SOIE ARTIFICIELLE
tion: 200.000 kilog., dont 130.000 exportés. Cocons peu exportés, 250.000 à 280.000 kilog.
États des Balkans. (Bulgarie, Roumélie.) — Production 30.000 kilog. Les cocons secs, 150.000 à 200.000 kilog., sont exportés en France et en Italie.
Grèce. — Production: 40.000 kilog. Les cocons, peu exportés, représentent 130.000 kilog.
Russie d'Europe. — Production insignifiante. Importe 500.000 kilog. de soies, dont 300.000 de Lyon et de Milan, 3.000 d'Allemagne et 190.000 d'Asie (Chine et Caucase).
Autriche-Hongrie.— Production: 280.000 kilog. de soie. Export.: 370. <J00 kilog. de cocons secs et 200.000 de soie; import.: 600.000 kilog. de soies.
Italie. — Production: 4.300.000 kilog. de soies grèges. Les places principales sont Milan et Turin. Milan est devenu depuis 1888 place d'import. Le commerce soyeux de l'Italie se résume comme suit (en kilog.) :
Import. Export.
Cocons frais 190.000 ICO. 000
— secs 1.930.000 230.000
Soies grèges 1.900.000 3.200.000
— ouvrées 30.000 3.300.000
(y compris les soies tussah.)
L'import. considérable des cocons secs indique l'importance de la filature, et les chiffres élevés de l'export. de soies moulinées, celle du moulinage.
.*>uisse. — Production: 30.000 à 40.000 kilog. (canton du Tessin). Les marchés d'export. sont Zurich et Bàle. Voici le résumé des import, et des export, (en kilog.) :
Import. Export.
Cocons 223.000 400.000
Soies grèges fiOO.OOO 180.000
— ouvrées 1.900.000 030.000
(y compris les soies tussah).
La Suisse reçoit : les cocons, d'Italie ; les soies grèges, de l'Asie 430.000 kilog.,et de l'Italie 130.000; les soies ouvrées, d'Italie 1.700.000 kilog., etde France 180.000.
Elle exporte les soies grèges ouvrées, principalement en Allemagne: 100.000 kilog. pour les soies grèges et 330.000 pour les soies moulinées.
Espagne. — Production: 80.000 kilog. environ ; la majeure partie est exportée en France. L'Espagne importe 130.000 kilog. de soie grège et 20.000 de soie ouvrée pour l'alimentation de ses tissages.
Portugal. — Production insignifiante. Import., 10.000 kilog.
Allemagne.— Pas de production. Import. : 2.800.000 kilog. de soies grèges et ouvrées (1.800.0(K) kilog. d'Italie, 900.000 de Suisse et de France); export., 130.000 kilog.
Grande-Bretagne.- Production nulle. Import.: 900.000 kilog. de soies grèges et 200.000 de soies moulinées; export.: 30.000 kilog. de soies grèges et 30.000 de soies ouvrées.
Etats-Unis d'Amérique. — Production nulle. Import., 3.900.000 à 4.000.000 de kilog., y comprisles soies tussah. Les Etats-Unis tirent leurs soies principalement de Yokohama et de Shanghaï.
Egypte.— Pas de production. Import., 180.000 kilog.
Tunisie et Tripolitaine. — Production nulle. Import., :W.000 kilog.
Maroc. — Production 3.000 kilog., import. 3.000 kilog.; le tout afïecté à la consommation indigène. Résumé de la production mondiale des soies en 1899
Europe 4.277.000 kilog.
Levant 1.760.000 —
Extrême-Orient 11.335.000 —
Total 17.372.000 kilog.
JOANNY PeY.
SOIE ARTIFICIELLE. On a cherché à imiter la soie avec diverses matières : fil de verre, amiante, liber de mûrier, ramie, etc.; on est parvenu récemment à l'imiter avec la cellulose des bois tendres, sapin, tremble, peuplier, etc., qu'on nitrifie, qu'on dissout dans l'éther, pour être ensuite filée, moulinée et enfin partiellement dénitrifiée.
Pour la nitrification, on traite par un mélange d'acide nitrique et d'acide sulfurique du coton cardé,
bien déshydraté à l'élnve; on obtient du fulmicoton. qui est mis à la presse, lavé et essoré, et qui, dissous dans un mélange d'alcool et d'éther, donne un collodion épais. Celui-ci, purifié par pression à travers trois filtres, est alors prêt à être filé.
On le place pour cela dans un cylindre de bronze où il est soumis par l'air comprimé à une pression de lo, 20 et jusqu'à 60 atmosphères. Il s'échappe du cylindre par des tubes capillaires très fins, à travers une mince nappe d'eau, au contact de laquelle il se solidifie. Le fil soyeux ainsi formé, enroulé sur une bobine, peut être ensuite doublé et mouliné.
Il ne reste plus qu'à le dénitrifier pour le rendre aussi peu inflammable et explosible que la soie naturelle : pour cela, on fait plonger les écheveaux pendant quelques heures dans un bain de sulfure de calcium.
La soie artificielle peut être ensuite teinte et tissée.
Le procédé suivant permet de distinguer la soie artificielle des autres textiles et notamment de la soie naturelle :
Après avoir, s'il y a lieu, débarrassé de l'apprêt et séché nn petit échantillon de l'étoffe ou du fil à analyser, on en plonge une partie dans un mélange de 2 parties en volume d'acide sulfurique (densité 1,835) et d'une partie d'acide nitrique (densité 1,50) ; la température du mélange doit être d'environ 25° ctg. On laisse l'échantillon dans le mélange pendant une heure; au cours de cette opération, la soie naturelle se dissout, puisqu'elle est soluble dans l'acide nitrique monohydraté, tandis que la soie artificiellese nitre et redevient de la nitrocellulose. On retire alorsdu mélange l'échantillon, qui ne contient plus que des fils nitrés; on lave ceux-ci à grande eau pour les débarrasser de l'acide, on les sèche avec précaution. Une partie de ces fils nitrés, dissoute dans quelques gouttes d'acétone, forme un collodio^n ; l'autre partie, mise au contact d'une flamme,, brûle avec explosion, ne laissant qu'un résidu insignifiant.
Une seule usine pour la fabrication de la soie artificielle existe en France (1900), à Besançon; elle produit loÔ kilog. par jour, au prix de 20 à 30 fr.. lekilog.;une autre fonctionne à Spretenbach (Suisse) et une troisième à Walston (Angleterre).
La soie artificielle est surtout employée pour lespassementeries, les tissus mélangés d'ameublements. Son principal débouché est en Allemagne.
Commerce. — Le commerce de la soie artificielle ne représente jusqu'ici en France qu'un chiffre très réduit, tant à l'import. qu'à l'export.; le voici au C.S. pour l'année 1899 : .
Import. :'3.753 kilog. au prix E. V. D. de 43 fr. le kiloj:. provenant pour 3.747 d'Allemagne, 4 de Belgique et 2 de Suisse.— Export. : 18.522 kilog. au même prix, dont 15.488 à destination de la Suisse, 1.777 d'Allemagne et 1.257 d'autres pays étrangers.
Cette import, et cette export, de soie artificielle ont lieu presque exclusivement à l'état d'étoffes façonnées ou (l;i massées et de tresses, en mélange avec la soie nature le lin, la laine, etc.
Douanes.— A l'état de fils ou tissus purs, la soie arl cielle suit le régime des « Produits chimiques non dénoi mes à base d'alcool », c'est-à-dire qu'elle paye : 1° un droit proportionné à la quantité d'alcool entrant dans sa fabrication (M lit. 75 par kilog. de soie), soit 9fr. 40 par kilog. d'après le tarif de 1892; 2° une taxe de dénaturation de 38fr. 30 par heclol. d'alcool, suivant la quantité d'al employée à la fabrication.
Il n'y a pas de tarif minimum pour les « Produits cl miques non dénommés à base d'alcool ».
Lorsque les fils ou tissus de soie artificielle sont assoi à d'autres matières, ils sont passibles du droit afféren la partie la plus imposée entrant dans le mélange.
Quand il y a lieu pour les tissus à l'application de surtaxe de confection, cette majoration se calcule su droit de douane seul.
SOIERIES, TISSUS DE SOIE
SOIERIES, TISSUS DE SOIE
Los liroderios sar tissu de saie arlificielle pare on mélangée ac<|niilenl, en sus <ln droit de la soie artificielle, la surtaxe de broderie de 1.000 fr. ou deSOOfr. par lOOkilog., soit au total 1.9W on l.7M)tr.. non compris la taxe intérieure sur la quantité de soie artiflcielle contenue dans le tissu.
SOIE SAUVAGE. Les soies sauvages, quivienDent surtont de l'Inde, sont produites par des chenilles iCommeV Antherœa m «//«»</ /généralement appelées tussah, d'où le nom qn'on donne à ces sortes de soies. Certaines espèces lournissent des cocons ouverts, ntilisables seulement comme déchets, d'autres des cocons fermés qui peuvent être dévidés.
Ces soies renferment peu de grès (6 à 7 •/•), et 'a grège, moins élastique et moins tenace que celle du Bombyx du mûrier, a une couleur variant du gris au brun. On les emploie surtout dans les étoffes d'ameublement, les tissus tricotés ou mélangés, les peluches et les imitations de fourrures.
SOIERIES^ TISSUS DE SOIE. (Syn. : Angl. = Silk inanufactory, Silks gooils; AMem. : Seideniraure, Seiiienmanufactur. Ital. : Seterie, Tessuti di seta.) Terme générique sous lequel on désigne les tissus de soie, de bourre de soie, purs ou mélangés de coton, de laine, de lin, de chanvre, de jute. SoMUAiHE : I. Historique.— H. Organisation de la fabrique.
— III. Conditions du travail : le piquage d'once. — IV. Vente des tissus : Mo<les de payement. — V. Production de la Fabrique lyonnaise : Institutions et Syndicats.
— VI. Commerce. — VII. Régime douanier. — VIII. Fabriques étrangères.
I. Historique. — La fabrique de soieries est l'une des pins anciennes et des plus brillantes industries françaises: elle a son siège à Lyon, dont la renommée est universelle. Pendant longtempscette ville a détenu le sceptre dans cette branche industrielle. Aujourd'hui encore Lyon est la ville de la soie; mais des concurrents puissants, favorisés par des circonstances économiques, tendent non seulement à rivaliser avec l'industrie lyonnaise, mais à lui enlever sa suprématie.
L'industrie de la .soie paraît avoir été introduite à Lyon par Louis XI, qui donna, par lettres patentes datées d'Orléans, 23 novembre 1466, l'ordre d'introduire à Lyon « l'art et onvraige de faire les draps d'or et de soye ». Le roi prit à son service des ouvriers italiens et grecs en partie venus de Gènes, parmi lesquels se trouvaient treize faiseurs de drap de soye italiens. Tels furent les commencements de la fabrique de soieries à Lyon. (Voy. Lvox.)
L'étoffe de soie, signe de richesse et de luxe, subit non seulement les soubresauts des crises politiques et sociales, maisencore les fluctuations et lescaprices de la mode; ainsi la Révolution anéantit presque la fabrique lyonnaise, puisqu'elle conserva à peine 2.000 métiers, et d'autre part la vogue longue et ininterrompue des tissus unis fit un mal profond à la fabrication des riches façonnés, .\vant la Révolution, la fabrique lyonnaise fut, comme les autres industries françaises, enserrée dans le réseau de la réglementation des maîtrises et jurandes, des règlements: mais elle en a toujours porté le poids avec impatience. La réglementation en question l'empêchait d'innover, il fallait fabriquer dans les conditions prescrites par les arrêts et règlements : néanmoins, à force d'habileté, elle parvint à établir des étoffes moins chères et finit par produire des tissus mélangés de soie, de laine ou de coton.
L'esprit de la fabrique était d'ailleurs hanté par la préoccupation de vendre à l'étranger: dès ses
débuts, elle s'était montrée rebelle tout d'abord aux droits, ou plutôt à la prohibition dont on voulait la protéger. François I" pensait bien faire en prohibant les soieries d'Italie à l'entrée en France: cette prohibition ne dura que quelque temps. Henri IV, cédant à la demande des ouvriers de Tours, avait prohibé l'entrée des soieries étrangères; mais il révoqua cette prohibition l'année suivante sur la réclamation de l'industrie de Lyon.
La révocation de l'Édit de Nantes a eu un effet indirect sur la prospérité de la fabrique de Lyon, non pas en proscrivant ses ouvriers, qui ne pouvaient être atteints, puisqu'ils étaient catholiques (les règlements de 1667 exigeant la qualité de catholique pour être admis); mais les autres fabriques on l'exercice de la religion catholique n'était pas exigé furent cruellement décimées, et les ouvriers protestants français partirent en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, en Hollande, emportant les secrets de la fabrication et les procédés de l'industrie. En outre, les riches protestants négociants, banquiers, etc., émigrèrent avec leurs capitaux. De 18.000 métiers en IfôO, le nombre tomba à 4.000 en 1685. Puis les misères de la guerre, la détresse publique, la désorganisation du marché des capitaux empêchèrent longtemps la fabrique de se relever. Cependant, en 1739, on compte 8.380 métiers : en 1768, 11.000: en 1788, 14.788 métiers; en 1793, le chiffre s'abaisse à 2.QO0. Puis l'industrie lyonnaise se relève : en 1808, elle compte 11.000 métiers, en 1821, 10.279: en 1833, ^.^9; en 1840, 27.450; en 1870, 33.216; mais ces chiffres ne concernent que les métiers intra muros et immédiatement suburbains. Dès 1830, il y eut un essaimage de métiers dans les régions voisines, et peu à peu le métier de la campagne a pris une importance considérable.
Il faut reconnaître toutefois que l'exode des métiers urbains s'est toujours produit et développé lorsqu'une grève ouvrière éclatait à Lyon. Les émeutes de 1831 et 1833, celles de. 1848, lès grèves de 1869 et de 188o ne firent qu'accélérer cet exode. Les fabricants, trouvant plus de docilité an loin, craignant moins les coalitions d'ouvriers par suite de leur dissémination naturelle dans les campagnes, enfin obtenant une main-d'œuvre moins coûteuse, occupèrent les métiers ruraux de préférence.
II. Org.\ms.\tion de l.\ f.vbriqce. — Autrefois, lorsque le tissage était concentré à Lyon et banlieue et que le métier mécanique n'avait pas pris l'importance actuelle, le petit atelier familial, comprenant 2 à 6 métiers à bras, était la règle : c'était presque une unité de travail. L'outillage appartenait à l'ouvrier tisseur.
Cette organisation avait certains avantages, en ce qu'elle se pliait mieux qu'une autre aux fluctuations de la mode et permettait aux tabricants d'éviter la surproduction en arrêtant le travail. Sans doute, c'était une conséquence bieu dure pour l'ouvrier, mais l'intérêt général y trouvait son c-ompte.
Aujourd'hui le petit atelier familial est en très petit nombre et semble réduit à sa plus simple expression.
La fabrique de Lyon, représentée par 300 maisons
environ, dispose de 60.000 métiers à bras, dont