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I. Savons ordinaires : 1° Savons marbrés de

Marseille. — La fabrication du savon marbré de

Marseille comprend trois phases : Vempâtage, le re-

L'empâtage a pour but d'émnlsionner les corps gras avec une lessive desonde peu chargée en alcali pour commencer la transformation de ce corps gras en acide gras, en éliminant la glycérine, qui ne jonerait dans le savon qu'un rôle inerte. Cette opération s'eBectue sous l'influence de la chaleur, dans des chaudières dont les dimensions, la forme et le mode de chauffage varient suivant les usines. On introduit, par exemple, dans la chaudière 8.000 litres de lessives douces à 12* Baume et 8.000 kilog. d'huile. On porte le tout à l'ébullition. La masse s'épaissit; au bout de quelques heures elle devient tellement épaisse que les bulles de vapeur ne la traversent que très diDBcilement. On facilite l'opération en injectant de temps à autre de la vapeur directe dans la chaudière.

L'opération de l'empàtage est terminée lorsqae la pâte de savon, devenue bien homogène, ne laisse plus apercevoir de traces huileuses à sa surface. On fait écouler alors les lessives épuisées qui se sont rassemblées à la partie inférieure. Ces lessives, qui sortent par le robinet dit robinet d'épinage, sont envoyées dans des bassins spéciaux, où elles sont mises en réserve pour rentrer plus tard dans la fabrication.

Pendant l'empàtage, on ajoute au mélange nne petite quantité de dissolution de sulfure de fer ; il se forme un mélange de sulfate de fer et de savon de fer qui communique à la masse une teinte bleue uniforme servant plus tard à former la marbrure. Le relargage a pour but d'achever la saponification. Le savon incomplet déjà formé est séparé des lessives épuisées avec lesquelles il est mélangé, et on le met en contact avec de nouvelles lessives caustiques. On introduit donc dans la chaudière (d'où on a fait écouler les lessives épuisées à la fin de l'empàtage) des lessives salées à 23" on 25° Baume. Au moyen d'un ràble, on agite la masse de bas en haut. La soude contenue dans la lessive est absorbée par le corps gras, le savon se sépare et remonte à la surface sous forme de grains arrondis. On abandonne le tout au repos pendant quelque temps et on fait écouler la lessive épuisée par le robinet d'épinage. Cette opération est répétée souvent deux fois de suite.

La cuite a pour but de saturer complètement le savon d'alcali. Pour cela, on introduit dans la chaudière des lessives salées, en portant la masse à l'ébullition jusqu'à ce que tout l'alcali soit absorbé. Le savon reste insoluble dans ces liqueurs salées et, après repos, remonte à la surface. On soutire la lessive épuisée, et on recommence l'opération 3 ou 4 fois de suite, en employant des lessives de plus en plus concentrées (de 2.d' à 30" B.), jusqu'à ce que la saturation soit complète et que, même après ébullition prolongée, le degré de la lessive alcaline reste invariable. On reconnaît pratiquement que la cuite est terminée lorsqn'en pressant entre les doigts quelques grains de savon ils se prennent en écailles minces, sèches et brillantes.

Marbrage du Savon. — Le marbrage on madrage du savon a non seulement pour but de faire gonfler les grains de savon pour leur permettre de se souder les uns aux autres, mais de répartir uniformément dans la masse le savon de fer qui produira la marbrure. Pour arriver à ce double résultat, on ajoute

largage et la cuite, qui s'effectuent successivement i peu à peu au savon des lessives salées de pins en dans les mêmes appareils. [ plus faibles ; quelquefois même on y ajoute de l'eau

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pure. On remue la masse avec des râbles en bois et on surveille attentivement l'opération, car si la quantité de liquide était trop grande, le savon se liquiderait, autrement dit le savon de fer tomberait au fond de la chaudière et produirait une marbrure inégale. Si, au contraire, la proportion d'eau ajoutée était insufBsante, le savon de fer ne pourrait se répartir également, et on aurait un savon cassant à marbrure tachetée.

L'opération qui suit la fabrication proprement dite, et qui s'appelle le levage de la cuite, consiste à puiser la pâte à l'aide de poches et à la verser dans des rigoles qui la conduisent dans de grands bassins plats, en maçonnerie, appelés mises. Là elle se solidifie en se refroidissant, et quand elle a acquis une consistance suffisante pour porter le poids d'un homme, on racle sa surface pour la rendre parfaitement plane. Quelques jours après, on découpe le savon en pains, à l'aide d'appareils à main ou d'appareils mécaniques. Quant aux lessives qui se sont rassemblées au fond des mises, elles sont évacuées par des orifices spécialement ménagés à cet efïet. Les morceaux de savon reçoivent ensuite une marque de fabrique et sont disposés verticalement dans une cuve remplie d'eau salée. Ils durcissent, et au bout de 15 à 20 jours, après séchage à l'air, ils peuvent être emballés. Au moment de la fabrication, la surface du savon est recouverte de marbrures bleues qui peu à peu disparaissent par suite d'une oxydation du savon de fer au contact de l'air. Il se forme, en effet, une croûte blanche, qui augmente d'épaisseur avec le temps et qui constitue ce qu'on appelle le manteau du savon. La marbrure du savon, obtenue ainsi que nous venons de l'expliquer, est considérée comme une garantie de bonne qualité. En effet, pour qu'elle se produise, le grain du savon doit contenir une quantité d'eau exactement déterminée. La composition du savon marbré de Marseille est la suivante : 60 à 62 Vo de matière grasse; 8 à 10 Vo de soude et sels divers; 32 à 28 Vo d'eau.

Le savon marbré se divise commercialement en : « savon bleu pâle » et en « savon bleu vif », et chacune de ces deux catégories en trois qualités : coupe ferme, coupe moyen ferme et coupe douce. Ces distinctions ont surtout de l'importance pour l'exportation. Le savon bleu vif est obtenu par l'adjonction d'une petite quantité d'ocre rouge dans le savon de fer.

Les lessives de soude à différents degrés qui sont employées dans la fabrication du savon, ainsi qu'il a été expliqué plus haut, se préparent en mélangeant de la soude brute avec de la chaux éteinte dans des proportions convenables et en lessivant ce mélange dans des appareils à double fond. Quant aux lessives salées, elles s'obtiennent en ajoutant du sel marin au mélange de soude et de chaux. Les lessives salées peuvent servir indéfiniment, puisque le sel n'agit que pour rendre le savon insoluble et n'est pas absorbé par lui. Quand elles ont cédé tout leur alcali, on les emploie pour le lessivage de la soude brute; on ne les rejette que lorsque, au bout d'un certain nombre d'opérations, elles sont trop chargées de sulfate de soude et de sulfure de sodium. Les lessives salées, qui marquent généralement de 23 à 30» B., renferment de 10 à lii Vo de chlorure de sodium et 12 à 16 Vo de soude.

Progrès accomplis dans le matériel de fabri-

cation. — De tous les perfectionnements successivement apportés au matériel de la fabrication des savons, l'un des plus importants est l'emploi de la vapeur pour le chauffage. L'utilisation de la vapeur peut être indirecte ou directe. Dans le premier cas, les chaudières sont ouvertes et munies d'un double fond dans lequel circule la vapeur destinée au chauffage ; en outre, dans l'intérieur de la chaudière, on place un serpentin mobile qui effectue le brassage du liquide en même temps que son chauffage. Ce mode de chauffage est sufTisant quand il s'agit de traiter des corps gras facilement saponifiables, tels que l'huile de palme; mais il serait difficile d'obtenir par l'emploi de la vapeur à la pression ordinaire une température assez élevée pour la saponification du suif ou de l'huile d'olive. On a essayé de saponifier les graisses, sous pression, dans des chaudières fermées ; mais ce genre d'appareils offre le grave inconvénient de ne pas permettre d'observer facilement la marche de la saponification. Il se prête d'ailleurs malaisément à certaines opérations spéciales, telles que le traitement au sel marin.

Le deuxième mode d'utilisation delà vapeur, c'està-dire le chauffage du mélange de graisse et d'alcali par la vapeur même introduite dans la masse, présente l'avantage d'utiliser toute la chaleur contenue dans cette vapeur ; mais, par contre, on s'expose à introduire une trop grande quantité d'eau par suite de la condensation de la vapeur, et on risque d'obtenir un savon gélatineux, au lieu d'un savon en grains. Pour éviter cet inconvénient, on peut surchauffer préalablement la vapeur. On prépare ainsi des savons bleus en grains ou en gelée, à volonté.

2° Savon blanc de Marseille. — Le savon blanc de Marseille se prépare comme le savon marbré, mais avec des lessives de soude non sulfurées et sans addition de sulfate de fera l'empâtage. Lorsque, après le dernier bouillage, la saponification aet complète, au lieu de lever la cuite alors que les grains de savon devenus transparents ont encore conservé leur forme, on continue à ajouter des lessives salées faibles et de l'eau pure jusqu'à ce que le savon soit liquide et se présente sous forme d'une masse bien homogène, au-dessous de laquelle se réunit la lessive salée. On laisse reposer cette masse pendant 12 à 18 heures; les savons de fer et d'alumine, ainsi que toutes les matières étrangères se rassemblent à la partie inférieure et le savon apparaît sous forme d'une masse translucide, jaune d'or. On enlève l'écume qui s'est formée à la surface et on puise le savon à l'aide de cuillers pour le couler dans les mises. On vide la chaudière jusqu'à ce qu'on soit arrivé au savon noir appelé gras, qu'on utilise pour la fabrication du savon marbré. Les mises dans lesquelles on coule le savon blanc ont une hauteur de 0 m. 10 seulement, correspondant à l'épaisseur d'une brique de savon, et sont garnies intérieurement de feuilles de papier. Au bout de quelques jours, le savon, devenu solide, peut être découpé en morceaux et emballé dans des caisses; il présente intérieurement une nuance jaune qui disparaît avec le temps : à ce moment le savon est uniformément blanc. Le savon blanc de Marseille, qui se fait avec de l'huile d'olive, ne retient jamais que les 32 à 34 Vo d'eau nécessaire à sa cristallisation. C'est le seul employé pour les travaux délicats, notamment pour le décreusage des soies.

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3° Savon blanc mousseux. — Les savons blancs destinés aux usages domestiques doivent, pour satisfaire la généralité des consommateurs, posséder la propriété de mousser. On leur donne cette propriétéen employant comme matière grasse de l'huile de palmiste mélangée ou non à de l'huile de coco ou à des graisses d'os et à un excès d'alcali. La fabrication de ce savon a donné lieu à une active importation d'huile de palmiste. Pour abaisser le prix de ce produit, certains fabricants additionnent le savon de matières étrangères (eau, talc, sulfate de baryte, silicate de soude, etc.)

4" Savons mous. — Les savons mous sont obtenus en saponifiant la matière grasse avec de la potasse. Ils ne sèchent pas à l'air, et, en absorbant l'eau, donnent une masse gélatineuse. Les corps gras employés pour leur fabrication sont généralement des huiles de graines très peu riches en principes solides et renfermant, par conséquent, beaucoup d'acide oléiqne : les huiles de lin, de chénevis, de cameline, d'oeillette, de colza et de navette sont les pins usitées. La fabrication consiste à soumettre à rébullition dans des chaudières, habituellement chanHées à feu nu, le corps gras avec des lessives faibles de potasse et à ajouter, à plusieurs reprises, des lessives de plus en plus concentrées, jusqu'à ce que la saponification soit complète. On continue rébullition pour évaporer l'eau en excès, et lorsqu'un petit échantillon de la masse, déposé sur une plaque de verre, présente, après son refroidissement, la consistance voulue, on coule le savon dans des tonneaux pour le livrer au commerce. Ce savon, brun quand on le regarde sous une mince épaisseur, doit présenter une certaine transparence. Nous avons déjà dit que les savons verts sont obtenus en incorporant dans la masse une certaine quantité de sulfate d'indigo. Les savons mous renferment toujours un excès d'alcali, avec aussi toutes les impuretés que contenaient les huiles de qualité inférieure qui ont servi à les fabriquer. On les additionne de matières ayant pour objet d'augmenter leur poids. Ils sont principalement utilisés pour le blanchissage du linge, le dessuintage des laines, le foulage et le dégraissage des draps, etc.

:j' Savon de résine ou Savon jaune. — Ce savon est obtenu en ajoutant à du savon de suif liquidé une certaine quantité d'une solution alcaline de résine, préparée en projetant dans la lessive de soude bonillante de la résine en poudre. Les deux savons étant bien mélangés, on les coule dans les mises. Ce savon, soluble dans les eaux chargées de sel marin, est surtout employé pour les savonnages à l'eau de mer.

II. Savons de Parfcmerie. — La fabrication des savons de parfumerie employés pour la toilette constitue une branche très importante de l'industrie française.

On comprend sons le nom de savons de toilette tous les savons fins parfumés et on les divise en deux sortes : les savons durs et les crèmes. Les premiers sont à base de soude, mais contiennent parfois de fortes quantités d'eau, parce qu'on exige d'an bon savon de toilette qu'il mousse beaucoup et rapidement. Quant aux « crèmes >>, ce sont des savons à base de potasse, très purs, mous et visqueux.

En .\ngleterre et en Allemagne, la fabrication des savons de toilette rentre à la fois dans la spécialité des parfumeurs et des fabricants de savons.

L'indnstrie française a, dans cette branche, dépassé de beaucoup les autres pays : nos savons de toilette possèdent une beauté et une finesse de parfum toutes spéciales.

Pour arriver à ces résultats, il faut employer des matières aussi pures que possible, des couleurs et des parfums de première qualité. Il faut également que le mélange de ces matières soit très intime. La forme et l'aspect extérieur, c'est-à-dire l'enveloppe sous laquelle le savon est mis en vente, ont dans l'espèce une importance particulière.

Fabrication des Savons de toilette. — Les savons de toilette se fabriquent en purifiant le savon ordinaire de bonne qualité par une refonte, en saponifiant à chaud le mélange de graisse et d'alcali, ce qui a lieu plus rarement, ou enfin (c'est le cas habituel) en opérant la saponification à basse température par le procédé dit « brassage ». Les circonstances locales et commerciales décident le fabricant à adopter l'une ou l'autre de ces trois méthodes:

Préparation par saponification. — On emploie généralement poar préparer la masse de la graisse de porc mêlée à de l'huile de coco (o à 20 */. de la quantité de graisse). La saponification se fait comme poar les savons industriels. On ajoute aux matières grasses ci-dessns indiquées du suif et de l'haile de palme.

Préparation par brassage. — Ce procédé, dit aassi « saponilication à froid v, a l'avantage de réunir en nne seule opération la saponification, la coloration et le parfumage. On emploie dans ce cas de la graisse de coco bien épurée. La saponification se fait à basse température en brassant continuellement la matière grasse avec une lessive concentrée de soude. On calcule exactement la proportion des deux éléments de manière à avoir un savon aussi peu canstique que possible. Quand la saponification est opérée, on ajoute les matières colorantes et les parfums en les mélangeant le mieux possible par an brassage prolongé, qui s'eô'ectae mécaniquement.

Préparation par refonte. — On procède à cette préparation en divisant en copeaux très minces, à l'aide d'une raboteuse, du savon ordinaire; ces morceaux sont ensuite placés dans nne chaudière chauffée au bain-marie, à l'eau bouillante ou à la vapeur. On n'ajoute que la quantité d'eau strictement nécessaire pour obtenir une pâte de consistance convenable, qu'on verse ensuite dans des moules en la mélangeant aux substances colorantes et odorantes.

Matériel employé. — Le matériel employé dans la fabrication des savons de toilette consiste en : machines à raboter le savon, pétrissenses, pelotenses on boudineuses (machines servant à comprimer la pâte et à la faire sortir sous forme de boudins à section circulaire, elliptique ou rectangulaire), estampeuses, formes.

Séchage et Lustrage. — Le savon, une fois estampé, est séché dans des étnves spéciales à la température de 30 à 40* ctg., puis on le soumet au lustrage, opération qui consiste à enlever au savon, à l'aide d'une lame effilée et sur toute sa surface, l'écorce qui s'y forme par le séchage. Les savons lustrés sont plongés pendant un moment dans l'esprit-de-vin: on les frotte avec la main et on les reporte à l'étuve pour les soumettre à l'estampage. Ces opérations, longues et compliquées, peuvent être remplacées par le procédé suivant : le savon . est placé dans une caisse où arrive un jet de vapeur, ce qui provoque à sa surface une décomposition chimique; il se recouvre alors d'une couche brillante, qui ressort quand on le frotte avec an chiffon de laine.

Emballage. — L'emballage des savons de toilette a nne grande importance commerciale. Les fabriques

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de savons de Paris et des environs, qui produisent des articles de premier choix, les emballent avec un tel luxe, que souvent la valeur de l'enveloppe dépasse celle du contenu. Ces emballages sont ornés d'impressions en or et en couleurs riches et sont formés de papiers fins. En tout cas, au point de vue de la conservation de la marchandise, il convient d'employer, pour l'emballage, un papier très compact, résistant et satiné, ou bien encore une feuille d'étain. On empêche ainsi la volatilisation ou l'altération des parfums délicats au contact de l'air. Dans le même but, on conserve les savons dans des boîtes bien fermées, chaque boîte ne contenant que des savons ayant le même parfum.

Matières colorantes. — Les couleurs employées dans la fabrication des savons de toilette se divisent en deux groupes : les couleurs solubles et les couleurs insolubles. Dans le premier groupe se trouvent les couleurs d'aniline, qui donnent, à un prix modique, toutes les teintes désirables et qui se dissolvent dans l'eau sans laisser de résidu. Voici les principales couleurs employées :

Couleurs rouges : rouge d'aniline, solution de cochenille, cinabre, minium, rouge de chrome, colcothar (rouge d'Angleterre).

Couleurs jaunes : extrait de cnrcuma ou de safran, jaune de chrome (chromate de plomb), acide picrique. Couleurs bleues : bleu d'aniline, carmin d'indigo. Pour colorer en brun on emploie du cacao en poudre très fine ou du caramel ; pour colorer en noir, du noir de fumée en poudre impalpable; le vert s'obtient avec du vert d'aniline ou en mélangeant du carmin d'indigo avec de l'acide picrique, ou enfin avec du vert de chrome (oxyde de chrome) ; l'orangé, avec un mélange de couleurs jaunes et rouges; le violet, avec un mélange de rouge et de bleu. Le marbrage se fait mécaniquement, en remuant avec une spatule le savon liquide dans le moule avec la matière colorante en dissolution ou en poudre.

Parfums. — Bien que les huiles essentielles puissent être ajoutées directement au savon, on préfère les dissoudre d'abord dans de l'alcool et ajouter cette dissolution au savon, parce qu'on obtient ainsi un parfum beaucoup plus rapide et plus régulier.

Spécialités des Savons de toilette. — Les savons de toilette se divisent en plusieurs spécialités, savoir : la poudre de savon, les boules de savon, les savons transparents, les savons de glycérine, les savons mousseux, les savons à barbe et les savons liquides ou émulsions :

La poudre de savon se prépare avec des savons durs contenant peu d'eau et le moins possible d'alcali libre. On transforme mécaniquement ce savon en rubans d'un millimètre d'épaisseur, on sèche ces rubans à l'étuve, on les pulvérise dans des mortiers de marbre et on passe la poudre dans des tamis fins. La poudre de savon gonflant au contact de l'air humide, il faut la conserver dans des boîtes de fer-blanc ou dans des flacons de verre bouchés à l'émeri.

Les boules de savon peuvent se faire avec n'importe quel savon, mais on emploie généralement des savons marbrés. On fabrique également des boules transparentes. La forme en boule est obtenue au moyen d'une estampeuse, ou d'un moulage à la main en se servant du couteau à peloter.

Les savons transparents se distinguent en durs et mous. On obtient un savon d'une transparence parfaite en faisant dissoudre dans de l'alcool concentré un savon très sec et en faisant évaporer lentement cette dissolution lim-

pide préalablement colorée et parfumée. Les savons durs au suif ou les savons de résine de bonne qualité se prêtent tout particulièrement à cette fabrication. Mais tout simple que paraisse ce procédé, il présente dans la pratique des diflîcultés qui exigent une certaine habileté. Les savons transparents, une fois secs, ont une apparence mate et sans éclat; on les rend brillants en les plongeant dans de l'alcool concentré, puis en les frottant avec de la flanelle.

Les savons mous transparents se préparent de la même manière que les précédents.

Les savons de glycérine peuvent se faire de deux manières : ou bien fondre avec beaucoup de précautions le savon au bain-marie, ajouter le moins possible d'eau et y mêler en remuant une certaine quantité de glycérine, puis laisser figer la masse; ou bien procéder comme pour la fabrication des savons transparents avec de l'alcool, en modifiant toutefois le procédé en ceci, qu'on ajoute la glycérine quand la solution de savon est terminée et qu'on distille la majeure partie de l'alcool en le faisant refroidir dans un réfrigérant spécial. On peut aussi obtenir des savons de glycérine par saponification directe, procédé simple et économique.

Les savons mousseux se distinguent par leur faible poids et le grand nombre de bulles d'air qu'ils contiennent. On introduit cet air en battant la masse du savon de manière à produire une mousse épaisse. Cette écume est versée dans les moules, où elle se solidifie.

Les sav07is à barbe sont généralement à base de potasse; ils s'emploient soit à l'état de savons solides (pâtes à raser), soit à l'état liquide, c'est-à-dire en solutions.

Les émulsions ne sont pas, au point de vue chimique, de véritables savons, mais elles les remplacent. Elles se composent d'huiles grasses, principalement d'huile d'amandes fraîchement pressées mélangée d'une petite quantité de savons de glycérine et d'un peu de solution de potasse.

Analyse des Savons. — L'analyse exacte d'un savon ne peut être faite que par un chimiste; mais des opérations assez simples, ne nécessitant pas un laboratoire, permettent de se rendre compte de la quantité des acides gras et des alcalis contenus dans un savon, ainsi que de la proportion d'eau qu'il renferme.

Parements. — On désigne sous le nom de parements les compositions qui servent à encoller ou à parer les fils destinés au tissage, afin de les rendre moins résistants à l'action du peigne, et à apprêter les tissus, c'est-à-dire à leur donner du corps ou du brillant.

Les parements les plus employés sont composés en grande partie de savon : ainsi les adoucissants au lichen, au savon et décoction de lichen, de fucus ou de mousse du Japon (ta-o) ; les adoucissants sans lichen, au savon et à la glycérine, à la gélatine ou autres corps gras.

Production. — La fabrication des savons occupe en France au moins 400 usines réparties dans les divers départements, mais surtout dans les Bouches-du-Rhône, la Seine et le Nord. On évaluait, il y a quelques années, la production du savon en France à 130 millions de kilog., dont la moitié provenait du département des Bouches-du- Rhône.

Douane : Droits d'entrée en France. — Les droits d'entrée en France des savons sont ainsi établis par la loi dn M janvier 1892, par 100 kilog, :

Savons autres que transparents : poids net, 12 f r. (T. G.}; poids brut, 8 fr. (T. M.).

Savons transparents, à base d'alcool on de sucre : poids net, 60 fr. (T. G.); poids net, 40 fr. (T. M.). — Autres : poids net, 12 fr. (T. G.); poids brut, 8 fr. (T. M.).

Savons autres alcooliques : l'hectol. d'alcool pur, 100 fr. (T. G.), 80 fr. (T. M.).

Savons autres non alcooliques : poids net, 15 fr. (T. G.); poids net, 12 fr. (T. M.).

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Savons antres que de parfumerie : poids brnl, Slr.aax deux tarifs.

Obserrations sur l'application de ces droits. — Les droits des savons transparents à base d'alcool on de sucre comprennent les taxes intérieures afiérentes an sacre et à l'alcool employés à la fabrication de ces produits. Ces droits sont également applicables à l'Algérie.

Le savon du D' Ricard (savon transparent à l'alcool pour toilette) suit le régime des savons transparents à l'alcool.

Sont taxés comme savons transparents à l'alcool : les couches minces de savon transparent réunies en carnets et destinées aux usages de la toilette.

Les savons de toilette en pains on en boules, en poudre, en pâte (crèmes de savon, pâtes de savon) ou même à l'état liquide (savons liquides parfumés), sont traités de la même manière au point de vue des droits.

Le tarif traite uniformément tous les savons antres que de parfumerie, qu'ils soient en blocs, en morceaux, en boules, en poudre ou à l'état liquide.

On traite comme savons proprement dits : les solutions aqueuses et les émulsions de savon pour l'ensimage des laines, les huiles émulsionnées au moyen d'un alcali avec addition d'eau, les corps gras partiellement saponiGés, les mélanges de savon et de lessive alcaline et, en général, tout savon incomplètement fabriqué.

Les tarifs assimilent, an point de vue de la perception des droits, aux savons antres que de parfumerie, les compositions ci-après :

Huile crème pour le graissage (huile grasse émnlsionnée par de l'ammoniaque). — Oil patent solnble (composé de 30 •/. de savon et 70 7. d'eau). — Pâte pour le nettoyage de la sellerie (10 '!, de cire et 75 7. de savon). — Savons minéraux à base de silice. — Savons pour le dégraissage des laines. — Savons pour la préparation des peaux : saponification d'un mélange d'huile et de graisse légèrement parfumée. — Pâtes pour le nettoyage des métaux, des gants, des culottes de peau, formées d'une matière minérale agglomérée avec du savon. — Oléophine : mélange d'acide oléiqne et de savon, pour l'ensimage des laines. — Savons pour nettoyage des tissus : composition d'acide oléique. d'ammoniaque, de benzine avec de l'essence de pétrole. — Savons pour le blanchiment des laines : cristal, savon azuré et autres. — Karéoline : émnlsion d'huile végétale avec une solution de sonde. — Carbolic désinfectant : composé de savon, de carbonate de soude et d'acide phénique. — Les mélanges de savon de résine et antres avec de l'hoile de honille. — Savon mou pour préparation des fils de coton destinés à la broderie mécanique : mélange de cire jaune saponifiée et de potasse. — Mélanges de goudron, de savon de résine et d'oléate de potasse employés pour le lavage des moutons. — Cirage pour poêles : mélange de plombagine et de saron ordinaire. — Hydroléine : mélange d'oléine et d'alcali caustique. — Gélatine spéciale : matière sèche à base de savon de soude, employée pour la fabrication du savon mou. — Carbolacine : désinfectant formé d'une dissolution d'hnile lourde de houille et de savon colorée par une teinture dérivée de la houille. — Mildiol : savon de résine dissous dans l'huile de honille. G. DUMOXT.

Commerce extérieir de la Fr.vsce. — Les Tableaux du Commerce extérieur de la France donnent les valeurs suivantes des import, et export. (C. S.) des savons pour les années 1867 à 1896. par périodes décennales et moyennes annuelles, en milliers de fr. :

1867-76 1877-86 1887-96 imp. Exp. Imp. Eip. Imp. Eip.

Savons de p»rfamene|1.950.6|12.768,4|1.062,9|l.â81,2|3:9,l|2.472 » Aatresqaedeparfam.! 131,51 9.724,31 192,618.567,01200,517.726,7

Depuis 1893. les statistiques officielles distinguent les savons de parfumerie en transparents et non transparents ; et depuis la même année elles séparent des « savons autres que de parfumerie » les < parements au savon et autres pour l'apprêt des fils et des tissus >.

Le haut chiffre des export, des savons de parfumerie pour la période 1867-7G tient à ce que, dans cette période, ces savons sont confondus avec les antres articles de parfumerie.

Voici maintenant le mouvement des Import, et export. (C. S.) des savons pour les années 1897 et 1899, en kllog. : 1897 189»

Imp. Exp. Imp. Esp.

Savons de parfamerie :

Transparents

Autres

Autres que de parfumerie Pareinenis au savon

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