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Voici, d'autre part, pendant la même période, les. quantités de chlorure de potassium et de sulfate de potasse produites par les usines du Syndicat de- Stassfurt :
Années
Chlorure
de potassium
Sulfate de potasse
Tonnes 145.027 155.805 158.863 174. .379 180.672
Tonnes
En 1898, le Syndicat a vendu en Allemagne 70.877 T. de chlorure; le reste a été exporté, à raison de 54.272 pour l'Amérique du Nord et 14.870 pour la France : les quantités exportées sont utilisées surtout pour l'agriculture. Voici l'emploi du chlorure vendu en Allemagne (en tonnes) :
Fabrication da carbonate de potasse et de la potasse caustique 30.122
Fabrication du salpêtre 13.3i4
— du bichromate de potasse 1.206-
— du chlorate de potasse 763
— de produits divers 4.471
Employé comme engrais 1.52*
Utilisé dans les usines du Syndicat 18.443
Total 70.87T
Ces statistiques montrent l'importance de l'industrie des sels de potasse allemands, concentrée dan» le Verkauf's-Syndikatder Kaliwerke de Leopoldshall- Stassfurt, qui est devenu le fournisseur principal do monde entier.
Potasses brutes du commerce. — Avant la découverte des gisements salins de l'Allemagne du Nord, l'industrie employait, comme point de départ de la fabrication des sels de potasse, les carbonates de potasse impurs provenant de l'incinération des bois; par la combustion, tous les sels" organiques h base potassique contenus dans les tissus végétaux sont ramenés à l'état de carbonate, et on les sépare par le lessivage des sels insolubles; le mélange de sels alcalins ainsi obtenu est formé en majeure partie de carbonate de potasse, avec des chlorures et sulfates alcalins ; il est désigné dans le commerce sous le nom de potasse brute.
La production des potasses brutes est actuellement localisée dans les pays de vastes forêts, tel» que la Russie, l'Amérique et le Canada, et on distingue précisément les potasses brutes, suivant leur origine, en potasses d'Amérique, potasses de RiiS'
POTASSE
POTASSE
8ie, potasses du Canada, etc. Les potasses blanches et pures soot connaes sous le nom de potasses perlasses.
La composition de ces produits est très variable, suivant leur origine et leur degré de raffinage; en voici quelques types :
Composition de diverses Potasses de cendres végétales
Origine
Toscane
Russie
Perlasse
La valeur des potasses du commerce est donnée par leur dosage en carbonate de potasse; on détermine rapidement ce dosage en saturant la solution alcaline de la potasse examinée par un acide d'un degré connu; l'acide est ajouté goutte à goutte à l'aide d'une burette graduée qui permet de connaître exactement le volume employé jusqu'au moment où la saturation est complète. On reconnaît la saturation an changement de couleur de la solution, préalablement additionnée de teinture de tournesol ou de méthylorange.
PoT.\ssES DE ViNASSKs DE BETTERAVES. — Les betteraves sucrières enlèvent au sol d'importantes quantités de sels de potasse qui sont rejetées avec les mélasses et se retrouvent, après distillation de ces dernières, dans les vinasses on résidus des distilleries. L'évaporation, pnis la calcination des vinasses donne un salin dont on retire, par lavage méthodique, une potasse contenant jusqu'à ^V» de carbonate de potasse pur.
Cette industrie est naturellement concentrée dans les régions betteravières et elle a une assez grande importance dans le nord de la France; mais elle diminue et tend même à disparaître en même temps que les distilleries de mélasse, remplacées partout par les distilleries de grains ou de pommes de terre.
Potasses d'origine animale. — Le suint des moutons, matière complexe analogue à la sueur et qui imprègne les toisons, contient la plus grande partie des sels de potasse absorbés par ces animaux, du fait de leur alimentation.
Traité par de petites quantités d'eau froide, le suint abandonne les sels de potasse ; la solution est évaporée et le résidu sec, calciné, repris par l'eau et évaporé de nouveau, donne la potasse de suint. qui contient environ 90,5 •/• de carbonate de po- : tasse. — 1.000 kilog. de laine foornissent à peu près 73 kilog. de potasse.
.\uTKKs sources DE PoTAssK : ChloTures de potassium et sels de potasse des varechs et des eaux-mères des marais salants. — Au moment même ou l'on découvrait en Allemagne les gisements de sels de potasse, un chimiste français, Balard, démontrait la présence du chlorure de potassium dans l'ean de mer et parvenait à établir un procédé pratique d'extraction de ce chlorure de potassium, basé sur la différence de solubilité aux diverses températures des sels de potasse, de soude et de magnésie que renferment les eaux mères des nrarais salants, après l'extraction du sel marin. Ce procédé est encore appliqué dans les marais salants
du Midi et de l'Ouest et fournit chaque année qnel> ques milliers de tonnes de chlorure de potassium.
Un procédé analogue est appliqué dans les usines, des fabricants d'iode de Bretagne et permet l'extraction des sels de potasse qui restent, après extraction de l'iode, dans les eaux-mères des soudes d» varechs.
On produit en France actuellement 13.000 tonne» de sels de potasse, de diverses origines, qui sont pour la plupart employées dans l'industrie.
Il nous reste à étudier maintenant les différents sels de potasse présentés par le commerce et qal dérivent tous soit du chlorure de potassium, soit des potasses du commerce.
Potasse caustique. — C'est l'hydrate d'oxyde de potassium: elle se présente sons l'aspect d'une matière blanche, déliquescente, très soluble dans l'eao et absorbant très rapidement la vapeur d'ean et l'acide carbonique de l'air. 11 est indispensable dela conserver dans des flacons hermétiquement bouchés.
La potasse caustique s'est longtemps préparé» exclusivement aux dépens du carbonate de potasse,, en décomposant par la chaux éteinte une solution étendue et bouillante de ce carbonate. L'opération se fait dans une bassine en fonte; la chaux passe à l'état de carbonate insoluble et la potasse reste dansla liqueur surnageante : on évapore cette solntioa dans une chaudière d'argent, le verre ou la porcelaine étant attaqués par la potasse, et à la fin del'évaporation on fond la masse solide et on la coule en petits bâtons constituant la pierre à cautère.
Le produit ainsi obtenu est la potasse à la chaux^ très impure; on la dissont dans l'alcool additionnéd'un peu d'eau et on obtient alors la potasse à. l'alcool.
On tend de pins en plus, maintenant, à préparer la potasse caustique par la décomposition électrolytiqne du chlorure de potassium, et c'est actuellement le procédé le plus employé en Allemagne, oœ il a pris une grande extension. Ce pays était autrefois un de nos gros acheteurs de potasse ratfinée- (carbonate de potasseï provenant des salins de betteraves ; il exporte actuellement 8.3^ T. de potasse? caustique.
Le principal usage de la lessive de potasse est la préparation des savons mous; la pierre à cautère est employée comme caustique, spécialement sons, le nom de caustique ou poudre de Vienne, formée de parties égales de potasse et de cbanx éteinte.. Enfin, la potasse à l'alcool est un réactif couramment employé dans les laboratoires et la potassecaustique sert, dans l'industrie, à précipiter de leurs^ solutions un grand nombre de bases insolubles.
C\RBONATE DE POTASSE. — Le carbouate de potasses'extrait des potasses du commerce par lessivatioik à l'eau froide et évaporation de la liqueur obtenue;: on obtient ainsi la potasse raffinée, appelée parfoi» crii-taux de potasse.
Mais c'est encore le chlorure de potassium desgisements de Stassfurt qui donne lieu à la plu9= forte production de carbonate de potasse; l'Allemagne est arrivée ainsi à couvrir les énormes besoins de sa consommation et à exporter de grandes quantités de carbonate de potasse (en 1898, l'export. d» carbonates de toutes sortes par l'Allemagne a étéde 13.436 T. contre une import, de 1.486). Le procédé le plus employé consiste à mélanger
POTASSE
POTASSE
de la magnésie à une solution saturée de chlorure de potassium, puis à faire passer un courant de gaz carbonique qui précipite un carbonate de potasse et de magnésie peu soluble ; par calcination et lévigation du précipité, on sépare le carbonate de potasse de la magnésie, qui rentre en fabrication (procédé Engel). On fabrique aussi d'importantes quantités de carbonate de potasse par le procédé Leblanc, basé sur la réaction mutuelle du charbon et du carbonate de chaux sur le sulfate de potasse. Enfin, les méthodes électrolytiques de décomposition du chlorure de potassium fournissent aussi du carbonate de potasse.
Le carbonate de potasse est un sel blanc, cristallisé, très soluble dans l'eau et déliquescent; sa solution est très alcaline et il est indécomposable par la chaleur seule.
Il sert à la préparation de la plupart des sels de potasse et surtout de la potasse caustique; on l'emploie dans la fabrication des savons mous, du cristal, de la verrerie de Bohême.
Commerce de la Potasse et des Carbonates, de potasse. — D'après les Tableaux de l'Administration des Douanes, BOUS avons importé en 1898, en potasse et carbonates de potasse réunis (en kilog.) : de Belgique, 340.000; d'Allemagne, 934. 000; ô'Égypte, 663.000; desÉtats-Unis, 317.000; de divers pays, 170.000; soit en tout : 2.424.000 kilog. valant 1.091. 000 fr.
Il faut y ajouter : 1.258.000 kilog. de salins de betteraves allemands valant environ 188.000 fr., et 62.000 kilog. de cendres végétales d'origines diverses, valant 1.850 fr.
Nous avons expédié en 1898 13.000.000 de kilog. dépotasse et carbonates de potasse, dont: en Belgique, 8.257.000; en Angleterre, 4.169.000; aux États-Unis, 174.000; en Suisse, 94.000; en Allemagne, 90.000; en Algérie, 83.000; dans les autres pays, 133.000, le tout pour une valeur de 4.700.000 fr.
Douanes. — Les salins de betteraves sont seuls frappés de droits d'entrée; ils payent Ofr. 13 par 100 kilog. poids brut ; les cendres végétales vives ou lessivées, la potasse à la chaux et le carbonate de potasse sont exempts, sauf pour ces deux derniers produits une surtaxe d'origine de 2 fr. 40 par 100 kilog. poids net, quand ils sont importés d'ailleurs que du pays de production.
La potasse et le carbonate de potasse destinés à la fabrication des prussiates de potasse jouissent de l'admission temporaire; mais ils doivent être réexportés dans un délai de 6 mois, à raison de 100 kilog. de prussiate rouge pour 200 kilog. de matières premières, et 100 kilog. de prussiate jaune pour 140 des mêmes matières premières.
Les potasses du commerce arrivent dans les ports en tonneaux ou barils de contenance variable ; on leur applique, suivant les lieux, des usages dont voici les principaux : Bordeaux : potasse et perlasse, tare 12 •/.. — Le Havre : potasse et perlasse des États-Unis, de Russie, de Dantzig et d'Italie, lare 12 •/.; potasse de Hongrie, du Rhin, d'Allemagne, de Bohême, lare nette ; potasse de Finlande, tare 15 */• en barils de 200 kilog. et au-dessus; audessous, tare conditionnelle. — Nantes : potasse et perlasse d'Amérique et de Toscane, tare et trait 12 % par futaille; potasse du Nord, tare et trait 15 7. par futaille.
Nitrate de Potasse. — La cause de la production du nitrate de potasse et de tous les nitrates naturels n'est élucidée que depuis quelques années. Deux chimistes français, MM. Schlœsing et Mûntz, ont démontré qu'ils résultaient de l'oxydation de l'azote des matières organiques provoquée par des ferments bien spécifiés, les ferments nitriques. Ceux-ci exigent pour vivre des conditions déterminées d'aération, d'humidité, de température et surtout de milieu, qui ont été parfaitement élucidées par MM. Schlœsing et Mûntz et qui expliquent la localisation des efflorescences de nitrate dans les endroits humides et I
malpropreset dans les pays chauds. (Voy. Nitrates : Nitrate de potasse.)
On en produit de grandes quantités dans les usines du Syndicat de Stassfurt, en faisant réagir à l'ébullition le chlorure de potassium sur le nitrate de soude en solution dans l'eau ; c'est le salpêtre de conversion ou de transf'ormalion.
Le raffinage ne se fait en France que dans un petit nombre d'usines du Nord et dans l'importante raffinerie de Lyon, qui livre annuellement plus d'un million de kilog. de salpêtre. L'État raffine luimême, dans les trois usines de Lille, Marseille et Bordeaux, le salpêtre destiné à la fabrication de la poudre.
Voici les principaux usages adoptés pour le commerce de ces produits : Le Havre : terme, 4 mois ; 6 kilog. par sac jusqu'à 3 emballages; bonification pour le déchet audessus de 4 7. de titrage. — Nantes : simple emballage pour 250 kilog., tare et trait 4 V.; double emballage 6 7.; triple emballage 8*/.; en futailles : tare réelle, trait 17. par futaille. — Bordeaux : lare 3 7«-
Chlorate de Potasse. — Le chlorate de potasse se produit industriellement par la réaction à l'ébullition du chlorate de calcium sur le chlorure de potassium ; à cet effet, on fait arriver un courant de chlore dans un lait de chaux, on ajoute du chlorure de potassium et ou fait bouillir; le chlorure de chaux formé donne à l'ébullition du chlorate de calcium, qui réagit.
Depuis l'introduction dans l'industrie des méthodes électrolytiques, la production du chlorate de potasse accompagne la décomposition électrolytique du chlorure de potassium, qui fournit un chlore très pur. L'Allemagne tient un bon rang dans cette fabrication, malgré sa position désavantageuse au point de vue des sources naturelles d'énergie électrique. C'était autrefois l'Angleterre qui produisait tout le chlorate consommé dans le monde entier, tandis qu'actuellement les deux tiers de la production totale proviennent des usines françaises, allemandes, suédoises et américaines.
En 1898, il y avait en tout 7 fabriques électrolytiques de chlorates alcalins, dont trois en France : à Saint-Michel-de-Maurienne, Chedde et Vallorbes, deux en Allemagne, une en Suède et une en Amérique ; depuis cette époque, le nombre des usines a augmenté, notamment en France, et le procédé s'est introduit en Angleterre.
Le chlorate de potasse est un oxydant énergique, ' qui abandonne sous l'action de la chaleur tout son oxygène, en passant par la formation d'un sel plus oxygéné, le perchlorate de potasse, qui se décompose à son tour; on utilise ces propriétés en le mélangeant à des matières inflammables pour la fabrication d'explosifs et pour celle des pâtes d'allumettes sans phosphore.
Hypochlorite de Potasse : Eau de Javel. (Voy. Chlorures décolorants.)
Bichromate de Potasse. — Le bichromate de potasse se prépare industriellement en faisant chauffer dans un courant d'air le minerai de chrome coni sous le nom de fer chromé avec du carbonate potasse et de la chaux.
Le fer chromé existe à l'état naturel en Écos à Baltimore et en Asie-Mineure; la fabrication bichromate a longtemps été, par suite, localisée Ecosse, mais elle s'est établie dans tous les pa industriels, qui utilisent alors les minerais très pu d'Asie-Mineure.