feddans
Terres vendues 220.825 —
4* Dette privilégiée 3 1/2. — Créée par décret du 26 octobre 1878, au capital de 17 millions de liv. st. portant Intérêt à 5 */., et gagée sur les revenus des chemins de fer, télégraphes et port d'Alexandrie. La loi de liquidation de 1880 a autorisé une nouvelle émission pour un chiflre de 5.743.800 liv. st. — L'ensemble de la Dette a été converti en 3 1/2 en 1889. moyennant majoration du capital nominal à 31 millions de liv. st. — Intérêt annuel : 1.003.056 Ut. ég.
5* Emprunt 3 7,. — Garanti par les Puissances, émis le 28 juillet 1885, destiné au payement des indemnités d'Alexandrie, et d'un montant nominal de 9.424.000 l. st. L'intérêt et l'amortissement de cet emprunt exigent 307.125 liv. ég.
Conversions. — L'emploi des économies de la conversion de la Dette privilégiée (1889) ne peut être fait qu'avec l'asaentiment des Puissances. Elles se montaient, au 31 décembre 1898, à 3.218.000 liv. ég., en augmentation de
— EGYPTE
451.000 liv. ég. sur l'exercice précédent. Des pourparlers sont également engagés avec les Puissances pour la conversion de la Dette unifiée en 3 */., ce qui réduirait le taux des intérêts de 47.000 liv. ég. environ.
Dette non consolidée. — Elle comprend le service de la DaTra Khassa et de la .Monkabala. — Service annuel d'intérêts : 240.453 liv. ég.
Situation du fonds de réserve général, géré par la Caisse internationale de la Dette au 31 décembre 1898 :
Actif
Passif. — Prélèvements consentis à l'État à
titre remboursable on définitif
( en titres de la Dette égyp-
Solde < tienne 3.350.553 / ~ £.. ,-,
( en numéraire 266.578 S ■*•"'•"'
Ce solde est actuellement soumis à. des prélèvements ou avances nouvelles à l'Etat pour 2.628.9.39
Solde disponible au 31 déc. 1898 988. 192
Fonds de réserve spécial (à la disposition du Gouvernement) : les opérations du Soudan l'avaient mis, au 31 décembre 1898, en déficit de 92.439 1. ég.
BUDGET DE l'Egypte poir 1899 Prévisions de recettes
Contributions directes
Contributions indirectes
mpôt foncier sur le sol
Impôt foncier sur immeubles
bâtis
Douanes
Tabac, tombac, cigares
Octrois des villes
Sel et natron
Pêcheries
Droits de navigation
Timbre et enregistrement
Droits divers
Revenus des administrations de recettes (chemins de fer, port d'.\lexandrie, postes, télégraphes, etc . )
.\utres recettes diverses
Prélèvement sur le fonds de réserve pour dégrèvement de l'impôt foncier
Total 10.588.000
Prévisions de dépenses
Tribut de l'Egypte au sultan
Intérêts de la Dette consolidée
— — non consolidée
Caisse de la Dette
Liste civile khédiviale
Pensions diverses
Finances
Guerre
Intérieur ,
Justice
f .\gricnltnre et Travaux publies.
\ Instruction publique
Dépenses hors ministères
— des administrations de recettes
Insuffisance des revenus du Soudan
Ministères
Dotation du fonds de réserre général.
10.573.331 IL GÉ0GR.VPHIE ÉCONO.MIQUE. — ÀgricultuTe. — Influence du climat. — Relativement humide et tempéré dans le Delta, le climat devient très sec et très chaud dès que l'on remonte au-dessus du Caire. Celui du Delta convient surtout aux cotons et aux céréales ; celui de la Haute-Egypte, à la culture de la canne à sucre, qui ne descend guère au-dessous du Caire, et à celle des palmiers, qui forment souvent, dans les oasis surtout, de véritables forêts.
Entre Kosséir et Keneh, il reste quelquefois six années sans pleuvoir.
Le régime des vents est d'une régularité remarquable. Ils soufflent du X. et du N.-E. de juin à oc-
EGYPTE
tobre, de l'O. d'octobre à mars. Pendant une période de 50 jours environ, du i'6 mars au 15 juin, ils sautent au S. et apportent une chaleur étoulïante qui atteint souvent 40 à 45 degrés et dessèche toute végétation ; ils prennent alors le nom de kamsia (cinquantaine) ou simoun (poison).
Le régime de ces vents divise l'année climatériqueen trois saisons, qui ont sur l'agriculture une influence capitale:
1" saison: d'hiver ou des semailles, novembre à avril.
2* saison : d'été ou de la moisson, d'avril à juillet. 3« saison : d'arrière-saison ou de la crue, juillet à novembre.
A chaque saison correspondent des cultures différentes: Les cultures d'hiver [chetoui], commencent dès le retrait des eaux amenées par le Nil secondé par l'irrigation : elles comprennent le froment, l'orge, les lentilles, les oignons, les fèves et les trèfles; les cultures d'été {sefi) durent pendant toute la 2' période. Certaines d'entre elles (riz, coton, canne à sucre) ne donnent de récolte qu'en hiver ; les cultures d'arrière-saison {nili) durent à peine 70 jours. Cette période si courte est amplement suffisante pour le maïs, le sorgho (doura égyptien), les oignons et antres légumes.
Assolements. — Certaines cultures (coton, canne à sucre) exigent l'assolement avec jachère ou engrais artificiel ; d'autres, un assolement analogue à celui d'Europe; d'autres, enfin, peuvent se succéder dans la même saison (blé et trèfle, blé et safran, etc.). La totalité des cultures annuelles représente 123 Vo des surfaces cultivées, c'est-à-dire que non seulement la terre est complètement utilisée, mais que pendant l'année elle reçoit une culture supplémentaire qui porte sur 1/3 de son étendue dans la Basse-Egypte, et sur d/6 dans la Haute-Egypte. Le sol se trouve ainsi en culture 4 fois en 3 ans dans le Delta, et 7 fois en 6 ans dans la Haute- Egypte, bien qu'une partie notable de la surface cultivable soit laissée en jachère, à chaque saison^ Superficie des terres mises en culture: 1835, 1.850.000 feddans (de 4.200 m. c); 1863, 4.397.303; 1885, 4.923.855 ; 1895, 5.237.000.
ctJLTURE TYPE DU DELTA (Administration des Domaines) Prix et rendement par feddan
Paille RenileiiieB' Blé de blé total
Ardebs» Charges Liv. ég.
EGYPTE
Du coton, des graines et du bois de cotonnier.
Coton Graines Bois Total (kantars) (ardebs) (charge) li». ég,
Du blé et de la paille
de blé 1879
De l'orge et de la paille
d'orge d879
Des fèves et de la paille
de fèves 1879
1. Assolement type des cultures de l'Administration des Domaines (Delta):
1" année. — Novembre à février : Bersim (tréûe) destiné à être enfoui sous le coton. Mars à novembre, coton ou sésame.
2* année. — Décembre à juin : légumineuses (Bersim, fèves, pois, lentilles, fenugrec). Juin à mi-novembre : jachère, maïs ou riz.
3' année. —Mi-novembre à juin: céréales, blé ou orge. Juinoctobre : riz, maïs ou jachère.
2. Kantar: 44 l(ilog. 5 à 50 kgr. ; ardeb: 198 litres; charge: 200 okes (36 okcs au kantar).
1879 3,29 2,11 4,10 10,94 1889 3.06 2,17 2,05 9 67 1897 5,42 3,17 2,11 10,54 Restitutions. — Les cultures intensives du coton et de la canne à sucre épuisent rapidement le sol alluvial, qui n'a nulle part plus de dix mètres de profondeur. En l'absence des fumures des animaux, que les fellahs sont contraints, faute de mieux] d'employer comme combustible, les seuls engrais usités sont la colombine et le seback, terre tirée des décombres des villes, qui est assez riche en azotates. Ils sont, comme le limon du Nil, insuffisants à réparer les pertes du sol. D'autre part, l'extension trop rapide de la surface cultivée ne permet plus de laisser l'eau séjourner assez longtemps sur certains terrains pour les lessiver des sels impropres à la culture dont ils sont saturés.
Aussi les rendements du coton et de la canne à sucre sont en décroissance et le blé ne rend que de 4 à 8 fois sa semence. Il y a là une situation menaçante pour l'avenir.
Régime des irrigations. — L'irrigation est la science vitale de l'Egypte, qui reçoit, sons un climat presque tropical, à peine quelques millimètres cubes d'eau de pluie par an. C'est à Méhémet-Ali que le pays est redevable de la rénovation de cette science et de ses méthodes (1834-1840). A l'ancienne irrigation par bassins, qui n'est plus pratiquée que dans quelques districts de la Haute-Egypte, a succédé l'irrigation par canaux, la seule qui permette les cultures permanentes et intensives.
Ces canaux sont de deux sortes: les canaux nili, destinés à porter aux champs l'eau de la crue du Nil, sont creusés à une faible profondeur; les canaux sefi, destinés à prendre l'eau du fleuve à l'étiage, ont en revanche une profondeur de 8 à 9 m. en contre-bas du sol à irriguer et nécessitent pour l'irrigation des machines élévatoires, turbines à vapeur ou roues à chapelets {sakkyehs).
Les principaux canaux sefi sont l'Ibrahimieh (moyenne Egypte) et le Mahmoudieli (Delta), qui aboutit à Alexandrie. Tous deux sont des artères navigables sur tout leur parcours.
L'alimentation des canaux sefi du Delta est assurée par un barrage gigantesque long de plus d'un kil., créé en 1850 par le Français Mougel Bey, au point d'intersection des deux branches de Rosette et de Damiette, à 24 kil. en aval du Caire. Malgré des travaux de réfection exécutés de 1885 à 1890 et qui ont coûté plus de 12 millions de francs, la qualité défectueuse du sous-sol et des fondations ne permet d'élever le plan d'eau que d'un mètre à peine. La Caisse de la Dette a consenti en 1897 un crédit de 530.000 liv. ég. pour la construction de deux barrages auxiliaires en aval du barrage actuel. L'alimentation des canaux sefi de la Haute- Egypte sera prochainement assurée par le réservoir d'Assouan, en construction depuis 1898, destiné à relever le plan d'eau du Nil à 20 m. au-dessus de l'étiage; celle de la moyenne Egypte, par le barrage d'Assiout, également en construction.
Enûn, d'importants travaux de drainage sont en cours d'accomplissement dans la Basse-Egypte depuis deux ans et ont déjà coûté 455.000 liv. ég. à l'Etat. On prévoit leur achèvement dans cinq années. Un tiers du Delta reste encore à conquérir sur les marécages.
EGYPTE
supprension de la corvée. — Le curage des laiiaux exige un déblai annuel de 27 millions de int'tres cnbes d'alluvinns. Jnsqn'en 1890, ce travail gigantesque, avec celui de consolidation des digues, lait fourni par la corvée, qui pesait sur 30.000 felahs, dont la majeure partie ne tirait aucun profit lie leur travail, les cultures sefl n'étant accessibles qu'à la grande propriété. Ce service est aujourd'hui assuré par un crédit budgétaire de 400.000 liv. ég.
PHINXIPALES PRODLCTIONS AGRICOLES Récolte niiiyenne
Millions Export, en 1898
d'hectol.
r..ré;i!os. — Froment 15 108.772 hectol.
- Orge 5 13.979 —
— boiira ou sorgho.. 4 »
— Mais 5 »
- Riz 8.995.072 kilog.
!.--gDmineiises. — Fèves 920.355 hectol.
— Lentilles 49.125 —
— Pois chiclies, lu-
pins, etc B
Cnitnres maraîchères. — Melons, pastèques, tomates, oignons 30.664.150 kilog.
Te.ttiles. — Coton 269.157.400 —
— Laine naturelle 1.096.346 —
Oléagineux. — Sésame, ricin, arachides. 7.188.091 hectol.
— Graines de coton »
Substances tinctoriales. — Garance,
safran, indigo, carthame, henné »
Cnltnres industrielles. — Cannes à
sncre Sucre 57.681.500 kilog.
— Mélasses 3.429.437 —
Tabac. — Supprimée depuis 1889.
Epices. — Poivre long, piment, anis,
coriandre, camin 5 millions env.
Dattiers. — Récolte moyenne 100 à 120.000 T.
Cultures fourragères. — Trèfle »
IXDCàTRrES DÉRIVÉES DE l'.\GRICULTCRE
Industrie du coton Superficie cultivée en Egypte :
Feddans
Feddans
Rasse- Egypte.
Hiule-Egypte.
1898 1.121.201 ) l^'T.'P-^l^- ^'^H^rm
f Hante-Egypte. 92.619
Exportation par années :
Balles 15.000
Poids
en kantars
de48fcgr.
Valeur d'export. totale parliantar Liv. cg.
Exportation par pays de destination :
Balles ailles
.\llemagne 64.319 76.364
Angleterre 320.848 347.553
Espagne 17.918 24.059
Etats-Lnis 38.765 57.714
France 34.713 67.168
Indes 3.313 5.617
Italie 50.098 66.027
Russie 147.484 185.868
Autres pays 6.178 12.639
— EGYPTE
Exportation des graines de coton :
Quantités Valean
Hectol. Liv. ég.
Industrie du sucre Production des neuf usines de la Daîra Sanieh (campagne 1898) :
Surface cultivée en cannes = 35.228 feddans. Cannes travaillées.. (^1.525.570 kgr.
Sucre obtenu 59.253.256 —, soit 9*/. du poids
en cannes.
Mélasses 14.904.360 —, soit 2,28 7. —
Alcools de mélasses. «.08ÎL603 —
Valeur totale : 438.000 liv. ég.
Production des trois usines de la Société des Sucreries Say (campagne 1898) :
Sucre brut... 21 .376.800 kgr. ' Valeur- 157 719 liv é- Sucre raflTiné. 21.106.000 - ^ ^^'eur . ioi.719 iiv. eg.
Exportation :
Valeur
Poids Liv. ég.
iftm i Sucres... 1.458.377 kantars(de50kgr.) 634.530
*°'" ) Mélasses. 6.55<;.093 kgr 4.687
.JJQ9 ) Sucres... 1.153.630 kantars 543.698
^"^ / Mélasses. 3.429. 4.37 kgr 2.674
Régime de la propriété foncière. — Ce régime était jadis le même dans tous les pays musulmans. Les terres étaient divisées en ochouris (terres de la dîme) et kharadji (terres du tribut ou de la conquête).
L'Egypte ayant été conquise par l'Islam, le régime kharadji y constituait le droit commun, le régime ochouri l'exception. Le véritable propriétaire des terres kharadji étant l'État, leur détenteur n'était qu'un précariste, exposé à l'expropriation sans indemnité et à la confiscation s'il négligeait sa culture, soumis à une redevance annuelle qui était environ le double de la dîme ochouri.
La loi de la moukabalah rendue en 1871, sous Ismaïl, permit à tout détenteur d'un immeuble d'en devenir propriétaire incommutable moyennant le payement d'une taxe égale à six années d'impôt. Cette loi fut abrogée pour l'avenir en 1880.
La propriété foncière est devenue accessible aux étrangers en 18fi7 ; cette faculté, et la création du Crédit Foncier Égyptien en 1880 ont amené l'introduction du régime européen de propriété en Egypte.
La valeur du sol s'en est considérablement accrue. Mais par une évolution analogue à celle de r.\lgérie, la propriété ainsi constituée entre les mains des fellahs n'a pas tardé à devenir la proie de l'usure et du fisc. L'ancienne classe des petits tenanciers agricoles a ainsi fait place, dans la Haute-Egypte surtout, à une classe de prolétaires, dont le travail surabondant se loue à des prix de famine et qui demandent au brigandage leurs principaux moyens d'existence.
Un quart environ du sol agricole de l'Egypte a changé de mains depuis quelques années. Les domaines de la famille khédiviale, qui comprenaient, en 1878, 178.747 hect., sont devenus le gage de l'emprunt Domanial, et ceux de la Daïra Sanieh, qui se montaient à 233.850 hect., le gage de l'emprunt du même nom. Une grande partie de ces terres a déjà été vendue pour le service de l'amortissement.
L'État possède encore une grande quantité de terrains vagues, dits terres libres, qu'une administration spéciale réalise au mieux. Toutes ces aliénations ont permis à d'importantes Sociétés
liGYPTE — 8 —
foncières, étrangères on indigènes, de se constituer, dans la Basse-Egypte surtout, d'immenses domaines. La moyenne propriété tend à disparaître, et la grande à s'augmenter.
Impolie fonciers. — Malgré sa transformation, la propriété foncière continue à être ^rkivio. de charges excessives. I^'appauvrissement du sol, la diminution des cours du coton et de la canne ont contraint le fisc à une modération de l'impôt.
De 1882 à 1894, le montant des cotes irrécouvrables avait dépassé \ million de liv. ég. et les remises d'impôts ;)74.000 liv. ég. Aussi, depuis 1891, l'impôt foncier avait été abaissé à 4 millions 926.41)0 liv. ég., en diminution de 85.091 snr le chiffre de 1881, tandis que la surface cultivée augmentait de 13 7„. Le taux moyen, par feddan, qui était en 1881 de 1 liv. ég. 07iJ, n'est plus anjourd'iiui que de 0 liv. ég. 910. Une nouvelle réduction de 21().000 liv. ég. vient d'être accordée par la Caisse de la Dette ponr une durée de dix années, sur la demande du Conseil Législatif. Le produit de l'impôt foncier est évalué pour 1899 à 4.6(>1.300. L'impôt sur les propriétés bâties n'existe que depuis 188i, et dans 41 villes seulement; son produit est évalué pour 1899 à 132.700 1. ég.
Pêche fluviale et marilime. — Le Nil possède plus de cinquante variétés de poissons, dont certains atteignent d'énormes dimensions. Les bateaux de pêche y sont exonérés des droits de navigation. En 1895, ils atteignaient le nombre de 1.171, jaugeant 27.1)84 ardebs de deux liectol. Les droits de marché .sur les poissons ont produit, en 1898, 23.();)0 1. ég. Les pêcheries du lac Menzaleh, qui contient les meilleurs poissons de l'Egypte, sont affermées par l'État pour une somme annuelle de 40.883 liv. ég. La majeure partie du poisson se vend sous forme de poisson séché {fesaik) : sa préparation défectueuse ne permet de le conserver que quelques mois.
Mines et Carrières.— A la différence de l'Arabie et du Soudan, l'Egypte ne possède aucune mine d'or, d'argent ou de fer. Quelques maigres gisements de plomb ont été signalés près d'Assiout et d'Assouan. Toutes les recherches faites pour trouver des filons de houille ou d'anthracite ont échoué. En revanche, le sol de l'Egypte est riche en substances salines. Le natron se récolte en grande quantité dans la vallée du même nom (vallée désertique reliée depuis peu par un chemin de fer au Delta), sur les bords des lacs do la Basse -Egypte et dans le Fayoum. Il contient, d'après ï3erthollet, 52 V„ de sel marin, 23 "/„ de carbonate de soude, 11 <>/„ de sulfate de soude, 10 "/„ d'eau et 4 Vo de matières inertes.
Les gisements d'alun et de sel gemme sont aussi très nombreux et donnent lieu à une export, active. Des sources de pétrole ont été découvertes récemment à l'entrée du golfe de Suez et des mines de soufre au djebel Kabrit. Les gisements de gypse sont communs, mais de qualité inférieure. Les montagnes désertiques situées entre le Nil et la mer Rouge renferment des gisements de pierres précieuses depuis longtemps inexploités, en raison de la dilficulté d'y accéder et d'y vivre: l'onyx, la turquoise, le jaspe, l'agathe, le jade, les brèches vertes, et surtout de belles émeraudes, en ont été tirées pendant des siècles par les esclaves des pharaons. Le granit, le porphyre, le gnei.ss, les basaltes noirs et verts, et autres roches primitives se trouvent
EGYPTE
en abondance aux environs d'Assouan et dans les montagnes qui bordent la mer Rouge; plus au Nord, la chaîne désertique fournit les grès roses à bâtir, puis des calcaires d'une excessive finesse qui ne se terminent qu'aux carrières, exploitées depuis 4.000 ans, de Tourah et de Massarah, à quelques, lieues du Caire. L'albâtre égyptien, le plus beau que l'on connaisse, provient d'une importante carrière près de BeniSouef. Quant au Delta, on ne trouve dans toute son étendue aucune pierre à bâtir.
Industrie minérale. — Les exploitations minérales sont celles du natron, du salpêtre et du sel marin, les deux dernières monopolisées par l'État; elles produisent une moyenne de 050 T. de nitre brut et 15.000 T. de sel. Le natrou donne 8.000 T. dans la seule province de Béhérali.
Les industries métallurgiques comprennent des fonderies (Alexandrie et Caire), forges, chaudronneries et ferblanteries. I^'Égypte manquant de houille et de minerai, ces industries ne peuvent avoir qu'un développement très restreint. Les industries chimiques exploitées sont les teintureries, amidonneries, distilleries de parfums, savonneries, stéariueries, tanneries.
Les industries textiles sont représentées par quelques rares filatures de laine et de coton, et quelques fabriques de tissus de laine, de coton et de soie pour l'ameublement et le vêtement. Ces mômes industries occupent beaucoup de petits métiers à la main, l^a i)rincipale industrie cotonnière est celle de l'égrenage; la .sellerie, la cordonnerie, la céramique, sont des industries prospères; l'ébénisterie d(( luxe, la marqueterie, la broderie d'or et d'argent, la ciselure sur fer et cuivre, ladamasquinerie, donnent des produits hors de pair.
200 millions de cigarettes (faites exclusivement avec des tabacs turcs, la culture du tabac étant prohibée en Egypte, dans un but fiscal, depuis 1889) ont été exportées en 1898, ponr nne valeur de 204.833 liv. ég., en augmentation de 33.414 liv. ég. sur 1897.
Les industries égyptiennes font, depnis quelques, années, concurrence à l'étranger pour le beurre, le savon, le sucre raffiné et l'alcool, dont les import, sont en baisse sensible.
Boissons. — L'industrie du vin n'existe plus en Egypte depnis la conquête arabe. Des essais intéressants et fructueux sont tentés à Belbeïs depuis quelques années. L'industrie de la bière compte une brasserie établie à Alexandrie depuis quelques mois. L'absence de caves profondes et la chaleur du climat créent des obstacles sérieux à une fermentation régulière. L'industrie de l'alcool est pro.spère; il se tire des mélasses.
A citer encore : le pressage des graines oléagineuses, coton, sésame, arachide, la décortication dn riz, la fabrication artificielle de la glace au Caire et à Alexandrie, la meunerie (Moulins français du Caire), l'éclosion artificielle des poulets par le procédé des couveuses (un million en moyenne par an), l'élevage des autruches, la production perfectionnée du beurre et du poisson séché.
Toutes ces industries, même les plus prospères, sont loin d'être comparables comme importance à l'agriculture, qui absorbe toutes les forces vives de l'Egypte.
m. Voies de communication.— Les routes agricoles sont presque toutes do création récente, les
EGYPTE
EGYPTE
digues constituant encore les senles routes dans la
pins grande partie de l'Egypte.
Longueur actuelle des routes agricoles... 2.000 kil. env.
Construites en 1898 20i —
(.\n prix moyen de MO liv. ég. par kil.)
Projetées 222 —
Chemins de fer. — Les voies ferrées, longues de 'Mi Ifil. à peine lors de l'avènennent d'Ismaïl-Pacha, présentent un développement de près de 3.000 kil. Le pi)int terminus actuel est Louxor, à 673 kil. au S. du Caire. An delà, commence nue ligne stratégique à voie étroite qui aboutit à Berber et qui va être prolongée jusqu'à Khartoum. Une somme de 1.330.000 liv. ég. vient d'être mise à la disposition de r.Vdministration des chemins de fer pour remédier à l'insuffisance de son matériel roulant.
Comparaison des exercices 1880. 1897 et 1898
Exercice Exercice Exercice
Hecettes brutes. 2.032.000 1. ég. 1.98.3.000 1.195.000 Mouvement des
voyageurs 11.312.000 N. 10.7i3.000 3.094.000
Mouvement des
marchandises.. 2.787.000 T. 2.796.000 525.000 Longueur des lignes exploitées. 2.292 kil. 2.157 1.352
Chemins de fer à voie étroite, entre les mains de Compagnies privées:
1" Agricoles, inaugurés en 1897. Développement actuel de 207 milles. 52 milles additionnels seront ouverts sous peu à l'exploitation:
2° Chemins de fer du Delta (Béhérah et Garbieh), ouverts au trafic au commencement de 1898. Développement actuel, 92 milles;
3° Chemins de fer économiques (Charkah, Dakahlieh, Galion bieh), ouverts en novembre 1898. Développement actuel, m milles;
4° Chemins de fer du Fajoum, à voie étroite et traction électrique (en construction).
Tramways électriques, à prise de courant aérien : ville et banlieue du Caire, ville et banlieue d'Alexandrie.
Navigation fluviale d'Assouan à la mer
Tonnage (Araebsd.î2hl.)
Vapeurs 4i 13..^)26
Dahabiehs 40i; 192.803
Barques 8.491 1.472.39!)
Bateaux de pêche 1.171 27.;j84
Bacs 1.910 7i).:}90
Total..... 12.021 1. 78.). 702
Développement des artères navigables, 3.00Okil. environ.
Les droits de péage supportés par la navigation aux divers ponts du .\il, et qui constituaient une gène sérieuse pour celle-ci, sont supprimés au pont du Caire depuis janvier 1899.
Les droits de navigation figurent dans le budget de 1899 pour 57.000 liv. ég.
Le vent du N. est prédominant, il sert à remonter le Nil.
yavigation du Canal de Suez. — Depuis l'introduction de l'éclairage électrique, il est ouvert jour et nuit aux navires de toutes les nationalités. Sa longueur est de 90 milles marins (160 kil.).
Son importance pour la navigation internationale -t immense. Il raccourcit la navigation de Bombay a .Marseille de 59 %, à Londres de 44 V„, à Hambourg de 43 •/„, à Trieste de 63 7..
Mouvement de la navigation
N.->vires Tonnes
Nombre des ) .Militaires. 122.(K>2^ T^toi 9io t^o passagers (1898) ' Civils.... 97.677 * *""' zu.'Z»
Droits à payer :
9 fr. par t. (poids net) pour les bateans-postes et les navires de guerre et de commerce chargés. 6 fr. 50 par t. pour les navires sur lest, sans passagers.
TaxP des nassa.^Prs \ '*^ ^'■- P""' '^^ adages.
laxe des passagers \ - j^. ^^^ ,gg enfan^g de 3 à 12 ans.
Recettes brutes: 1896, 79.929.152 fr.; 1897, 73 millions 184.890fr.: 1898, 85.277.288 fr.
Télégraphes. - En 1898 : recettes, 60.000 1. ég.: dépenses, 42.000; en 1897, respectivement, 46.000^ et 42.000. Sur l'excédent de 1898, 8.500 liv. ég. sont dues aux opérations du Soudan.
Nombre des télégrammes transmis: 1898, 1 million 47.435; 1897, 961.275. — Développement des lignes télégraphiques, 14.000 kil. — La ligne Caire- Khartoum est rétablie, et sera prochainement complétée par la ligne Khartoum-Kassala.
Liv. é;;. Liv. é;;.
Receltes 123.000 119.000
Dépenses 100.000 97. «JO
Bénéfice net 23.000 22. (XK)
La franchise des lettres pour l'intérieur a été élevée de 15 à 30 gr. — L'Egypte fait partie de l'Union postale internationale. — Valeur des colis postaux : Importés : 1897, 1. ég. 192.798: 1898, 222.065. Exportés: 1897, 1. ég. 8.612; 1898, 8.921.— Depuis l'année 1890, les tarifs des postes et télégraphes ont été réduits de 50 %.