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PYROTECHNIE

■écrans opaques, etc. Les températures excessives •que donnent maintenant les fours électriques exigent ■des pyromètres de plus en plus perfectionnés. Nous ne pouvons que renvoyer aux ouvrages techniques.

Pour la graduation des pyromètres, Regnanlt, Crafts, Kopp, Becquerel, Deville, V'iolle, etc., se sont servis, comme repères, des points de fusion on d'ébuUition de divers métaux on substances : naphtaline, soufre, zinc, or, palladium, platine. (Voy. Points de fusion ou d'ÉBULLiTioN.) M. Pouillet s'est J»asé sur la différenciation des couleurs du platine, mais l'appréciation laisse une incertitude qui peut atteindre 150 à 200 degrés.

Voici les évaluations de M. Pouillet :

Roage naissant ."i25*

RoDge sombre 700

Cerise naissant 800

Cerise ÎJOO

Cerise clair 1000

Orange foncé 1 100*

Orange clair 1200

Blanc 1300

Blanc sondant liOO

Blanc ébloaissant. .. 1300

Le pyromètre thermo électrique de M. Le Chatelier, spécialement employé pour l'étude des propriétés des métanx aux températures élevées, se compose essentiellement de deux fils de platine, l'un pur, l'autre rhodié à 10 ' „ soudés ou liés ensemble -et mis en communication avec un galvanomètre Deprez-d'Arsonval. L'intensité du courant varie régulièrement avec la température jusqu'au voisinage du point de fusion du platine, et les indications sont irès rapides.

Becquerel fixe à 2.000 degrés la température minima dn charbon incandescent au pôle positif de 4'arc vollaîque.

PYROTECHNIE. La pyrotechnie est l'art de fabriquer des pièces d'artifice. La pyrotechnie civile ■en fabrique pour les réjouissances publiques ou privées et les théâtres; la pyrotechnie militaire, pour la guerre et la marine.

En France, la fabrication des pièces d'artifice s'est considérablement développée dans la seconde moitié dn XIX' siècle, grâce surtout aux chemins de fer, -qui ont permis d'écouler plus rapidement et dans -de meilleures conditions les produits fabriqués. Cependant les chemins de fer ne consentent au transport des pièces d'artifice qne comme marchandises de petite vitesse.

La consommation des pièces d'artifice de qualité courante augmente, mais celle des pièces de luxe tend à diminuer. Paris en consomme chaque année pour plus de 400.000 fr.: mais le budget de cette ville qui, avant 1889, à l'occasion de la Fête nationale, consacrait 40.000 ou oO.OOO fr. à cette sorte de dépense, n'y aiïecte plus maintenant que 20.000 fr.

Les pièces d'artifice de qualité courante, dites artifices marchands on camelotte, sont vendues aux épiciers, aux armuriers de province, etc., pour la revente.

L'artifice dit grand feu est généralement tiré par la maison qui le fabrique.

Les principales de ces fabriques sont à Paris, à Toulouse, dans le département de Vaucluse. Elles produisent annuellement pour 2 à 3 millions de fr. ; les ouvriers, connus sous le nom d'artificiers, sont pins spécialement nommés chargeurs quand ils tassent les compositions chimiques dans les tubes en carton. Ces travaux sont commencés en hiver par les mêmes ouvriers qui tirent les artifices « grand feu».

Presque partout la charge se fait à la main : cette opération exige beaucoup de calme et de méthode. Cependant on y procède aussi mécaniquement.

La fabrication des pièces d'artifice ne demande pas beaucoup de force physique, mais beaucoup d'attention et de soin. Aussi les fabriques qui ne tirent pas elles-mêmes les feux d'artifice, penvent-elles employer surtout des femmes. A Paris, le salaire minimum de celles-ci n'est pas inférieur à 0 fr. 25 l'heure, et il peut s'élever à 0 fr. 3o. Les hommes sont payés 0 f r. 50 à 0 f r. 80. En province, la main-d'œuvre est d'un tiers et même de moitié meilleur marché.

On fabrique aussi beaucoup de pièces d'artifice à I l'étranger; l'.Angleterre compte deux maisons très importantes; l'Italie, l'Amérique et surtout r.\mérique du Snd pratiquent anssi en grand cette industrie. L'Allemagne fabrique surtout les petits articles de salon. Quant aux Chinois et aux Japonais, ils ne font guère les grands artifices.

Principaux articles de fabrication. — Les articles les plus demandés sont tout d'abord les pièces dites détonantes : les pétards, serpenteaux et lardons, marrons détonants, saucissons, puis les chandelles romaines, les fusées volantes, bombes, jets de feux brillants, flammes de bengale. Ces diverses espèces entrent pour beaucoup dans la composition des feux d'artifice. Le bouquet qui les termine est composé de fusées volantes de 9, 12 et jusqu'à 30 mm. de diamètre intérieur. Ces mêmes fusées, mais avec un diamètre intérieur de 3 à 5 cm., sont employées pour les signanx maritimes.

Les bombes sont des sphères remplies d'étoiles de toutes couleurs et de pétards; les chandelles romaines, des cylindres en carton qui lancent successivement des étoiles de diverses couleurs: les jets de feux brillants composent les soleils, les cascades et les pièces plus compliquées; les flammes de bengale sont des artifices éclairants diversement colorés; les feux d'eau sont, comme l'indique leur nom, destinés à brûler sur l'eau ; les feux de théâtre simulent sur la scène les incendies, les orages on les batailles; enfin, les pièces décoratives sont de grandes compositions pyriques qui, au moyen de lances de conteur, doivent représenter un snjet déterminé.

Matières employées. — De tontes les matières employées dans la fabrication des pièces d'artifice, la première est la poudre à canon à l'état de poudre ou de pulvérin. En France, l'État en est seul fournisseur. Puis vient le salpêtre, qui dégage beaucoup d'oxygène et donne ainsi de la vivacité à toutes les compositions. Les étincelles sont produites par du charbon ou des limailles métalliques : limailles de fer, paillettes ou pondre d'aluminium, etc. La coloration est donnée par le nitrate de strontiane pour le rouge, le nitrate de baryte pour le vert, la cendre bleue anglaise pour le bleu.

Le soufre est également ntilisé en pyrotechnie; mais pour les flammes de bengale on le remplace volontiers par la gomme laque. Le chlorate de potasse, le sulfure d'antimoine sont aussi d'un usage constant. Dans les théâtres on emploie aussi le lycopode.

Quelques-uns de ces produits chimiques sont d'importation allemande.

.Ateliers de Pyrotechnie. — La loi range ces ateliers dans la première classe des établissements dangereux, à cause des risques d'incendie ou d'explosion (décret de 1810 et ordonnance du 7 juin ISJo).

Elle exige que les ateliers soient de petits bâtiments d'un étage au plus, séparés par des espaces de 10 à 12 m. et isolés par des amas de terre haats

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