ignés
>oar3,(
soit s«
>oul2i
paré-
Dois).
RUBANS
RUBANS
Voici, pour les 14 grandes Compagnies anglaises, les recettes générales effectuées en 1900 (en milliers deliv. st.):
Midlajid
London and North-Western.
Great Western
North-Eastern
Great Northern
Lancashire and Yotkshire...
Great Eastern
Great Central
London and South- Western.
London, Brighton
South-Eastern
North London
Metropolitan
North Staffordshire
Totaux
re 3 =
RL'B.v^'S. Le ruban est un tissu étroit, employé comme lien, bordure, ornement dans les objets de vêtement, de parure ou d'ameublement.
La fabrication du ruban est très ancienne en France, peut-être même antérieure à celle des soieries. Elle aurait été établie à Saint-Chamond au XI« ou XII' siècle et plus tard à Saint-Étienne. Elle existait à Paris au XIII«. Ce fut vers le milieu du XVII" que Saint-Étienne devint le centre principal de la fabrication du ruban. En 1760, fut importé le premier métie*produisant plusieurs pièces à la fois ; ce métier, dit à la Ziirichoise, provoqua une véritable révolution dans la fabrication; puis intervint le métier à la barre; enfin, vers la fin du XVIII' siècle, le méfiera velours double pièce vint donner à cette industrie une importance qui devait notablement s'accroître dans l'avenir.
En 1786, il y avait à Saint-Étienne et aux environs 13.250 métiers produisant pour 17 millions de fr., dont 9 pour la consommation intérieure et 8 pour l'export.
La Révolution réduisit à un état misérable cette industrie, qui se releva ensuite peu à peu; eu 1815 la production avait retrouvé le chiffre de 1786. En 1833 on comptait 144 fabricants à Saint-Étienne et 20 à Saint-Chamond, avec une production de 50 millions. Jusqu'en 1850, la région stéphanoise fut à peu près seule à produire largement les rubans. Mais, à ce moment, la fabrique de Bàle, qui dès le milieu du XVIII» siècle avait suscité les plaintes de Saint- Étienne, entra en lice. Favorisée par des approvisionnements de matières à meilleur marché (les fils de schappe et de coton étant à peu près exempts de droits), Bàle a pu faire à Saint-Étienne une concurrehce acharnée, surtout sur les marchés étrangers.
Actuellement, la fabrique de Saint-Étienne dispose de 30.000 à 32.000 métiers, dont 25.000 à bras et 6.500 mécaniques. Les fabricants patrons possèdent environ 1.500 métiers à bras et 5.000;;mécanlques : les chefs d'ateliers passementiers, 23.;j00 à bras et 1.500 mécaniques ainsi répartis : 16.000 à Saint- Étienne, 6.000 à 7.000 dans les localités de la Loire et 7.000 dans la Haute-Loire. La production de la fabrique stéphanoise est, en moyenne, depuis quelques années, de 85 à 90 millions de fr., comprenant les rubans, tresses, galons, passementeries, dont les trois quarts au moins sont destinés à l'export. directe ou indirecte. Cette production se compose d'articles de soie pure pour 34 millions et d'articles
mélangés soie, coton, etc., pour 50 à 56 millions. (Voy. les tableaux ci-après.) C'est dire que la fabrication des mélangés a une grande importance, qui s'accroîtrait encore si les droits de douane sur les fils de schappe et de coton n'étaient pas aussi élevés.
L'organisation de la fabrique stéphanoise est un peu spéciale et a conservé une allure familiale. On a vu que la majeure partie de l'outillage était composée de métiers à bras possédés par les maîtresouvriers. Le passementier a un véritable attachement pour son métier, qui est sa propriété. Ce métier, dont la valeur moyenne est de 1.500 fr. env., représente pour l'ensemble un total de 37 millions et demi. Le métier mécanique vaut 2.500 fr. env.; de ce chef, c'est une valeur de 15 à 17 millions à ajouter, soit une valeur totale, pour l'outillage stéphanois, de 52 à 54 millions.
Le mouvement qui, dans d'autres industries textiles, tend à remplacer le métier à bras par le métier mécanique, s'est manifesté dans la fabrique de rubans, mais avec une moindre amplitude. Le ruban, plus encore que la soierie, change tous les jours. Tantôt la mode veut des unis, tantôt des façonnés noirs ou couleurs, larges ou étroits. Ces changements perpétuels et inopinés rendent le travail en usine particulièrement difficile. Le petit atelier de 2 ou 3 métiers s'y plie bien plus facilement. En outre, grâce à la division de la force électrique, il est possible d'actionner mécaniquement les métiers disséminés dans les ateliers des passementiers: les chefs d'atelier pourront donc bénéficier des avantages de la mécanique, sans être astreints aux inconvénients résultant de la centralisation des métiers autour du foyer producteur de force. Parallèlement, il s'est créé et se créera encore des usines où dominera la production des rubans unis; ces usines appartiennent à des fabricants qui se proposent surtout de combattre les concurrents étrangers sur les marchés de l'extérieur.
Enfin, depuis quelques années on remarque la tendance caractérisée de l'industrie des rubans à s'étendre dans la campagne au détriment de Saint- Étienne-Ville. L'ouvrier s'y sent plus libre; il y est plus maître de la distribution de son temps: il peut travailler aux heures qui lui conviennent le mieux et échappe plus facilement à la réglementation tracassière des lois sur le travail. L'habitation à la campagne est plus vaste, plus salubre et moins chère, la vie plus économique et plus facile. De leur côté, les chefsd'industrie construisent leurs tissages à la campagne, parce qu'ils y trouvent une maind'œuvre plus souple et moins exigeante que celle de la ville; ce qui est énorme, étant donné surtout qu'à Saint-Étienne, par suite de l'autonomie des chefs d'atelier et des fabricants, ces derniers sont exposés à des hausses subites et excessives des façons qui troublent la production et le commerce. Enfin, il faut bien reconnaître que la production doit s'effectuer dans des conditions toujours plus grandes de bon marché, si l'on veut conserver les débouchés actuels et en ouvrir de nouveaux.
Toutefois, la transformation de l'outillage à bras en outillage mécanique est plus rapide en ville et dans les communes suburbaines que dans la campagne, parce que les passementiers isolés, proprié-l taires de 2 ou 3 métiers, nombreux en ville et aux^ environs, sont ceux qui peuvent le mieux exécuter les articles nouveaux que chaque année Saint-Étienne
RUBANS
RUBANS
est appelé à produire. Il serait fastidieax d'éniimérer tontes les spécialités de rubans qui sortent des ateliers stéphanois. depuis les faretirs de 2 lignes' jusqn'anx superbes écharpes de la à 40 centimètres.
Voici le résumé des usages suivis par le fabricant et le passementier :
Le contrat passé entre un fabricant et an chef d'atelier pour la fabrication d'un chargement (on nomme ainsi l'ensemble des pièces de rubans affecté à nn métier) est constaté par une feuille d'engagement que le fabricant ou son employé délivre aa chef d'atelier. Le contrat énonce les prix de façon aux 13 m. pour les velours. Les parties ont 24 heures poar se dédire ; passé ce délai, la partie qui veut se délier doit payer à l'autre le tiers de la façon qui serait payée pour l'exécution totale. En aucun cas le fabricant ne peut laisser pour compte au chef d'atelier ni marchandise ni matière, — et ce dernier ne peut subir pour malfaçon une réduction plus grande que le prix de façon.
Il n'est rien stipulé pour les déchets : le taux en est laissé à l'appréciation du conseil de prud'hommes, qui peut, dans certains cas, faire payer au chef d'atelier l'excès anormal constaté. Le chef d'atelier rnbanier doit à l'ouvrier la moitié de la façon totale payée par le fabricant: il doit également tous les accessoires, l'éclairage de nuit et, matin et soir, le bouillon de la soupe (ce dernier usage existe aussi à Bâle). Le chef d'atelier veloutier doit à l'ouvrier les 2/3 de la façon, mais l'ouvrier doit son éclairage de nuit, et le chef d'atelier ne doit le bouillon que pour la soupe du matin. Le délai de prévenance est de 6 jours. L'ouvrier à la journée est libre. Les dévideuses sont payées d'après le poids des matières dévidées; les ourdisseuses le sont à la journée; les déconpeuses payées à façon ne sont engagées que pour la quantité de travail qu'elles ont acceptée.
Prix des rubans. — La Commission des valeurs de Douane estime comme suit les pri.\ du kilog. de rubans en 1899 (en fr.) :
X rimp. A l'exji.
(, Velours. 86 115
( .\utres. . 75 78
i Velours. 46 49
) .Vulres. . 50 54
Rabans de bourre de soie pure ou mél.. 30 35
Régime douanier. — Les rubans de soie ou de bourre de soie pure ou mélangée d'autres matières te.xtiles, la soie on la bourre de soie dominant en poids, sont taxés comme soit (en fr.) :
(Tarif de 1892) T. G. T. M.
a) Velours 6,201ekilog. 5 a
ft) Antres 6 « — 4 »
On classe comme rubans pour la perception des droits : 1* les galons pour chapeaux ; 2' les bandes de velours on de soierie tissées en pièces et destinées à servir comme rubans après avoir été détachées les unes des autres an moyen d'un simple coupage anx ciseaux; 3* les rubans façonnés pour ceinture de femmes; 4' les bandes de soie disposées en festons pour servir comme rubans ; 5' les rubans disposés en festons pour faire de la soutache; 6° les rubans collés, dits aussi lames, en soie ou bourre de soie; T les galons pour vêtements revêtus de perles «n faux jais; 8* les rubans de chenilles et de peluches de soie sont assimilés aux rubans de velours.
Fabriques étrangères.— La fabrication dn ruban s'est implantée dans tous les pays où se tissent les soieries ^voy. ce mot). Toutefois, parmi les concurrences les plus i directes de Sainl-Étienne, on peut citer :
1* Bàle, où la production des rubans est très ancienne, !
1. La ii^ne, ancienne mesure de lonjïuear, équivaut à 2 mm. 2558. 1 i>ans la pratique, oa compte 2 mm. ^6.
Rubans soie pure
Rubans de soie mélangée. . .
qui dispose de 6.300 métiers en Suisse et L400 en Alsace* en Autriche et dans le grand-duché de liade; la production doit osciller entre :t0 et 35 millions par an ;
2* La fabrique allemande de Barmen, Elberfeld, Crefeld, qui exporte 20 à 22 millions par an ;
3* Les fabriques de Coventry (.\ngleterre), d^ .Milan (Italie), de Vienne (.Autriche) ; enfin les fabriques des États- Unis de l'Amérique du Nord, qui se sont énormément développées pendant le dernier quart du .\L\* siècle.
Jo.lN.NV PeV.
L.\ PRODUCTION sTÉPHANoisE. — Voici le tableao de la production stéphanoise de rubans, tel qn'il a été dressé par la Chambre syndicale des fabricants de Saiut-Étienne, pour les années 1896-99, en milliers de francs :
Production de la fabrique
de Saint-Etienne
= „) noirs He soie pure..