à Lyon intra muros et 50.000 dans la région
avoisinante. En outre, elle a à son service 30.638
i métiers mécaniquesenviron, dont voici la répartition
SOIERIES, TISSUS DE SOIE
SOIERIES, TISSUS DE SOIE
Ain 1.213
Ardèche 1.710
Drôme 1.310
Isère 1S.3I3
Loire 4.691
Puy-de-Dôme 80
Khône
Saône-et-Loire ...
Savoie
Haate-Savoie
Total.
Les métiers à bras restés intra muros sont généralement la propriété des ouvriers. Des efforts sont faits pour transformer une partie de cet outiltage en métiers mécaniques actionnés par la force électrique. Quant aux métiers à bras disséminés dans Ja région lyonnaise, ils appartiennent en partie à quelques maisons de fabrique de Lyon qui ont des comptoirs dans les campagnes, et en partie à des entrepreneurs de tissage à façon.
Il en est de même des métiers mécaniques, qui 4ans le tableau ci-dessus appartiennent : 10.000 à 12.000 aux fabricants et 18.000 a 20.000 aux usiniers à façon.
Le métier mécanique, dont on a commencé à se servir d'une façon appréciable en 1860, a conquis une place importante dans les moyens de produc- .tion. L'ancienne organisation a influencé la nouvelle, «D ce sens que le fabricant préfère, tout d'abord, que les usines de métiers mécaniques appartiennent à ■des tâcherons, des façonniers, de manière à pouvoir, comme précédemment, suspendre la production sans risque trop grand pour lui quand la consommation baisse.
Ces considérations ont un côté faible, parce qu'en cas de reprise d'activité les fabricants qui n'ont pas ^l'usine ou qui, par un travail continu, ne se sont pas assuré la disposition des métiers, peuvent être exposés à payer des prix de façon très élevés pour le tissage des commissions qu'ils auront à faire exécu- •ter, et par suite à être en infériorité à l'égard des fabricants mieux outillés.
III. Conditions du travail. — Les conditions diffèrent suivant que le fabricant de soieries traite : a) avec des ouvriers demeurant à Lyon et propriétaires de leurs métiers ; b] avec des ouvriers et ouvrières qu'il occupe dans des usines ou ateliers; c) avec des usiniers entrepreneurs de tissage à façon.
Dans tous les cas, le fabricant fournit les matières premières (chaîne, trame) au tisseur, qui rend l'étoffe tissée suivant les instructions données par le fabricant. Le prix de façon est payé au mètre courant. Voici les usages du Conseil de prud'hommes de Lyon (soieries), qui, tout en ne pouvant avoir la valeur impérative d'un texte de loi, n'en constituent pas moins le code du travail de la soierie à Lyon. Il nous paraît intéressant d'en résumer les parties principales :
Le fabricant est tenu d'inscrire sur le livre du chef d'ate. lier, en tontes lettres, et de répéter en chiffres le montant des sommes portées en compte d'argent. Les matières peuvent n'être mentionnées qu'en chiffres. Tout travail donné à un chef d'atelier doit être accompagné d'une disposition (la disposition est la description, le plan de l'étoffe à tisser). Cette disposition reste sans valeur pendant un jour au moins et trois jours au plus, pour permettre an chef d'atelier de se rendre compte du prix de façon à de- .mander. Tonte disposition remise à un chef d'atelier pour faire le montage d'un métier donne droit, d'après les usages de la fabrique, à une somme de façon égale à di.\ fois le chiffre des frais occasionnés; ainsi, en les supposant de 30 fr., le montant des façons à exiger est de 300 fr. Dans le cas où cette proportion ne serait pas atteinte, le chef -d'atelier est fondé à se faire allouer la différence entre le Amontant de ses frais et le dixième des façons effectuées. Tout temps perdu par la faute du fabricant est dû au chef
d'atelier. Il n'est du aucuns frais de montage si la disposition garantit au chef d'atelier un nombre déterminé de mètres à tisser. L'action en payement des frais de montage se prescrit six mois après la livraison de la dernière pièce rendue, sauf s'il s'agit d'omissions on d'erreurs de chiffres. Il est défendu au fabricant et au chef d'atelier, sous peine de dommages-intérêts, de lever une pièce en cours de tissage pour n'importe quel motif, à moins de consentement réciproque ou d'autorisation du Conseil. Les expertises provoquées par la mauvaise qualité des matières ou par toute autre cause sont faites par deux membres du Conseil. Les conditions arrêtées à l'occasion du tissage d'une pièce ne peuvent être modifiées que du consentement des parties. Le chef d'atelier a le droit d'assister au métrage de la pièce par lui rendue. Tout chef d'atelier qui fait des échantillons a droit à une indemnité, qui, à défaut de conditions spéciales, est appréciée par le Conseil. Quelque défectueuse que soit la fabrication d'une étoffe, le fabricant ne peut en réduire la façon de plus de moitié, sauf cas exceptionnels déférés au Conseil. Les usiniers etcontremaîtres, étant considérés comme des entrepreneurs de tra^ vail, ne peuvent bénéOcier de ces dispositions. Le chef d'atelier a droit à 13 gr. de tirelle par pièce {l'extrémité de la pièce). Il rend les peignes ou fins de chaînes. Le taux des déchets est le suivant :
Soies crues, cuite, souple et couleurs 3 1/37.
— noires souples 4 —
Gros noirs 4 1/2 —
Coton, marabouts et grenadines 3 1/3 —
Fantaisie (schappe) en écheveaux 3 1/3 —
— — en fuseaux 2 —
Laines, cordelines 3à4 —
Lorsque le chef d'atelier est en solde, c'est-à-dire qu'il a fait un déchet excédant le taux alloué, il paye cet excédent; s'il est en avance, c'est-à-dire s'il n'atteint pas le déchet qui lui est accordé, le fabricant paye la différence.
Quand le chef d'atelier emploie un compagnon, il lui doit, à défaut de conditions spéciales, la moitié de la façon qui lui est comptée par ce fabricant. Les comptes se règlent à la fin de chaque pièce. Le chef d'atelier fournit le métier monté; il ne doit ni éclairage, ni logement, ni nourriture. Le compagnon doit payer la moitié du salaire aux personnes employées comme auxiliaires à la confection de l'étoffe (lanceurs, tireurs de fer, remetteuses).
La huitaine est de dix jours ; elleestde quinze jours pour les employés qui sont engagés au mois; elle est d'un mois pour ceux engagés à l'année. Les dévideuses, ourdisseuses et autres personnes nourries chez le chef d'atelier, qui le quittent sans avoir donné le congé, lui doivent le gage ou le salaire de la huitaine; si ce sontelles, an contraire, qui sont renvoyées sans avertissement, elles ont droit au double du gage ou du salaire. Les personnes travaillant à la journée n'ont pas droit à la huitaine.
L'apprentissage est réglé par la loi du 22 février 1831. La durée est de: quatre ans pour les étoffes façonnées et articles à disposition; trois ans et demi pour les tissus unis, taffetas, satins, velours; trois ans pour le dévidage et l'ourdissage.
Tout apprenti est tenu de remplacer, à la fin de l'apprentissage, le temps perdu par suite de maladie ou d'absence ayant duré plus de quinze jours.
Les relations avec les usiniers tisseurs à façon sont régies par des conventions préalablement faites entre fabricants et usiniers. S'il s'agit de tissus teints en flottes, c'est-à-dire dont la chaîne et la trame sont teintes avant tissage, les conditions sont à peu près les mêmes que celles faites avec les tisseurs à bras de Lyon. S'il s'agit de tissu écru, dit teint en pièce, c'est-à-dire dont la chaîne et la trame sont écrues et qui ne seront teints qu'après tissage,^ l'usinier reçoit ordinairement du fabricant la soie écrue efl balle; il la dévide, l'ourdit, la tisse. La trame, ordinairement en coton, forme un compte à part.
Les nsages, en ce qui concerne le déchet des matièr pendant les diverses manipulations: dévidage, ourdissage tissage, ne peuvent être définitivement fixés. Les taux val rient naturellement suivant les genres et la nature de soies, car certains genres de soie produisent à poids éga| une quantité de déchet bien supérieure à la moyenne.
SOIERIES, TISSUS DE SOIE — 1341
SOIERIES, TISSUS DE SOIE
Ajoutons qne le tanx de déchet accordé anx tisseurs à bras avait une raison, en ce sens que si le fabricant rachète les déchets, c'est pour éviter que l'ouvrier conserve à sa disposition des matières qui peuvent servir à alimenter un commerce illicite : le piquage d'onces.
Le piquage d'once est un vol qui consiste à prélever, sur la soie remise par le fabricant aux divers manipulateurs qn'il emploie pour la transformer en tissus, de petites flottes ou matteanx. Ces petits larcins, en se multipliant d'une manière journalière, arrivaient à former des quantités assez importantes pour que des receleurs en fissent un véritable commerce, qui, naturellement, causait le plus grand préjudice aux négociants honnêtes. Cette plaie de la fabrique de soieries suscita tant de plaintes, qn'en 1843 une Société se fonda ponrgarantir ses membres contre ce préjudice. Les primes accordées par la Société encouragèrent la police, dont les agents furent sans cesse en éveil. Cette Société, pendant longtemps, distribua des primes abondantes, coopéra à l'obtention de sévères condamnations. Aujourd'hui elle continue sa tâche, mais celle-ci est moins importante, attendu que le piquage d'once ne sévit plus comme autrefois.
Les étoSes après tissage sont rapportées an fabricant.
Le prix de façon se paye au mètre et varie solvant la largeur de l'étoffe (le nombre de fils de chaîne), la réduction, on nombre de fils de trame entrant dans un centimètre de tissa, le nombre de lats on couleurs différentes.
Le tissu, an sortir du métier, n'est pas mis directement en vente. 11 subit généralement une ou plusieurs des opérations suivantes :
Le cyliiidrage, qui a pour but de donner de la souplesse au toucher, de rendre la surface lisse et brillante, enfin de tendre l'étoffe. Ces résultats s'obtiennent en faisant passer le tissu entre deux cylindres de métal qui sont ordinairement chauffés.
Le grillage et le rasage enlèvent le duvet qui fait saillie, ce qui est un défaut de netteté.
Le polissage donne du moelleux au toucher et du brillant à l'aspect. Il s'obtient par le frottement répété de lames d'acier entrecroisées.
L'encollage et le goni mage rendent le tissu rigide.
Le gaufrage est l'incrustation d'un dessin tracé en relief sur un cylindre.
Le moirage s'obtient par l'écrasement partiel de la trame, lequel entraîne une réflexion de Inmière différente de celle du tissu uni.
L'étendage a pour but de conserver on de rendre à un tissu sa largeur.
Toutes ces opérations sont faites par les soins d'industriels particuliers qui, par la spécialisation de leur industrie, sont arrivés à une perfection rare.
IV. Vente des Tissus. — La vente des tissas n'a plus le caractère qu'elle avait autrefois. En effet, précédemment le fabricant lyonnais attendait généralement l'acheteur à Lyon. A peine le fabricant allaitil une ou deux fois par an à Paris, et quelques-uns, une fois ou deux dans leur vie, allaient à l'étranger, à Londres ou à Xew-York.
Aujourd'hui il n'en est plus ainsi : les acheteurs viennent sans donte toujours à Lyon, mais nullement dans les mêmes conditions : ils viennent surtout se renseigner, examiner les échantillons. La plupart des fabricants font de fréquents voyages à
Paris, y soumettent leurs créations, les modifienC suivant les réflexions de leurs clients, — et c'est de cette coopération à peu près continuelle que sortent les tissus que réclamera ensuite la mode.
L'étoffe terminée est remise soit au commissionnaire-expéditeur poar l'étranger, qui l'envoie un peu dans toutes les parties do monde, soit dans les succursales de Paris on chez leors représentants. Il y a deux sortes de maisons se partageant la vente à Paris et à l'étranger : les maisons de gros,qai donnent des commandes importantes parce qu'ellesécoulent un plus grand assortiment d'étoffes et foornissent les maisons de détail, qui sont, elles, en contact direct avec la consommation ; les maisons de détail faisant assez d'affaires pour acheter directement en fabrique.
La fabrique lyonnaise vend aussi directement à la couture de Paris, mais le plus souvent par l'intermédiaire de la maison de gros, qui, outre l'aidetechnique qu'elle donne anx maisons de confection, prête aussi un concours financier non négligeable. Les maisons de couture sont, en général, assez mal ou plutôt très irrégulièrement payées par leur clientèle : c«s complaisances obligées des maisons de gros pour la couture ont leur répercussion sur la fabrique qui vend aux maisons de gros.
Les maisons de gros et les importantes maisons de détail de Paris ou de l'étranger ont, soit des comptoirs d'achat à Lyon, soit un employé, un correspondant ou un commissionnaire-expéditeur responsable vis-à-vis de la fabrique et contribuant à diminuer ses risques dans les affaires avec l'étranger et avec la clientèle de second ordre.
Le représentant se charge de la défense des inrêts des acheteurs, du choix des marchandises, et s'il s'élève un litige à leur réception, le commissionnaire le discute tout de suite et termine à l'amiable des différends qn'il serait impossible de régler de loin par correspondance. Un grand nombre de maisons se servent simplement de représentants, courtiers en marchandises qui n» sont pas responsables vis-à-vis de la fabrique, qui vérifient les marchandises , en opèrent la réception , l'expédient. Souvent un seul représentant achète pour plusieurs maisons. Enfin, un certain nombre de maisons de fabrique ont établi des magasins de vente directe à la consommation à Paris, à Berlin, à Londres; mais cet exemple n'a pas été généralement imité.
Modes de payement. — 11 n'y a pas de règle fixe; les conditions sont débattues entre acheteur et vendeur lors de la conclusion de chaque affaire. Voici qnels sont les termes le plos généralement .pratiqnés :
En dehors de la vente au comptant, qui n'a pas besoin d'explication, la fabrique vend à 30, 60 et 90 jours, date de facture ou sans le mois, c'està-dire que le mois dans lequel l'achat est fait ne compte pas pour la supputation du délai ; il se fait aussi des ventes avec valeur, c'est-à-dire que le point de départ du délai de payement est reporté à une date ultérieure à la date vraie. Ainsi, un achat à 60 jours conclu le 1o février, valeur lo mai, sera payable le 15 juillet au lieu du 15 avril. Ce régime, qoi s'est implanté depuis longtemps dans les usages, n'a pu être détrait, malgré les efforts fréquemment tentés dans ce bot.
Les fabricants accordent à tout acheteur, sur le prix de facture, une diminution qu'on appelle escompte^
SOIERIES, TISSUS DE SOIE
SOIERIES, TISSUS DE SOIE
Mais ce mot ne doit pas être pris dans le sens, qu'il a communément, d'un rabais pour anticipation de payement. L'escompte en question est déduit par le vendeur aussi bien pour une vente au comptant que pour une facture payée à GO ou 90 jours. En fait, le prix de vente est majoré d'une somme artificielle.
La quotité de cet escompte a beaucoup varié: en 1840 il était de 10 V„, eu 1899 il est de lo, 20 et 25 Vo. Il y <» même des maisons de fabrique qui accordent 2 et o Vo de plus.
Au fond, do telles pratiques sont vicieuses et ne font que compliquer les affaires. Les fabricants sont tous fixés sur leurs prix de vente véritables, et suivant que l'acheteur a l'habitude d'obtenir un escompte de 15 ou 20 Vo, le vendeur indique un prix de vente majoré en conséquence.
De même que pour les valeurs^ des efforts ont été faits pour supprimer ou tout au moins unifier l'escompte: ils ont été inutiles, et le plus souvent il y a autant d'escomptes différents que d'acheteurs importants.
11 faut noter que les valeurs dont il a été parlé sont fréquemment demandées en vue d'un bénéfice à réaliser par le payement anticipé. Ici intervient l'escompte proprement dit : l'acheteur fait ainsi un bon placement de son argent au taux de 6 Vo l'an; aussi les fabricants, surtout quand ils ont affaire à un acheteur solvable, demandent-ils à stipuler que la valeur ne sera pas escomptable.
Indépendamment des ventes dites fermes, c'està-dire définitives et payables à une échéance déterminée, la fabrique de soieries fait des consignations: des marchandises sont envoyées à Paris, Londres, New-York, etc., et au fur et à mesure des ventes, des comptes de vente sont adressés au fabricant vendeur. Auparavant, ce dernier a indiqué au consignataire les prix limites, ou minima, audessous desquels il ne devra pas descendre sans une autorisation du propriétaire de la marchandise. Ce système de la con«ignation a donné pendant longtemps d'assez bons résultats; mais peu à peu, certains consignataires ayant trop pressuré leurs mandants, ces derniers ont abandonné ce mode de vente, qui n'est plus employé qu'accidentellement.
Les affaires avec l'Amérique du Nord se traitent de trois façons : vente ferme à Lyon, vente ferme à Neic-York et consignation. De la vente ferme à Lyon et de la consignation, rien autre à dire que ce qui précède. La vente ferme à New-York (en dollars) mérite une explication. Par ce mode de vente, le fabricant vendeur endosse tous les risques du passage à la douane américaine; or, l'arbitraire qui caractérise l'administration yankee est tel, qu'un importateur peut, tout en étant de la meilleure foi do monde, voir ses déclarations considérées comme inexactes et la valeur de ses marchandises rehaussée. Les droits de douane américains étant très élevés, la majoration de valeur entraîne une charge non prévue et souvent une lourde amende. On comprend donc que nombre d'acheteurs cherchent à éviter cet aléa et à en laisser le poids au vendeur, en exigeant là livraison franco à New-York.
En ce qui concerne les ventes en Orient, aux Indes, dans les pays barbaresques et dans l'Extrême- Orient, l'usage de la traite documentaire s'est conservé. Le connaissement permettant de prendre livraison de la caisse de marchandises est joint à la
traite et n'est remis au client que quand il a payé le montant de la traite au porteur.
Il se fait aussi des affaires à des prix limités et garantis.
V. Production de la Fabrique lyon.naise. — Au point de vue de la nature des produits, la fabrique se subdivise en trois parties bien distinctes :
1° Les tissus proprement dits; 2" les tulles et dentelles; 3» la passementerie.
En ce qui concerne les tissus proprement dits, on a vu plus haut quels sont les usages en vigueur comme fabrication et vente. Ces usages s'appliquent partiellement aux deux autres branches, mais quelques remarques doivent être faites.
Les tulles et dentelles sont fabriqués sur des métiers d'un prix souvent fort élevé; s'il en est dont la valeur ne dépasse pas i.lM) à 2.000 fr., nombre d'autres valent 15.000, 20.000 et 40.000 fr. Suivant la mode, les tulles et dentelles sont recouverts de perles, de broderies, de chenilles, etc., ce qui exige l'emploi, soit de nombreuses machines à broder, soit d'innombrables ouvrières disséminées à Lyon et banlieue et dans les départements voisins. Les fabricants de tulles qui font perler, cheniller, moucheter, comme les fabricants de soieries fout imprimer, gaufrer, moirer ou teindre du tissu, remettent leurs tulles à des entrepreneurs à façon, en leur indiquant le de.ssin ou l'écart (intervalle entre perles ou mouches de clienilles). Ces entrepreneurs, responsables vis-à-vis du fabricant, distribuent Iç travail aux ouvrières disséminées, en surveillent l'exécution et en effectuent la rentrée.
D'autres fabricants et souvent les mêmes font donner aux tulles des applications de simili-perles, simili-chenilles, au moyen de procédés mécaniques d'apprêt.
On compte environ 50 maisons de fabrique de tulles et dentelles, occupant environ 1.500 métiers à chaînes, bobbins, leavers, etc.
En ce qui concerne la passementerie, il faut la subdiviser en deux branches :
o) La passementerie textile : soie, coton, laine, schappe, perles. La mode a une influence considérable suivant l'emploi dans le costume : franges, chenilles, marabouts. Cette branche emploie beaucoup d'ouvrières, surtout à domicile.
b) La passementerie métal : dorures, galons, franges, bouillons, filets, glands, tresses. L'export. en Orient, aux Indes, au Maroc, absorbe une grande quantité des produits de cette dernière catégorie. Enfin, il y a quelques maisons importantes qui produisent l'ornement d'église: chasubles, étoles, dalmatiques, etc., et qui font en ces genres de véritables chefs-d'œuvre.
Une trentaine de maisons se consacrent à la fabrication de la passementerie, textile et dorures. Le nombre des métiers qu'elles occupent est des plus variables, mais ce sont surtout des ouvrières travaillant à domicile qui forment le principal moyen de production.
La production de la fabrique lyonnaise est considérable; voici un tableau récapitulant, par périodes, le chiffre des productions (en millions defr.) :
Moyenne Années annuelle
Moyenne Années aiinueUe
SOIERIES, TISSUS DE SOIE
SOIERIES, TISSUS DE SOIE
L'examen de ces cliiflres pourrait faire croire que Im |»roduotion est en décadence. Il n'en est rien. Il fjiiil remarquer, en effet, qu'il s'agit des râleurs. <tr, comme la valeur des tissus dépend surtout des |irix de la soie et que ceus-ci ont considérablement Imissé jusqu'en 1895, la comparaison des valeurs ne -îuirait donner une idée exacte : en 1868, la soie valait de 100 à 130 fr. le kilog., en 189-3-96, elle descend ;i 43 fr. et 30 fr. et remonte, en 1899, à 60 fr. D'autre |iait, les tissus mélangés qui, en 1868, ne représent lient qu'une faible partie de la production, arrivent
tintenant à représenter les 2/3 de la totalité.
Au fond, la production lyonnaise est plus intense que jamais, et il est certain que les quantités manipulées sont plus considérables qu'elles ne l'ont jamais été.
La production de la fabrique lyonnaise, qui oscille aux environs de 400 millions de fr., se subdivise en plusieurs grandes catégories.
Voici les chiffres pour 1899 :
1* Tissus de soie pure ttnis Mille fr.
Taffetas, loaisine, failles 62.500
Doublures, sergés, satins de Chine, lastrines,
mareelines 7.000
Tissus pour parapluies et ombrelles 3.200
Ornements d'église, satins larges 1 .300
Satins 9.000
Velours à la main et mécaniques , 10.900
Moires et pékins 2.300
Armures, satins de Lyon, surah, merveilleQx, radzimir, failles françaises, royales, ottomans,
imprimés sur chaîne 29.300