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Tissus divers

Tissus soie, coton, or et argent, poor le Levant

et les Indes 5.100

Tissus de bourrette ameublement 1 .500

Mousselines, gazes, grenadines et crêpes 62.000

Tulles et dentelles. 22.000

Passementeries (textile et métal) 16.000

Itroderies chimiques 500

107.100 En résumé, la production lyonnaise a été de 431 raillions de fr. : mais si on en déduit 13 à 18 millions, valeur approximative des pongees chinois et

japonais importés tout tissés, ou peut dire que la production de la fabrique a atteint 430 millions eu

Institutions et Syndicats. — Diverses institutions ont été établies dans l'intérêt de la grande industrie lyonnaise. (Voy. Lyox.) Les fabricants ont, en ce qui les concerne, constitué plusieurs organisations : ils ont, en 1868, créé la Chambre Syndicale de la fabrique lyonnaise, qui jusqu'en 1893 a été la seule qualifiée pour parler au nom de la fabrique et lui servir d'intermédiaire auprès de la Chambre de commerce et des pouvoirs publics. En 1893, sons la poussée d'idées protectionnistes, cependant incompatibles avec la nature de l'industrie de la soie, un certain nombre de fabricants fondèrent l'Association de la Soierie lyonnaise, qui s'est donné pour mission d'obtenir du Parlement le relèvement du tarif douanier des tissus de soie.

Enfin, une institution charitable, fondée en 1874 par la Chambre Syndicale de la fabrique lyonnaise et le Syndicat des marchands de soie, rend les plus grands services. La Caisse générale de secours, administrée par les trois Syndicats, sert des secours annuels et renouvelables aux anciens fabricants et négociants tombés dans le malheur, à leurs veuves et enfants. Cette caisse a, depuis sa fondation, distribué 600.000 fr. de secours et constitué une réserve de 300.000 fr. Les frais généraux se sont élevés, en 23 ans, au total de 800 fr. C'est une institution qui n'a pu être reconnue d'utilité publique, car les sociétaires souscripteurs n'ont, en effet, aucun droit précis à secours ou à pension : c'est le conseil d'administration qui est souverain pour apprécier.

Enfin, les industries annexes : teinture, en flottes et en pièces, apprêts et impressions, sont représentées par des Syndicats professionnels très bien organisés.

Il faut mentionner aussi, parmi les institutions utiles à la fabrique, la Caisse de prêts aux chefs d'ateliers fondée en 183! dans le but de consentir des avances sans intérêt aux chefs d'ateliers tisseurs, tant pour l'entretien de leur métier que pour sa transformation on son remplacement par un métier mécanique. Elle reçoit des subsides de l'État, de la ville et de la Chambre de commerce.

Une autre institution, créée en 1896, la Société pour le développement du tissage, a pour but de faire les études d'application de mécanique, d'addnction de force électrique ou autre, qu'on ne peut laisser à la charge des ouvriers: elle a reçu des subventions de la ville, de la Chambre de commerce, du département et des fabricants.

Les chefs d'ateliers et les ouvriers tisseurs des diverses catégories ont depuis longtemps eu recours aux associations professionnelles. On peut classer ces Syndicats en trois groupes principaux :

1* La Chambre syndicale des Tisseurs de Lyon, qni est la plus ancienne. Outre les intérêts du tissage proprement dit, elle donne son attention à plusieurs branches coopératives de consommation : charbons, boulangerie, vins, etc. Antour d'elle se groupent un certain nombre de Syndicats.

t° L'Union des Tisseurs et Similaires, fondée vers 1885, s'est afllrmée surtout dans la grande grève de i885. X ce moment, nne certaine effervescence se manifestait an sujet des prix de façons de lissage, qui étaient très inégaux. Les tisseurs voulaient nn tarif nniforme comme en 1831, 1833. 1848 et 1869. Pour éviter des troubles, les fabricants se soumirent, subirent le tarif pour le travail pressé, mais s'organisèrent plus que jamais à la campagne et en usines.

SOIERIES, TISSUS DE SOIE

SOIERIES, TISSUS DE SOIE

1,'Union ées Tisseurs et Similaires, par ses exigences, accé léra ainsi l'exode du travail.

3° La Corporation des Tisseurs lyonnais, dont le règlement est basé sur les idées de confraternité chrétienne. (;e groupement cherche, comme le premier, un terrain li'entente pour les fabricants et les tisseurs.

Il y a ensuite d'innombrables Syndicats : Tisseurs fédérés, Velours unis, Passementiers, Guimpiers, Clienilleurs, etc. ; mais tous gravitent autour des trois groupements précités.

Telle qu'elle est organisée par suite des événements de tous genres qu'elle a traversés, la fabrique lyonnaise conserve une souplesse et une énergie remarquables. Sans doute, sa production principale n'est plus la belle étoffe riche du XVIII' siècle: elle ne produit que relativement peu de ces beaux tissus façonnés qui sont de véritables tableaux, où le goût le dispute à l'exécution; mais ses tissus courants, ordinaires, ont encore un aspect et une facture qui les distinguent. Même dans les tissus unis et les armures, on trouve un je ne sais quoi qui dénote le savoir acquis par une longue hérédité industrielle. Enfin, l'accumulation à Lyon de toutes les industries de préparation et de finissage : teinture, apprêt, impression, moirage, gaufrage, etc., font de cette ville un centre manufacturier unique, dont la vitalité a jusqu'ici résisté aux prophéties pessimistes et qui, comme Antée, semble prendre une force nouvelle toutes les fois que les difficultés et les cataclysmes semblent l'avoir terrassée.

Ce qu'il faut à la fabrique lyonnaise, c'est, d'une part, la franchise absolue de ses matières premières, les soies, matières que la France est impuissante à lui fournir comme quantités et qualités, et d'autre part l'existence de sérieux traités de commerce garantissant la sécurité des transactions contre les relèvements de tarifs douaniers des pays étrangers. Lyon a besoin du plus de liberté possible.

VI. Co.MMERCE. — Le mouvement commercial des soieries lyonnaises a donné les chiffres suivants au C. S., pour les années 1890 et 1899 : Importations par nature de tissus de soie (en francs)

Tissus de soie pure(pongee,corah,) .„ o-îc nnn

aj Unis hossah,autresl *0»78.000

bj Brochés, façonnés 413.303

Tissus de soie jl unis 11.880.603

mélangée., ^façonnés ou brochés 267.360 tlazes et crêpes de soie pure ou

mélangée 5.570.019

Tulles de soie 1.443.060

Dentelles 62.720

Tissus de bourre de soie pure ou mélangée (y compris les foulards) 246.360

Uubans 442.863

l'aesementeriesde soie pure et mél. 769.360

Tissus d'autres sortes 1.912.782

Totaux 63.919.303 63.497.421

On remarquera qu'une notable partie de l'import. de soieries est due aux tissus écrus asiatiques, pongees, corahs, tussahs, qui viennent en France se faire teindre, imprimer et apprêter, et qui assurent ainsi un travail rémunérateur aux ateliers de finissage français.

L'import., par pays de provenance, se répartit comme sait :

Eupone centrale ^^"'^^^ 24.238.900

fcurope centrale . . . ^Allemagne . 8.S60.020

.Vutres pays 18.970.972

Totaux 63.919.303 63.497.421

Exportations par nature de tissus de soie (en francs)

htoliesVr • •••••••••••

de soie< ǰ brochées.

Dure )""êlées(lefilsd'oret d'arg.

^ ( — d'autres matières Tissus de bourre de soie (et

foulards) 5.408.984

Tulles 23.012.444

(iazes et crêpes 9.316.743

Rubans 46.742.867

Passementeries, dentelles 13.474.338

Totaux 273.027.873 258.348.000

L'expert, par pays de destination s'établit comme suit :

Angleterre 103.933.349

Etats-Unis 9! .759.513

Allemagne 19.142.430

Suisse.

Italie

Belgique .

Espagne..

Turquie .

Brésil

République Argentine .

Autres pays 22.706.228

Totaux 273.900.000 238.348.000

Les chiffres ci-dessus ne comprennent pas les envois par colis postaux, qui prennent tous les jours une importance plus grande.

VU. RÉGIME DOUANIER. (Tarif de 1892, modifié en 1895

Tissus de soie et de bourre de soie (au kilog. et en f r.) Tissus, foulards, crêpes, tulle et passemen- T. G. T. M.

teries de soie pure écrus 6 » 4 »

Tissus, foulards, crêpes, tulle et passementeries de soie pure noirs 6 » 2 »

Tissus, foulards, crêpas, tulle et passementeries de soie pure couleurs 6 » 2,40

Les mêmes, d'origine extra-européenne 15 » 9 »

Tissus pongees, corah, tussah ou tussor', Exempts Dentelles de soie et de bourre de soie (même régime que

les dentelles de coton).

Tissus et passementerie de bourre de soie pure, écrus,

blanchis, teints ou imprimés: 2 fr. 50 au T. G. et i fr.

au T. M.

Tissus de bourrette pour ameublement pesant plus dft

230 gr. au m. carré : 2 fr. au T. G. et 1 fr. 30 au T. M. Tissus de soie mélangée de bourre de soie, dans lesquels

la bourre de soie excède la soie en poids (mômes droits-

que pour les tissus de soie pure).

Tissus de soie ou de bourre de soie mélangée d'autres

matières textiles, la soie ou la bourre de soie dominant

en poids : 3fr. 73 au T. G. et 3 fr. au T. M. j

Bonneterie, ganterie : 13 fr. au T. G et 12 fr. au T. M. 1

— autres objets, tissus en pièces pesant au mètre

carré moins deTagr. : 7 fr. 50 au T. G. et 6 fr. au T. M.j Bonneterie autres objets, tissus en pièces pesant au mètre 1

carré plus de 75 gr. : 5 f r. au T. G. et 4 fr. au T. M. I

Tous articles autres que la ganterie en mailles de bon-|

neterie, brodés à la main ou à la machine, ou ornés de

dentelle ou de passementerie : 10 fr. au T. G. et 8 fr. *

au T. M.

Tissus, passementerie de soie ou de bourre de soie avec

or ou argent fin : 15 fr. au T. G. et 12 fr. au T. M. Tissus, passementerie de soie ou de bourre de soie avec

or ou argent mi-fln et faux : 4 fr. 35 an T. G. et 3 fr. 50

au T. Al. i

Tissus de toutes sortes en soie artificielle purs ou mélan-l

gés. (Voy. Soie artificielle.) !

Tissus mélangés, le colon dominant en poids i (au kilog. et en fr.) Peluche de soie mélangée de coton : T. G. T. M.

ay Noire pour chapeaux d'homme dits de soie 3,90 3 »!

.fc) Autre 6,50

Etoffes de soie, bourre de soie et coton 4,90

— autres 1,60

1. Ne sont admis en exemption que les pongees, corah, tu ou tussor d'origine extra-européenne, fabriques avec de la écrue et n'ayant reçu l'apprêt ni de la teinture, ni de l'impress

SOIERIES, TISSUS DE SOIE

SOIERIES, TISSUS DE SOIE

Tissus de laine mélangée (aa kilog. et en fr.) Tissas contenant en chaîne on en trame plus de 10 */• de

fils de soie oa de boarre de soie, la laine dominant en

poids : 2 fr. 97 an T. G. et 2 fr.40 au T. M. Tissas cbaine entièrement soie, boarre de soie, ia laine

dominant en poids: 4 fr. au T. G. et 3 fr. aa T. .M.

Observations. — Les tissas, foalards, crêpes, talles et passementeries de soie pare sont taxés uniformément aa tarif général : o) pour les proTenances extra-européennes à 15 fr. le kilog. ; b) pour les provenances européennes à 6 fr. .\a tarif minimam, les étoffes sont divisées en deux catégories : d'ane part, les étoffes unies (taffetas, sergés, satins, velours, surah, gaxes. etc.), façonnées ou brodées; d'autre part, les tulles, crêpes de toutes sortes, les passementeries. Les tissas de la première catégorie sont taxés à i fr. le kilog. à l'état écru, à 3fr. 40 lorsqu'ils sont teints en couleur autre que le noir, et à 2 fr. lorsqu'ils sont teints en noir. On ne doit considérer comme teints en noir que les tissus entièrement noirs. Les tissas à rayures blanches ou de couleur sur fond noir doivent être traités comme tissus en couleur. Il en est de même des tissus de nuance blanche ou crémée, brochés de fils de couleurs oa de fils noirs.

L'admission des tissas de soie aux droits de 2 fr. et de 2 fr. 40 est subordonnée à la production d'un certificat d'origine des autorités du lieu d'expédition ou du bureau des douanes d'export. Les certificats émanant des autorités locales doivent être légalisés par le consul français. Cette formalité n'est pas exigée pour les certificats des douanes étrangères lorsqn'ancun doute ne s'élève sur leur authenticité. La justification d'origine est obligatoire pour les import, par colis postaux comme pour les autres envois. I>es articles confectionnés en tissas de soie et les gazes de soie à bluter ne sont pas assujettis à la justification d'origine. ^

Les tissus simplement débarrassés de leur grès par la cuisson sont passibles du même droit que les tissus écrus. Mais les tissus de nuance blanche, crème, blanc azuré, etc., qui ont été chargés on apprêtés, doivent être admis comme tissus de couleur. Dans ce dernier état ils présentent les caractères suivants : l'apprêt lear donne une consistance étoffée et moelleuse que le simple toucher permet de reconnaître; leur surface offre un reflet azuré ou crémé bien différent de la nuance des tissus simplement blanchis: enfin, ils accusent, à l'analyse chimique, du fait de la préparation qu'ils ont subie, une surcharge de poids qui ne se rencontre pas dans ces derniers tissus.

I^ dénomination d'étoffes ne s'applique, en général, qu'aux tissas pleins et maniables, comme les draps, velours, peluches, taffetas, croisés, levantines, reps, satins, damas, gros de Tours, gros de Xaples, etc. Ils présentent, quelle que soit l'armure (voy. ce mot), une surface unie €t régulière.

Les tissus en chenille saivent le régime des étoffes unies, 5aaf les fichus, écharpes, qui constituent des articles de p<usementerie.

Le taffetas d'Angleterre (voy. ce mot) est classé dans les tissas unis.

Pour les tissas façonnés et brochés, voy. F.\çosnés et Brochées (Étoffes).

On ne fait aucune distinction entre le tissu foulard divisé en compartiments et celui qui ne l'est pas. Toutefois, les foulards ourlés ou confectionnés acquittent, en sus do droit sur le tissu, la surtaxe de confection afférente ■aux accessoires du vêtement (T. G.: 1 fr. par kilog. avec minimam de Ofr. 50 par douzaine d'objets; T. M. :Ofr. 50 ^r kil. avec minimum de 0 fr. 40 par douzaine d'objets). Le tissa foulard ayant subi un calandrage ou un gaufrage reste traité comme tissu foulard ordinaire.

La gaze de soie préparée en garniture pour cylindres de Uoterie, bordée d'un raban de coton avec œillets métalliques, est soumise à un droit additionnel de 10 */.•

Bongees, Coraks, Tussahs. — Ces tissus sont admis en Inncbise, mais seulement en ce qui concerne les tissus façon toile, sergé ou croisé, simplement décrues. L'immnnité est accordée aux tissus de l'espèce fabriqués dans les pays hors d'Europe. Elle ne l'est pas dès qu'ils sont

confectionnés ou revêtus de broderies. Lorsqu'ils sont destinés à la fabrication des foulards, les tissus en question sont parfois divisés en compartiments revêtus d'un encadrement en fils retors oa en gros fils simples ; ces fils, s'ils ne sont ni teints ni imprimés, sont sans effet sur leur traitement douanier. Les pongées, corabs et tussahs importés par voie d'un pays d'Earope sont passibles dans tous les cas de la surtaxe d'entrepôt de 100 fr. les 100 kilog. nets. Us peuvent bénéficier de l'admission temporaire.

Les caractères habituels des pongees, corahs et tassahs de la Chine et du Japon sont : 1* la rudesse de certains de ces tissus, lesquels, ayant été fabriqués avec de la sole non encore décruée. n'ont jamais le moelleux des tissas d'Europe ; i' le poids spécifique, qui est beaucoup plus fort que dans ceux-ci ; 3* la forme des pièces, qui sont fréquemment en rouleaux, mode de pliage étranger aux fabriques européennes; 4' la défectuosité des lisières; 5* les enveloppes, qui consistent souvent en longues et larges feuilles sèches ou en papier fin et lustré portant des caractères chinois. Les foulards connus dans l'Inde sous le nom de tussor sont fabriqués avec une soie particulière provenant du ver à soie sauvage; à l'état écru, ils sont d'une couleur analogue à celle de la batiste écrue, et ils en ont l'aspect.

Dentelles. — L'assimilation des dentelles de soie aux dentelles de coton exige la recherche du mode de fabrication (à la main ou à la mécanique), du poids aux 100 m. carrés et de l'état (écru, blanchi, teint ou fabriqué avec des fils teints ou blanchis). La guipure est assimilée à la dentelle. (Voy. De.vtelles, Gcipcres.)

Les dentelles de soie avec or ou argent faux suivent le régime des dentelles de coton avec fils métalliques. Celles qui sont mélangées d'or ou d'argent sont taxées comme tissus de soie avec or ou argent fin.

Tissus de soie mélangée. — Les tissus de soie mélangée de boarre de soie sont soumis au régime des tissus de bourre de soie pure, si la bourre de soie domine en poids ; dans le cas contraire, ils sont taxés comme tissus de soie pure. Cette règle est suivie lorsqu'il s'agit de mélanges quelconques : le traitement est celui de la matière dominant en poids. Quand il s'agit de tissus on il entre des fils métalliques, il faut distinguer : on entend par or on argent fin l'or ou l'argent véritable à tous titres; la catégorie de l'or ou de l'argent mi-fin ou faux comprend le cuivre doré ou argenté, le métal blanc doré ou argenté, et le cuivre simplement poli, verni ou passé à l'eau-forte.

Les tissus de boarrette pour ameublement qui ne pèseraient pas 230 gr. au m. carré sont assimilés aux tissas de boarre de soie, sauf les bandes pour pansement, qui restent au droit des tissus de boarrette.

Tissus de soie artificielle. — (Voy. Soie artificielle.)

Fabriques Ktran^res. — Les fabriques de soieries étrangères ne produisent pasexclasivement des tissas proprement dits; elles y joignent des rnbans, des passementeries, des tnlles, des dentelles, etc. Les chiffres qui vont suivre s'appliquent généralement à l'ensemble des produits fabriqués avec de la soie ou dont la soie est le textile de principale valeur.

Pays d'Elrope : Allemagne. — L'origine de la fabrique de soieries allemande parait être la révocation de l'édit de Nantes, qui chassa de France des ouvriers et maîtres tisseurs qui allèrent s'établir à Berlin. Puis les centres de fabrication se fondèrent dans les provinces rhénanes : ainsi se créèrent Crefeld. Elberfeld, Barmen, Wiersen, Langenberg, Mnlheim, Chemnitz en Saxe. Les principaux genres produits sont surtout des tissus mélangés : velours et peluches, armares unies et façonnées, rubans et passementeries. La fabrique allemande emploie 8.700 métiers à bras et 8.943 métiers mécaniques, consomme env. 2.700.000 kilog. de soie et produit pour 330 à 380 millions defr. d'étoffes. Elle exporte pour 150 millions, principalement en .Angleterre, aux États-Unis; mais ce chiffre, qui n'est qu'une moyenne, a beaucoup varié de 1890 (186.3^.000 .M.) à 1899 (133.379.000), avec un minimum de 103.053.000 M. en 1894 ; le chiffre le plus fort après celui de 1890, qai n'a

SOIERIES, TISSUS DE SOIE

SOIERIES, TISSUS DE SOIE

pas été atteint depuis, est celui de 1893 (152.164.000 M.). NêanoioiDS, rÂUemagne importe annuellement pourSu millions de soieries.

Autriche-Hongrie. — Des Italiens et des Français ont implanté en Autriche l'industrie des soieries ; dès 1810 cette fabrique transformait 3.000 balles de soie. Les principaux centres sont : Vienne, Brunn, Saint-Polten et Reichenberg. Les rubans se fabriquent surtout en Bohême et en Moravie. La fabrique autrichienne se préoccupe beaucoup de la reproduction des étoffes byzantines, indiennes ou persanes, mais elle produit en même temps des tissus de consommation purement européenne. La fabrique austro-hongroise occupe 3.500 métiers à bras et 9.000 métiers mécaniques, et emploie chaque année 700.000 kilog. de soie environ. La production est de 80 à 90 millions de fr.; le pays importe 34 à 3i) millions de fr., dont 11 à 12 millions de France, 9 à 10 de Suisse, 8 à 9 d'Allemagne, etc. Les export, austro-hongroises s'élèvent, comme soieries, à 17 millions, dont 5 pour l'Allemagne, 4 pour la Grande- Bretagne, 1 pour la France.

Belgique. — Anvers conserve encore quelques métiers de soieries, mais la production est des plus restreintes.

Balkans (États des). — La Roumanie, la Roumélie, la Serbie produisent un peu de soie et fabriquent quelques étoiles plutôt grossières. L'industrie a conservé un caractère domestique et les métiers en usage sont des plus primitifs.

Danemark. — Production nulle. L'import. des fils et tissus de soie en Danemarlc a varié de 4.500.000 couronnes (de 1 fr. 39) à 4.150.000 de 1890 à 1893, puis est descendue à moins de 3 millions en 1894 ; de 1895 à 1898 l'import. des seuls tissus de soie a été de : 3.094.000 cour, en 1895, 3.264.000 en 1896, 3.721.000 en 1897 et 4.138.000 en 1898.

Espagne, Portugal. — L'Espagne fut longtemps célèbre par sa fabrication des brocarts et draps d'or, dont te principal centre étaitAlméria. Actuellement, les fabriques sont concentrées à Barcelone, Valence, Murcie, Séville, etc., elles emploient 170.000 kilog. de soies et produisent pour 20 millions de fr. de foulards, armures, grenadines, etc. L'Espagne, qui exporte pour l.SOO.OOOfr. de tissnsspéciaux, en reçoit pour 10 millions de l'étranger.

Le Portugal importe pour 1 million par an. Il y a quelques métiers à Lisbonne.

Grande-Bretagne. — La fabrique anglaise a des origines très anciennes ; dès 1454 on trouve trace de son existence; en 1685 la révocation de l'édit de Nantes lui procura de nombreux ouvriers français. A la fin du XVIII* siècle, il y a à Londres 8.000 métiers à tisser la soie; ce nombre passe à 12.000 en 1820 et 50.000 en 1840, répandus autour de Londres, Congleton, Manchester, Glasgow. En 1861 on compte en Angleterre 75.000 métiers qui consomment 1.870.000 kilog. Les spécialités sont ainsi réparties : les tulles et dentelles à Nottingham, les rubans à Coventry, Congleton et Derby, les crêpes à Morurch, les peluches à Rochdale, les velours à Bradford, les unis et les façonnés à MacclesQeld,Spitalfields, les foulards à Glasgow.

La fabrique anglaise était la concurrente la plus redoutable de l'industrie lyonnaise. Mais les traités de commerce de 1860 lui portèrent un coup terrible en favorisant les importations françaises de soieries en Angleterre, qui de 30 millions passèrent à 100 millions. Néanmoins, les fabricants anglais luttent avec énergie : en 1870 ils ont déjà 13.000 métiers mécaniques, alors qu'à Lyon le tissage automatique ne fait qu'apparaître. Malgré tout, la crise s'accentue; en 1885, une enquête montre qu'à Manchester il n'y a plus de teinturerie de soie, qu'à Macclesfield les fabricants sont réduits de moitié, qu'à Coventry le ruban occupe 1 .500 métiers au lieu de 9.000, qu'à Spitalfields il ne reste que 2.000 métiers.

Actuellement, la fabrique anglaise produit environ 70 à 80 millions de fr., principalement en tissus pour cravates, foulards, doublures, crêpes, velours, peluches, popelines, tulles et dentelles. Elle exporte environ 35 millions de ses produits. L'Angleterre importe annuellement, en moyenne, pour 400 millions de fr. de soieries étrangères, principalement de France (316 millions de fr. en 1899), de Suisse, d'Allemagne et d'Italie. En 1890, cette import, totale avait .été de 11.319.000 liv. st., en 1893 de 11.728.000, en 1894

de 12.749.000, en 1895 de 15.237.000; depuis 1896 ellereste au-dessus de 16 millions de liv. st., avec un max. d& 16.912.000 en 1897.

Grèce. — L'industrie des soieries est représentée parquelques tissages domestiques à Kalamata, /.ante, Missolonglii et Sparte ; les tissus produits sont des étoffes rayées, légères. La Grèce importe pour 1 million de fr. de soieries en tous genres.

Hollande. — La fabrique de soieries néerlandaises, qui a compté jusqu'à 10.000 métiers, n'existe plus; sa production, célèbre aux XVII' et XVIU* siècles, a complètement disparu.

Italie. — L'industrie italienne, si florissante au XVII* siècle, s'est affaiblie peu à peu jusque vers le milieu du XIX'; puis, avec la reconstitution de l'unité nationale, on assiste à une reprise d'activité qui peu à peu arrive à un développement extraordinaire. En 1861, on comptait 5.000* métiers à tisser ; en 1872, il y en a 15.000 ; en 1900, ce nombre n'est pas éloigné de 19.500, dont 11.000 à bras et 8.490 métiers mécaniques. La production annuelle est de 60 à 70 millions de fr. en tissus armures pour parapluies, tissus pour ameublements. L'expert, est de 40 millions et les import, s'élèvent à 18 millions environ. Les principaux centres sont Côme, Milan et Gênes. Voici d'ailleurs le mouvement commercial des tissus de soie pure pour les 10 dernières années (en milliers de fr.) :

Import.

Export.

Russie. — La fabrique russe est de date relativement récente, surtout en ce qui concerne les tissus courants. Quant aux tissus riches, aux brocarts, aux draps d'or et d'argent destinés aux ornements sacerdotaux* les fabricants russes sont depuis longtemps en ces genres des maîtres incontestés. La plupart des grands fabricants de tissus courants sont d'origine française. Les droits de douane russes étant trop élevés pour permettre l'envoi de soieries françaises, le fabricant s'est établi en Russie et y a généralement obtenu du succès. En 1824, la production slave ne dépassait pas 10 millions; en 1852, elle s'élevait à 20 millions, en 1872 à 50, en 1883 à 70; en 1900, elle n'est pas inférieure à 100 millions.

L'export. est à peu près nulle. Les import, s'élèvent à 5 millions de fr. Les principaux centres sont : Moscou, Bogorodsk, Nakinstovo, Kirjacha, Jédéroskaï dans le gouvernement de Vladimir, Lodz et Biélistock dans le gouvernement de Varsovie.

Suède et Norwège. — L'industrie des soieries y est nulle. A Stockholm, il y a quelques centaines de métiers à tisser. L'import. des tissus de soie en Suède a subi des variations sensibles dans les 10 dernières années : de 5.369.000 couronnes (de 1 fr. 39) en 1890, elle a baissé à 4.636.000 en 1891, puis à 3.548.000 en 1892; entre 1893 et 1895 elle s'est relevée de 2.183.000 à 2.929.000, et depuis lors elle est en progrès constant : 3.371.000 cour, en 1896, 4.182.000 en 1897 et 5.111.000 en 1898.

Suisse. — La fabrique de soieries suisse est une des plus actives d'Europe. Elle est relativement ancienne, car au XIV* siècle on recensait déjà des métiers tissant la soie écrue, la gaze. La révocation de l'édit de Nantes fit affluer en Suisse nombre d'ouvriers français, et en 1800 on compte environ 5.000 métiers; en 1811, il y a à Zurich 7.000 métiers ; en 1830, 9.000; en 1839, 15.000; en 1855 Zurich occupe 25.000 métiers; en 1883, 40.000; enfin, en 1900, la fabrique suisse occupe 20.000 métiers à bras et 11.500 métiers mécaniques. Zurich produit toutes les étoffes de soie pure, unies, armures et façonnées, les gazes à bluter; Bàle produit des rubans. La production est de 180 à 200 millions, dont plus de 150 exportés : principalement en Angleterre (65 millions), aux États-Unis (21), en France (15), en Allemagne (10). En 1890, le total de l'export. a été de 121.031.000 fr., en 1891 de 125.436.000, en 1892 de 131.685.000; il est tombé en 1893 à 120.500.000, puis à 116.400.000 en 1894, pour se relèvera 131.920.000 en 1895, à 132.500.000 en 1897, à i:«.946.000 en 1898 et enfin à

SOIERIES, TISSUS DE SOIE

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