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DOUANES

Les colis ainsi exportés de l'intérieur sont plombés, -et ils ne sont point ouverts de nouveau à la frontière, pourvu qu'ils sortent du territoire par le bureau des douanes qu'indique l'acquit des droits ou le passavant qui a été délivré par la douane de l'intérieur et qui doit les accompagner, et pourvu que le plomb soit, d'un autre côté, reconnu intact.

11 n'existe plus, depuis longtemps déjà, de droits de sortie, et les prohibitions desortie se réduisent à deux articles : les contrefaçons de librairie, prohibées par mesure de police à l'entrée, comme à la sortie, en transit et à l'entrepôt ; 2» les ciiiens de forte race, dont l'export. est interdite par les frontières de terre seulement. Cette prohibition a été édictée en vue de mettre obstacle à la contrebande, qui s'effectue, à l'import., à l'aide de chiens que l'on conduit de France à l'étranger, et que l'on renvoie ensuite en France après les avoir chargés de marchandises prohibées ; elle est sanctionnée par les mêmes peines que la contrebande faite à l'import. (L. 28 avril 1816, art. 41 et suiv. ; L. 7 mai 1881, ■art. 1"; Pallain, les Domines françaises, \, n''302 et II, n» 2635.)

KXI'OSITIOXS D'ÉCII.VIVTILLOXS. Il se tient pé riodiqnement à Leipzig une Exposition dite « foire -d'échantillons », où se rencontrent des négociants venus, non seulement des autres parties de l'Allemagne, mais du reste de l'Europe, d'Amérique et d'Australie. Les principaux articles qui y figurent sont: les porcelaines, les majoliques, les faïences, les poteries, les cristaux, la verrerie, les bronzes, les objets en fonte, en zinc, en aluminium, en alfé- ■nidp, en nickel et en tout autre métal ; les articles en cuir, les albums de photographie, les articles en bois, en papier; les bijoux, les japoneries et chinoiseries, les fleurs artificielles, les poupées et les jouets de toute sorte, les ustensiles de cuisine et de ménage ; les objets d'optique ; les savons et la parfumerie; les cannes, les manches de fouet, etc. ; la quincaillerie et les bibelots d'autre nature.

La ville loue des boutiques pour le dépôt et l'exposition des échantillons ; mais elles sont relativement peu nombreuses, et beaucoup de négociants s'installent dans des chambres d'hôtel, dont le prix varie de 135 à 450 marks pour la durée de la foire; d'autres se procurent, par voie d'annonces dans les journaux, des chambres dans des maisons particulières ou encore des parties de devanture dans certains magasins.

La Chambre de commerce de Leipzig tient un livre d'adresses spécial, Leipziger MessAdress-

buch, où elle inscrit gratuitement les négociants qui se sont assurés d'un local ; ce livre est publié dans la quinzaine qui précède l'ouverture de l'Exposition.

Les principaux manufacturiers des États-Unis d'Amérique vont inaugurer une autre sorte d'exposition d'échantillons. Ils se préparent à fréter ou acheter à frais communs un grand navire avec cabines luxueuses pour 100 pas.sagers de première classe ; dans un vaste salon aménagé sur le pont sera une véritable exposition, un certain espace y étant accordé à chaque manufacture pour les échantillons de ses produits. De puissantes machines fourniront la force motrice utilisable et l'éclairage électrique.

Ce navire, ainsi transformé en exposition flottante, i visitera les principaux ports du Mexique, du Gnatémala,du Honduras, du Nicaragua, de Costa-Rica, de la Colombie, du Venezuela, des Guyanes, du Rrésil, de l'Uruguay, de la République Argentine, du Chili, du Pérou et de l'Equateur. On évalue de 5 à 7 D. par jour la dépense de chaque participant, y com- ' pris la nourriture et la cabine.

Si cette innovation obtient quelque succès, le navire exposant ira visiter les îles Hawaï, les Philippines, le littoral de la Chine et du Japon.

Une lettre adressée de Buenos-Ayres au British Trade Journal (mai 1899) dit qu'un groupe de maisons américaines arrivent à un gros chilire d'affaires par l'exposition préalable daus de grands locaux de Buenos-Ayres des produits qu'elles vendent. Les négociants américains résidant dans l'Argentine se mettent en relations avec une maison de premier ordre de New-York, pouvant obtenir des marchandises et leur envoyer, pour être exposées à Bnenos-Ayres, à titre d'échantillons, des coffresforts, des machines et des instruments agricoles, des bicyclettes et une quantité d'autres produits. C'est sur le vu de ces échantillons que se font les transactions et que sont données les commandes. Ce système a l'avantage de faire connaître aux commerçants argentins des articles qui n'auraient jamais été vendus par les voies ordinaires, mais il a l'inconvénient d'augmenter les prix, à cause du nombre des commissions à payer avant que la marchandise n'arrive au consommateur.

EXFOSITIOXS IiXDl'STlUKLLES. Sommaire : I. Historique. — II. Organisation administrative et financière des Expositions oflicielles internationales en France. — III. Organisation intérieure des Expositions oflicielles internationales en France. — IV. Expositions privées en France. — V. Hégime douanier et fiscal des Expositions en France : transports, propriété industrielle. — VI. Expositions de l'industrie française à l'étranger. — VII. Délégations ouvrières au.\ Expositions. — VIII. Récompenses décernées à la suite des Expositions.

I. HisToniQUE. — Les expositions industrielles sont d'origine contemporaine. Elles ont accompagm'' et, en quelque sorte, illustré les grands développements pris en ce siècle par l'industrie manufacturière. Elles ont révélé au public les résultats du mouvement industriel, en même temps qu'elles consacraient la réputation scientifique et commerciale de ses initiateurs.

Si l'on met de côté une Exposition partielle tenue à Prague en 1791, c'est en France qu'il faut chercher la première généralisation des Expositions industrielles. L'honneur paraît en revenir au Ministre

EXPOSITIONS INDUSTRIELLES

EXPOSITIONS INDUSTRIELLES

de l'Intérieur, François de Nenchàtean, qai ouvrit à Paris l'Exposition de l'an VI.

Dans sa pensée, ces Expositions, excinsivement nationales, devaient être annuelles. Mais elles ne purent, en réalité, se renouveler chaque année. Les événements politiques d'abord, puis la difficulté croissante de réunir à des époques aussi rapprochées des nouveautés industrielles capables de piquer la curiosité publique firent espacer davantage ces revues périodiques. Les dernières Expositions officielles nationales, de 1834 à 1849, se suivirent seulement de cinq ans en cinq ans. Les grandes Expositions internationales qui leur ont succédé ont été séparées par des intervalles de onze à douze ans.

Le rapprochement des nations européennes, le perlectionnement des moyens de transport, la pénétration réciproque des marchés devaient, en effet, élargir le cadre primitif des Expositions nationales, rapidement emprunté à la France par la plupart des pays industriels, et provoquer des concours entre producteurs de toutes nationalités. Il semble que la France ait, ici encore, pris les devants, en agitant la question lors de la préparation de son Exposition de 1849. Toutefois, si l'idée put être considérée comme française, c'est à l'Angleterre qu'appartint sa réalisation.

L'Exposition tenue à Londres en 1851 et où la France comptait d'ailleurs, après l'Angleterre, le plus grand nombre d'exposants, ouvrit l'ère des grandes Expositions internationales. L'Exposition de New- York, en 1853, et surtout celle de Paris, en 1835, attestèrent de façon définitive le succès de cette tentative, malgré les difficultés de tout ordre qui avaient d'abord paru devoir l'entraver.

Ce n'est point le lieu de discuter les avantages et les inconvénients des grandes Expositions. Il suffit ici de constater par quelques chiffres leurs succès grandissants.

Si l'on recherche le nombre des exposants venus au X principales Expositions d'État ouvertes en France, à titre national, jusqu'en 1849, et à titre international depuis 1855, on relève la progression suivante :

Années Exposants jVnnées Exposants

lSi9 i.532 1889 61.722

On retrouve une augmentation non moins caractéristique dans les surfaces occupées par les Expositions successives et dans le nombre des visiteurs, gratuits et payants, qu'elles ont attirés.

C'est dire que, malgré les prédictions pessimistes lancées depuis 1867 au lendemain de chaque grande Exposition, et toujours démenties jusqu'ici par le succès de l'Exposition suivante, la vogue des Expositions, notamment des Expositions internationales, ne semble pas près de décroître ; il peut être dès lors intéressant d'étudier brièvement leur organisation et leur fonctionnement.

II. Organisation administrative et fi.nancière Il ES Expositions officielles internationales en Krance. — « Le public, écrivait Jules Simon dans son Rapport général sur l'Exposition de 1878, ne se rnnd pas compte des difficultés que rencontrent les organisateurs d'une Exposition. C'est son affaire à lui de voir le résultat et d'applaudir ou de siffler: il

Inquiète fort peu de ce qui se passe sur la scène

ant le lever du rideau. »

C'est, au contraire, la préparation de la scène qu'il convient de retracer ici à grands traits.

Organisation administrative. — La première question qui se pose est celle de la direction administrative de l'Exposition projetée. Quatre systèmes ont été successivement employés, qui, suivant les circonstances où on y recourt et surtout suivant les personnes appelées à les mettre en jeu, peuvent tour à tour mériter approbation ou critique.

Le premier, appliqué au début de l'Exposition de 1855 et inspiré par les mesures prises pour l'Exposition de Londres en l&jl, remettait toute la direction à une Commission impériale, déléguant ses membres à la tête des principaux services, délibérant et agissant à la façon d'un conseil d'administration de Société industrielle ou financière.

Le deuxième, celui de l'Exposition de 1867, tout en laissant le pouvoir de décision à une Commission indépendante, déférait le pouvoir exécutif à un Commissaire général nommé par le Gouvernement.

Le troisième, appliqué pour l'Exposition de 1878 et repris pour celle de 1900, confie toute la direction à un Commissaire général placé sous l'autorité du Ministre compétent, mais muni des pouvoirs les plus étendus, et maître, en définitive, de presque toute l'initiative et de toute l'exécution.

Dans le quatrième système, expérimenté pour l'Exposition de 1889, le Ministre du Commerce relie le titre et les pouvoirs du Commissaire général et ne délègue ces pouvoirs aux chefs de servie* nommés par lui que dans la mesure où il le juge utile à la marche des affaires. Il assume ainsi, devant l'opinion comme devant le Parlement, toute la responsabilité de l'entreprise.

Organisation financière. — La direction administrative constituée, il faut chercher les voies et moyens d'exécution et établir le budget de l'Exposition. Les chapitres de dépenses se forment comme d'eux-mêmes et tous les efforts portent sur leur réduction, non sans provoquer les railleries ou l'indignation des auteurs de projets et des faiseurs de rêves qui voient tout o en grand ». Les chapitres de recettes sont de préparation plus malaisée et, quelque sérieuse et scrupuleuse que soit cette préparation, ils laissent fatalement place à un aléa considérable, le principal élément de recettes, c'està-dire le produit des entrées payantes, échappant à toute prévision certaine. A qui incombera le poids de cet aléa que la subvention de la municipalité vient réduire, mais ne peut écarter? C'est la question financière qui se pose dès qu'on entreprend une grande Exposition.

La première combinaison qui vient à l'esprit, non comme la meilleure, mais comme la plus commode, c'est de laisser au budget général de l'État la charge éventuelle des mécomptes de rendement. Ce procédé sommaire a été pratiqué pour les Expositions de 1855 et de 1878 ; s'il ménage au Trésor le bénéfice aléatoire des plus-values possibles, iV le laisse toujours à la merci d'assez lourdes déceptions dans les recettes, sans compter les exagérations de dépenses auxquelles peut se trouver entraînée une gestion sans autre contrepoids que le tardif contrôle budgétaire.

La seconde combinaison, qui peut revêtir, du reste, des modalités variées, a été appliquée aux Expositions de 1867 et de 1889 et a été reprise, sous une forme différente, pour l'Exposition de 1900. Elle

EXPOSITIONS INDUSTRIELLES

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consiste essentiellement à mesurer dès l'abord le sacrifice que l'État, comme la municipalité, veut s'imposer et sans lequel la réalisation d'une grande Exposition serait presque impossible. Ce sacrifice consenti et défini, l'aléa de l'équilibre entre les dépenses fixées et les recettes prévues se trouve préalablement couvert par des souscriptions de garantie. Coût des Expositions. — Il est assez difficile de dresser le bilan exact des diverses Expositions, parce que la liquidation en est souvent mêlée à des opérations connexes, et parce que, même dans les premiers frais d'installation et de construction entrent toujours des frais supplémentaires occasionnés par des travaux d'édilité ou de constructions permanentes, dont le besoin se prolonge après l'Exposition et qui, en comptabilité rigoureuse, ne devraient point grever son budget. Cette réserve faite, et sans attacher dès lors une signification trop précise aux chiffres, on constate que le coût des quatre grandes Expositions ressort, en nombres ronds, aux sommes suivantes, d'une part, pour la dépense totale, et, d'autre part, pour la charge définitivement supportée par le budget de l'État :

Expositions Dépense totale Charge budgétaire

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