‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 776 sur 1134 · POTEAUX · texte numérisé non relu

POTEAUX

POTERIES, PORCELAINE

Le bichromate de potasse se présente en beaux cristaux prismatiques jaune orangé, donés d'un grand pouvoir colorant; on l'utilise surtout dans l'industrie pour ses propriétés oxydantes.

SuLFocARBONATE DE PoTASSK. — Ce produit résnlte de l'action du sulfure de carbone sur le monosnlfure de potassium ; il est mis dans le commerce sous forme de solution très concentrée, destinée au traitement des vignes contre le phylloxéra.

La préparation industrielle du snifocarbonate de potasse s'accompagne toujours de celle du sulfure de carbone et parfois dn monosulfure de potassium.

Dans ses usines de l'Alba, à Bergerac, la Société française contre le phylloxéra fabrique d'abord le sulfure de carbone par le procédé bien connu, calqué sur celui des laboratoires, puis le monosulfure de potassium par réduction du sulfate de potasse par le charbon ; cette dernière opération se pratique dans des fours à gazogènes semblables anx fours à soude de Leblanc, à sole inclinée, pour permettre au monosulfure fondu de s'écouler; on emploie 34 parties de charbon (houille de Giascow) pour 100 parties de sulfate de potasse supposé pur.

Le monosulfure, dissous dans l'eau bouillante, est malaxé dans des appareils clos et résistants avec un excès de sulfure de carbone; il contient toujours des quantités variables de carbonate produites aux dépens de l'acide carbonique des gaz du four et dont la présence dans le snifocarbonate diminue naturellement la valeur insecticide de celui-ci ; on y remédie en ajoutant, avant le malaxage, à la solution du monosulfure, de la chaux éteinte en proportion suf- Gsante pour ramener ces carbonates à l'état de potasse caustique, qui se transforme à son tour en monosulfure, puis en snifocarbonate au contact du sulfure de carbone.

Un autre procédé plus simple de fabrication du snifocarbonate consiste à faire barboter dans nne solution de potasse caustique les gaz résiduels de la fabrication du sulfure de carbone, riches en hydrogène sulfuré, qui donne avec la potasse du monosulfure, et en sulfure de carbone, qui transforme le naonosulfure en snifocarbonate.

Quoi qu'il en soit, la fabrication dn snifocarbonate de potasse a beaucoup diminué d'importance; elle atteignait plusieurs millions de kilog. il y a une quinzaine d'années, époque où le traitement au snifocarbonate était considéré comme le meilleur remède au phylloxéra, puisqu'il apportait à la fois l'élément insecticide (sulfure de carbone) et l'élément fertilisant (potasse*. Depuis l'extension de la reconstitution en vignes greffées sur plants américains, et par suite de la baisse des prix des vins, l'emploi du snifocarbonate est devenu l'exception ; sa fabrication, réduite entre 300.000 à 500.000 kilog., est exclusivement localisée dans les fabriques de sulfure de carbone, qui en produisent accessoirement de petites quantités. Les usines de l'Alba sont les seules où l'on en fabrique des quantités importantes. A. Couturier,

Ingénieur agronome. Directeur du Bureau d'études sur les engrais (Sels de potasse de Sussfurl).

BiBLiOGBAPHiE. — DocniDents publiés à l'occasion de l'Exposition collective de l'indasirie chimiqne allemande en «900. — Notice sur les sels de potasse de Stassfurt. — Cours de marchandises à l'usage des élèves des écoles de commerce, par Meyrat et Dardant. Paris, libr. Xony,

POTE.\ux. (Syn. : Angl. : Posts, Stays. AUem. :

Pfosten, Slulze.) C'est le nom qu'on donne aux supports verticaux, le plus souvent en bois, des lignes électriques aériennes, et dans les mines aux étais qui soutiennent les parois des galeries.

Pour les poteaux télégraphiques, qui sont munis d'isolateurs, on se sert ordinairement de bois de pia ou de sapin. (Voy. Bois : Poteaux télégraphiques, et Co.NSERVATioN DU Bois.) Ud procédé de protection récemment inventé tend à se répandre en Angleterre. Quand le poteau est déjà dressé, on entoure la partie enfoncée dans le sol, sur une longueur de 0 m. 60 environ, d'une gaine en poterie analogue à un tuyau de drainage, qui émerge de Om.(fô à 0 m. 10 au-dessns du sol. Cette gaine est en deux parties qui s'assemblent dans le sens longitudinal; entre elle et le poteau on coule un mélange biem tassé de sable et de résine à chaud.

La France consomme annuellement l.âOO.OOO stères de poteaux ou étais de mines. Voici le tableau de ses import, et de ses export, en 1897, 1898 et 1899, de « perches, étançons et échalas bruts », catégorie qui comprend les poteaux et étais de mines :

Importations (en tonnes)

Russie 29.011,3 48.83i,6 30.851,1

.\utres pays 2i.937.8 23.612,0 18.408.1

ToUl T. 53.9i9.1 72.446.6 49.259,2

Valeorenfr 1.618.472 2.173.394 1.447.775

Exportations (en tonnes)

Angleterre 676.688,0 496.908,5 724.71 1,«

Autres pays 83.053.8 92.072.3 98.994,3

Total T. 759.741.8 588.980,8 823. 7' l/., 3

Valeur en fr.... 30.389.672 17.669.423 24.711.159

L'Angleterre a importé, en bois équarri, scié ou fenda (antres que douves ou acajou), pour une valeur de 16 millions 98.000 liv. st. en 1890, de 14.315.000 en 1893, de 18.270.000 en 1896 et de 21.528.000 en 1899. Dans ces chiffres sont compris, avec les étais de mine, tons les bois de charpente et sapins ; mais l'import. des seuls poteaux de mine dans le seul port de CardiS donnera une idée di mouvement commercial que ces poteaux représentent : Cardia en a importé 138.000 T. en 1877, 188.000 en 1880, en 1896 et 617.300 en 1897. A Xewport, l'import. des poteaux de mine a été en 1899 .le 177.400 T., dont 161.870 provenant de Bayonne, du Boucan, Bordeaux, Hennebont, Auray.

Les stocks sur ces places étant épuisés en 1899, la tonne a été payée jusqu'à 40 shillings an lieu de 20, qui est le prix normal.

Les export, de Norvège, pontres et bois pour mines, ont été : en 1890 de 3.676.000 couronnes, en 1893 de 3.336.0ûf, en 1896 de 3.590.000, en 1898 de 4.559.000.

Les export, de pin on sapin (en billes on bois équarri) di Canada, ont été : en 1893, de 4.172.000 dollars; en 1896, de 4.462.000; en 1899, de 5.528.000.

POTÉE D'ÉTAIX. V. ALLIAGES.

POTERIES, PORCELAINE. (Syn. : AngL : Earthemcare, Porcelain. .\llem. : Topfencaare, Porzellan. Ital. : Terraglie, Porcellana.) Sommaire : .Matières employées.— Trois catégories et neuf

groupes de poteries. — Les quatre grandes opéraiions.

— La fabrication en France et à l'étranger.— Commerce

extérieur de la France ; Dooanes.— Commerce international.

Les objets de toute forme fabriqués avec des matières terreuses plus ou moins colorées et ornées sont des poteries. (Voy. .\rgiles. Briques, Carreaux, CÉRAMIQUE, Conduites, Creusets, Feldspath, Grès, etc.)

POTERIES, PORCELAINE

POTERIES, PORCELAINE

Toute poterie est formée d'une pu te plastique faite ée terre pétrie avec de l'eau et rendue solide par la perte de l'eau sous l'action du feu. La pâte, façonnée d'abord par l'ouvrier, est cuite, puis recouverte d'un vernis, émail ou couverte, appelé glaçtire.

Les pâtes sont dites longues ou courtes, suivant qu'elles sont plus ou moins plastiques; leur plasticité tient à la nature des matières qui les composent et qui peuvent être classées en quatre catégories principales :

1° Kaolin : produit de décomposition des leldspatlis (voy. ce mot) ; c'est un silicate blanc d'alumine à peu près pur, que l'on trouve aussi en France, principalement à Saint-Yrieix, près Limoges; on l'appelle aussi terre à porcelaine ;

2° Argile plastique, infusible dans les fours à porcelaine; c'est la base des faïences fines et des grès; 3" Argile à figulines, plus fusible que la précédente; elle contient de la chaux et sert à faire les briques, les terres cuites, la faïence commune;

4° Argiles marneuses et marnes argileuses, qui sont de travail facile, cuisent à basse température et sont très propres à recevoir les émaux stannifères.

Pour empêcher le retrait de la pâte et la déformation des pièces pendant la cuisson, on mélange au kaolin ou à l'argile des poudres inertes dites matières dégraissantes : quartz, silex, ciment, escarbilles, mâchefer, calcaire, plâtre, sulfate de baryte, phosphate de chaux, certaines matières frittées, c'està-dire portées à une température qui les a superficiellement fondues.

Catégories et groupes de Poteries. — La nature •des matières qui entrent dans la composition de la pâte donne des produits de qualités très diverses, que l'on classe généralement en trois catégories et oeuf groupes :

J. Poteries à pâte poreuse, fusibles d'ordinaire dans des fours à porcelaine, de nature argilo-siliceuse, parfois calcaire : 1° Poteries simples, mates et sans glaçure, formées d'une pâte courte argilosableuse : terres cuites, briques, tuiles, carreaux, pots à fleurs, tuyaux de drainage, réchauds, alcarazas.— 2° Poteries lustrées, à glaçure mince, silico-alcaline : poteries anciennes, étrusques et grecques. — 3* Poteries communes vernissées, à glaçure plomhifère : poteries communes actuelles. — 4° Poteries communes émaillées ou faïences communes, calcaires et glacées à l'oxyde d'étain : faïences des poêles, des plaques de cheminée, des carreaux émailîés, faïence émaillée de Palissy.

Les poteries communes destinées aux usages culinaires sont composées d'argiles très ferrugineuses, de sable et de marne; la couverte est souvent un silicate double d'aluminium et de plomb qui peut donner des composés vénéneux avec le vinaigre et les corps gras; le vernis suivant, qu'on pose avant cuisson, est inattaquable par le vinaigre à chaud et à froid : 100 parties de silicate de sodium alcalin, «n solution à 50% 25 de minium, 15 de quartz en poudre.

La pâte des faïences communes est ainsi composée : 1* pour la faïence brune, 30 parties d'argile d'Arcueil, ^ de marne argileuse verdâtre, 10 de marne calcaire blanche et 28 de sable marneux jaunâtre; 2' pour la faïence blanche, 8 parties d'argile d'Arcueil, 36 de marne argileuse verdâtre, 28 de marne calcaire blanche et 28 de «able marneux jaunâtre. La couverte des faïences cominnnes est souvent composée : pour la faïence brune, de

52 parties de minium, 7 de manganèse et 41 de poudre de brique fusible, qui donnent un émail opaque; pour la faïence blanche, de 44 parties de calcine (mélange de 23 parties d'oxyde d'étain et 77 d'oxyde de plomb), 2 de minium, 44 de sable de Nevers, 8 de sel marin, 2 de soude d'Allcante : on obtient ainsi un émail que l'oxyde d'antimoine colore en jaune, l'oxyde de cobalt en bleu, etc.

II. Poteries à pa(e dure, infusibles dans les fours à porcelaine, de nature argilo siliceuse : 1° Grès cérames; poterie dure, sonore, dense, imperméable, de deux sortes : les grès communs non glacés ou bien à glaçure soit terreuse, soit silico-alcaline (bonbonnes, touries, fontaines, terrines), les grès fins à glaçures diverses. — 2° Faïences fines : terre de pipe, cailloutage ou terre anglaise, demi -porcelaine ou iron-stone (terre de fer des Anglais).

Pour les grès cérames on emploie de l'argile impure, qui est plus fusible que le kaolin, dégraissée avec du sable quartzeux ou des argiles cuites; l'oxyde de fer de l'argile donne une coloration rouge ou brune.

Les faïences fines ont, ainsi que les communes, une pâte opaque, mais plus dure et plus blanche, obtenue avec des argiles plastiques de belle qualité, qui ne se colorent pas au feu. La terre de pipe est composée de 85,4 parties d'argile plastique, 13 de silex et 1,6 de chaux; le cailloutage, de 83 d'argile plastique d'Angleterre et 17 de silex; la demi-porcelaine ou iron-stone, de 64 d'argile plastique d'Angleterre, 16 de kaolin, 16 de silex, 4 de feldspath altéré. La glaçure, toujours transparente, est composée: pour la terre de pipe, de 7 parties de feldspath calciné, 31 de sable, 30 de minium, 27 de litharge, 3 de borax. 2 de cristal ; pour le cailloutage, 40 de sable de feldspath altéré, 23 de minium, 23 de borax, 14 de soude, 0,001 de bleu de cobalt; pour la demi-porcelaine, 28 de kaolin caillouteux, 16 de silex, 30 d'oxyde blanc de plomb, 4 de carbonate calcaire, 16 de carbonate de sodium, 6 d'acide borique.

III. Poteries à pâte translucide, ramoUissables dans les fours à porcelaine, de pâte argilo-siliceuse alcaline : 1° Porcelaine dure portant le nom de biscuit quand elle n'est pas couverte : porcelaines de Chine, du Japon, de Saxe, de Sèvres.— 2° Porcelaine tendre naturelle, à glaçure de verre, borax et minium : porcelaine tendre anglaise. — 3° Porcelaine tendre artificielle, à vernis plombifères : porcelaine tendre française, vieux Sèvres.

Voici les recettes de la porcelaine dure à Sèvres, à Paris et à Meissen (Saxe) :

Pâtes de Sèvres

Pâte de service Parties Pâte dite chinoise Parties Kaolin de S'- Yrieix lavé 64 Argile de kaolin cail- Craie de Bougival .... 6 loutenx 43

Sable d'Aumont — feldspathiqueou

petit sable 10

Pâte de set-vice de Paris

Kaolin caillouteux non lavé 80

Feldspath quartzeux.. 20

Argile de Dreux 21

Feldspath 16

Craie 4

Pâte de service de Meissen Kaolin d'Aue 18

— de Sosa 18

— de Sedlitz 36

Feldspath 26

Débris de biscuit 2

La couverte de la porcelaine dure est obtenue généralement en plongeant l'objet dans une bouillie claire d'eau et de pegmatite (roche de quartz et de feldspath): l'ean, absorbée par la pâte déjà dégourdie, ayant déjà subi une première cuisson, laisse à la surface de l'objet une couverte qui se vitrifie pendant la cuisson définitive. A Meissen et à Berlin on emploie des glaçures ainsi composées •' Meissen Parties Berlin Parties

Quartz hyalin calciné. 37

Kaolin de Sedlitz. ... 37

Chaux de Pirna 17,5

Débris de porcelaine. 8,5

Kaolin de Morl 3i

Sable quartzeux 43

Plâtre 14

Débris de porcelaine. . H

Dans la porcelaine tendre naturelle ou anglaise 11 entre de la cendre d'os, qui rend la pâte plus fusible; QP

POTERIES, PORCELAINE

POTERIES, PORCELAINE

peat employer : soit 41 parties de kaolin argileni, 43 de pho-;phale de chaux et 16 de silex, soit II de kaolin argileux, 19 d'argile plastique, 49 de phosphate de chaux et "21 de silex, soit d'aotres combinaisons des mêmes éléments.

La porcelaine tendre artificielle on française, fabriquée à St'vres avant la porcelaine dure, était ainsi obtenue: on chanflait jusqu'à vitriTication partielle nn mélange de f.0 parties de sable de Fontaineblean, 21,78 de salpêtre, 7.32 de sel marin, 3,66 d'alun de roche, autant de sonde d'Alicante, autant de gypse de Montmartre; la fritte i]u'on retirait du fonr était broyée, additionnée de marne et de craie et réduite en pâte arec du savon vert et de la colle de parchemin. M. Lauth, en 1888. a substitué à cette ancienne formule la suivante : 2 parties de sable et 7 de sable gris de terre de bruyère composent la fritte, qui est «insi on silicate bien défini ; on fait la pâle avec 100 parties de cette fritte, à laquelle on ajoate 9 parties de marne argileuse et 9 de craie ; un peu de savon noir, de gélatine on de gomme augmente la plasticité.

On emploie pour ce genre de porcelaine une glaçure plombifère composée de : 38 parties de litharge, 27 de sable calciné, 11 de silex calciné. 15 de carbonate de potassium. 9 de carbonate de sodiam.

Les qu.\tre gr.vndes opér.\tio.vs. — Les quatre grandes opérations de la fabrication des poteries sont : 1* la préparation des pâtes; 2" le façonnage; 3° la cuisson: 4' la décoration.

La préparation des pâtes comporte d'abord 1 epluchage. qui est un triage du kaolin ou des argiles; puis le lavage, ou délayage dans l'eau et mise en suspension, par agitation, des parties pulvérulentes, qui se séparent des fragments et grumeaux ; en troisième lieu, le broyage des matières dégraissantes, qui consiste en cassage an marteau, pilage aux brocards, porphyrisation par les meules horizontales. Kaolin ou argiles lavées et délayées sont ensuite mélangés en proportions convenables aux matières dégraissantes pulvérisées. On raffermit ou ressuie cette pâte en éliminant l'excès d'eau, à la presse ou autrement: on la bat pour en assurer l'homogénéité ; enOn, on l'abandonne à elle-même, en grandes masses, dansdes chambres peu aérées: elle y noircit, dégage de l'hydrogène sulfuré : c'est ce qu'on appelle la pourriture, que l'on active en humectant la pâte de matières organiques en décomposition: exposée ensuite à l'air, la pâte redevient blanche et elle est de meilleure qualité. La pâte mal préparée se fond pendant la dessiccation et se déforme au feu. Le façonnage des poteries se fait en une double opération 1° ï'ébauchage, soit au tour, soit à la main, soit au moule, par juxtaposition (dit à la ballei, par application en creux (à la housse), par superposition de la pâte an moule (à la croûte) : ce dernier mode est particulièrement employé pour les ■assiettes; on ébauche aussi par coulage en versant dans le moule une bouillie de pâte claire, dite barbotine, qui se dépose à l'intérieur du moule, qu'elle tapisse et dont elle se détache facilement après dessiccation : ainsi pour les tasses à café de porcelaine très mince. 2" L'achevage se fait au tour au moyen i d'outils spéciaux, permettant soit de polir la pièce, ' soit de l'ornementer; on y applique souvent des j motifs dessinés ou sculptés en relief sur de la pâte ! rapportée après coup; on sèche ensuite lentement, de façon que l'eau ne puisse plus délayer la pâte; puis on procède à la glaçure, soit en saupoudrant la pièce d'une poudre fusible, soit en la plongeant dans one solution contenant la matière de la couverte ; pour les grès, on jette dans les fours du sel marin humide qui se volatilise pendant la cuisson, se dé-

pose sur la poterie en formant avec les parties sa» perficielles de celle-ci nn silicate double de sodium et d'aluminium.

La cuisson s'opère dans des fours où les objets sont mis en las (en charge), on bien snr des planchers volants (en échappades), on bien encore placés dans des casettes, c'est-à-dire dans des étuis infusibles en terre réfractaire, suivant la nature et la qualité des poteries. On commence la cnisson ao « petit feu » pour produire la déshydratation lente de l'argile, pnis on donne le « grand feu >•; on ferme ensuite tontes les ouvertures et on laisse refroidir lentement. Qnand la cnisson n'est pas bien conduite, les pièces se fendent on se déforment'.

On emploie pour la décoration : les oxydes métalliques, qui colorent la pâte et se mélangent avec elle; les engobes, matières terreuses et opaques qu'on fixe sur la pâte à l'aide d'un fondant : la pâte colorée des faïences communes est recouverte aussi d'engobe blanche; les émaux, qui sont transparents; les couleurs, composées de matières colorantes en suspension dans un fondant ; les métaux, comme l'or et le platine, qu'on emploie à l'état de pondre et qui fondent au four en formant une teinte continue.

La F.\bricatiox en France et a l'Étranger. — Les poteries communes se fabriquent à peu près partout: les frais de transport étant relativement trop coûteux, la consommation est circonscrite d'ordinaire à un certain rayon autour de la fabrique.

La faïence com m hhc disparaît comme service de table; elle est remplacée par la faïence fine et la porcelaine. Les fabriques les plus renommées sont à Nevers, Paris, Tonrs, Lunéville, Saint-Cenis (Aisne), Bonrg-la-Reine, etc. Paris et les environs fabriquent en grande partie les tuiles mécaniques, les poêles, tuyaux et carreaux: les autres manufactures, les carreaux et le service commun.

Les principaux centresde fabrication de la faïence fine ou porcelaine opaque sont : Sarreguemines, Montereau, Creil, Bordeaux, Gien, Choisy-le-Roi, etc. Toutes ces manufactures produisent à peu près les mêmes objets d'usage permanent : assiettes, bols, plats, tasses à déjeuners, à thé, à café et les carreaux de revêtement; Montereau et Creil font le service de table avec des impressions en beau bleu mat ou fluant.

Les produits anglais jouissent d'une réputation très grande et très méritée, mais s'ils offrent de grandes qualités de solidité, ils ont moins de fini que les produits français; le côté artistique, plus développé chez nous, nous permet de créer des débouchés en Angleterre; nos blancs eux-mêmes y sont appréciés et luttent avantageusement comme prix. Néanmoins les impressions en couleur y atteignent une perfection qui nous surpasse de beaucoup.

L'.Angleterre a créé la fabrication de la porcelaine opaque. Les manufactures anglaises se trouvent concentrées dans la partie du Staffordshire appelée à cause de cela Poteries. Les établissements principaux sont Longport, Newport, Hanley, Cobridge,

1. On annonce des essais de fabrication de la porcelaine avec le foar électrique. Au lieu d'être moulée et travaiUée à froid, selon le procédé ordinaire, la pâte est pulrérisée très Snement, itéché et soumise à la température de 3.200*; elle entre en fusion et coule dans des moules appropriés. Pour rémaiUer, on prépare d'une certaine façon les parois du moule, on bien on laisse refroidir la pièce jusque vers 1.800* ; on la saupoudre alors d'une poudre de verre blanche ou colorée de composition spéciale. Ce procédé nouveau serait économique, i la condition de disposer d'une force hydraulique capable de fournir i bas prix l'énergie électrique nécessaire.

POTERIES, PORCELAINE

POTERIES, PORCELAINE

Shelton, Stoke-upon-Trent et autres. D'ailleurs, la fabrication anglaise est favorisée sous plus d'un rapport : les matièrps premières reviennent à meilleur marché qu'en France et sont à proximité des manufactures; des charbons de très bonne qualité avoisinent les fabriques et leur coûtent bien moins cher que les charbons employés dans les manufactures françaises; enfin les transports sont faciles et à bon marché.

Les principales fabriques de grès sont situées sur les bords du canal du Centre, en Saône-et-Loire; les g-rès de cette provenance sont généralement tout nus, sans décors, avec un émail qui est un silicate double d'alumine et de chaux. Les grès bleus d'Alsace sont estimés pour leur bon marché et leur solidité; leur pâte est bleuâtre et ils sont lourds : ce sont des canettes, cruches, terrines, pots à beurre. Ils ont d'ordinaire des ornements bleus, plus rarement violets. Les fabriques de Beauvais, ou pour mieux dire de la Chapelle-aux-Pots, produisent des grès très solides et imperméables; leur bas prix explique l'insuffisance de l'exécution ; beaucoup sont livrés au commerce sans vernis : touries, jarres, fontaines, cruches, terrines, tuyaux de drainage, etc. On exporte peu de grès. L'Angleterre et l'Allemagne en fabriquent de toutes formes, souvent d'un prix élevé.

Plusieurs établissements en France, avec Sèvres, fabriquent la porcelaine tendre artistique; Saint- Amand et Tournay produisent aussi une sorte de porcelaine tendre, mais en articles communs.

Dès que la porcelaine diireini apportée de Chine en Europe, les manufactures impériales ou royales de Vienne, Munich, Berlin, puis Sèvres furent fondées. Les particuliers eurent ensuite la permission de fabriquer aussi de la porcelaine dure, mais seulement en blanc ou avec des décors bleus, et cette restriction a été maintenue presque partout. Les fabriques françaises peuvent produire à leur guise; Sèvres n'est là que pour leur montrer la route du progrès. Limoges s'est conquis, à côté de Sèvres, une place prépondérante dans la porcelaine dure, et l'on admire la délicatesse de ses services de table dans le monde entier; ses nombreuses usines occupent presque toute la population ouvrière de la contrée; le département du Cher en a plusieurs aussi à Vierzon, Méhunsur-Yèvre, Foëcy, Noirlac; l'Allier, à Champroux, Couleuvre et LurcyLévy; la Nièvre, à Decize. Les produits de ces établissements, situés près des gisements de kaolin ou à portée des combustibles, diffèrent peu, chacun tenant à approvisionner complètement sa clientèle. Paris a aussi quelques manufactures, mais elles ne font que des objets spéciaux : statuettes, figurines, etc., et sont du reste peu importantes. Bayeux possède une importante manufacture de porcelaine, remarquable surtout par la propriété toute particulière qui caractérise ses produits, colle d'aller au feu.

Les manufactures s'abstiennent de décorer les porcelaines; elles expédient leurs produits blancs à Paris, où la plupart ont un dépôt; de là les pièces sont portées chez les décorateurs, qui, obligés de produire à bon marché, font trop souvent de l'ouvrage peu soigné. Il y a cependant des pièces dont le prix en bliinc est plus que doublé par le fini et le bon goût du décor : tels les services de table, flacons, vases à fleurs, corps de lampe, etc. Le décor se place sur la porcelaine comme sur la faïence ; quand la pièce

doit être émaillée, le décor se pose sur l'émail, sauf, bien entendu, les fonds au grand feu bleu et vert.

Les fabricants de porcelaine sont obligés d'établir un assez grand nombre de choix dans leurs produits, suivant la blancheur et la réussite : ils en font jusqu'à 5, 6 et mêmeplus. Les manufactures de faïence ont un tarif à peu près uniforme; il n'en est pas de même pour la porcelaine : chaque fabricant a sod tarif spécial.

Les porcelaines de Chine ou du Japon ont donné lieu dans le monde entier à un commerce considérable; la beauté de certaines pièces, l'originalité du décor et la difficulté, jadis très grande, de s'en procurer, les ont fait rechercher par les amateurs. Le façonnage des pièces est parfait; mais la pâte, généralement grisâtre et peu transparente, supporte moins facilement le feu que la porcelaine d'Europe. Les Chinois ont une grande variété de décors , leur bleu est loin d'être aussi beau que le nôtre ; ils n'ont qu'un seul vert très pâle, mais ils ont un noir très brillant et surtout un rouge sang-de-bœuf dont ils ont longtemps gardé le secret; nos céramistes ont admirablement reconstitué le rouge flambé des Chinois, résultat de la réduction de l'oxyde de cuivre dans une atmosphère réductrice au grand feu. La dorure est généralement sans éclat et peu solide.

On recherche beaucoup le craquelé chinois, que tous les praticiens s'accordent à regarder comme un défaut de fabrication provenant de l'excès d'épaisseur de la couverte; ce qui semble justifier cette opinion, c'est que les Chinois ne l'obtiennent pas à volonté et que certaines pièces sont craquelées dans quelques endroits seulement. Les porcelaines chinoises sont remarquables aussi par la beauté des ornements blancs en relief sur vert céladon; ces sortes deviennent de plus en plus rares et par conséquent de plus en plus chères.

La porcelaine du Japon a généralement plus de blancheur, l'émail plus de glacé et plus de transparence que celle de Chine; le travail en est plus fini, elle est moins chargée de décors.

Les principales manufactures allemandes sont des manufactures royales : de Meissen, près Dresde, de Nymphenburg, près Munich, de Vienne et de Berlin. Leurs produits, blancs et bien transparents, de formes élégantes et de décors soignés, présentent généralement les mêmes caractères que la porcelaine française,

La porcelaine tendre anglaise jouit d'une réputation méritée. On ne fabrique pas de porcelaine dure en Angleterre : c'est l'Allemagne et la France qui en fournissent ce pays. Par contre, on y produit depuis plus d'un siècle une porcelaine blanche, transparente, ayant les propriétés de la porcelaine chinoise : on l'appelle porcelaine phnsphatique, parce qu'on emploie des os dans sa fabrication. Nos manufactures de Creil, Bordeaux, Vismee se sont mises à en produire aussi vers 1850, maison quantité relativement restreinte, car la fabrication en est difficile, et le prix de revient élevé ne permet pas de lutter avec la porcelaine dure. La porcelaine phosphatique se vend le plus ordinairement recouverte d'une impression simple ou coloriée dissimj tant les défauts de la pâte et de l'émail. Elle peo du reste, recevoir les plus beaux décors. On en fa de charmants services de table, de toilette, de tl de café; mais les grandes pièces, ou celles qui oi quelque épaisseur, ne peuvent, sans de grands tnl

POTERFES, PORCELAINE

POTERIES, PORCELAINE

nagements, être mises en contact avec des liquides chands. A. Brault, fabricant.

C0M.ME11CK EXTÉHiEiii DE L.v FiiA.NCE. — I^ R porcelainc commanc et fine » a donné au C. S., à l'import. et à l'export., les moyennes annuelles suivantes, en francs, par périodes décennales, d'après les statistiqaes des douanes : 1849 1859 1869 1867-76 1877-86 1887-96 Imp.l 50.0761 236.-J41I 601.1441 824.3611 2.5I5.55:<| 4.165.296 Exp. 12.260.77919.875.45517. 380.844111. 411 374|l0.241.225|l0.6(S.775

On voit que nos import, ont progressivement augmenté dans des proportions considérables, tandis que notre ex port, n'a pas augmenté de 8 */• depuis 1839.

Quant aux « briques, tuiles et carreaux de terre ». qaf constituent la classe de la poterie la plus commane, voici les chiffres (valeurs en (r.) :

1849 1809 1869 1867-76 77-86 87-9ff Import..! 114.5251 18:1. 92211. 900. 56012.424.02513. 794. 72611.985. 006 Eiport..! 275. 24lll. 41)0.06213.079. 4(613.761.39214. 747. 38815. 969.837

Dans la dernière décade, l'import. annuelle s'est réduite de moitié, tandis que l'export. continuait à se développer normalement.

Le tableau ci-dessous donne les valeurs du commerce d'import. et d'export. (C. S.) pour les diverses sortes de poteries, de 1867 à 18%, par périodes décennales et moyenne annuelle, en fr. :

Import. Export

Poteries réfractaires en terre commane 1 | »

Tuyaux de drainage 26.147

Poteries cuilcs en dégourdi, pois à Oeurs, pipes en terre,!

antres vernissées ou non, emaillées ou non .| 418.373

Poteries cuites en grès : communes, pour industries,

chimiques, tuyaux, autres 305.043

Carreaux et pavés céramiqaes : en terre commane 225.788

— vernissés el émaillés I »

Faïences ! 1 . 984 . 917

Porcelaine : blanche ' 227.757

— décorée I 596.604

— parian et biscait I »

Import. Export.

Import. Export.

Page 1