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RUSSE (COMPAGNIE

violacé, et par suite un pen moins estimé. Rien n'est pins rare qn'un rnl)is d'Orient parfait, pres^jne tous ayant des défauts et des reflets laiteux ; aussi estce la plus belle et la pins chère dos pierres précieuses : sa valeur dépasse rapidement les prix dn diamant dès que sa grosseur atteint quelques carats.

Le rnbis oriental se trouve généralement en cabochons, ovales, aplatis ou en forme de haricot, à Ceylan, an Pégu et en Chine; il peut être clivé: il est d'abord dégrossi aux Indes à la poudre de diamont en pierres facetées, à culasse et à table, ou en cabochons ronds ou ovales, mais il ne reçoit sa forme définitive et son poli qu'à Londres et Paris, les deux principaux marchés où le commerce se les procure.

Pline prétend que le rubis ne peut être gravé, parce qu'il enlève la cire: mais la vraie raison provient, en réalité, de la difficulté de sa gravure et de sa dureté, ainsi qu'on en pent juger par les deux échantillons mal gravés qui appartiennent an Jardin des plantes de Paris.

Les rubis les pins célèbres sont : celui dn Shah de Perse, le plus gros connu, pesant 17o carats brut ; le cabochon du roi de Visaponr, payé 76.000 fr. en 1653; une poire dont Tavernier offrit 60.000 fr. anx Indes; le rubis, de la grosseur d'un petit œuf, offert par Gustave-Adolphe de Suède à la tzarine, en 1777, et les deux rubis de 7 et 8 carats de la Couronne de France, estimés 12.000fr. lors de l'inventaire de 1791.

Le rubis spinelle est un aluminate double de magnésie et de silice, avec traces de fer et de chrome, cristallisant dans le système cubique, d'un poids spécifique de 3.8, moins dur que le rubis oriental, à réfraction simple, ne s'électrisant pas, d'un éclat vitreux, un peu moins transparent que le rubis oriental, généralement pur, de couleur ronge ponceau; on le nomme rubis balais, quand il est d'un ronge assez clair et très violacé, et par suite beaucoup moins estimé.

Les rubis spinelle et balais proviennent de Sndermanie, du Pégn, de Ceylan, dn Cambodge: leur taille est facile, mais ils sont assez difficiles à polir.

Les beanx spinelles, sans avoir la valeur dn rubis, sont cependant assez recherchés: dans l'inventaire de la Couronne de France, deux rubis spinelles de 56 carats 3/4 et de 20 c. 3 8 sont estimés 50.000 fr. et 10.000 fr. ; les plus beaux spinelles gravés connus sont : celui représentant Cérès, du musée Odescalchi, et le cœur, avec une tête de philosophe grec, de la collection d'Orléans.

Depuis déjà de longues années, la reproduction artiflcielle des rnbis comme du diamant et des autres pierres précieuses a tenté nombre de savants. En 1837, M. Gaudin obtint, le premier, des rubis orientaux en chauffant de l'alun ammoniacal avec de l'alun potassique, et quelque temps après Ebelman reproduisit le spinelle en mettant dans des capsules d'acide borique de l'alumine, de la magnésie et de l'oxyde vert de chrome. En 1849, Daubrée, puis Durocher, arrivèrent aux mêmes résultats en faisant réagir de la vapeur d'eau sur des chlorures de silicium et d'aluminium, et Sainte-Claire-Deville et Caron reproduisirent artificiellement les différents corindons, en chauffant an blanc des creusets de chaux contenant de l'acide borique et des fluorures d'aluminium et de chrome. Mais les corindons obtenus jusqu'alors l'étaient en quantité absolument

infime. Il était réservé à M. Frémy de reproduire avec M. Feil, en 1877, de gros rubis encore trop lamellenx,et avec M. Verneuil, en 1887, des pierres scientifiquement parfaites, en chauffant de l'aluminium en présence du fluorure de calcium.

Cette découverte, ainsi que la coagulation des rubis par la fusion, n'a pas été sans impressionner le commerce des pierres précieuses: mais les rubis ainsi fabriqués reviennent fort cher, et s'ils sont scientifiquement semblables au rubis naturel, on peut facilement les en distinguer en les examinant au microscope: le rubis artificiel, on fondu, contient des cavités rondes ou en poires, alors que les creux ou défauts du rubis naturel sont absolument irréguliers. G. Roger Saxuoz.

RrcilES. V. Miel.

nUFISQUE. Ville maritime de la colonie françaisedu Sénégal, située sur l'Océan Atlantique, dans la baie de Corée, à 165 kil. S.-O. de Saint-L.onis et 28 kil. S. E. de Dakar, par 14»43'lat. N. et 19* 33' 45* long. 0. de Paris. Pop. : 10.000 hab. env.

Point de rencontre des routes du Cayor et du Baol et station du chemin de fer de Dakar à Saint-Louis, RuOsque est un centre commercial important. C'est un des grands marchés du Sénégal pour les arachides et les cuirs bruts. Les import, consistent surtout en cotons filés, cordages, couvertures, absinthe de traite; alcool de Hambourg ou des distilleries du nord de la France, munitions, bonneterie, bougies, calicot d'Angleterre, chaussures, cognac de traite, sucres de Bordeaux ou de Marseille, toiles à sacs. Comptoirs de la Compagnie Française de l'Afrique Occidentale, des maisons Manrel et Prom, •Manrel frères, Devès et Chaumet, etc.

Il y a un wharf de 200 m. sur la mer. Escale des paquebots de la British and .\frican et de la Wœrmann Linie.

llUOLZ. V. Argenture.

RURUTU. Ile de l'archipel des Tubuaï, à 600 kil. an S. de Tahiti, par 22» 29" lat. S. et 153» 43 long. 0. de Paris. D'abord soumise au protectorat français en 1889, elle a été annexée à la France le 26 août 1900. Sup. : 50 kil. carrés. Pop. : 500 hab. env. Le récif de corail qui l'entoure en rend l'accès difficile anx navires. Les hauteurs de l'île atteignent 440 m. Sol très fertile. Canne à sucre, ignames, cocotiers, bois de fer, pandanns.

Le mouvement commercial, y compris celui de l'île voisine de Rimatara, a été, en 1899, de 59.881 fr. dont 37.919 fr. pour les import, à Papeete, chiffre élevé, en égard à celui de la population.

RUSM.V. P;\te épilatoire employée en Orient. (Voy. Orpiment.)

RUSSE (Compagnie) de Navigation a vapeur et DE COMMERCE. Slègc social à Saint-Pétersbourg, perspective Xevsky, 45. Le capital-actions est de 10.000.000 de roubles, le capital d'assurance de 1.001.587, le capital de réserve de 8.450.802, la subvention du Gouvernement de 664.000. Le dividende a été, en 1899, de 37 roubles ou 7,4 • ',.

Flotte : 76 navires d'ensemble 164.650 1. ; les trois plus grands jaugent chacun 7.885 t.

Les lignes desservies par la Compagnie sont an nombre de 11, soit 4 étrangères et 7 intérieures :

Lignes étrangères : 1* directe, d'Odessa à Alexandrie, hebdomadaire, avec escales à Constantinople, Smyrne, le Pirée ; 2* circalaire pour l'Egypte et la Syrie, hebdomadaire, d'Odessa à .Alexandrie, avec escales : 1" semaine à

RUSSIE

Constanlinople, Dardanelles, Smyrne, Chio, Tripoli, Beyrouth, Jalla, Port-Saïd ; 2* semaine à Constanlinople, Dardanelles, Mont-Alhos, Salonique, Smyrne, Chio, Tripoli, Beyrouth, Jaffa, Port-Saïd; 3° de Bulgarie et d'Anatolie, chaque deux semaines d'Odessa à Batoum, avec escales à Varna, Bourgas, Constantinople, Inéboli, Sinope, Samsoun, Ordou, Kérassunde, Trébizonde ; 4° de Sébastopol à Constantinople, hebdomadaire.

Lignes intérieures ; I. Postales : 1° d'Odessa à Batoum, ■ 6 fois par semaine en été et 3 fois en hiver, avec escales à Sébastopol, Yalta, Kertch, Novorossiisk et d'autres ports de Crimée et du Caucase ; 2° de Kertch à UostofI, 3 fois par semaine en été et 2 fois par semaine en hiver, avec escales à Berdiansk, Marioupol et Taganrog ; 3° d'Odessa à Nicolaïew, 2 fois par jour; 4" d'Odessa à Kherson, une fois par jour; 5" de Kherson à Alexandrowsk, 2 fois par jour en été et une fois par jour en hiver.— H. Pour marchandises, grand cabotage : G° d'Odessa à Saint-Pétersbourg; 7* d'Odessa à Vladivostock.

RUSSIE

Sommaire: I. Territoire. — II. Population. — III. Propriété foncière. — IV. Agriculture, horticulture, élevage.— V. Forêts, chasse, pêche.— VI. Petite industrie rurale. — VII. Grande industrie. — VIII. Sociétés par actions. — IX. Voies de communication : chemins de fer, voies navigables, marine marchande. — X. Commerce extérieur. — XI. Monnaies, poids et mesures. — XII. Royaume de Pologne et Russie extra-européenne.

I. Territoire. — L'Empire de Rus.sie s'étend entre 34»— 77» lat. N. et 35° —203" long. E., couvrant une immense superficie d'environ 22 millions de kil. carrés, dont 5.740.000 eu Europe et 16 millions eu Asie avec le Caucase. Le territoire russe représente la sixième partie des régions continentales du globe ; la Russie possède près des deux tiers de l'Europe et près d'un tiers de l'Asie. La frontière maritime de l'Empire russe mesure 50.000 kil. et les frontières continentales 20.000.

A ro. la Russie est limitrophe de la Norvège, de la Suède, de la mer Baltique, de l'Allemagne, de l'Autriche et de la Roumanie; au S., de la Roumanie, de la Turquie, de la Perse, de l'Afghanistan, de la Boukharie, de la Chine, de la Corée; à l'E., la Rus.sie a pour frontière l'Océan Pacifique et ses golfes, et au N. l'Océan Glacial avec les mers Blanche et de Kara.

II. Population. — Au recensement du 28 janvier ^9 février) 1897 le nombre des hab. de la Russie était de 129.211.113, se répartissant ainsi entre les diverses régions de l'Empire :

Hommes

Femmes

Total

50 gouv. de la Russie d'Europe.

10 — du Royaume de Polog.

11 gouv. et prov. du Caucase (y compris le gouv. de Stavropol)

8 gouv. et prov. de la Sibérie.

5 prov. des Steppes

3 prov. du Turkestan et de la

région Transcaspienne

Sujets russes eu Boukharie et

Khiva

fi. 412

Total pour l'Empire

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