité considérable et constitue une des branches principales de la grande industrie chimique, à cause des usages nombreux et importants auxquels ils sont destinés.
La potasse est très abondamment répandue dans la nature : les roches éruptives en contiennent des quantités importantes à l'état de silicates qui passent dans les argiles, résultat de la destruction de l'élément feldspathique des roches granitoïdes. L'eau de mer tenferme des chlorures, iodures et bromures de potassium; enfin, la potasse est un principe indispensable àla vie de tous les êtres vivants, et on la retrouve dans les cendres végétales et dans les sécrétions animales, particulièrement dans l'urine et dans la sueur.
A l'exception des roches éruptives, qu'on n'est jamais parvenu à traiter économiquement, les diverses sources de potasse sont mises à contribution, et on extrait les sels de potasse des eaux de la mer (procédé Balard) et des plantes marines, des cendres végétales (potasses du commerce), des résidus caltinés de la sucrerie et de la distillerie (chlorures de potassium et potasses du Nord) et des eaux de des- SDlntage de la laine des moatous.
Mais les qnai.Lites ainsi produites ne représentent qu'une faible part de celles qui sont nécessaires à la consommation, et depuis quelques années la production des sels de potasse s'est presque monopolisée en Allemagne dans la région de Stassfnrt, où se trouvent des gisements inépuisables de sels potassiques.
Aussi est-il intéressant d'étudier d'an peu plas près ce qui se passe dans les mines et usines de Stassfurt et environs, pour voir ensuite plus rapidement les antres procédés employés ailleurs, et notamment en France.
L'Allemagne est le pays du monde où les salines sont les plus abondantes: en cherchant vers 1830 à 1840 de nouveaux gisements, on mit à jour, aadessus du sel gemme, une série de couches de sels déliquescents, rejetés au début comme impropres à la consommation sons le nom de sels encombrants {Àbraumsalze). Ce n'est que plus tard qu'on se rendit compte de leur nature (sels magnésiens et potassiques) et de leur valeur fertilisante.
Une étude approfondie a montré que les sels potassiques forment, au-dessns du sel gemme, à une profondeur variable de 300 à 500 m. et plus, une série de couches qui se succèdent dans un ordre constant. On trouve d'abord une première zone d'une trentaine de mètres, caractérisée par l'abondance de la polyhalite, sulfate à bases multiples: chaux, magnésie, potasse et soude: puis les sels magnésiens dominent dans une deuxième zone de 20 à 30 m., formée d'un mélange de kiesérite (sulfate de magnésie) et de carnallite (chlorure double de potassium et de magnésium); enfin, la carnallite seule est l'élément essentiel de la troisième zone, de 40 à 30 m. de puissance, où se concentre l'exploitation.
Ces dépôts s'étendent dans l'Allemagne centrale et particulièrement autour des montagnes du Harz, dans les provinces prussiennes de Hanovre et de Saxe, et dans les duchés d'Anhalt et de Brunswick. Ils paraissent résulter de l'évaporation lente et continue des eaux d'une lagune et constituent le seul exemple connu au monde d'un amas aussi considérable de sels de potasse. En dehors de l'Allemagne, on trouve en Galicie des gisements de sels de potasse {sylcine : chlorure de potassium, car nullité et kaïnite : sulfate double de potasse et de magnésie très impur), exploités par le Gouvernement autrichien, et au Bengale des efilorescences de salpêtre (nitrate de potasse); mais ce sont des accidents qui ne présentent jamais l'ampleur et la régularité des immenses dépôts de la région de Stassfurt.
Il est intéressant de signaler à ce propos qu'on a vainement cherché la présence des sels de potasse dans les importants gisements salins de Lorraine, qui se sont cependant formés dans les mêmes conditions que ceux de Stassfurt. On n'y a trouvé que des traces de polyhalite.
Des usines puissantes et nombreuses se sont établies autour des points exploités et, pour empêcher une surproduction et un avilissement des prix, elles se sont réunies pour la vente de leurs produits en un syndicat, le Verhaups-Syndikat derKaliwerke, qui siège à Stassfnrt et comprend actuellement presque tous les propriétaires de mines et d'usines de sels potassiques de l'Allemagne.
En dehors de la carnallite, qui est le minéral le plus abondant, on extrait encore des mines de Stass-
POTASSE
POTASSE
fnrt d'antres sels de potasse, parmi lesquels il faut citer la kaïnite, la sylrine, la sylvinile, la schœnite et le harlsalz. Ces sels bruts de potasse sont utilisés, pour une forte part, à la fertilisation des terres, surtout en Allemagne. Voici la composition des principaux sels bruts de potasse des gisements de Stassfurt, d'après les moyennes des nombreuses analyses faites dans les laboratoires du Verkauf's- Syndikat der Kaliwerke :
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Richesse