‹ Dictionnaire du commerce, de l'industrie et de la banqueChapitre 874 sur 1134 · iJ 1.2r · texte numérisé non relu

iJ 1.2r

Total général

Comme densité de la pop., la première place appartient à la région de la Vistule (74 hab. par kil. carré), puis vient la fertile région des Terres noires, limitrophe de la Pologne (la région de la Petite- Russie au delà du Dnieper : 54 hab. par kil. carré); on compte un peu moins d'hab. dans la Petite-Russie séparée de la précédente par le Dnieper (49 hab.), ainsi que dans la région agricole du Centre (43 hab.).

La densité de la pop. est de 40 par kil. carré en Lithuanie, de 32 dans la région industrielle de Moscou, de 26 dans la Russie Blanche, de 23 au Caucase, de 7 en Finlande, de 5 en Sibérie, de 3 en Turkestan, de 15 dans les régions de Ferghana et de Samarkand.

La pop. de l'Empire russe s'accroît avec rapidité. En 1900, elle était de 135 millions d'hab. Depuis 1724, elle s'est accrue de 9,71 fois, depuis 1796 de 3,75 fois, depuis 1851 de 1,96 fois. Les Slaves représentent 73 »/„ de la pop. totale (Rus.ses et Polonais); la race finnoise (Finlande, région Baltique) et la race lithuanienne (Lithuanie, région Baltique) environ 10»/u ; la race orientale (région du Volga, Crimée, Caucase, Sibérie, Turkestan) 9»/„; les Israélites 3 »/„. Le nombre des naissances, bien qu'en décroissance comme ailleurs en Europe, n'est pas tombé au-dessous de 48 pour 1.000. La pop. des villes était de 1 .653.000 en 1812, de 8.157.000 en 1867 et de 16 millions 785.212 en 1897. 19 villes comptaient en 1897 plus de 100.000 hab., dont 7 plus de 200.000 (Saint- Pétersbourg, Moscou, Varsovie, Odessa, Lodz, Riga, Kiev). On ne pourra avoir une idée exacte de la répartition professionnelle de la pop. qu'après la publication des résultats détaillés du premier recensement général russe de 1897.

III. Propriété foncière. — La pop. rurale de la Russie jouit d'un mode spécial de possession du sol, du régime dit de « mir » ou communauté des terres. 85 »/„ des communes rurales sont placées sous ce régime. Il ne s'applique pourtant pas aux communes de l'O. de la Russie d'Europe comprises dans la zone qui s'étend de la Finlande à la Bessarabie, et il est très peu en usage dans les gouvernements de Poltava et de Tchernigov.

Sous le régime de la communauté, les terres n'appartiennent pas aux individus, mais à l'ensemble des membres de la même commune. La commune, en assemblée plénière, répartit entre les chefs de famille les terres à titre précaire, et cette répartition est renouvelée au bout d'un certain temps. Les bois, les prés et potagers ne sont quelquefois pas répartis, mais laissés en bloc à l'administration commune. D'une manière générale, c'est le nombre d'hab. assujettis à l'impôt qui sert de base à ces répartitions de terres; mais en attribuant à chaque foyer un certain nombre de lots, la commune fait entrer dans ses calculs des considérations multiples : le nombre des bras valides, celui des non-valenrs, l'âge du chef de famille, etc.

La quasi-totalité des terres de la Russie d'Europe appartient à l'État (38,5 »/„), aux communes rurales (34,3%), et aux particuliers (23»/„). Les terres domaniales de la Russie d'Europe ne contiennent pas plus de 2 1/2% de bonnes terres; les forêts occupent environ 7/10 et le reste est impropre à la culture. L'étendue moyenne des lots des paysans est de 2 à 16 hectares par personne, de 7 à 58 par foyer. Dans le centre de la Russie, ainsi qu'au N. de la zone des terres noires, dans la région industrielle du gouvernement de Moscou, dans les gouvern. de Tchernigov, de Poltava, de Kiev et de Podolie, cette superficie des lots est de 2 à 4 hectares; elle augmente à mesure qu'on s'écarte de ces gouvernements dans la direction des frontières du S., de l'E. et du N. L'importance relative de la grande, de la moyenne et de la petite propriété (terres appartenant à des particuliers) ressort du tableau suivant :

RUSSIE

Possédant Personnes des terres

.inaines ne dépassant pas 100 bect.. 8i,l 6,8

— de 100 à 1.000 hect i2.fi 22,6

— de plus de 1.000 hect 3.5 70,6

IV. .Vgriclltlre, Horticulture, Élev.\ge. — Malgré le développement remarquable des industries russes, malgré la baisse des prix des produits agricoles, la culture des céréales reste l'occupation principale du peuple. Environ 4 5 des habitants participent au travail des champs. Dans le commerce d'export. les produits agricoles tiennent une place prédominante. M. D.'Semenoff répartit ainsi les diverses cultures entre les 60 gonvernements de la Russie d'Europe, y compris les 10 gouvernements du royaume de Pologne :

H ec tares

Millet 2.801.221

Maïs 679.083

Épeautre 376.050

Pois 937.158

Lentilles 189.732

Pom mes 4t terre 2.362.057

Lin 1.331.001

Chanvre 514.836

Toarnesol 288.702

.entres céréales 1.972.275

Hect.nres 26. 745.215

1* Terres ei fritke. .

2* frtsiriiltiels..

3* jMkèresef laires

ToUl 54.284.970

Sei'le riiteiie... 28.043.498

— te itriittips. 649.207 Blés d'automne. 3.426.823

— 4eprii(»p$.. 9.074.804

Avoine 15.687.396

Orge 6.003.532

Sarrasin 3.857.885 lould. terres labour. 132.480.230

La moyenne de la production des céréales et des graines en Russie d'Europe (Pologne comprise) ressort du tableau suivant len milliers d'hectol.l :

Zone des Hors de Terres noires cette zone

Seigle 152.661,6

Blés grands.. 26.148.1

— petits 60.651,5

Avoine 107.746,8

Orge 42.699.1

Sarrasin 15.009.0

Millet 17.920,9

Pois,

Maïs

Epeautre

Ponaes 4e terre .

Graines 4e lis

— deckasTre.

Pologne

Total

Le seigle, l'orge, le froment et l'avoine sont cultivés dans toutes les contrées de la Russie et sont l'objet d'un important commerce d'export. Dans le Centre et dans le \., le seigle occupe 40 à oO "/. du territoire cultivé; sa production est insignifiante au S.-O. et au S. ; les terres des paysans sont plus souvent consacrées au seigle que celles des propriétaires fonciers, le pain de seigle constituant le principal aliment des hab. de la campagne. La Russie est le principal fournisseur de seigle sur le m;!rché international. Dans la période de 1896 à 1898, la Russie a exporté annuellement 1.199.000 T. de seigle. — L'aroine occupe la moitié des terres cultivées au N. et au N.-O., 25 à 40 ", „ dans les gouvernements du Centre; c'est au S., à l'O. et dans les steppes de la zone noire qu'il y en a le moins; elle est cultivée surtout en vue de la vente à l'intérieur et de l'export. ; de 1896 à 1898, la Russie en a exporté annuellement 729.000 T. — Le blé tient le troisième rang comme surface cultivée; les steppes de la zone des terres noires en produisent la plus grande quantité (37 à 'M'^o des cultures de céréalesi : plus an N., dans les gouv. du S.-O., en Petite-Russie, dans les gouv. d'Oufa et de Perm et dans la zone des steppes, qui marque la transition entre ceux des terres noires et les antres, les surfaces ensemencées en blé occupent 10 à 40 Vo des cultures totales. Dans les steppes, surtout ceux de l'E., on cultive de préférence les blés

du printemps; dans les gonvern. do S.-O., les blés d'automne (Kiev, Podolie, Volhynie). Le froment est la première des céréales au point de vue de l'export. Cette dernière, en 1896-98, a atteint 3..'32.*>.000 T. — L'orge occupe dans l'extrême Xord 54 • . des terrescultivées; viennent ensuite les gonvern. de l'O. et les Raltiques, ainsi que les gouv. de Kovno et de Vitebsk, de Kherson, de Bessarabie et de Tanride, où elle couvre 15 à 22 '/o des cultures: en 1896-98, l'expert, annuelle de l'orge a atteint 1.513. 500 T.

Le sarrasin et le millet tiennent un rang très important dans l'alimentation des paysans russes : les gruaux préparés avec ces céréales et bouillies constituent un mets national. Le sarrasin est cultivé principalement dans les gouv. de Tchernigov, Minsk et Mohilev, puis de Konrsk, de Penza, de Kazan, d'Onfa et de Volhynie; le millet, dans la zone des terres noires. — Le mais est cultivé principalement dans les gouv. de Bessarabie, de Podolie, de Kherson; au cours des dix dernières années, l'export. annuelle a pris une importance considérable : 439.000 T. en 1896-98. — L'épeautre est cultivé dans les gouv. d'Onfa et de Kazan.

La culture de la betterave est étroitement liée à l'industrie sucrière, florissante dans la moitié méridionale de la Pologne, dans les gouv. du S.-O., de Podolie, de Kiev et de Volhynie, ainsi que dans ceux de Kharkov, Konrsk et Tchernigov. De 1889 à !893, la moyenne des rendements annuels était de 46 millions de qx ; de 1894 à 1898 elle s'est élevéeà 58 millions de qx.

Parmi les cultures des plantes textiles, celle du lin tient le premier rang. Il y en a deux espèces : le lin vulgaire, qui donne des fibres de bonne qualité, mais peu de graines, et l'autre espèce, à tiges courtes et plus épaisses, mais riches en graines. Xous avons déjà indiqué l'importance des récolter en graines de lin; quant à la filasse, il en est annuellement récolté, dans tout l'Empire, 400.000 T., dont la moitié exportée. En Russie, le rouissage du lin à la rosée ou sur terre est le plus en nsage: les lins « motchenetz », c'est-à-dire rouis à l'eau, ne sont produits que dans quelques gouv. du N.-O. ef de ro. (Pskov, Livonie, Novgorod, Saint-Pétersbourg et autres). Parmi les lins « stlanetz », ceux de Vologda l'emportent en général sur tous les autres lins I russes au point de vue de la qualité. Les autres gouv. produisant le a stlanetz » sont ceux de Tver, j Smolensk, Kalouga, Moscou, Yaroslavl, Vladimir, Kostroma, Nijni-Novgorod, Perm. Les procédés de préparation du lin s'améliorent sous l'influence des stations créées par le Ministère de l'agriculture et des instructeurs spéciaux qui en dépendent. Une récente loi punit les fraudes dans le commerce du lin. — Les gouvernements d'Orel, Smolensk, Mohilev, Tchernigov produisent les meilleures qualités de chanvre. La récolte de ce textile s'élève dans^ l'Empire à 200.000 T. Les chanvres d'Orel et de Tchernigov sont employés à la fabrication des câbles et des cordes; ceux des autres gouv. sont achetés^ de préférence par les filatures. La moyenne des export, annuelles pour la période 1896-98 a été de 49.484 T. — Le coton n'est produit qu'en Transcaucasie et dans r.\sie Centrale, environ 108.000 T.,. dont les 9/10 d'Asie centrale.

La culture du tabac est très étendne dans le» gouv. de l'E. et du S., dans les gouv. centraux de la zone des terres noires, dans ceux de la Petite-

RUSSIE

RUSSIE

Russie, enfin dans le gouv. et les prov. de la Transcaucasie. En 1898 il existait 580.254 plantations de tabac, d'une superficie totale de 67.000 liectares, qui ont produit 85.220 T., dont 32.716 de qualité supérieure.

La grande diversité des conditions climatériques et des qualités du sol des différentes contrées de la Russie implique de nombreuses espèces de fruits. Leur culture est très développée, le long de la frontière 0., sur une large zone comprenant les bords de la Baltique, les pays de l'Ouest, les bords de la Vistule et la contrée d'au delà du Dnieper. La Crimée peut être placée au premier rang des pays producteurs de fruits; ses jardins couvrent 6.000 hectares, produisent 150.000 T. de fruits frais, sans compter les raisins de table, et 50.000 T. de noix. Ou y cultive les pommiers et poiriers, pècliers, abricotiers, pruniers, merisiers et cerisiers, amandiers, néfliers, figuiers, châtaigniers, oliviers: il y existe plusieurs fabriques très importantes de conserves de fruits. Le Caucase produit aussi beaucoup de fruits, qui sont vendus sur place.

L'industrie et la production des vignobles russes ressort du tableau ci-dessous :

Superficie Production

des vignobles en

en hectares liectolitres

Bessarabie

Nouvelle-Russie

Crimée

Province du Don

Région d'Astrakhan.

Ciscaucasie

Transcaucasie

Turkestan

Totaux 238.300 2.955.800

Au sud de la Crimée la viticulture a atteint un degré de perfection plus haut que dans les autres régions vinicoles de la Russie. Les vins russes, eu majeure partie consommés dans l'intérieur du pays, ne suffisent pas aux besoins; on importe annuellement pour 8 millions de roubles (période 1888-1897) de vins étrangers, principalement de France.

La Russie, pays agricole, a besoin d'animaux de travail, autant que d'animaux de production; l'élevage est une branche très considérable de son industrie agricole. On y comptait, au \" janvier 1898, 37.413.000 bêtes à cornes; les races de Kholmogory (gouv. d'Arkhangel) et de Yaroslavl sont particulièrement renommées pour la production de lait; l'Ukraine fournit un excellent bétail de travail et de boucherie; les espèces de la race kirghize et kalmouque se distinguent par la haute qualité de la viande. — La laiterie a une production annuelle d'environ 3.500 tonnes de fromage et 7.000 de beurre. — La Russie tient une des premières places du monde au point de vue de l'élevage des bêtes à laine, ce qu'explique l'immensité de ses steppes, utilisés à cet effet. Avec les progrès de l'agriculture, ■en même temps que l'étendue des steppes, diminue le nombre des moutons et brebis : ces troupeaux comptent aujourd'hui 60 millions de têtes; les 15 millions de mérinos russes produisent annuellement plus de 50.000 T. de laine. Le mouton d'origine russe donne une laine commune. — Malgré des conditions particulièrement favorables pour l'élevage du porc, le nombre des têtes ne dépasse pas il à 12 millions. — La Russie possède plus de la moitié de la population chevaline du monde entier : plus de 33 millions de têtes ou 25 chevaux par 100 hab. ; 90 "/o

appartiennent aux paysans. Parmi les races indigènes se distinguent: les chevaux du Don, les chevaux de Kalmouks et de Kirghizes, la race de la Kabarda, la race turkomane, le cheval de gros trait dit le « Bitug » (gouv. de Voronège) ; parmi les races supérieures perfectionnées, il faut citer le trotteur Orloff et le cheval de selle Orloff-Rostopchine. La Russie d'Europe compte 2.300 haras avec 48.000iuments poulinières.

L'élevage de la volaille est au nombre des industries universellement répandues sur le territoire de l'Empire; on élève surtout des poules, puis des oies, canards, dindes, pintades, paons, faisans, cygnes. L'export.des ceufsest particulièrement considérable : en 1898, sur une export, totale de 40 millions de roubles pour tous les produits de la volaille, les œufs figurent pour 32 millions de roubles; puis viennent la volaille vivante et morte, les plumes et duvets, les jaunes et blancs d'œufs.

V. Forêts, Chasse, Pèche. — C'est seulement pour la Russie d'Europe, le Caucase et la Finlande, qu'on peut déterminer l'étendue des surfaces boisées : 201.598.000 hectares au total, dont 7.553.000 dans le Caucase, 20.435.000 en Finlande et 173 millions 610.000 en Russie d'Europe; quant à la Sibérie, on ne pourrait donner des chiffres que pour quelques régions occidentales. En dépit de cette immensité superficielle, la population est mal pourvue de bois, par suite de l'inégalité de la répartition des forêts entre les différentes régions. Tandis que dans le N. les forêts couvrent la majeure partie du territoire, dans le Centre, et surtout dans le S., leur surface est souvent insuffisante. On compte 112 hectares de forêts par hab. dans le gouv. d'Arkhangel, 26 dans celui de Vologda, 24 dans celui d'Olonetz, 1 dans les gouv. du Centre, 0 hect. 18 en Bessarabie, 0,09 dans le gouv. d'Astrakhan et 0,06 dans celui d'Ékatherinoslaw. La majeure partie des forêts appartient à l'État, qui possède 118 millions d'hect. en Russie d'Europe, 5 1/2 millions dans le Caucase, 135 1/2 millions (chiffre approxiiftatif) en Russie d'Asie. Les essences qui ont le plus d'importance pour le pays sont : le pin, le sapin, le chêne, le bouleau, l'aulne, le tremble, le tilleul, et parfois le frêne, le charme et certains buissons. Les scieries russes se multiplient rapidement : de 1887 à 1897, leur nombre a passé de 567 à 1.266; celui des ouvriers, de 15.000 à 42.000, et la valeur de la production de 17 à 70 millions de roubles. Dans la période 1896-1898, l'export. annuelle des produits forestiers a été de 1.947.000 T. valant 55 millions de roubles. La chasse est un des principaux moyens d'existence des aborigènes nomades du N.-E. de la Russie d'Europe et surtout du N. de la Sibérie; mais elle est aussi une importante ressource accessoire pour la population russe sédentaire de ces contrées. Parmi les animaux sauvages, on chasse le renard, la zibeline, la loutre, le glouton, l'écureuil, le putois, l'hermine, la martre, le blaireau, le lièvre; et parmi les grosses bêtes, l'ours, le loup, l'élan, le chevreuil, la chèvre, leclievrotin porte-musc, etc.; quant aux oiseaux, le coq de bruyère, le tétras, la gelinotte, les oies et canards sauvages. Aucune statistique ne fournit la valeur des produits de la chasse vendus à l'intérieur du pays ou exportés à l'étranger. La valeur approximative des pelleteries envoyées annuellement à la foire de Nijni-Novgorod est de 11 millions de roubles, et à celle d'Irbit de 2 i/2 mil-

RUSSIE

lions, et la moyenne annuelle de l'expert, de ces mêmes produits a été en 1896-1898 de 7.096.000 roubles.

L'industrie des pêcheries russes a principalement «n vue le poisson d'eau douce, le poisson des eaux du pays et le poisson de passage; le poisson de mer «st péché en bien moindre quantité. C'est la région du S.-E., avec la mer Caspienne et les fleuves qui s'y jettent ( Volga, Oural), qui donne la plus grande quantité de poisson (62;i.000 T.) ; viennent ensuite: la région N.-O. avec ses grands lacs (420. 000 T.), la région S.-O. avec les mers iNoire et d'Azol (200.000 T.), et enfin la région N.-E. avec la rivière Petchora (70.000). Le total de cette production des pèches de la Russie d'Europe se divise comme suit entre les principales ; espèces : esturgeons 41 .000 T., saumons 54.000, i carpes et ésoces 918.000, harengs 196.000, autres poissons d'eau douce 80.000, autres poissons de mer ] 50.000. La Russie emploie annuellement 300.000 T. de sel pour la salaison du poisson; les excellents procédés de salaison employés dans ce pays ont été exposés et très admirés à l'Expos. Univ. de Paris de 1900; il existe 40 fabriques de marinade de poisson produisant pour une valeur totale de 750.000 roubles.

VI. Petite Industrie rlr.^le. — .\ côté de la grande industrie, dont le développement prodigieux constitue le fait le plus remarquable de la vie économique du peuple russe au cours du dernier quart du XIX' siècle, les petites industries rurales jouent un rôle des plus importants dans l'économie générale du pays. Les conditions du climat laissant au cultivateur de longs loisirs (6 et quelquefois 7 à 8 mois), la petite industrie rurale lui procure des gains supplémentaires relativement très importants. Plus l'insuflisance des ressources provenant des travaux des champs se fait sentir, plus se développe l'industrie rurale, et le paysan tend à devenir un petit industriel (un « Koustar »). C'est ainsi que l'accroissement de la population et l'épuisement du sol ont créé sur divers points de l'Empire des centres de petites industries exercées par des ouvriers en chambre, travaillant parfois avec la matière première fournie par un entrepreneur et pour le compte de celui-ci. D'autre part, le développement de la grande industrie fait une concurrence redoutable à la petite industrie et transforme souvent le petit industriel en ouvrier de fabrique. Les gains médiocres du petit industriel russe, le bon marché extraordinaire des produits, permettent à la petite industrie des campagnes, aidée par le Gouvernement et les zemstvos (le self-goceniment provincial pour les intérêts économiques), de supporter souvent cette concurrence. On établit des enquêtes pour déterminer les besoins de la petite industrie; on s'efforce d'améliorer le goût et les procédés techniques du petit industriel, de le délivrer de la dépendance que fait peser sur lui l'accapareur; on crée des écoles spéciales et des ateliers modèles, des dépôts de vente des produits, des magasins ou le petit industriel peut se procurer à bon marché les matières premières, des ateliers aménagés en grand où il peut exécuter des commandes importantes pour diverses administrations, des institutions de crédit à bon marché, etc. On cherche aussi à augmenter le nombre des Sociétés coopératives de production, de vente et d'achat parmi les petits industriels ruraux, dont le nombre est évalué à 7 ou 8 millions et les gains annuels à environ bOO millions de roubles.

La petite industrie rurale produit surtout des articles grossiers à l'usage de la population locale, mais aussi des articles finis et artistiques, comme des bijoux, des objets en bois sculpté, en ivoire, en corne, etc., des instruments de précision. Les industries du bois occupent le premier rang; puis viennent celles des textiles, des produits animaux, des métaux, enfin l'imagerie religieuse, la fabrication des instruments de musique, jouets, instruments de précision.

VII. Gr.\nde I.ndlstrie. — Le développement remarquable des industries russes an cours des 25 dernières années est dû d'abord aux richesses minérales et végétales du pays, à l'accroissement rapide de la population, à une plus grande intensité de travail, par suite de l'abolition du servage en 1861, à la multiplication des voies de communication, enfin à la protection douanière et au concours des capitaux étrangers.

Le tarif douanier de 1891 a frappé de droits élevés les produits entrant dans l'Empire par la frontière européenne. 11 étend sa protection sur tontes les branches de l'industrie, à tous les degrés de la production. En moyenne, les produits d'alimentation payent 75 Vo de leur valeur, les matières brutes et à demi façonnées 28 ° „ et les articles fabriqués 27 • „• Les produits entrant par la 'frontière asiatique, provenant de la Turquie, de la Perse, de l'Afghanistan, de la Chine, payent des droits très bas on sont admis en franchise. Un tarif spécial (plus modéré) est appliqué à la frontière extérieure de la Finlande; d'autre part, les marchandises d'origine finlandaise importées en Russie sont, sauf quelques exceptions, frappées de droits d'entrée. Le tarif de 1891 est un tarif spécifique. La Russie a conclu des traités de commerce, sur la base de la nation la plus favorisée, avec tous les pays d'Europe (excepté la Roumanie) et d'.\sie (excepté le Siam), avec les États-Unis de r.\mérique du N. et la République du Pérou. Le traité de commerce avec la France date du 1" avril 1874; le 17 juin 1893, une convention complémentaire a établi une taxe conventionnelle réduisant les droits d'entrée de 10 à 25 ° , pour 52 articles, en échange d'une réduction de taxe portée au tarif français sur le naphte brut et ses dérivés.

Le traitement libéral accordé aux capitaux étrangers en Russie, les droits d'entrée protecteurs, les grandes richesses naturelles de l'Empire, les bénéfices relativement considérables donnés par les industries russes, attirent beaucoup de capitaux étrangers ; ils trouvent à se placer surtout dans les industries des métaux, de la houille et du naphte, mais aussi dans les industries textiles, les entreprises urbaines d'eaux, de tramways, de gaz, d'électricité. Au 1" janvier 1900, on comptait en Russie 269 Sociétés étrangères par actions, dont 162 belges, 54 françaises, 30 allemandes et 19 anglaises. La plupart des Sociétés françaises et belges sont des Sociétés minières et métallurgiques; les allemandes appartiennent de préférence aux industries chimiques et électrotechniques, et les anglaises à l'exploitation du naphte. D'après les comptes rendns de 1897, les 45 Sociétés métallurgiques et les 15 houillères fonctionnant alors possédaient ensemble 223,5 millions de roubles, dont 167,6 de capital social.

Le tableau ci-après indique d'après les dernière* statistiques, celles de l'année 1897, l'importance des différentes branches de l'industrie russe :

RUSSIE

RUSSIE

Matières textiles

Produits d'alimentation

— animaux.

Façonnage du bois

Fabrication du papier

Produits chimiques

Céramique

Slines et indusirie niétallurg...

Produits métalliques

Autres produits

Richesses minérales, Industrie métallurgique, Travail des métaux. — Les principales richesses minérales de la Russie sont le fer, la honille, le naphte et le sel. Les principaux gisements de minerais de fer sont, par ordre d'importance : ceux de l'Oural, du Midi, du royaume de Pologne, de la région de Moscou, de la Russie Septentrionale et de la Sibérie. Eu 1897, il a été extrait des mines de la Russie Méridionale 1.93o.000T. de minerai de fer, dont 1.771.000 des mines de la région de Krivog- Rog; des mines de l'Oural 1.372.000 T., des mines de Pologne 328.000, des mines du bassin de Moscou 139.000, des gisements d'Olonetz 25.000, de ceux de la Finlande 91.000 et de ceux de la Sibérie 23.000. En 1898, il a été fondu environ 2.229.900 T. de fer (dont 1.008.000T. dans la Russie Méridionale, 714.000 dans l'Oural, 263.000 en Pologne). En 1888 on n'avait fondu que 668.000 T. de fer: la production de la fonte a donc plus que triplé en dix années. C'est aux progrès rapides des industries minières et métallurgiques de la Russie Méridionale qu'est due principalement cette augmentation, et ces progrès euxmêmes sont dus à la proximité du combustible minéral, au réseau des chemins de fer, très développé dans cette région, à l'extension générale des voies ferrées de l'Empire, au développement des industries russes et au concours des capitaux étrangers. La quantité de fer et d'acier produite en 1898 sous forme de fer carillon, tôle, rails, fers à bandes, fers de commerce, etc., a été de 1.157.000 T. d'acier et 504.000 de fer. L'Oural produit plus de fer (253.000 T.) que d'acier (131.000); le midi de la Russie, plus d'acier (573.000 ï.) que de fer (44.000).

Les principaux bassins houillers de la Russie sont ceux du Donetz (Russie Méridionale) et deDombrowa (Pologne), qui produisent environ 95 % de la production totale de l'Empire. En 1898 on a extrait du bassin du Donetz 7.577.000 T. de houille (dont 6.691.000 de charbon gras et 886.000 d'anthracite), et du bassin de Dombrowa 4.100.000 T. On ne produit du coke que dans le bassin du Donetz (1.230.000 T. en 1898). La production nationale de fer, d'acier et de houille ne suffit pas aux besoins des industries russes : il a été importé en 1898 2.525.000 T. de houille et 459.000 de coke étrangers, 100.000 de fonte, 377.000 de fer et d'acier non travaillés et 180.000 d'articles de fer et d'acier, d'appareils et de machines.

L'extraction du naphte est concentrée presque exclusivement autour de Rakou, dont la production atteint environ 95 Vo de la production totale de l'Empire. On a extrait en 1898 dans la province de Rakou 79 millions 7 de qx de naphte, et dans la région de Terek (avec les abondantes exploitations de Grozoy) 4 millions 3 de qx. A Rakou, 100 usines

travaillent le naphte; 88 d'entre elles produisent des pétroles, 25 des huiles à lubrifier, 24 des benzines, 2 des asphaltes et des goudrons. Le trait caracté ristique de l'industrie du naphte ru.sse, c'est la production toujours croissante des résidus, employés comme combustible liquide : de la quantité totale du naphte recueilli à Rakou, on a extrait en 180s 15 millions 7 de qx de pétrole, 1 million 8 de qx d'huiles à lubrifier et environ 40 millions de qx de résidus.

Les dépôts salins lacustres des gouv. d'Astrakhan et de Tauride fournissent en grande partie le set extrait en Russie ; de puissantes couches se trouvent dans les gouv. d'Orembourg, d'Ékatherinoslaw, d'Érivan et de la province de Kars; le sel obtenu par l'évaporation vient principalement du gouv.de Perm. En 1897, on a recueilli'environ 16 millions de qx de sel, moitié venant des dépôts lacustres, un quart des mines et un quart de l'évaporation.

L'or se rencontre principalement sous forme de placers (environ 92% de la quantité totale extraite), ^es gisements les plus importants sont en Sibérie et dans les monts Oural (gouv. de Perm et d'Orembourg). En 1898 on a obtenu 38.800 kilog. d'or; de 1814 à 1898, on en a extrait en Russie 1.919.000kilog. — La production de l'argent est minime : en 1897, 4.750 kilog., dont 3.330 provenant des cercles miniers d'Altaï et de Nertchinsk, 1.000 des steppes des Kirghizes et 420 du Caucase. — Le platine est extrait exclusivement dans les montsOural : 6.045 kilog. en 1898; la Russie fournit environ 90 % du platine présenté sur le marché universel. (Voy. Platine.)

Le nombre et l'importance des usines mécaniques est en progression constante : en 1885 ou comptait en Russie 336 usines mécaniques avec Ik2.n2 ouvriers et une production de 41 millions de roubles; en 1897, 682, 120.339 et 142 millions respectivement. L'import. des machines de l'étranger ne cesse d'augmenter : elle a été de 24 millions de roubles en 1890 et de 80 millions en 1898.

Industrie des Produits d'alimentation. — La presque totalité des sucreries russes se trouve dans les gouv. de Kiev, Podolie, Kharkov, Koursk, Volhynie, et en Pologne; en 1899 leur nombre était de 268 et la surface des champs de betteraves de 482.295 hectares. Dans la période 1897-98, les 238 sucreries russes ont produit 635.000 T. de sucres brnts et 381.000 de sucre raffiné. L'import. est nullt- : l'export. a été pendant les dix dernières années d'environ 16,3 % de la quantité produite. Le commerce des sucres est soumis depuis 1895 à do règles édictées par le Gouvernement, par suite d'une crise de surproduction : le Gouvernement fixe les quantités de sucre qui peuvent être envoyées sur le marché intérieur, ainsi que les prix de vente ; il détermine quelle partie de la production doit être tenue en réserve; le reste peut être exporté ou demeurer, dans une proportion fixée, comme réserve spéciale. Si les prix de vente dépassent le maximum fixé par le Gouvernement, une certaine quantité des sucres en réserve peut être envoyée sur le marché.

Au cours de l'exercice 1897-98, il existait dans l'Empire 2.055 distilleries en pleine activité, dont 1.228 produisant en moyenne jusqu'à 3.070 hectol. d'alcool à 40 degrés par distillerie, 684 de 3.070 à 12. :{00 hectol., et 143 plus de 12.300 hectol. La quantité générale de l'alcool distillé a été de 9 millions 138.000 hectol. à 40°. La pomme de terre cous-

RUSSIE

KlSSit

tituait k's 71,0 %. des matières distillées, le seigle 11,2 •/., les malts 9,1 •/„. La rente des spiritueux «si en Russie uu monopole de l'État, qui achète l'alcool produit par les distilleries, le fait rectifier dans ses usines ou dans les usines des particuliers avec lesquels il a passé des contrats : l'alcool rectifié est transformé dans les dépôts de l'État et mis en bouteilles pour être vendu dans les débits de l'État pour la consommation au dehors.

En 1898. il y avait en Russie 1.017 brasseries qui ont produit 5.264.000 hectol. de bière ; les centres de production sont dans les gonv. de la Vistnle et ceux de la Baltique.

Les statistiques officielles ne donnent pas une idée exacte de l'importance de la meunerie russe, parce qu'elles n'enregistrent que la production des grands moulins; d'après des renseignements privés, il y aurait en Russie 20.000 moulins transformant en farine plus de 16.000.000 de T. de grains. Ces mou- \ lins sont soit de petits moulins à vent, soit de grands | ■moulins à vapeur, comme celui de Nijni-Novgorod, Kjui transforme journellement 275 T. de blé et 33 T. , de seigle. L'export. des farines russes est insigni- '■ fiante (1 million de qx en Finlande et 500.000 qx à l'étranger) .

Industries textiles. — Parmi les industries textiles, celle du coton, qui occupe le premier rang, a | pour centres les gouv. de Moscou, Vladimir, Kos- ; troma, Saint-Pétersbourg et le royaume de Pologne: j ■elle emploie 270.000 T. de coton brut, dont plus j d'un tiers provenant des plantations de l'Asie Centrale et du Transcaucase. Les filatures disposent df '6 1/2 millions de broches et les tissages de 200.000 métiers: il existe des manufactures ayant 100.000, 200.000 et même 450.000 broches. Les principaux articles de fabrication sont: les fils ne dépassant pas le n* 80 (numérotage anglais), les tissus imprimés et les tissus teints en rouge d'Andrinople; mais les manufactures russes produisent aussi toutes les autres espèces de cotonnades, jusqu'aux articles les plus fins et les plus artistiques. La valeur des fils et :tissus de coton importés ne dépassé pas 6 millions de roubles; l'export., en Perse, en Chine et en Turquie, atteint 8 millions.

L'industrie de la laine, qui vient après le coton comme importance, a son centre dans le gouv. de Moscou et la Pologne: elle consomme plus de 160.000 T. de laine, dont 50.000 de mérinos russe et 16.000 de mérinos étranger; elle dispose de ■700.000 broches et 45.000 métiers à tisser, occupe 150.000 ouvriers et donne lieu à un mouvement ■d'affaires annuel s'élevant à 160.000.000 de roubles. Dans la période 1896-98, il a été importé annuellement de l'étranger pour 11 millions de fils de laine «et 5 millions de draps, tricots et tapis.

Les centres de l'industrie linière sont, par ordre d'importance, les gouv. de Vladimir, Kostroma, Varsovie, Yaroslavl, Saint-Pétersbourg: cette industrie dispose de 300.000 broches et 150.000 métiers: elle produit surtout les fils des numéros moyens et infé- «enrs et les gros tissus, mais aussi des fils n"» 80, 100, 120, et des tissus très fins.

L'industrie de la soie a pour centre le gouv. de Moscou; elle cède le pas aux autres branches de L'industrie textile quant à la quantité des produits, mais elle a atteint un degré très élevé de perfectionnement. Elle emploie la soie d'Italie, de France !t du Caucase. Le nombre des tissages est de 300,

avec une production totale de 25 millions de roubles. Il faut tout spécialement mentionner le brocart, dont la fabrication est de qualité supérieure et d'exécution artistique.

VIII. Sociétés PAR Acno.NS. — Il existe en Russie (non compris la Finlande) environ 1.700 Sociétés russes par actions, sans compter les Sociétés de chemins de fer; leur capital total atteint 2.100 millions de roubles. 1.150 sont des Sociétés industrielles, les 550 autres des Sociétés de crédit, d'assurances, de transport et de commerce; les premières se répartissent approximativement de la manière suivante entre les dillérentes branches d'industrie (capital en millions de roubles) :

Indl-stkiks

Nombre Capital social

Textiles

Prndails alimentaires

— animaux

Dn bnis

' Métallurgiques et mécaaiqaes —

Céramiques ,

Chimiques

Minières

♦fif.

Nous avons donné plus hant des renseignements statistiques sur les Sociétés par actions étrangères: celles qni sont établies en Russie conformément aux lois du pays y jouissent de tous les droits, si dans leur pays d'origine les Sociétés russes de même nature jouissent des mêmes droits ; elles doivent toutefois obtenir l'autorisation, après envoi au Ministre des finances de la traduction de leurs statuts, avec un certificat de la légation russe constatant qu'elles sont établies conformément aux lois do pays.

IX. Voies de commcnic.vtiox : Chemins de fer. Voies navigables. Marine marchande. — La longueur totale des chemins de fer russes était, en janvier 1900, de 48.091 kil., non compris les 7.711 kil. en construction. De ce nombre, la Russie d'Europe, y compris le Caucase, possède 42.274 kil., et la Russie d'Asie 5. 817. Il y a en Russie d'Europe 7 kil. 7 de chemins de fer par 1.000 kil. carrés et 374,4 par million d'hab. ; en Russie d'Asie, 0 kil. 4 par 1.000 kil. carrés et 432 par million d'hab. La construction des 48.091 kil. de voies ferrées a coûté 3.901.164.287 roubles. 67 % de ces chem. de fer appartiennent à l'État et 33 • , aux particuliers. En. 1897, ils ont transporté 71.370.000 voyageurs et lll.701.000T.de marchandises, principalement des céréales, de la houille, du bois et dn naphte.

La longueur de roies navigables utilisées pour les transports atteint 171.000 kil., dont 82.825 kil. en Russie d'Europe et 88.292 en Russie d'Asie; La Russie d'Europe compte l kil. de voies navigables par 1.450 hab., et la Russie d'Asie I kil. par 160. Au nord de la Russie d'Europe la navigation fluviale ne dure que de mai à octobre, dans la partie moyenne d'avril à novembre, dans le midi de mars à novembre. Les fleuves sibériens ne sont navigables que de juin à août au nord, de mai à septembre dans leur cours moyen, et de mai à octobre dans le sud. Les huit systèmes de canaux et rivières canalisées reliant la mer Caspienne à la Baltique et à la mer Blanche, et la mer Noire à la Baltique, ont 1.689 kil. de longueur, dont 334 de canaux de jonction, 890 de rivières à écluses et 4fô de canaux d'évidement. En outre, il y a 272 kil. de voies navi- 1 gables artificielles en dehors des systèmes de jonci tion. La flotte fluviale de la Russie d'Europe comp- I tait lors du dernier recensement 2.539 navires à I vapeur (129.759 chev.-vap.) et 20.580 navires mus

RUSSIE

RUSSIE

autrement que par la vapeur (8.G38.000 t. de jauge); celle de la Russie d'Asie, 275 nav. à vap. (1(S.161 chev.-vap.) et 818 autres (322. (iOl t.). l'ius des deux tiers des marcliandises exportées de la Russie et plus de la moitié des marchandises importées prennent la voie de mer.

La marine marchande russe n'a qu'une part insignifiante dans la navigation de long cours. Les navires russes représentent 8 à 10% du tonnage des navires au long cours entrant dans les ports russes, les navires anglais 33 %, les allemands 18,8 V„, les danois 12 "/„, les suédois et les norvégiens 10°/,,. Le petit cabotage (entre ports russes situés dans la même mer) et le grand cabotage (entre ports russes n'appartenant pas à la même mer) sont le privilège exclusif du pavillon russe ; seul, fait exception le transport du sel entre la mer Noire et la Baltique. La marine marchande russe comptait, au l" janvier 1899, 657 navires à vapeur (299.724 t.) et 2.143 (254. 416 t.) à voiles. Sur le nom!)re total dos navires à vapeur, 487 (ensemble 239.208 t.) ont éti; construits à l'étranger. Des navires à voiles, 1.385 jaugent 100 t. et au-dessous, 19 seulement 600 t. et au-dessus.

Commerce extérieur. — Le commerce de la P.ussie s'elTectue par la frontière européenne, par la froulière asiatique et par la frontière de Finlande, certains produits de cette dernière partie de l'Empire payant des droits de douane à l'entrée en Russie. Dans le mouvement général la part de la frontière européenne est de 86 %, celle de la frontière de Finlande de 4 % et celle de la frontière d'Asie de 10 V-

Commerce spécial en milliers de roubles

Export. Import. Totaux

Par pays de destination et de provenance les import, et les export, se divisent comme suit (moyenne de la période 1896-1898 en millions de roubles):

Export. Iniport. Totaux

France 63,5 25,1 88,6

Chine 5,8 40,3 46,1

• Hollande 76,8 7,2 84,0

Danemark 9,4 3,2 12,6

Turquie 13,9 6,4 20,3

Italie 40,8 10,2 51,0

Autriche 37,1 22,0 59,1

Ktats-Unis 2,i 54,6 57,0

Espagne et Portugal 5,6 4,1 9,7

Suède et Norvège 12,9 9,3 22,2

Helgique 28,2 22,7 50,9

Egypte 5,1 20,1 25,2

Perse 15,8 19,2 35,0

Finlande 27,1 19,0 46,1

Indes-Orientales 1,3 8,1 9,4

Autres pays 40,1 16,6 .56,7

L'import. et l'export. se répartissent comme suit (pour la période 1896-98), entre les principaux groupes de marchandises :

Export. Import.

Objets d'alimentation 58,2 17,3

Matières brutes ou demi-ouvrées 35,5 52,7

Animaux 2,3 0,6

Objets fabriqués 4,0 29,4

XI. .Monnaies, Poids kt iMesu iies.— La loi du 7 juin 1899 a introduit en Russie le raonométallismc-or ; l'unité monétaire est le rouble (774 milligr. 234 d'or fin). Il est divisé en 100 copecs. La monnaie d'or russe est au titre de 0,900; il est frappé des pièces de 15 roubles ou impériales, de 7 roubles 1/2 ou demi-impériales ; de 10 et de 5 roubles. La monnaie d'argent est an titre de 0,900: pièces de 1 rouble, 50 copecs et 23 copecs, et au titre de 0,500 : pièces de 20,

13, 10 et 5 copecs. Los pièces de cuivre sont de 5, 3, 2, 1 copec 1/2 et 1/4 de copec. Un rouble = 2 fr. 67. Mesures de longueur

1 verste =1 kil. 066781

1 sagène = 2 m. 13356

1 pied = 0 m. 30479

1 pouce =2 cm. 5400

1 ligne = 2 mm. 3400

1 archine = 0 m. 71119

1 verchok =4 cm. 4449

Mesures de superficie

1 verste carrée.

1 pied — .

1 ligne — .

1 verchok — .

1 sagène — .

1 pouce — .

1 archine — .

1 déciatine— .

1 kil. carré. 1380211

6 mm.

19 cm.

=: 6 cm.

= 1 hect.

Mesures cubiques

1 sagène cube = 9 m. cube

1 pouce — =16 cm. —

1 archine — = 0 m. —

1 pied — = 0 m. —

1 ligne — =16 mm. —

1 verchok — =87 cm. —

Mesures de poids

1 berkovetz = 163 kilO;

1 poud = 16 —

1 livre ^0 —

Ilote = 12 gr.

1 zolotnik = 4 —

1 dolia = 44 milligr. 435

Mesures de capacité pour les liquides

1 tonneau =4 hectol. 91962884

1 vedro =1 décal. 2299072

1 chtofE = 1 lit. 2299072

1 bouteille =0— 614954

1 tcharka = 1 décil. 22990721

Mesures de capacité pour les matières sèches

1 tchetvert

1 osmina

1 demi-osmina

1 tchetverik

1 garnetz

Voy. aussi les mots Finlande.

=2 heclol. 09904164

=5 décal. 2476041

=3 lit. 279753

Artels, Banques étrangèrf-, Paul Apostol.

Royaume de Pologne ou Région de la Vistule (Zarstwo Polskoe, Privislyansky Kray).'— Les dix gouvernements qui forment le royaume de Pologne (Varsovie. Kalich, Kielzi, Lomgea, Lublin, Pétrokov, l'iotzk, Radom, Souvalki et Sedletz) occupent la partie la plus occidentale de la Russie d'Europe. Cette région comprend le bassin de la Vistule avec une partie de ceux du Niémen et de la Varta (affluent de l'Oder) : sup., 128.000 kil. carrés; pop. 9,5 millions d'hah. (74 par kil. carré), dont 2 millions dans les villes. La majeure partie de la pop. est polonaise (70°/Jpuis viennent : Israélites 13 "/., Russes 11 7., Lithuaniens 3 Vo et plus de 2,5 °/„ d'.\lleniands. Les principales vill' du royaume de Pologne sont Varsovie (638.000 hab.), L^i (315.000) (voy. ces mots), et Lublin (50.000).

A la tête de la région de la Vistule est placé le gouverneur général de Varsovie. L'administration locale, l'oi^ ganisation des municipalités, le fonctionnement de la j tice diffèrent dans une certaine mesure de ceux du n de l'Empire, en particulier en ce qui concerne le self-i vernment, qui n'existe pas dans cette partie de la Husi

L'agriculture est la principale ressource des habita La propriété est héréditaire par famille. Le seigle coa' 1.700. 000 décialines (la déciatine = 1.09 hectares), l'av^ 870.000, les pommes de terre 700.000, le froment 300. Le houblon est cultivé dans le gouvernement de Radi L'élevage du bétail est pratiqué exclusivement pour besoins locaux.

Les industries sont très prospères ; leurs produits évalués à 380 millions de roubles environ; elles occn 250.000 ouvriers, non compris les ouvriers urbains de vers métiers.

La production minière s'est sensiblement accrue dai le cours des dix dernières années, notamment la houille.

RUSSIE

fer et le zinc. Le bassin honiller de Doml)rovo (goov. de Pétrokov) tient le second rang, après celui de Donelz, parmi ceux de l'Empire: il en a été extrait, en 1898, i. 100.000 T. de charI)on de terre. C'est nn prolongement dn bassin dit de la Silésie Polonaise; les mines de la Société de Sosnovitze, avec 1.500.000 T., sont celles qui prodnisent le plus. — Le royaume de Pologne est riche en minerai de fer, principalement en sidérose argileuse, mais ce minerai contient peu de fer ; en 1897, il a été extrait environ 328.000 T. de ce minerai. — On exploite les gisements de zinc du gouvernement de Pétrokov, où le minerai se présente sons la forme de calamine contenant en moyenne de 8 à 15*/. de métal. — Dans le gouvernement de Kieizi se trouvent les meilleures carrières russes de marbre. — L'industrie dn fer est ancienne dans le royaume de Pologne; aujourd'hui, par la quantité de leur production, les hauts-fourneaux polonais viennent après ceux de rOnral. Kn 1898, il a été produit dans le royaume de Pologne 263.000 T. de fonte, 188.000 d'acier et" 65.000 de fer ouvré (tôle, tôle forte, rails, bandes, etc.). — La distillerie de l'alcool et la production du sucre tiennent un rang important parmi les industries du pays. 11 y a 374 distilleries, 48 sucreries et raSineries. 268 brasseries et 2 fabr. de levures. — La meunerie est développée dans le gouvernement de Lnblin et dans celui de Varsovie. — L'industrie du lin (voy. Lin) est concentrée dans le bourg de Girardovo (gouv. de Varsovie), celle dn coton dans le gouv. de Pétrokov (Lodz et environs).

;?ons le rapport commercial, la situation du royaume de Pologne, placé entre la Russie, l'Autriche et la Prusse, est des plus avantageuses; les débouchés des indostries polonaises s'étendent fort au loin dans l'intérienr de l'Empire et font une concurrence souvent très heureuse aux industries textiles de la région moscovite. Les voies de communication ont un développement correspondant à l'essor économique de ce pays : 2.560 kil. de voies ferrées et 425 kil. de voies navigables.

Pour les monnaies, poids et mesures, voy. Mesures et Poids, Monnaies, Russie.

Caucase.— Le pays dn Caucase s'étend sur la péninsule séparant les mers Noire et d'.\zof de la mer Caspienne. [1 comprend dix gouvernements et provinces et couvre environ 2 •/. de la superlicie de l'Empire (412.000 kil. carrés) ; les 47 V» de celte étendue forment les trois provinces du Konbane, du Térek et dn Daghestane, situées au nord du Caucase; le reste, sept gouvernements et provinces s'étendant au sud de la chaîne : Tiflis, Bakou, Elisavethpol, Erivane, Kontals, Kars, et de la mer Noire.

Le Caucase divise le pays, au point de vue du relief et de la nature, en trois parties : la Ciscaucasie, le Caucase proprement dit et la Transcancasie. La répartition des rivières est assez égale (Konbane, Térek, Rion et Koura avec l'Arax), mais la moitié orientale da Cancase et particulièrement celle de la Transcancasie a besoin d'irrigation artlGcielie. La pop. du Cancase (non compris le gouvern. de Stavropol, qni faisait autrefois administrativement partie du pays caucasien) est de 8.372.000 hab. (20 hab. par kil. carré). î^s Russes en constituent les 25 7. ; ils habitent principalement les provinces du Konbane et du Térek et en partie le gouv. de la mer Noire ; ils s'occupent surtout d'agriculture, d'élevage et de jardinage; ils forment une partie de la pop. des villes comme militaires et fonctionnaires. Les .Arméniens représentent 12,5 */. de la pop. totale du Caucase et habitent principalement les gouv. d'Érivane, d'Élisavethpol et de Tiflis ; l'industrie et le commerce do pays sont en grande partie entre leurs mains. Les Géorgiens occupent le gouv. de Koutaïs et une partie du gouv. de Tiflis; ils forment 15,5*/. de la pop. et se livrent à l'agriculture, à l'horticulture, à la viticulture, à la sériciculture, en partie aux métiers. Les Tartares (gouv. d'Élisa- Tetbpol, de Bakou, d'Érivane et de Tiflis), 15 */. de la pop., sont agriculteurs et pasteurs. Les montagnards de l'Est (10 7. de la pop.), ceux de l'Ouest (environ 2,8 '/,) et les Ossètes (partie centrale de la chaîne du Caucase) 27., sont surtout agriculteurs et éleveurs.

VagricuUure est l'occupation principale des habitants du Caucase : elle produit 6 millions d'hectol. de blé de printemps et jusqu'à 22,6 d'hectol. de blés d'hiver; le pre-

mier domine dans les montagnes, le second dans les baspays ; les sortes les plus précieuses sont les blés durs (espèce jaune et le Koubanka). Après le blé vient l'orge (12 millions d'hectol.). Le mais produit 8 1/2 millions d'hectol., dont 6 dans le gouv. de Kontals; le riz, 2. 600.000- (la moitié dans le gonv. de Bakou); le millet, 2.600.000; le seigle, 2 millions (en Ciscaucasie). On cultive en outre: l'épeautre, le sarrasin, le blé noir, l'avoine, et l'on récolte 3.400.000 hectol. de pommes de terre. — La plante textile la plus importante est le cotonnier, cultivé en Transcancasie (gouv. de Bakou, d'Élisavethpol, de Kontals) : I» variété dn pays {Gossypium tierbacenm) et l'LpIand, dont l'acclimatation date d'une vingtaine d'années, produisent 11.500.000 kilog. de coton pur, à raison de 240 kilog. à l'hectare. On rencontre aussi le lin et le chanvre, et récemment, grâce à l'intervention dn Ministère de l'agriculture, la culture des arachides a pris de l'extension. — La culture dn tabac a une grande importance pour ia Ciscaucasie (11.500.000 kilog.) et dans les gouv. de Koutaïs et de Tiflis (3 millions de kilog.). — VhorticuUure est une des industries les plus importantes et les plus anciennes da pays. Il y a au Caucase de 115.000 à 125.000 hect. de vigne, dont 85 7. en Transcancasie (gonv. de Tiflis (Kakhétie) et de Koutaïs) et 15 7. en Ciscaucasie. La plus grande partie des vins, 1.200.000 hectol., est consommée sur place. — Pour tout le Caucase la culture du mûrier a une grande importance, la sériciculture renaissant grâce aux mesures récentes du Gouvernement : la production actuelle est de 6.500.000 kilog. de cocons bruts par an. Sans compter les métiers indigènes, il existe 20 ateliers de dévidage de la soie. .Après avoir fourni l'industrie locale, la soie caucasienne est vendue principalement dans la région de Moscou. — Il faut noter aussi les essais faits depuis peu pour développer la culture dn thé; les plus importantes plantations sont près de Batoum et appartiennent à K. S. Popov (160 hectares) et aux .\panages (140 hectares). — La racine de réglisse est un des produits importants de la Transcao* casie ; on la récolte et on l'exporte à l'étranger, surtout aux Etats-Unis; la valeur de cette export., non compris la réglisse fabriquée, varie entre 6,5 et 8 millions de kîIog> valant un demi-million de roubles. (Voy. Réolisse.)

Le pays est très favorable à l'élevage en grand. Les races de chevaux les plus connues sont celles de la Kabarda en Ciscaucasie et celle de la Karabakh, au sud de la Transcancasie: on compte au Caucase 1.391. 000 chevanx et mulets, 5.804.516 tètes de gros bétail à cornes, 11.373.250 montons, brebis et chèvres, 806.604 pores et 17.879 chameaux.— Il y a plus de 7.500.000 hectares de forêts (30 7, dans le Caucase septentrional et près de 70 7. en Transcancasie), dont la moitié dans la prov. dn Konbane et le gonv. de Koutaïs. — On pêche annuellement dans les eaux du Cancase plus de 72 millions de kilog. de poissons (esturgeons, saumons, carpes, saudats, képhales. etc.). — Le gouv. de Koutaïs prodnit jusqu'à 200.000 T. de minerai de manganèse, exporté en .Angleterre et en Hol— lande ; la houille se rencontre principalement dans l'ooest dn Caucase (gouv. de Koutaïs): en 1897 on en a extrait' 21.300 T. — Les immenses gisements de la prov. de Kars et du gouv. de Koutaïs ont donné en 1898 34.000 T. de se^ gemme; le gonv. de Tiflis a produit 2.500 T. de sel Glau— ber, et les dépôts lacustres dn Cancase 16.400 T. de sel marin. — On rencontre les minerais de enivre dans le gouv. d'Élisavethpol (3.000 T. en 1898) et le plomb argentifère dans la prov. de Térek (8.300 T.). (Voy. pins haut les renseignements sur l'extraction du naphte, et aussi l'article Pétrole.) — Le Caucase abonde en sources minérales, qui attirent nn grand nombre de malades : sulfureuses alcalines à Pyatigorsk, ferrugineuses à Gelesnovodsk,, alcalines à Essentonki. d'acide carbonique à Kislovodsk.

L'industrie est principalement domestique, elle transforme les matières premières du pays (tissus de laine et de soie, tapis, objets en bois, en cuivre, en fer, en argent,, céramique rudimentaire, etc.). Les 20.000 fabriques e» usines du Cancase, qui sont ponr la plupart de tout petits établissements industriels, produisent annuellement pour 70 millions de roubles ; les industries dn napbte représentent la moitié de cette somme. Le nombre des onvriers est de 67.000.

RUSSIE

RUSSIE

Le réseau des clieiuins de fer est de 3.300 kil. ; la ligne la plus importante, de Vladicaucase à Rostov-surle-Don, avec prolongement jusqu'à Pétrovsk, port de la mer Caspienne (1.000 kil.), a des embranchements sur Stavropol, Novorossisk et le réseau des villes d'eaux; le chemin de ter de Tzariizine y aboutit, permettant ainsi d'écouler les céréales de la Volga et de la Sibérie vers les ports de la mer Noire. Une autre ligne, qui sert surtout pour le transport du naphte et de ses dérivés, est celle de la ïranscaucasie, qui relie Batoum à ïiflis et à Bakou (930 kil.) ; elle a des embranchements sur les centres de production de la houille (Poti, Koutaïs, ïkvibouli) et du manganèse (Tchialouri), sur Souram, Borjom et Sourakbani. Tiflis est relié par chemin de fer à Kars. Parmi les grandes routes carrossables du Caucase il faut mentionner la route militaire de Géorgie, qui relie Vladicaucase à Tiflis (220 kil.) ; elle est célèbre par la beauté de ses paysages. Les principaux ports de la Caspienne sont reliés par des lignes de vapeurs avec les ports de la Perse, avec la Volga et le littoral caucasien de la mer Noire. Des lignes de vapeurs, partant d'Odessa et de Sébastopol, mettent en relations les ports caucasiens de la mer Noire avec ceux de la Turquie; en outre, des navires russes et étrangers, du Lloyd autrichien et des Messageries Maritimes, font nn service régulier entre Batoum et les ports de la Méditerranée.

Sibérie.— La Sibérie forme la partie septentrionale du continent asiatique placée sous la domination de l'Empire Russe ; sa superficie est de 248.019,3 milles géographiques carrés ou 14 millions 5 de kil. carrés ; elle s'étend entre 45°— 77° lat. N. et 58°— 188° long. E. du méridien de Paris. Elle est baignée au N. par l'Océan Glacial, à l'E. par l'Océan Pacifique; à sa frontière méridionale est l'Empire Chinois, et la chaîne de l'Oural forme sa frontière occidentale.

L'annexion de la Sibérie à l'Etat russe a commencé à la fin du XVI* siècle. Après la victoire de Yermak sur les hordes du khan tartare Koutchoum (1581), l'expansion russe ne rencontra plus de sérieuse résistance. Parallèlement à la conquête, la colonisation russe se développait. Le nombre des habitants est de 8.188.368 (recens, de 1897); l'élément russe est prédominant : sauf dans la zone des toundras polaires et la steppe kirghize, les Russes forment 70 à 96 7. de la pop. Le manque de terres dont souffrent les paysans des provinces agricoles de la Russie d'Europe est le facteur principal de l'émigration libre en Sibérie. Des privilèges sont accordés aux émigrants : des lots de terrain leur sont donnés, à raison de 16 hectares par individu ; pendant les trois premières années, ils sont exempts d'impôts, etc.

La Sibérie présente une extrême diversité de relief, de climat, de végétation, d'animaux et de richesses minérales. Elle peut être divisée en deux vastes régions : la Sibérie russe proprement dite, formée par la Sibérie Occidentale et la Sibérie Centrale ; et le Pays sibérien, moins pénétré par la colonisation, formé par la Sibérie Orientale avec la province d'Yakoutsk et la région de l'Amour, le littoral et les steppes des Kirghizes (partie N.-O. de l'Asie Centrale).

La Sibérie Occidentale comprend les gouv. de Tobolsk et de Tomsk, et les régions transouraliennes des gouv. de Perm, d'Onfa et d'Orenbourg. Elle est très riche en lacs et arrosée par deux immenses cours d'eau, l'Obi et l'irtich. La partie méridionale est favorable à l'agriculture ; la partie septentrionale est couverte par les forêts ou la «taïga». La zone agricole compte 4.400.000 hab. (5 par kil. carré) et la zone des forêts 1.200.000 hab. (1,6 par kil. carré) ; 96 % de la pop. sont des Russes émigrés ; l'agriculture occupe 75 % des bras ; les terres ensemencées en céréales représentent (y compris les parties transouraliennes des gouv. de Perm, d'Oufa et d'Orenbourg) 4 millions 5 d'hectares avec un rendement annuel de 60 millions d'hectol. de céréales, dont 42 % de froment, 35 % d'avoine, 15 °/„ de seigle, 5 V. d'orge, le reste de pomme de terre et de sarrasin. — On cultive en outre le lin (8 millions de kilog. de graines et 9 millions de fibres annuellement), le chanvre, les qualités inférieures du tabac. — On compte par 100 hab. 70 chevaux, 80 têtes de bétail et 150 antres animaux domestiques. L'élevage des rennes at-

teint le chiffre de 170.000 têtes. — Dans la zone des forêts l'industrie du bois, la pêche et la chasse ont une grande importance pour la pop. russe et aborigène.

Les richesses minérales de la Sibérie Occid. sont au revers oriental de la chaîne de l'Oural et sur les pentes N.-O. du groupe montagneux de l'Altaï. Au cours de la dernière période décennale, l'Oural a produit annuellement de 1.000 à 1.150 kilog. d'or, de 4.000 à 6.000 kilog. de platine, plus de 3.000 T. de cuivre, 660.000 de fonte, 250.000 de fer. 120.000 d'acier, 13.800 de ferro-chromite, 5.000 de manganite. Les mines de l'Altaï produisaient jusqu'en 1861 plus de 16.000 kilog. d'argent, mais depuis cette production est tombée à 3.000 kilog.; les gisements aurifères du gouv. de Tomsk donnaient ces dernières années de 2.000 à 3.300 kilog. d'or, dont seulement 130 des mines de l'Etat ; le produit en cuivre brut s'élève actuellement à 250 T. ; le bassin houiller de Kousnetzk, très riche, mais encore peu exploité, donne 10.000 T.; le minerai de fer est traité dans l'usine de Gouriew. — Les monts de l'Oural et de l'Altaï abondent en pierres précieuses. — Le sel est tiré des nombreux lacs du gouv. de Tomsk.

En 1897, ou comptait : dans le gouv. de Tobolsk, 2.823 fabriques et usines avec 7.440 ouvriers et une production de 6 millions de roubles environ; parmi les plus importantes : 1 fabrique de papier, 5 de verre, 1 de cloches, 5 usines mécaniques, 9 distilleries; dans le gouv. de Tomsk, 2.031 fabriques (non compris celles du Cabinet de Sa Majesté) avec 7.000 ouvriers et 4,5 millions de roubles de production ; parmi les plus importantes : les distilleries, les brasseries, les fabriques d'allumettes et de .soude. Au nord du gouv. de Tobolsk, dans les districts de Bérézov et d'Obdorsk, s'étend la zone polaire des toundras, région à climat très rigoureux, habitée presque exclusivement par les aborigènes, Ostyaks et Samoyèdes, dont la principale occupation est l'élevage du renne, la chasse et la pêche.

La Sibérie Centrale occupe une sup. de 3.280.000 kil. carrés et comprend les gouv. d'Yenisseysk et d'irkoutsk : elle est arrosée par les fleuves et affluents de l'Yenissey et de l'Angara. La pop. est de 1. 055. 000 hab. (non compris celle de la partie polaire des toundras, 11.000 env.). Dans la partie méridionale, 800.000 hectares de terre sont ensemencés et donnent plus d'un million d'hectol. de céréales (froment, seigle, avoine, sarrasin) et de pommes de terre; on cultive aussi le chanvre, le lin. et le tabac. L'élevage du bétail est très important : 750.000 chevaux, 800.000 bêtes à cornes et 1.200.000 petits animaux. Dans la partie moyenne, qui forme une zone de forêts, les principales occupations des hab. sont la chasse, la pêche, l'apiculture et les industries du bois. Les mines d'or y ont une grande importance économique ; elles occupent 10.000 ouvriers et donnent plus de 3.444 kilog. d'or annuellement. Gisements de fer, de houille, de plomb argentifère, de cuivre, de graphite, de sels. I^es fabriques et usines produisent annuellement pour plus de 6 millions de roubles et occupent 8.000 ouvriers. Les plus importantes sont usines métallurgiques (3 avec 4.000 ouvriers et une pro-^ duction de 600.000 roubles), usines de sel, fabriques doj faïence et de porcelaine, briqueteries, fabr. d'allumettes^ distilleries, brasseries, minoteries, savonneries, etc. Dans la partie polaire de la Sibérie Centrale, qui forme la continuation de la zone des toundras de la Sibérie Occiden-^ taie, la pop. s'occupe de la chasse, de la pêche et de l'éle vage des rennes.

La Sibérie Orientale comprend les régions d'Yakoutskj de l'Amour (Transbaïkalie et province de l'Amour) et dl littoral, ainsi que l'île de Sakhaline. La région d'Yakoutsk .s'étend sur la plus grande partie de la vallée de la LénaJ avec une sup. de 3.900.000 kil. carrés ; de ses 260.000 hab.j plus de 90 °/. sont des aborigènes nomades et pasteur (Yakontes), dont l'élevage est la principale ressource, province possède 11.000 chevaux et 265.000 bêtes à cornes 10.000 hab. env. vivent de la pêche. Les industries du boi^ (abattage et flottage à Yakoutsk) donnent dans les district d'Yakoutsk et d'Olekminsk des gains d'environ 15.1 roubles par an. On tue annuellement de 200.000 à 600. écureuils, de 50.000 à 70.000 lièvres, de 10.000 à 40.000 lier-" mines, de 5.000 à 15.000 renards bleus, de 6.000 à 8.000 rennes, élans et chevreaux, 3.000 à 4.000 renards, 2.000 à

RUSSIE

RUSSIE

4.00()ours, o. 000 zibelines, etc. I^ recherche de l'ivoire des mammouths est n'-manératrice dans la partie polaire de la province. 1^ région d'Valcoatsk est riche en honille, en fer. en plomb et en graphite, mais ces richesses sont très peu exploitées; seule l'extraction de l'or est développée : deux groupes des mines de cette région (celui d'Olekminsket cflui de Vitinsk) occupent 25.000 ouvriers; on y produit annuellement 1.000 à 1.150 kilog. d'or avec 2.000.000 de T. de sables aurifères.

La tieutenance générale de l'Amour-Maritime est composée de trois provinces : Transbaîkalie, l'.\mour, et du Littoral ou .Maritime. La Transbaîkalie compte 664.000 hab., dont 70 7. sont Russes. Les conditions climatologiques, le sol fertile et l'abondance des pâturages caractérisent cette région, favorable an développement de l'agriculture et de l'élevage. La sup. ensemencée est de 300.000 hectares ; la récolte des céréales varie entre 1 3/4 et 4mill'ons d'hectol., dont une moitié en seigle et l'autre en froment, avoine, sarrasin, pommes de terre et orge. Les troupeaux de la Transbaîkalie comptent 650.000 chevaux, 1.300.000 bêtes à cornes, 1.500. 000 têtes de menu bétail, 10.000 chameanx. 2.400 rennes. Bien que 23 V. de la sup. soient couverts de forêts, l'industrie du bois est peu répandue; la chasse est pour les hab. une ressource importante, ainsi que la pêche dans le bassin du lac Baïkal. Mais la principale richesse de cette n-gion, c'est l'industrie de l'or, qui occupe 6.000 ouvriers et produit annuellement poor 4 à 5 millions de roubles. Les autres produits miniers (argent, honille) qne cette région possède en abondance sont peu exploités. Dans cette province se trouve la ville de KL-ichta (voy. ce mot), qui fait le commerce de transit des marchandises chinoises.

La province de l'Amour a une sup. de 450.000 kil. carrés avec 120.000 hab., dont 88 */. Russes. La surface cultivée est de 66.000 hect. et donne un rendement annuel moyen de 30.000 T. de céréales : froment, avoine, seigle, et de pommes de terre. Les forêts, qui couvrent 32 */• de la sup., et les épais roseaux que l'on rencontre presque partout, rendent le pays peu favorable à l'élevage : on compte 50.000 chevaux, 43.000 têtes de gros bétail. 6. 000 de menu bétail, 15.000 porcs. Les industries du bois représentent 300.000 roubles. La chasse est la principale occupation des aborigènes. I^ quantité d'or extraite annuellement des placers de cette province est de 7.000 kilog., valant plus de 7 millions 1/2 de roubles : de grandes quantités échappent à l'enregistrement; nombre d'ouvriers, 15.000. Les autres industries sont très peu développées.

La province .Maritime ou du Littoral est dans sa partie nord, qui comprend le littoral de la mer d'Okhotsk, la terre de Tchonkotsk et la presqu'île de Kamtchatka, une région boréenne avec 30.000 hab. (dont 80 V. aborigènes nomades] sur plus de 12 millions de kil. carrés. L'élevage des rennes atteint 200.000 têtes. L'industrie principale est la pêche, surtout celle de la baleine et des ours marins. La pêche de la baleine dans les mers d'Okhotsk et de Behring procure aux .Vméricains des bénélices de 1 à 1 1/2 million de roubles par an : deux maisons russes seulement leur font concurrence : celle du comte Kaiserling et celle de 0. V. Lidgolm. I^ chasse à l'ours marin fut affermée en 1890, pour dix ans, à la Compagnie Russe : elle n'est admise (loi de 1893) qne sur la terre ferme. — La partie méridionale de la province .Maritime, qui comprend la région de l'Oussonri et l'ile de Sakhaline, compte 218.000 hab. (dont 86 '/. Rus-«es) sur 630.000 kil. carrés. Elle diffère complètement, par le climat, le sol et la végétation, de la partie septentrionale. L'agriculture y est la principaleoccupalion des hab. , qui récoltent snriîO.OOO hect. plus de 30.000 T. de céréales. Troupeaux : 35.000 chevaux, 33.000 bœufs et vaches, 32.000 porcs. Les richesses forestières sont considérables, mais peu exploitées. La chasse et la pêche sont les grandes ressources de la population : il est exporté annuellement en Chine de 6.500 à 8.230 T. de choux de mer. Dans le district d'Oudskoï, 1.300 ouvriers extrayent plus de 1.300 kilog. d'or.

La région, des Steppes Kirghizes est une vaste plaine

qui sépare la Sibérie du Turkestan ; elle comprend les deux

provinces d'.VkmolinsU et de Sémipalatinsk, qni consli-

• tnent la lientenance générale des steppes, et les provinces

de Tonrgaî et de l'Oural. Sup. 1.830.000 kil. carrés avec 2..')00.000 hab., dont 24 */. Husses, le reste Kirghizes nomades. L'agriculture est exercée principalement par les Russes : récolle annuelle, 263 T. de céréales et pommes de terre. L'élevage est la principale occupation des hab. ; les troupeaux kirghizes comptent 14 millions de têtes: par 100 Kirghizes, 125 chevaux, 80 bêtes à cornes, 440 têtes de menu bétail, 26 chameaux, et par 100 hab. Russes, 100 têtes de gros bétail, 180 de menu bétail, 60 chevaux, 3 chameaux. Les pêcheries de la province de l'Oural méritent une mention spéciale. Elles appartiennent à la communauté des Cosaques de l'Oural ; la pêche s'y fait en commun d'après des règles strictes, à des saisons et places déterminées; les revenus sont répartis également entre les membres. (Voy. Estchgeon.) La valeur des produits de ces pêcheries (poissons, caviar, etc.) atteint 3 millions 5 de roubles. — L'industrie des mines est peu développée; les fabriques et usines principales sont les fonderies, savonneries et tanneries, la meunerie, la distillerie, la brasserie. Voies de commlxic.xtio.n maritimes et fluviales: le Grand Transsibérien.— En Sibérie, presque tous les coars d'eau coulent dans la même direction do S. au N., yers l'Océan Glacial, peu accessible au commerce maritime. Seul, l'.\monr, dans la Sibérie Orientale, coule de l'O. i à l'E. vers l'Océan Pacifique, qui est une mer ouverte. ! De tous les cours d'eau de la Sibérie, VIrtich, affluent I gauche et principal du fleuve Obi, est le plus important, i grâce à son avantageuse position et au grand nombre de ses affluents, qni se dirigent vers la Russie d'Europe, rers I la Chine Occidentale, vers le Turkestan et vers la Sibérie I Orientale. .\ Omsk, l'Irtich débâcle entre les 14 et 24 avril j et gèle entre le 20 octobre et le 13 novembre ; à Sémipalatinsk. il est dégagé des glaces pendant 213 jours, à Tara ! 190, à Tobolsk 189. La partie inférieure de la rivière, audessous de Tobolsk et jusqu'à Samarovo, constitue une voie fluviale non interrompue. De Tobolsk vers le S., elle n'est praticable que jusqu'à Sémipalatinsk an printemps et Tchernoyarsk en été. IMus au S., le transport n'est pins possible par bateaux à vapeur; la C" des bat. à vap. de la Sib. Occid., la C'*Ermak, la C'* Trapeznikoff, les entreprises de Kornilof, de Plotnikof, de l'usine de Bogoslovsk possèdent ces bateaux. La partie supérieure de- la rivière, depuis la construction du Transsibérien, qui la traverse à Omsk, devient un élément capital pour l'avenir de la région.

I^ circulation des bâtiments par VObi commence à la ville de Biisk. Au S., à Barnaoul, le fleure est libre de glaces pendant 198 jours (du 13 avr. au 30 oct.) ; au X., à Beresof, 146 jours (du 3 juin au 29 oct.). Le Transsibérien traverse ce fleuve à la ville d'Obi. Le bassin Irtich-ObI comptait en 1898-99 119 bateaux à vap. (7.730 chev.) et 380 embarcations mues antrement que par la vapeur (pins de 230.000 T.). Obi est relié par le canal Olri-Yenisseïsk au bassin du grand fleuve de la Sibérie Centrale, l'Yenissey. Les bâtiments d'un tonnage au-dessus de 300 pouds ne peuvent passer par ce canal (qui relie l'affluent de l'Obi Kéta a l'affluent de l'Venissey Kass) que pendant un mois, de l'ouverture de la navigation à juillet.

Le fleure d'Tenissey est navigable dans la plus grande

Page 1