IV. M.\RI.NE MARCH.VXDE ET PoRTS. — LcS pOrtS de
l'Egypte sont : Alexandrie, Rosette, Damiette, Port- Saïd, sur la Méditerranée, Ismaïlia, au milieu du canal du Suez, Port-Tewfik (Suez) à son extrémité, Kosséir et Souakim, sur la mer Rouge. — .Moyenne annuelle d'entrée des navires à Alexandrie, 3.250: dans les autres ports, 3.000.— L'augmentation d'importance de Port-Saïd a été très rapide depuis 15 ans : elle est une menace pour l'avenir d'.\lexandrie. — Le cabotage est libre.
Mouvement général de la Navigation commerciale dans les ports d'Egypte en 1898
Nombre Tonnage
Alexandrie 4.882 5.115.272
Port-Saïd 1.968 1.238.301
Suez (Canal) 3.504 8.174.64<;
Suez (mer Rouge) 212 157.586
Damietl^ 2.4.32 165.478
Rosette 1.149 55.676
Total général 14.147 14.906.959
Contre 16.139 navires et 6.209.315 t. en 1884.
1. Navires répartis en 1808 : Anglais, 2.295 ; Français, 221 ; Allemands, .356 ; Hollandais, 193 ; Russes, -18 ; Autrichiens, 85 ; Italiens, 74: Espagnols, -19; Égyptiens, 10; Japonais, 46 ; Norvégieno, 4T ; Ottomans, 54.
EGYPTE
EGYPTE
Mouvemctit de la Marine marchande par nations
en tSSi et I89S
Xav. Toiin:\f.'e X;iv. Toiinaj.'e
Angleterre 4.281 8.349. W!) 2.;j.)(; 4.!);)3.273
France ;)i)2 1.193.641 492 099.288
Autriche 473 847.901 744 7r.(i.220
Turquie 2.;)89 30i.2;)3 » «
Egypte 4.780 008.043 4. 130 ;)90.442
Russie 297 0:;;;.433 » »
Grèce 333 139.397 » «
Monvement du port d'Alexandrie
Vîipcnrs I Nombre. 2.143 1.838
et voiliers sortis. ^Tonnage. 2.271.000 1.838.000
Recettes nettes du port : (liv. ég.) 131 .000 123.000
L'agrandissement projeté du port coûtera 700.000 liv. ég.
Administration des Phareft. — Recettes brutes: en 1898, 87.000 liv. ég. ; en 1897, 97.000. La diminution provient d'une réduction consentie sur les tarifs.
Grand.-; Services postaux maritini es.— ].'Ègypie est reliée à l'Europe par les services postaux des lignes de Chine, d'Australie et de Madagascar. Elle a, en outre, des services hebdomadaires réguliers qui lui sont propres : ligne française des Messageries Maritimes, via Marseille; ligne italienne Florio Rubattino, via Naples; ligne anglaise do la Péninsular C", via Brindisi; ligne du Lloyd autrichien, via Brindisi et Trieste; ligne des anciens paquebots Khédivieh, cédés depuis 1898 à une Compagnie anglaise, via Constantinople. Les relations avec la Grèce et Constantinople sont également assurées par des services hebdomadaires français, anglais, russe et roumain. Très prochainement un service régulier espagnol reliera Alexandrie à Barcelone, via Tunis et Alger.
Les transmissions télégraphiques sont assurées par le câble Turco-Égyptien (via Constantinople), ■et par le cAble de l'Eastern C" (via Malte et Brindisi).
V. Monnaies, Poids et Mesures. — L'Egypte est nn pays monométaliiste or. — L'unité monétaire est la piastre, dite tarifée, de 0 fr. 26 c. — Les monnaies <l'or sont: la livre égyptienne de 100 p. = 25 fr. 92, €t la 1/2 liv. de 50 p. Les monnaies d'argent sont : le talari de 20 p. = 5 fr. 18, le 1/2 talari de 10 p., le 1/4 de talari de 5 p., les pièces de 2 et 1 p. Les monnaies de billon sont: le millième de 10 à la p., le double millième et la 1/2 p. (nickel), le 1/2 millième et le 1/4 de millième, ou para, en cuivre.
Les monnaies d'or françaises et anglaises ont complètement remplacé en fait les livres égyptiennes, qui ont été retirées de la circulation et refondues en liv. st. — La pièce de 20 fr. vaut 77 p. 1 millième, et la liv. st. 97 p. 5. Les livres turques circulent au taux de 87 p. 3/4. — Le titre des monnaies d'or égyptiennes est de 875 mill. de fin, celui des monnaies d'argent, de 833 mill. 1/3 de fin. — Les monnaies d'or jouissent seules de la frappe libre. Les monnaies d'argent ont le caractère de monnaie de billon et n'ont de pouvoir obligatoire dans les payements que jusqu'à concurrence de 200 p. ég. ; les monnaies de nickel, jusqu'à concurrence de 10 p. ég. — La liv. ég. pèse 8 gr. 500 ; le talari d'argent, 28 gr. ; la pièce d'une p. argent, 1 gr. 400.
Poids et Mesures. — La base du système mé- •^rique égyptien est la dirah on coudée indigène;
c'e.st l'ancienne coudée romaine de deux pieds. L'ardeb, unité de capacité, est le cube de cette coudée.
^lesures de longnenr. — Dirah ou coudée kilométrique (nili), 0 m. 54; indigène (beledi), 0m.o8; d'arpentage (hendaza), 0 m. G56; de construction (mimari), 0 m. 75. Kassaba ou toise, 3 m. 55.
Mesures de .superficie. — Feddan de; 333 1/3 kassabas carrées, 4.200 m. q. 8336; kirat ou 1/24 de feddan, 175 m. q. 0347; sahm ou 1/24 de kirat, 7 m. q. 2931; kassaba carrée, 12 m. q. 00.
Mesures de capacité. — Ardel) ou coudée cubique, 198 lilres; webé = 1/6 d'ardeb, 30 1.; roubeh = 1/4 de webé, 7 1. 1/2; rotlé, 445 millim. cubes.
Poids. — Tonne de 800 okes = 988 kilog. 936 ; kantar de 36 okes = 44 kgr. 928; oke de 400 direms, 1 kgr. 248; rotoli de 144 direms, 0 kgr. 445; direm, 0 kgr. 003. Poids agricole : emleh ou charge de chameau, 247 kgr. Poids mesure de riz : deriba = 2 ardebs ou 395 lit. o (560 kgr.) de riz décortiqué.
Le système métrique français doit, aux termes d'un décret du 24 décembre 1891, être substitué dans un délai de dix années au système métrique indigène. Il est adopté depuis janvier 1899 par l'Administration des chemins de fer.
VI. Crédit et Banque. — Les principaux établissement de crédit sont :
La Banque Nationale d'Egypte, investie dès sa fondation (25 juin 1898) du privilège d'émission pendant sa durée, fixée à 50 ans. L'émission est surveillée par le Gouvernement. Aux termes de l'art. 5 de ses statuts, le montant des billets en circulation devra être représenté: pour une moitié, par une encaisse or, pour une autre moitié, par des titres calculés au pair dont le choix et la désignation appartiennent au Gouvernement. En cas de liquidation, l'encaisse et les titres forment le gage spécial des porteurs de billets en circulation. Les billets de la Banque ont commencé à circuler en avril 1899, mais seules, jusqu'ici, les Caisses de l'État les acceptent. Ils n'ont donc pas cours légal. Les coupures sont de 1/2, 1, 5, 10, 50 et 100 1. ég.
Les autres établissements financiers sont : les succursales de la Banque Impériale Ottomane et du Crédit Lyonnais, au Caire et à Alexandrie; l'Anglo- Egyptian Bank, la banque Suarès frères et C'% la banque Devriès et C'% etc.
La Caisse d'épargne est gérée par la Banque Ottomane avec un taux d'intérêt de 2 1/2 0/0 l'an et un maximum de dépôt de 100 1. ég. (2.600 fr.).
Toutes ces banques font, outre les opérations des établissements similaires en Europe, des prêts sur consignations de marchandises, principalement sur cotons, graines de coton, sucres et céréales. — Les opérations de crédit hypothécaire sont faites par le Crédit Foncier Égyptien, Société anonyme fondée en 1880, au capital de 80 millions de francs. Les prêts sont de 100 liv. ég. au minimum. Les intérêts, qui étaient de 11 "/„ au début, varient de 8 à 9 "/„. Les obligations sont du type 3 "/„ avec tirages à lots mensuels, d'un montant nominal de 250 fr. Cet établissement ne jouit d'aucun monopole de droit, et il a vu se créer la concurrence, assez faible ju.squ'ici, de la Bank of land and mortgage.
Le Crédit agricole est encore à créer en Egypte, où il serait plus nécessaire que partout ailleurs, pour sauver les fellahs du fléau de l'usure à liiO et 200 Vo qui les dévore. Le minimum des avances du
EGYPTE
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Crédit Foncier est beanconp trop élevé pour eux. En 1894 et iSSa, le Gonvernement leur a avancé, par petites sommes, 10.000 liv. é«r. L'essai ayant réussi, la Banque nationale va tenter une nouvelle expérience, limitée à un seul district, et faire aux fellahs des avances jusqu'à concurrence de 20 1. ég., à raison de 9 ", d'intérêt. Ce taux est encore très lourd, en égard à l'avilissement des prix agricoles. En somme, le Crédit agricole n'aurait de chance de s'établir en Égj'pte que sur la base de la mntualité, secondée par des caisses régionales. Le principal obstacle à son développement est dans l'insouciance des fellahs à l'égard des engagements pris et dans leur imprévoyance légendaire.
Bourse des marchandises et des valeurs. — Une Bourse des* cotons, bien organisée, fonctionne à Minet-el-Bassal (Alexandrie^. Il n'existe pas de Magasins généraux. Toutefois la Société des pressages de coton (mise en balles) délivre des certiOcats négociables, et les banques font des avances sur consignations. Pour les valeurs, il n'existe pas de Bourse officielle. Un marché des principales valeurs industrielles se tient à Alexandrie, avec cote officieuse pour le disponible. Il n'y a pas de marché à terme. — Une Chambre de compensation entre les banquiers d'Alexandrie et du Caire est actuellement à l'étude.
VII. Commerce et Douanes. — Les marchandises sont frappéees en Egypte de droits ad valorem de 8 7, à l'import., flxés par des tarifs trimestriels. Certaines marchandises sont également grevées d'un droit fiscal d'export. Des bureaux de douanes sont établis à Alexandrie, Port-Saïd, Damiette, El- Arich, Suez et Kosséir.
Recettes brutes (en liv. ég. de 25 fr. 92)
Import.
Années et erport. Tabacs Totaux
Liv. ég. Liv. ég. Liv. ég.
1897 93i.000 l.Otô.OOO 1.979.000
1898 959.000 1.081.000 2.0iO.OCO
Soit une augmentation de 61.000 liv. ég. sur 1897, malgré la baisse des cotons et des sucres. Frais de perception : 3,62 des recettes brutes.
Import, et Export, (en liv. ég.)
ExcéJent
'^'" Import. Exiwrt. des exi»:»?»
1892 9.091.481 i3.3it.3l8 4.2i9.8.37
Détail pour 1898
Nature de marchandises Import. Export.
.Vnimanxet prod. alim. d'anim... 889.003 39.383
Peaux et ouvrages en pean 179.286 78.996
Antres prod. et dép. d'anim 66.703 38.799
Céréales. légumes, farines 1.273.212 2.422.44S
Denrées coloniales et drogues... 284.021 3.">6.672
Spiritueu.T. boissons, huiles 649. 69S 21.092
ChifTons et papiers 143.193 17.837
Bois et charlwns 1.483.423 21.843
Pierres, porcelaines, cristaux... 240.029 '..301
-Matières tinctoriales et couleurs. 234.2.32 16.334
Prod. médicam., parfumerie 224. .")35 18.4^)1
Industries textiles 3.289.172 8.512.868
Métaux et ouvrages en métal... 1.416.7.30 13.977
Articles divers 374.189 13.883
Tabacs 339.823 » »
Commerce de l'Egypte avec l étranger (en liv. égypt.)
Angleterre France Allemagne Russie
Import, s <«>7- 3.339.463 1.237.394 299.f,4i 378.462
de ( 1898. 3.872.431 1.069..-i30 316.127 471.477
Export. S 1897. 5.9.32.078 1.1I9..370 4l8.«in0 1.732.913
de > 1898. 5..-.23.203 1.129.302 481.421 1.839.946
Turquie Autriche Italie
itaporl J jggg 1.701.8:15 746.052 500.947
Export > 1898 390.630 413.149 500.091
Commerce de l'Egypte avec la France. — Les manufacturiers français auraient grand intérêt à profiter du conseil donné par lord Cromer (rapport pour l'exercice 1898) à ses nationaux, et à envoyer en Egypte des agents possédant l'arabe et l'italien pour étudier rapidement sur place les besoins, les habitudes du marché, et faire bénéficier leurs patrons des renseignements recueillis. C'est une méthode dans laquelle les Allemands sont passés maîtres en Egypte, et qui leur a valu de nombreux débouchés. Une Chambre de commerce française fonctionne à Alexandrie depuis plusieurs années, et rédige un Bulletin mensuel plein de renseignements précieux.
Dans le commerce d'import., l'Egypte prend surtout à la France les céréales, légumes, farines, vins et alcools, produits des industries textiles, métaux et ouvrages en métal.
Dans le commerce d'export., la France prend surtout à l'Egypte dés légumes secs (fèves, lentilles, oignons, pour 358. 1461. ég.en 1898) et des cotons en balle ou graines de coton (pour 670.641 liv. ég. en 1898).
Service de répression de la traite. — Le commerce des esclaves est théoriquement aboli en Egypte depuis la convention du 4 août 1884. Néanmoins, la contrebande est toujours active par Djeddah, la côte occidentale de la mer Ronge et le désert Arabique. L'esclavage domestique a nne certaine tendance à disparaître, sauf pour les eunuques, recrutés au Sondan, dont l'usage reste ancré dans les mœurs musulmanes comme une nécessité indispensable.— Esclaves libérés par le service de la traite : 1897, 734: 1898, 334.