PHI.MÉS
ROUES IIYDR.VULIQUES. Lesrones hydrauliques servent à recueillir directement la force motrice d'une chute ou d'un courant d'eau. Les systèmes les plus en usage sont : les roues en-dessous à palettes planes on à palettes courbes; les roues de côté ; les roues à auget ou en dessus: les roues pendantes sur bateaux: les roues à axe vertical dites turbines. Nous ne pouvons entrer ici dans la description technique de ces diverses roues, dans le calcul de la vitesse correspondant au maximum d'effet, ni dans celui de leur rendement utile.
Les turbines ou roues à axe vertical constituent aujourd'hui les récepteurs hydrauliques les plus parfaits que l'on connaisse. Il en existe de dispositions très diverses, mais le principe est toujours le même. Le travail transmis par une turbine peut s'élever à 80 % du travail absolu du moteur, et il se maintient sensiblement constant pour des vitesses de rotation très diverses; il ne descend guère, dans les conditions les moins favorables, au-dessous de 5o à 60 "/o, qui est à peu près le maximum de rendement des roues de côté les mieux établies. Nous renvoyons pour plus de renseignements aux ouvrages spéciaux.
ROUGE CORXALIA, RocGE tlrc OU Rouge japonais. Couleur formée de chromate de plomb basique. (Voy. Jaunes, Rouges.)
ROUGE V'ÉGÉT.\L ou Vermillon d'Espagne.
Fard rouge préparé avec la carthamine extraite du carthame. (Voy. ce mot et Rouges.)
ROUGES ET ROSES (CouLEURsi. Le rouge primitif du spectre solaire est une couleur simple dont la nuance rappelle à peu près celle du carmin de cochenille le plus vif.
Le rouge, mêlé d'un peu de jaune, donne l'ccarlate, le ponceau, etc.
Additionné d'un peu de bleu, le rouge donne le pourpre (violet rouge i.
Si aux couleurs précédentes on ajoute du blanc, on obtient les roses, de nuances très variées : rose franc, rose pourpre, rose jaune, etc.
Enfln, par l'addition d'un peu de noir ou de vert, on réalise toutes les variétés de vieux rose, si fort à la mode dans ces derniers temps.
Le rouge carmin a pour couleur complémentaire le vert émeraude. Si l'on mélange deux rayons de lumière pure donnant ces deux teintes, on obtient un rayon de lumière blanche, comme la lumière ordinaire du soleil. Mais, si l'on fait sur une palette le mélange du carmin de cochenille avec le vert émeraude, on n'obtiendra qu'un gris clair : car les plus belles couleurs matérielles sont toujours très loin des couleurs pures données par le prisme. Les couleurs de l'arc-en-ciel, souvent citées comme types par les poètes ou les artistes, sont aussi fort inférieures à celles du spectre. Pour en juger, il suffit de regarder dans un petit spectroscope portatif, qu'on trouve chez tous les opticiens.
Le plus beau rouge employé dans la peinture, la fabrication des fleurs artificielles, etc., c'est \e carmin de cochenille. Malgré la baisse continue de la cochenille (3 fr. an lien de 6 à 7 fr. le kilog.), le prix du carmin de première qualité se maintient à près de 40 fr. le kilog.
Le secret de la préparation du carmin n'est connu que de cinq ou six fabricants, qui le gardent religieusement. Leur production suffit à la consommation du monde entier. Les recettes, assez nombreuses, publiées dans les divers ouvrages techniques, n'ont absolument aucune valeur.
Le carmin est employé dans l'impression sur tissas de coton : on l'imprime à l'alumine pour obtenir des fonds rouge turc d'une grande beauté et assez solides à la lumière. Nous croyons d'ailleurs que le carmin est remplacé maintenant pour cette application par les écarlates ou ponceanx solides artificiels, qui résistent parfaitement à l'action de la lumière.
Comme le carmin est inoflensif, on l'emploie constamment pour colorer les confiseries, les sirops, liqueurs, glaces, etc.; mais c'est la fabrication des fleurs artiflcielles qui en consomme le plus.
Le carmin est soluble dans l'ammoniaque. Si on laisse évaporer rapidement à l'air l'ammoniaque en excès, en étalant la solution dans une assiette, la liqueur rouge qui reste constitue la véritable encre ronge carmin des architectes; mais on la remplace souvent par des ronges artiflciels, dont plusieurs n'ont aucune résistance à la lumière.
Avec la cochenille, on prépare très facilement de belles laques roses à base d'alumine, qui manquent de solidité : dans la peinture, on doit toujours leur préférer les laques de garance on d'alizarine. Les laques car ni inées ne sont pas mélangées de carmin, comme on pourrait le supposer : ce sont des laques de cochenille à base d'alumine, qu'on a virées à l'aide du bichlorure d'étain (composition d'étain des teinturiers).
Le cinabre est d'un rouge violacé, qui manque un peu d'éclat. C'est du sulfure de mercure naturel réduit en poudre impalpable. Dès la plus haute antiquité, on l'a constamment appliqué à la peinture. C'est avec le cinabre que les anciens Grecs peignaient les flancs de leurs vaisseaux, décrits complaisamment par Homère.
Rien de plus facile que d'obtenir du cinabre artiflciel : On prépare du sulfure noir de mercure en agitant du mercure avec du soufre. La masse noire ainsi préparée est chauffée dans des vases distillatoires : le cinabre se sublime en aiguilles rongeàtres, identiques au sulfure naturel. On réduit ensuite en poudre impalpable.
Le vermillon est aussi un sulfure de mercure, d'un très beau rouge, dont la fabrication est à peu près secrète. Les Chinois excellent dans sa préparation : on ignore leurs moyens de fabrication. On obtient de beau vermillon en faisant bouillir du sulfure noir de mercure avec des sulfures alcalins: mais le produit n'a pas l'éclat du vermillon chinois. Il faut savoir que le vermillon est vénéneux, pas très solide à la lumière et d'un prix toujours élevé. Aussi l'a-t-on remplacé, dans la peinture en décors, par le rouge turc, puis le rouge du Japon. C'est toujours le même produit, qui ne vient ni de Turquie, ni du Japon. C'est un chromate de plomb tribasique, préparé avec soin : il est d'un rouge plus jaune que le vermillon,