Genève
Totaox 41.468.8 2.917.234 3.313.817
Ce sont surtout les villes, Zurich, Râle, etc., qui sont en progression, les cantons ruraux demeurent statiounaires (n"' 0 à 8, 15, 16) ou n'augmentent que fort peu. L'accroissement a été pour les principales villes suisses, depuis 1888 :
Habitants
Zarieh de 94.000 à liW.OOO
Hàle « 71.109 B 109.000
Genève » 32.000 » 59.000
— et faabourgs » 76.000 i> 97.000
Berne » 46.000» 64.000
Lausanne » 3:j.000 » 46.000
Chaux-de-Fonds p 26.000» 36.000
Saint-Gall s 27.000 » 33.000
l.ncerne » 20.000 » 29.000
Winterthur d 16.000» 22.000
Bienne » 15.000» 22.000
Xeuchàtel » 16.000 » 21.000
L'excédent des naissances sur les décès reste audassons de la plupart des autres pays civilisés, la France exceptée. La pop. est néanmoins en forte augmentation, par saitedu nombre croissant (230.000 en 1888, 393.000 en 1900) des étrangers résidant en iïuisse, dont, en 1888, la moitié env. étaient des Allemands, l'autre moitié surtout des Français et des Italiens; cette proportion correspond en quelque sorte à l'importance des trois langues en usage : 70 % pour l'allemand, 22 % pour le français, T"/» pour l'italien «l 1 •, , pour le romanche des vallées des Grisons. L'émigration pour des pays d'outremer, autrefois très considérable (jusqu'à 13.500 personnes en 1883), a reculé, surtout par suite des mesures restrictives
prises par les États-Unis dès 1892. Le nombre des émigrants a été de 2.288 en 1898 (minimum), de 2.49;} en 1899 et de 3.816 eu 1900.
En 1899, le département politique a eu à s'occuper de 1.773 (1.255 en 1898) demandes de naturalisation: ^6 ont été agréées, dont : 4C3 .\llemands, 228 Français, 148 Italiens, 49.Vutrichiens, 20 russes, 9 Américains des États-Unis, 2 Relges, 2 Espagnols, 2 Turcs, 1 Anglais et 1 Hollandais.
lîenève est le canton qui a l'ça le plus grand nombre de demandes (236), puis Zurich (167), Hàle- Ville (136), Neuchàtel (41), Vaud (41), Rerne (39), Tessin (36), Saint Gall (31), Thurgovie (30), etc.
Le maximum des taxes de naturalisation perçues par les cantons est à Soleure (1.680 fr.) et le minimum à Schaffhouse (150 fr.), ou plutôt à Genève et à Râle, où il n'y a pas de taxe du tout. Rerne et Zurich demandent 500 fr., Xeuchàtel 200-
Les 1.274.000 personnes exerçant une professioa se partageaient eo 1888 en : 492.000 agriculteurs et éleveurs de bétail, etc., 528.000 exerçant des métiers ou industries quelconques et 140.000 s'occupant du commerce et des transports.
Gouvernement et Administration. — La Confédération Suisse des 22 cantons s'est constituée en République démocratique par la Constitution du 12 septembre 18^18, revisée en 1874. Le pouvoir législatif appartient aux deux Chambres fédérales, qui forment l'.Vssemblée fédérale : 1" le Conseil des États, composé de 2 membres de chacun des 22 cantons; 2° le Conseil national, élu par le peuple des 52 arrondissements électoraux, à raison d'un représentant par 20.000 hab. Le nombre actuel de 147 membres du Conseil national s'élèvera à 165 environ, par suite du dénombrement du 1"=' décembre 1900.
Le Pouvoir exécutif est exercé par le Conseil fédéral, qui se compose des 7 chefs de département : 1" politique, 2^ intérieur, 3" justice et police, 4° militaire, 5° finances et douanes, 6" commerce, industrie, agriculture, 7" postes et chemins de fer.
La suprême cour d'appel est le Tribunal fédéral à Lausanne. Pour le reste la juridiction appartient aux cantons, de même que toutes les autres administrations, excepté la monnaie, la douane, les postes, télégraphes et téléphones, auxquelles viendront se joindre prochainement les principaux réseaux de chemins de fer, dont le rachat, à effectuer d'ici mai 1903, a été voté par le peuple le 20 février 1898.
Tous les Suisses sont soumis au service militaire de la 20* à la 44' année, pendant 140 jours au moins, dont un tiers environ pour les exercices des recrues, le reste se répartissant en exercices de répétition tous les deux ans. L'effectif était, au 1" janvier 1901, de 153.000 soldats d'élite ou première ligne et de 88.000 de seconde et troisième ligne ou première et seconde réserve, dite Landwehr; en outre, 269.000 hommes sont organisés en quatrième et dernière I ligne ou Landsturm.
I Les revenus de la Confédération ont progressé de ! 10 millions en 1850 à ^ vers 1870, à 40 et 50 de 1874 I à 1885 et depuis à 100 millions de fr. par an. En 1900 1 ils s'élevaient à 101, dont 48 provenant des douanes i et 45 1 2 des postes, télégraphes et téléphones. Les j dépenses étaient en même temps de 102 millions 3 4, ; dont 27,7 pour l'armée et 44 pour les postes, etc. Lî» ' fortune nette de la Confédération était de 94 millious3 1 an 31 décembre 1900.
SUISSE
SUISSE
Le total des revenus et dépenses des 22 cantons suisses est supérieur aux chiffres du budget fédéral, soit 116 millions 1/2 pour les revenus et 118 3/4 pour les dépenses en 1899. Ce sont les cantons qui perçoivent tous les impôts, tant directs qu'indirects, à l'exception des droits de douanes, du monopole des poudres et de la moitié des impôts militaires, lesquels appartiennent à la Confédération.
Depuis rétablissement du monopole de l'alcool, dont les revenus sont distribués aux cantons, ceuxci avaient encaissé, 1899 compris, une somme de 68 millions, soit 5 millions 1/2 par an, ce qui représente une consommation annuelle de 6 à 6 lit. 1/2 par habitant et une répartition de 2 fr. 20 par tête.
Propriété foncière et Exploitations.— Abstraction faite du sol non cultivé (rochers, 7.899 kil. carrés, glaciers 1.839 kil. c, eaux 1.72okil. c, terrains bâtis, routes et chemins de fer 313 kil. c), 16.340 sont en prés et pâturages, seulement 3.037 en culture de céréales, 1.571 en autres cultures (pommes de terre, betteraves, potagers, etc.), 323 en vignes et 8.540 en forêts. Grâce aux traditions démocratiques, les cantons et les communes sont à peu près seuls à posséder de grands domaines, qui d'ailleurs sont, depuis le milieu du XVIII" siècle, de plus en plus répartis entre les particuliers. C'est donc la petite et moyenne propriété qui prédomine en Suisse.
Climat. — Par suite des grandes différences d'altitude la temp. moyenne varie de 9° 1/2 à Bâle (273 m. au-dessus du niveau de la mer) à 0° 6 au passage du Saint-Bernardin (2.476 m.), en s'élevant d'un degré par 180 m. Les pluies et les neiges sont aussi très inégalement distribuées : les vallées méridionales du Rhône (Valais) et du Tessin ont beaucoup moins de pluie que la pente septentrionale des Alpes bernoises et la Suisse occidentale.
Productions. — L'abondance des pluies et neiges dans certaines régions a grandement favorisé les pâturages et l'élevage du bétail aux dépens des cultures agricoles. La Suisse comptait, en 1896, environ 1.307.000 animaux de race bovine, 114.000 chevaux, 569.000 porcs, 272.000 moutons et 416 000 chèvres. C'est surtout la production laitière qui domine : les 700.000vaches suisses donnent plus de 200.000 hectol. de lait par an. L'exportation des fromages s'élève annuellement à 40 millions, celle du lait condensé à 20 et 25, et même, en 1900, à 43 1/2 et 26 millions 3/4 de fr., respectivement. Après la France, qui prend par an pour 12 millions de fr. de fromage, viennent l'Allemagne 10 millions, l'Italie 4,7 et les États- Unis 4.
Par contre, la culture des céréales est en recul. La récolte est estimée en moyenne annuelle à 3.700.000 quintaux, d'épeautre et d'avoine surtout, puis d'orge. Les autres céréales ont peu d'importance. Les pommes de terre donnent 11 millions de qx par an; les arbres fruitiers, pommiers et poiriers surtout, 5 à 10 millions de qx ; les vignes, 1.300 à 1.400 mille hectol.; le tabac brut représente 12.000 à 15.000 qx.
A peu d'exceptions près, il n'y a pas de sucre indigène en Suisse; peu de lin et de chanvre; pas de houblon, à cause des grêles. Les pentes rapides des vallées, tant du Jura que des Alpes, ne sont guère propres qu'aux forêts; le rendement de celles-ci est de 40 millions de fr. par an.
Le sol est extrêmement pauvre eu minéraux exploitables, les nombreux gisements étant trop disséminés par les bouleversements géologiques : anthra-
cite du Valais, asphalte du val de Travers, minerai de fer pisiforme de Délémont'. Le seul minerai exploité dans une mesure sufHsante à peu près aux exigences de la consommation indigène est le sel des quatre salines du Rhin, près Bâle et Rheinfelden, et de celle de Bex. Les pierres à bâtir de toutessortes et les ciments (calcaire du Jura, grès de la zone moyenne, calcaires et marbres des Alpes, vers le Nord, granit et gneiss, etc., des Alpes méridionales) sont naturellement en grande abondance; mais à part cela, ainsi que les bois et les produits animaux, presque toutes les autres matières premières dont l'industrie a besoin doivent être demandées à l'étranger.
L'industrie suisse occupe néanmoins un rang élevé. Les montres de poche fabriquées dans les vallées du Jura (Chaux-de-Fonds, Bienne, Genève, etc.), les broderies de Saiut-Gall et les soieries de Zurich, sont les unes et les autres l'objet d'une export, qui représente annuellement plus de 100 millions de fr. L'export. de l'horlogerie suisse, qui était de 4.373.000 montres en 1890 pour 90.664.000 fr., s'est élevée en 1899 à 6.718.500 pour 110.816.000 fr. (surtout en Allemagne 29,5 millions de fr., en Angleterre 21,7, en Russie 12,3, en Autriche 10,7, en Italie 6,1, en France 4,9, aux États-Unis 4,1 et en Espagne 3,7). L'export. des étoffes de soie a été de 105 millions en 1899, supérieure de 10 % à celle de 1898, soit 47 millions pour l'Angleterre, 16,5 pour les États-Unis, 15,4 pour la France, 8 pour l'Allemagne, 4,8 pour l'Autriche, 3 pour la Belgique, etc. Ce même chiffre est atteint par les constructions de machines de toutes sortes; la moitié de celles-ci est cependant utilisée par l'industrie indigène, surtout l'industrie textile, et par la captation des forces hydrauliques dont la Suisse est si richement dotée.
Les fils et tissus de coton, qui occupaient autrefois le premier rang dans la production industrielle du pays, ont fort à lutter, aujourd'hui, contre la concurrence anglaise, néerlandaise et tout récemment italienne, sur les marchés du Levant et des Indes. L'export. a été, en 1900, de 20 millions de fr. pour les fils, de 8 pour les tissus écrus et blanchis, de 6 2/3 pour les tissus en fils teints du Toggenburg, de 12 pour les tissus teints et imprimés de Claris et de 8 pour les tissus compliqués, surtout de Saint-Gall. Cette industrie se voit de plus en plus restreinte au marché intérieur.
Les trois grandes industries de Bâle : rubans de soie (production annuelle 40 millions de fr.), chappe (25) et couleurs d'aniline (20), exportent la presque totalité de leurs produits. Il en est de même pour la paille des cantons d'Argovie, de Fribourg et du Tessin (export, annuelle plus de 10 millions de fr.). Par contre les lainages, la bonneterie, les chaussures, etc., sont consommés en grande partie sur place, de même que les briques et tuiles, ciments, bières (plus de 2 millions d'hectol. valant 35 millions de francs par an), les eaux-de-vie et liqueurs.
Voies de communication. — Les 3.960 kil. de chemins de fer suisses ont, en 1899, transporté 1.173 millions de voyageurs-kilomètres et 795 millions 1/2 de tonnes-kilomètres. II existe 323 kil. de tramways, chemins de fer funiculaires, etc.
Les 9.636 fonctionnaires et employés des 1.584 bureau] et des 1.966 dépôts de poste (fin 1900) ont expédié en 1900;
1. On viendrait cependant de découvrir Cmai 1901) d'importantl gisements de minerai da fer à Meiniugen, près Berne.
SUISSE
SUISSE
120 millions 1/2 de lettres, etc. (22 1/2 pour l'étranger) et ;>5(le cartes postales (15 2/3 pour l'étranger), 117 millions (le joarnanx et W d'antres Imprimés et échantillons (8 1/2 ponr l'étranger). 22 de colis postaax (2 pour l'étranger), 7 1/3 d'envois d'argent (I 1/2 poar l'étranger), et 10 millions de remboursements, etc. (I pour l'étranger), comprenant 133 millions de francs (li pour l'étranger).
Les 2.l8<î bureaux de télégraphe ont expédié la même année, par 21.700 kil. de fils, 3.970.000 dépêches, et les 0*9.000 appareils de téléphone, par 133.000 kil. de fils, ont donné 2.') millions 2,^3 de communications.
Le magnifique spectacle des montagties et des glaciers des Alpes suisses, la beauté de leurs lacs et vallées : lac de Lncerne, Oberland Bernois, Zermatt au Valais, Engadine; en hiver: Montreux, Davos, Locarno et Lugano, attirent des centaines de milliers d'étrangers de tons pays et rendent très active l'industrie des hôtels. On y comptait en 1898 environ 93.000 lits. Le nombre annuel des nuits qu'y passent les voyageurs est estimé de 9 à 12 millions et les sommes qu'ils y laissent, de 120 à ioO millions de fr.
Crédit et Banque. — En raison du caractère fédéral de l'Union il existait en Suisse, à la fin de 1900, 41 banques d'émission, pour la plupart cantonales, quelques-unes privées, non des moins importantes (Bàle, Genève, Saint-Gall et Neuchàtel). Les émissions sont régies par la loi fédérale du 8 mars 1881, mise en vigueur le 1" janvier 1882 : les 2 o au moins des billets en circulation doivent être représentés par du numéraire; les billets sont de 1.000, oOO, 100 et oO fr. Ils n'ont pas cours légal, mais sont admis partout et préférés à la monnaie d'argent. La circulation eBective moyenne, en 1900, était de 200 millions 12 de fr., couverte par 108,9 millions en numéraire (dont 98 1 2 en or et 10,4 en .argent).
Monnaies.— La Suisse fait partie de l'Union latine.
Poids et Mesures. — Système métrique décimal.
Commerce extéhiecr. — 1^ commerce de la Snisse avec l'étranger est de beaucoup le plus fort comparé aux antres pays, par tète d'habitant, les Pays-Bas exceptés. Nous donnons ici ponr les dernières années les chiffres principaux du commerce spécial, non compris les métaux précieux monnayés et les marchandises réexportées (en millions de fr.) :
Impoit. Erport.