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ROULERS

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plus solide, moins vénéneux et d'un prix beaucoup moins élevé. Les Anglais l'affectionnent pour la peinture de leurs machines, agricoles et autres. Ils l'emploient même pour la décoration des poteries sous le nom de rouge cornalia.

A l'aide des couleurs artificielles (confondues, bien à tort, sous le nom de couleurs d'aniline), on prépare des laques rouges ou roses d'un mérite très différent. Avec Véosine, par exemple, on fabrique d'énormes quantités de laque géranium, employées pour les papiers peints et les chromolithographies à bon marciié, et même pour la coloration des papiers en pâte. En peu de jours ce rouge violent disparaît au soleil. Il en est de même des laques de fuchsine, de safranine, etc.

Mais les rouges des xylidines sont d'excellentes couleurs résistantes au soleil : et il en est de même des laques d'aiizarine et de purpurine, produits identiques à ceux qui existent dans la garance et qui servent de base à la constitution des laques de garance. Les nuances varient du rose le plus tendre au rouge rose assez foncé, au brun violacé et au violet de fer très foncé.

On emploie dans la peinture d'art, aussi bien que dans le décor et dans la grosse peinture en bâtiments, des bruns rouges fort nombreux : ocres rouges, minium de fer, rouge d'Inde, etc., dont nous avons parlé à propos des ocres (voy. ce mot).

Tous les plus beaux rouges fournis par les plantes colorées, depuis la betterave rouge jusqu'aux Phytolaccas, n'ont absolument aucune valeur. Ils verdissent par l'ammoniaque et passent promptement au soleil.

Les bois rouges (bois de Hrésil, de Lima, etc.) ne donnent que des tons faux teint et des laques brun rouge pour papiers peints, encore assez employés maintenant, mais impropres à la peinture.

Le carthame, qui donne des roses charmants, est actuellement abandonné.

Citons cependant la racine d'orcanette, qui donne un rouge violacé soluble dans les corps gras : de sorte qu'on l'emploie pour colorer les bougies, les pommades, etc. Mais la couleur n'est pas stable,

Ch.-Er. GUIGNET,

Ingénieur civil (E. P.) — Directeur honoraire des teintures aux Gobelins et à Beauvais.

ROUISSAGE. Macération que l'on fait subir au chanvre, au lin, etc., pour faciliter la séparation de l'écorce filamenteuse et de la tige. (V. Chanvre, Lin.)

ROULEAUX DE CAOUTCHOUC. En photographie (voy. ce mot) ces rouleaux servent à chasser les bulles d'air quand on procède au collage des épreuves sur les cartons, au transfert simple ou double des épreuves au charbon, à remaillage des épreuves aristotypes, enfin à l'impression aux encres grasses. (Voy. Autocopiste.) — Prix des rouleaux simples : 1 fr. 70 à 3 et ofr., selon la longueur; 4, o, 6 et 8 fr. pour les rouleaux doubles ou jumeaux.

La Photolithographie et la Photocollographie ou Phototypie emploient aussi quelquefois les rouleaux de caoutchouc, mais plus généralement les rouleaux en cuir ou en gélatine. (Pour les prix, voy. Lithographie.) Fleury-Hermagis.

ROULERS. (En flamand Roeselaere.) Ville industrielle de Belgique. Chef-lieu d'arrondissement de la Flandre occidentale, à 32 kil. S.-O. de Bruges. Elle a une étendue territoriale de 2.313 hect. 53, 1

dont 74 bâtis. Pop. : 11.209 hab. en 1856, 22.926 en

1899. Roulers est reliée à la Lys par un canal; son bassin a reçu, du 10 octobre 1899 au 30 septembre

1900, 527 bateaux chargés de 74.303 T. de marchandises diverses, dont 21.265 de charbons. Le chemin de fer de la Flandre occidentale (Bruges-Courtrai) passe par Roulers, qui est aussi relié par rails à Ypres et à Menin (voie directe de Paris à Ostende)*

Roulers possède 3 filatures d'étoupes, 2 de jute, un grand nombre de fabriques de toiles et une de tissus de coton, 4 teintureries, 3 ateliers de construction, 7 brasseries, dont la plus importante de la province, 1 distillerie coopérative, dite agricole, 3 fonderies de fer, 2 fabriques de gants (dont les produits s'exportent surtout en Angleterre), 2 fabriques de navettes qui alimentent de nombreux tissages de la Belgique et du nord de la France, un moulin à vapeur. Des huileries importantes existent dans les environs de la ville.

Tous ces établissements industriels occupent 4.000 ouvriers, dont 1.200 femmes. Il y a, en outre, beaucoup de tisserands à la main, surtout à la campagne. Un des principaux fabricants de la ville occupait encore, il y a une quinzaine d'années, plus de 1.000 tisserands à domicile, mais ce travail décroît annuellement. A Roulers, 6 nouveaux tissages mécaniques ont été élevés dans ces dernières années. La fabrication des tissus de haut luxe (damassés, batiste, etc.) reste réservée au tissage à la main. On a créé à Roulers une corporation pour le tissage du lin dépendant du syndicat des tisserands de la « Guilde des métiers ». A sa tête est un gérant, avec un magasinier et un voyageur. Le capital n'a pas été fourni par les ouvriers, mais emprunté à 3% d'intérêt. En 1895 il y avait 18 tisserands, en 1899 8 seulement, qui songeaient à remplacer le tissage à la main par le tissage mécanique.

On fait à Roulers un commerce important decossettes de chicorée destinées à la France et à l'Allemagne. Deux firmes de la ville occupent de nombreux ouvriers pour le triage des matières premières à papeteries, ayant leurs débouchés en France, en Allemagne, en Angleterre et en Amérique.

La Banque Nationale de Belgique a une agence à Roulers, où il y a encore la « Caisse commerciale de Roulers G. de Laere et C° » au capital de 2 millions de fr. ; sa réserve statutaire était, fin 1899, de 440.000 fr. Le mouvement de caisse a été la même année de 55 millions 1/2 à l'entrée ; le débit des effets, de 54 millions 1/2; celui des comptes courants, de 126 millions. Louis Strauss.

ROULURE. Défaut du bois. (V. Bois.)

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Sommaire : I. Situation géographique. — II. Population.

— liL Agriculture.— IV. Industrie.— V. Voies de conimunication.— VI. Poids et mesures, monnaies, l)anques.

— VII. Commerce intérieur et commerce extérieur. — VIII. Finances.

I. SiTU-i^TioN GÉOGRAPHIQUE. — La Roumanie est bornée : au N. par les Carpathes, à l'E. par le Pruth et la mer Noire, au S. par le Danube juscju'à Silistrie; de Silistrie à la mer Noire une ligne conventionnelle la sépare de la Bulgarie. Elle possède les bouches du Danube et commande le cours inférieur de ce fleuve sur une longueur de 500 kil. Les principales routes qui relient les grandes villes d'Europe à Constantinople passent par Bucarest. Londres, Paris, Vienne, Berlin, empruntent les lignes ferrées

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A les paquebots de l'État roumain pour communiquer avec les ports de la mer Noire, Constantiuople, l'Archipel, la Syrie et l'Egypte. La superficie de la Roumanie est de 131.000 kil. carrés. Elle se divise en 32 districts, 119 arrondissements, 71 communes urbaines et 2.977 communes rurales.

II. Population. — Il n'a pas été lait en Roumanie de recensement proprement dit de la population : il n'y a que des recensements Gscaux, qui depuis 18% ont en lien tous les cinq ans ; ils ont donné les chiiïres suivants, certainemeut intérieurs à la réalité: 1852, 3.300.000 hab.; 1859,3.864.000; I88;i, 4.648.000; 1890, 5.038.000; 1895, 5.406.000; 1900, 5.912.000.

La pop. de la Roumanie est an moins de 6 millions d'iiab. En outre, un grand nombre de Roumains sont répandus dans les pays voisins: on en compte 3 millions en Transylvanie et en Bucovine, 1 million en Bessarabie, 1 million en Bulgarie et en Macédoine. On peut dire que la pop. roumaine totale s'élève à 12 millions. L'accroissement annuel a été d'environ 10 ", ,„ de 1860 à 1895; dans ces dernières années il s'est élevé à 14. La densité moyenne était de 29,5 hab. par kil. carré en 1860; elle est aujourd'hui de 45. La pop. urbaine a augmenté de :iO»/. de 1860 à 1890: la pop. rurale de 26. Cette augmentation est due dans les campagnes à l'excédent des naissances sur les décès et dans les villes à l'immigration. Les mouvements de la pop. se chiffrent de la laçon suivante (en milliers, sauf les divorces) :

iniMS Kiissiicet Décès Eieê4eits liriiges liiore»

iti aajssaiets 1860.... 12.3 79 44 34 »

1865.... IW m 31 37 465

1897.... 247 171 76 il 998

La natalité a donc été, en 1897, de 45 ° „„, la mortalité de 31 et la nuptialité de 7,45. La natalité et la mortalité sont relativement considérables ; la mortalité infantile est surtout grande : 250 pour 1.000 enfants de moins de 5 ans.

La pop., au point de vuedes religions, se divise en: orthodoxes 5.408.000, Israélites 269.000, catholiques 168.000. Elle se répartit suivant les nationalités, d'après le recensement de 1890, en : Roumains 4.800.000, Hongrois 14.000, Bulgares 8.000, Serbes 3.000, Russes 2.000. En 1899, on compte : 5.469.000 Roumains, 171.000 étrangers, 272.000 sans nationalité, particulièrement des Israélites. Au point de vue des professions, la pop. a été divisée, par le recensement de 1895, en 4 classes : cultivateurs et rentiers 4.878.000, industriels et commerçants 494.000, débitants de boissons 20.000, professions libérales 13.000. Les cultivateurs représentent 80 V, de la pop. totale.

III. Agricllture. — Le sol cultivable occupe 54 •/., soit plus de la moitié du territoire de la Roumanie; il se répartit de la manière suivante :

Milliers dhect. «/.du territoire

Territoire agricole, y compris eu 1895 Moyen, en 1895 en 1898 praines nalnrelles et artificielles, vignes el vergers, ja-

rif!'*^f; ■.••■■• 6.m 7.161 47,13 54,51

BT)is et terres incultes 6.928 5.974 52,87 45;49

To'a«« 13.102 13.135 100 n m~i

Les céréales s'étendent sur le tiers du territoire et représentent 82 '/, des cultures :

Milliers d'hect.

Céréales

Plantes oléagineases (colza, lin,

chanvre)

Tubercules et légumineuses

(pommes <le terre, haricots.

en 1895 Moyen.

*'.d a territoire en 1896 en 1898 33,26 34,72

pois).

»fan(

Plantes industrielles (betterave,

tabac)

Prairies naturelles et artificielles

Vignes

Vergers

Pâturages

La grande culture est seule vraiment rémunératrice. L'État a vendu par petits lots aux paysans une partie des domaines acquis, en 1859, par la sécularisation des biens des monastères; la petite propriété a pris ainsi naissance, et par suite s'est développée la petite culture. Quant à la propriété moyenne et à la moyenne culture, elles ont encore peu d'importance. La petite propriété possède 4.2^.000 hect. pour 800.000 familles, soit 5 hect. 1/4 par famille. La grande propriété, comprenant celles de l'État et des établissements publics et de bienfaisance, s'étend sur 7.356.000 hect., dont 385.000 pour les 344 domaines de l'État. La culture directe par le propriétaire, le fermage et le métayage dominent plus ou moins suivant les régions : en Moldavie, le, propriétaire et le fermier cultivent à leurs frais et fournissent le capital d'exploitation ; en Mounténie (Valachiei, le paysan fournit une grande partie du capital d'exploitation, il cultive la terre avec sa charrue, ses boeufs et paye une redevance en nature au propriétaire ou an fermier. Cette redevance est du quart, du tiers, quelquefois seulement du cinquième, suivant les contrées et les cultures.

Xoas avons dit qae la principale cnltnre est celle des céréales; celle du mais est la plus répandue : de 1894 à 1898, sur one moyenne de 1.905.000 hect., avec on produit de 24.549.000 heclol. on 12,88 à l'hect. L'étendue des cultures et la production ont doublé de 1862 à 1899. Les districts les plus productifs sont voisins du Danube. Le prix du maïs est d'env. 10 fr. les 100 kgr., 7 fr. 35 l'hectol. La consommation moyenne par tète est de 3 bectol. 35 par an ou 248 kgr.

La moitié de la récolte du blé est fournie par six districts que baigne le Danube; elle a doublé depuis 1862. Le blé a été cultivé depuis 1894 sur une moyenne de 1.476.000 hect. et a produit 19.606.000 hectol., soit 13,3 à l'bect. Le i poids de l'hectol. est de 75 kgr. en moyenne; le prix varie i beaucoup, en moyenne 9 fr. 50 l'hectol. La consommation [ par hab. et par an est de 1 hectol. 33 ou 100 kgr. j L'orge, cultivée sur 610.000 hect., a donné 8.596.000 I hectol., ou 14,1 à l'hect. L'hectol. pèse 60 kgr. 6 et vaut i 5 fr. 35, soit 9 fr. les 100 kgr.— Vacoine a produit 4.396.000 ; hectol. sur 281.000 hect., ou 15,6 à l'hect., du poids de : 40 kgr. à l'hectol., au prix moyen de 3 fr. 20 ou 8 fr. les I 100 kgr.— Le seigle a donné 2.936.000 hectol. sur 207.000 I hect., ou 14,1 à l'hect. — Le millet, 583.000 hecloL sar 77.000 hect., ou 7,31 par hect.

Le colza réussit bien en Koumanie : il a l'avantage de demander peu de soins et de se récolter au mois de mal quand le chômage est général. La culture en est assez aléatoire, à cause des grands froids de l'hiver, des pluies suivies de soleil an printemps. La production moyenne a été, de 1894 à 1899, de 477.000 hectol. sur 44.000 hect., soit 10,8 bectol. à l'bect.

Le lin et le chancre sont surtout cultivés pour la graine ; on n'utilise guère la filasse de Un : le poids moyen du lin est de 66 kilog. à l'hect. ; la production à l'hect est de 8 hectol. de graines. La Dobrogea (Dobroutcha) fournit 90*/. de la récolte.

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Les districts qui produisent le plus de pommes de terre sont ceux de Moldavie, et en Mounténie ceux du versant des Carpathes; dans la plaine, la sécheresse nuit à cette culture; près du Danube, les pommes de terre grossissent, mais perdent en qualité. La production en 1898 a été de HO.OOO T. sur 16.600 hect., soit 6.630 kilog. à l'hect.

La betterave à sucre est assez répandue, quoique cette culture soit pénible et réclame beaucoup de bras au moment où les travaux des champs sont très actifs. Il y a actuellement six grandes fabriques de sucre à Sascout, Kitila, Marachéchti Roman, Rrantcheni et Ripitcheni, autour desquelles l'industrie de la betterave s'est développée rapidement. lOOkilog. de betteraves ont donné jusqu'à H kgr. 1/2 de sucre. La surface cultivée a été, de 1897 à 1899, de 2.840, 6.070 et 6.170 hect. et la production totale de 48.000, 161.000 et 74.000 T.

Le tabac roumain est d'aussi bonne qualité que le tabac turc. La culture ne s'étend guère qu'à 4 ou b.OOO hect., qui donnent, en moyenne, 800 kilog. à l'hect. Le prix varie de 5 à 60 fr. le kilog.

Les prairies artificielles se sont développées ces dernières années ; elles occupent près de 100.000 hect. ; les prairies naturelles 560.000. Les pâturages s'étendent sur 1.040.000.

Les divers recensements des animaux domestiques faits depuis 1860 marquent en général un progrès sensible de l'élevage :

NoMiiRF, DE Ti-rrf:s -186(> 1894» 1897

Les espèces ovine et porcine sont relativement les plus riches; les moutons sont évalués à 12 fr. par tête; le porc, de très bonne qualité, est à très bas prix (Ofr. 70 à 0,75 le kilog.). L'État a installé à Tourn-Sévérin un établissement modèle pour l'élevage des porcs. Malheureusement les règlements sanitaires des États voisins entravent l'export. des animaux vivants. Presque tout le commerce est à destination de l'Autriche; il commence à se diriger vers la Russie et l'Italie. De nombreux établissements ont été créés pour la fabrication des conserves de viande de porc et pour la charcuterie de toute sorte.

La production du poisson est de 90.000 T., représentant un revenu moyen de 30 millions de fr. La surface des eaux exploitées (rivières, lacs, étangs et marais) est de 817.000 hect., 6,14 "/o de la surface totale du pays. L'État tire de ses pêcheries un revenu net de 2 millions 1/2, dont 1.400.000 pour la Dobrontcha.

La production vîwîcoie est de plus de 3 millions d'hectol. sur 139.000 hect., soit 22,5 hectol. à l'hect. Le phylloxéra a dévasté une grande partie des vignes ; il a fait son apparition en Roumanie, en 1883, dans le Déalou-Maré. On replante en plants américains; le choix des ceps a été livré quelque peu au hasard. Les crûs les plus renommés sont ceux de Cotnar, Dragachani, Déalou-Maré, Odobechti. Le vin a de 5 à 15,5 degrés d'alcool. Les prix varient entre G fr. 30 et 5 fr. le litre; le prix moyen de gros est de 13 fr. l'hectol. La culture coûte 120 fr. par hect. et par an pour la vigne indigène; le revenu brut est de 300 fr. La consommation est de 36 litres 1/2 par tête.

Espèce bovine. ...

— chevaline .

— ovine

— porcine. . ,

La production et la consommation de la bière croissent rapidement. Il y avait en Roumanie, en 1895, 26 brasseries qui produisaient 43.000 hectol.: la consommation était de 40.000: en 1898, la production était de 111.000 hectol., la consommation de 90.000. La consommation moyenne serait de 1 litre 1/2 par tête, à considérer la pop. totale; mfiis comme cette boisson n'est guère répandue que dans les villes, on peut dire que la consommation y est de 7 litres 1/i par tête. L'impôt sur la bière a été réduit de 30 à 15 fr. l'hectol. en 1896. L'industrie de la brasserie est assurée d'un grand avenir.

Les 50 fabriques importantes d'a/coo/ actuellement existantes en Roumanie produisent de 250.000 à 300.000 hectol. Les matières premières employées sont : le maïs 103.000 T., le malt 74.000, les pommesde terre 13.000. 36.500 têtes de bétail sont nourries des résidus et tourteaux . La consom mation des alcools d'industrie n'est pas très répandue. Les débitantsfont d'un décalitre d'alcool, en l'étendant d'eau, quatre décalitres d'eau-de-vie, qu'ils aromatisent et vendent sous des noms divers : le bassamac est une eaudevie parfois additionnée d'acide sulfuriqne qui,^ transformant en éthers une partie de l'alcool, donne un bouquet très apprécié par le peuple.

Les eaux-de-vie de fruits et particulièrement l'eaude-vie de prunes, la tsouica, font une concurrence considérable aux alcools d'industrie. La tsouica, qui échappait presque complètement à l'impôt des boissons, vient d'être soumise à une taxe de 5 centimes par degré. L'alcool a été réduit à 100 fr. l'hectol. Les tsouicari, ou bouilleurs de crû, sont soumis à l'exercice. L'étendue des vergers est de 53.000 hect., qui produisent un million d'hectol. ou 20 à l'hect. La consommation moyenne par tête est de 5 à 6 litres par an, principalement en eau-de-vie de prunes. Un mouvement as.sez actif se dessine depuis quelques années en faveur du monopole de l'alcool.

Forêts. — L'étendue des forêts de la Roumanie n'est pas exactement connue; ou l'évalue à 2.774.000 hect., dont 1.085.000 appartiennent à l'État, 1.500.000 aux particuliers, 125.000 à des établissements publics, 70.000 aux domaines de la Couronne. L'industrie du bois prend tous les jours plus de développement. Les principales forêts occupent le versant des Carpathes, elles ne sont pas exploitées à cause du manque de voies de communication. Les principales essences sont : le chêne, le hêtre et le sapin. L'État s'occupe du reboisement et de l'aménagement des forêts existantes. Il y a là une grande source de revenus actuellement presque délaissée, faute de capitaux.

IV. Industrie : Régime industriel. — La loi du 12 mai 1887 assure à tous ceux, Roumains ou étrangers, qui veulent créer en Roumanie un établissement industriel, de grands avantages. Us peuvent acquérir gratuitement la propriété ou la possession, pour 90 ans. de 1 à 5 hect. de terrain sur les propriétés de l'État, des communes ou de la Conronup. Ils ont droit à la restitution des droits de douanes pour les produits importés qui n'ont pas de similaires dans le pays, s'ils sont réexportés après avoir été soumis à une transformation industrielle, et pour les machines qu'ils emploient. Ils sont dispensés pendant 15 ans de tout impôt direct envers l'État, les départements on les communes. Ils ont droit à des tarifs de transport réduits pour les matières premières, les machines et les produits fabriqués. Le»

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fabriques dn pays sont préJérées à celles de l'étrangep pour les fonrnitnres de l'Ktal.

Pour la création des Sociétés indnstrielles le C. Com. imposait des conditions assez rigoureuses qui viennent d'être en partie abrogées en ce qniconcerne particulièrement la composition du conseil d'administration des Sociétés par actions. Il soflit, aujourd'hui, que le tiers des membres de ces conseils soient roumains. Le cautionnement des Sociétés par actions étrangères a été réduit de 300.000 à 100.000 fr.

Industries Textiles : Fil, Coton. — Autrefois les Roumaines filaient, tissaient et brodaient; la toile roumaine, les broderies, les costumes aux couleurs éclatantes, les tapis roumains sont encore très appréciés dans beaucoup de grandes villes du continent. Les cotonnades à bon marché ont fait dn tort aux produits nationaux. Nous avons vu que le lin et le chanvre ne sont guère cultivés en Roumanie; l'import. aussi est très faible. On compte cependant quelques établissements de tissage, d'importantes et nombreuses fabriques de cordes. Ce sont l'.Autricbe, l'Allemagne et la Belgique qui fournissent presque tons les tissus de Ql à la Roumanie. Les tissus de coton viennent surtout d'Angleterre.

La production totale de la laine est d'environ 7.000 à 8.000 T. Le nombre des montons est de 4 à 5 millions. La meilleure qualité de laine vaut 1 fr. 40 le kilog., elle est exempte des droits de douane. La Roumanie exporte 650 T. de plus qu'elle n'importe. On fabrique dans le pays les draps ordinaires pour l'armée: il y a une cinquantaine de fabriques de draps. C'est l'.AIIemagne qui importe le plus de lainages en Roumanie.

L'industrie de la soie n'est pas très développée. Elle a été florissante vers 1863 ; actuellement la production est de 73.000 kilog. de cocons.

Industries diverses. — Nous avons parlé des industries agricoles et textiles. Les autres industries importantes sont les suivantes :

Il y a en Roumanie six grandes fabriques de sucre. Les primes à la fabrication que l'État accorde à cette industrie ont depuis peu développé la culture de la betterave et la fabrication du sucre. La betterave commence à être cultivée par le paysan. La production du sucre atteignait déjà 10.000 T. en 1897: aujourd'hui, elle est de 14 à 15.000 T.; la consommation atteint 20.000 T. C'est r.\utriche qui fournit à la Roumanie les 5.000 T. nécessaires.

Les principales fabriques de papier importent la pâte toute préparée on bien fabriquent de la pâte de bois provenant des riches forêts des Carpathes. Il y a de nombreuses fabriques spéciales de cartonnages.

La poterie est une industrie véritablement nationale et ancienne dans le pays. Quelques établissements nouveaux font des porcelaines fines, des briques de basalte, du basalte artificiel, des poêles en faïence émaillée. Tous les trottoirs et plusieurs rues des grandes villes sont pavés de briques de basalte.

Le long de la vallée de la Prahova, presque chaque paysan possède son four à chaux. La rivière roule des pierres à chaux que les paysans recueillent, transportent et brûlent.

^ La verrerie est encore dans l'enfance, parce que l'on ne trouve pas dans le pays les matières premières qu'elle exige.

Fabriques de bougies, stéarine, savons, parfums, huiles végétales.

Le travail du bois est une des industries qui ont le plus d'avenir dans ce pays. Nombreuses scieries sur la Prahova et sur le Prnth. La confection des meubles et la carrosserie font de grands progrès. Les matières premières, chêne, sapin surtout, sont à bas prix et en abondance.

Le fer est apporté de l'étranger, souvent ouvré en partie. Le manque de houille et l'absence de capitaux ont fait obstacle an progrès de cette industrie. On trouve cependant plusieurs fonderies, des ateliersmécaniques, des fabriques d'instruments agricoles, de fils de fer, de clous, de divers organes de machines, etc.

Le travail des peaux pour semelles, harnais, courroies, cuirs de toute sorte, constitue une industrie importante, favorisée par l'abondance du tannin de chêne. De nombreuses tanneries s'échelonnent à Bucarest le long de la Dimbovitza.

Si les mines de la Roumanie ne sont pas encore exploitées, l'industrie minière n'en est pas moins richement représentée par l'exploitation du pétrole. La production était de 1.800.000 hectol. ou 12.000wagons en 1897; elle a été de 16.000 wagons en 1898 et de 30.000 en 1899. La benzine est employée pour actionner les moteurs et comme combustible, comme dissolvant pour la fabrication des laques. Le prix dn wagon de pétrole étant de 300 à 400 fr., la production totale représente une valeur de iO.800.000 fr. La consommation intérieure est de 10.000 à 12.000 wagons. Le nombre des sondes est de 200, dont 110 productives. Le nombre des puits à la main en activité est de 960; leur profondeur varie de 60 à 180 m. (Voy. Pétrole.)

Tout le sel du pays appartient à l'État, qni a lemonopole de l'exploitation et de la vente. La production est de 110.000 T., dont la moitié s'exporte. Le prix moyen de vente est de 100 fr. la tonne pour la consommation et de 33 fr. pour l'exportation.

V. Voies de communic.\tiox. — Le système des voies de communication comprend les routes et ponts, les chemins de fer et les voies navigables, les postes et télégraphes.

Les routes se sont rapidement développées, sanf dans les parties montagneuses; une contribution spéciale, dite des ponts et chaussées, et des journées de prestation ont été consacrées en grande partie à leur construction et à leur entretien. La direction des travaux est confiée à un corps d'ingénieurs formés pour la plupart dans les écoles de l'étranger ou à l'École des ponts et chaussées de Bucarest. En 1865 il y avait 2.167 kil. de routes nationales, 1.795 de routes départementales, 1.203 de rontes communales: en 1887, respectivement, 2.572, 3.132 et 7.2S.

Les chemins de fer appartiennent tons à l'État et sont administrés par une Direction qui relève du Ministère des travaux publics. Ils forment un réseau de 3.(fôl kil. Les recettes étaient, en 1898, de 48 millions de fr., les dépenses de 37. Le coefficient d'exploitation est de 75,60 et le revenu brut kilométrique^ de 17.000 fr. Le nombre des voyageurs, en 1897, a été de 5.696.126; le nombre de tonnes transportées^ en grande vitesse, de 4^1.673, en petite vitesse de 5.230.517. Le nombre des wagons était de 10.311,, celui des locomotives de 441. L'administration comptait 20.515 employés et ouvriers.

Depuis 1896, la Direction des chemins de fer administre aussi le service de navigation maritime,.

ROUMANIE

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d'abord confié à la Régie dos monopoles. C'est la Régie qui dirige le service de navigation fluviale sur le Danube. Le service maritime a été créé en 1894, pour assurer à la Roumanie le transit de l'Europe Occidentale et Septentrionale vers Constantinople •et l'Extrême-Orient. Peu à peu, il s'est étendu vers l'Archipel et Athènes, vers la Syrie et l'Egypte. En 1897 a été créée la ligne occidentale, qui met les ports du Danube en communication directe avec Rotterdam et Cardilï. Le déficit annuel, constamment décroissant, était de 1.600.000 fr. en 1895, 1.244.000 «n 1890, 1.47o.000en 1897, 196.000 en 1898. Le budget de 1900 prévoit un excédent de 37.000 fr.

La Direction des postes, télégraphes et téléphones fait 6 millions de recettes provenant du transport de 19 millions de lettres, 11 millions de cartes postales, 1 million de mandats. Le service télégraphique possède 17.000 kil. de fils sur 6.850 kil. de lignes. Le nombre des télégrammes transmis annuellement est de 2.480.000; les taxes s'élèvent à 2 millions. L'ensemble des revenus se chiffre par 10 millions, les dépenses par 8.300.000.

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