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A. HÉBERT

TASAJO. Viande sèche, qui est le principal produit des Saladeros (voy. ce mot) de l'Amérique du Sud (République Argentine, Brésil, prov. de Rio- Grande, et Uruguay), lesquels abattent ensemble, annuellement, de 1.300.000 à 1. 430.000 têtesde gros bétail, dont 700.000 à 980.000 de l'Uruguay.

Pour tuer le bétail, amené de la tablada on marché dans de grandes cours circulaires {corales), on le fait passer, par groupes de 30 à 40 animaux, dans une dernière et plus petite cour: là, chaque bête est enlacée par les cornes à l'aide d'un nœud coulant (lazzo) aboutissant à nn treuil à vapeur, et ainsi traînée jusqu'à un madrier transversal où vient s'appnyer sa tète. Tuée net d'un coup de couteau dans la nuque (desnucada), elle tombe sur un truc qui la porte au hangar de dépècement, où 16 bêtes sont dépecées simultanément par 16 desolladores qui laissent l'animal absolument dépouillé de sa viande et des organes intérieurs. La viande est immédiatement découpée en huit morceaux et chaque morceau réduit à une épaisseur d'environ 2 cm.

Le rendement de l'animal est des plus variables. On peut cependant donner une moyenne très approximative :

Boeuf Vache

Tasajo 95 à 100 Ici log. 65 à 70 kilog.

Cairs salés 32 — 23 —

Snil 28 — 25 —

Le rendement en tasajo se calcule sur la base de 54 % du poids de la viande fraîche et celui du cuir salé de 83 à 84 % du cuir frais.

Si l'on prend pour prix moyen d'achat d'un bœuf celui de 12 piastres (de 5 fr. 35), la valeur de ses produits peut se calculer ainsi : cuir, 5 piastres; suif, 2 piastres; sous-produits et déchets. Op. 50; soit un total de 7 p. 50. Il faut ajouter au prix d'achat 3 p. environ de frais d'abatage et de manutention des produits, fret, assurance, droits, etc. On a donc déboursé lopiastres, dont la moitié représente le prix de revient de la viande sèche, rendue au marché consommateur.

Cette viande est importée en totalité au Brésil et à Cuba. Les trois grands marchés d'importation du tasajo an Brésil sont : Rio-deJaneiro, Bahia et Pernambuco; dans les deux premiers, la vente se fait an kilog. ; dans le dernier, c'est l'arrobe de 15 kilog.

qui sert de base aux transactions. Le Brésil absorl)eenviron les 8/10 de l'export. totale de l'Uruguay, qui a été de 83.515 T. en 1896-97, de 64.168 en 1897-98 et 68.193 en 1898-99.

L'import. de Cuba, qui était d'environ 15.000 T. avant la guerre hispano-américaine, est tombée à 8.251 en 1897 et 6.852 en 1898, pour se relever à 12.205 en 1899.

Pour le Brésil, la viande est expédiée en balles de- 90 à 100 kilog. Les prix de vente y sont très variables, de 500 à 1.200 reis le kilog., en 1898 et en 1899. Le change, dont les fluctnationssont très fortes, augmente encore l'aléa : il oscille entre 29.600 et 36.000 reis la livre sterling.

La Douane uruguayenne perçoit nn droit d'env. 0 p. 45 par 100 kilog. de tasajo exportés.

TASMAME. L'une des colonies de l'Anstralasie, grande île située au S.-E. de la colonie de Victoria, dont elle est séparée par le détroit de Bass, entre 40' 40' — 43° 38' lat. S. et 142» 10' - 140° 10 long. E. de Paris. Snp.: 67.894 kil. carrés (383 kil. sur 300). Pop. : 89.977 hab. en 1861, 99.328 en 1871, 115.705 en 1881,. 146.667 en 1891, 177.341 en 1898. Les deux seules villes importantes sont: la cap. Hobart-Toicn (voy. ce mot), 33.450 hab. en 1891, et Launceston, 21.316. Le pays, montagneux, est traversé par deux chaînes parallèles; point culminant, 1.546 m. Nombreux cours d'eau : le Dervent, d'une longueur de 224 kil.,. est navigable jusqu'à New-Norfolk; le Huon, 160 kil.

En 1898 le nombre des naissances a été de 4.580 et celui des décès de 2.339. On a compté 18.089 immigrants en 1893, 24.074 en 1898, et respectivement 18.649 et 19.323 émigrauts.

Le pouvoir législatif appartient à deux Chambres: un Conseil législatif de 19 membres élus pour 6 ans et une « House of Assembly » de 38 membres élns pour 3 ans. Le gouverneur, nommé par la Couronne, est assisté d'un conseil des ministres de 6 membres. L'armée compte 2.300 hommes env. Il y a une Cour suprême.

Situation financière (en milliers de liv. st.)

Revenus 571 787 9i3

Dépenses 586 919 871

Dette publique 3.177 5.922 8.253

Climat. — Tempéré. A Hobart la moyenne est de- 16° en été, 12» au printemps et — 2* en hiver. La chute des pluies varie suivant les régions : à Hobart, de 0 m. 45 à 0 m. 75 par an.

Agfricw/<«re.— Sur les 16.778.000 acres (de 40 ares et demi) de la colonie, 4.777.640 ont été vendus ou cédés aux colons jusqu'à la Gn de 1898. 832.298 ont été loués pour pacages; 10.793.860, principalement eît forêts et terrains miniers, ne sont pas encore aliénés; 1.206.300 sont occupés par des îles et des lacs. Principales cultures

Blé, acres 30.206 58.897 64.328-

— boisseaux 524.348 1.018.530 1.101.303

Orge, acres 6.833 3.929 7.606

— boisseaux 176.466 80.205 142.721

Avoine, acres 29.247 22.976 45.110

— boisseaux 784.325 631.746 1.148.160

Pommes de terre, acres.. 11.073 16.535 26.951 — T 53.521 60.245 lGi.670

Animaux de ferme

Chevaux 28.610 31.976 31.189

Bé tes à cornes 138.642 170.085 160.204

Montons 1.648.627 1.623.338 1.672.068

Porcs 67.395 50.267 74.451

Mines. — A la fin de 1898 on comptait 544 mines

TATAYOUBA

TCHONGKING

d'or, 223 d'étain, 374 d'argent, 71 de enivre, 22 de charbon. Depuis l'épuisement des alluvions aurifères le nombre des niinenrs a diminué de 2.060 en 1879 à 1.461 en 1896. En 1898 les mines d'argent et de cuivre ont occupé 1.379 personnes et produit 193.609 T. valant 656.213 liv. st. La production des charbonnages a été de 49.M6 T. pour 19.454 liv. st.

Industrie. — Les établissements industriels ne sont pas très importants. Les principaux sont des scieries, tanneries, des fabriques de confitures, de savons, de bougies, des minoteries, brasseries, des fabriques de tissus, des ateliers de constructions mécaniques et fonderies.

Commerce extérieur. — Le mouvement des échanges a été le solvant (en milliers de liv. st.) :

Import, totales 1.757 1.497 1.7G9

— du Koyaume-Uni ... 639 541 .tOI Export, totales 1.313 1.346 2.377

— au lloyaume-L'ni . . . 191 313 1.039 Les import, consistent surtout en : tissus et textiles

380.000 liv. st. en 1899, quincaillerie, etc. lOG.OOO, sucre 104.000, machines 98.000; les export., en : mattes de cuivre 738.000 liv. st., laine 337.000, étain 281.000, fruits frais et conservés 2'tl.OOO, or en lingots 201.000, minerai d'argent 162.000, cuirs et peaux 91.000.

En 1899 le commerce s'est réparti comme suit entre les principaux pays (en milliers de liv. st.) :

Iniporl. Export.

Royaume-Uni 301 1.039

Victoria 799 391

Nouvelles-Galles du .Sud 273 701

Australie méridionale 7 22

Australie occidentale » 48

Nouvelle-Zélande 27 20

Queensland 108 13

Marine marchande. — Voici les entrées et sorties de la navigation au long cours (en milliers de T.) :

Navires de tous pays G77 1.1.37 1.318

— britanniques 668 1.129 1.299

Sur les 7.39 nav. jaugeant 374.000 t. entrés dans les ports de la colonie en 1898, Hohart a reçu 261 nav. avec 3i8.000 t. La même année, la flotte de la Tasmanie comptait 136 voiliers avec 8.789 t. et 42 steamers avec 6.363 t.

La colonie est desservie par la l'eninsular and Oriental, l'Orient Line, la New-Zealand Shipping, l'Union Steamship of New-Zealand, la Shaw Savill and Albion.

Voies et moyens de communication. — A la fin de 1898 il y avait 817 kil. de chemins de fer en exploitation. La principale ligne unit Hobart à Launceston.

La longueur des lignes télégraphiques était de 3.733 kil., celle des câbles de 688, le nombre des stations de 238. Il a été envoyé 244.249 télégrammes et 128.326 messages. Les 344 bureaux de poste ont expédié 9.114.333 lettres, 281.944 cartes postales, 3.374.830 journaux et 1.477.871 colis.

Etablissements financiers. — Succursales de la Bank of .\ustralasia et de l'Union Bank of Australia, dont les sièges sociaux sont à Londres. Elles servent 2 1/2 % d'intérêts sur les dépôts pour un an.

Les monnaies, poids et mesures sont les mêmes qu'au Royaume-Uni. (Voy. ce mot et aussi Mesures et Poids.)

Régime douanier. — Le tarif en vigueur est celui de 1893 (voy. Ann. Com. Ext., 7* et 8* fasc. 1893). Les droits, très élevés, sont spécifiques ou ad valorem de 3 à 20%. Un certain nombre d'articles entrent en franchise : instruments agricoles et machines, livres, etc. Abel Ravier.

BiBLtoGRAPHiE. — Officiai Handboolc of Tasmania, 1892, Hobart.— Report ofthe Secretarij of Mines, annuel. — Agricultural Statistics, annuel. — Johnston : Handboolc of Tasmania, annuel, Hobart. — T. A. Coghlan : the Seven Colonies of Australasia, annuel, Sydney. — Auslralian Handbook (Londres, Gordon and Gotch).

T.vrAYOUB.4. (Bois de). V. Bois exotiques d'ébé-

NISTERIE.

TATIIIOU, près Saint-Vaast-la-Hougue (Manche). Siège du laboratoire maritime du Muséum d'histoire naturelle.

TAUniS. V. Tabriz.

ïCHKFOU ou Chéfou. Ville de Chine et port ouvert au commerce étranger, au fond d'une baie du golfe du Pé-TchiLi, sur la côte septentrionale de la presqu'île de Cliang-Toung, par 37° 33' lat. N. et 119' 3' long. E. de Paris. Pop. : 40.000 hab. en 1899. Climat sain. (Voy. Ports a Traité.)

Le port, très sfir, est accessible aux plus grands navires; c'est le seul du golfe" du Pé-Tchi-Li qui reste libre de glace pendant tout l'iiiver. Services réguliers sur Vladivostok, Tien-Tsin, Shanghaï, Séoul et Kobé. Les droits de port sont de 2 shillings par tonne au-dessus de 1.50 t. (Voy. Ann. du Coni. Ext., enquête sur la marine marchande.)

Les import, se font surtout en : coton japonais 4.406.000 taëls en 1898, coton indien 1.039.000, toiles américaines 1.947.000, shirting 823.000, sucre 655.000, kérosène américain 601.000; les export, en : soie sauvage 1.347.000 taëls, coke 1.237.000, paille tressée 1.213.000. Le commerce se répartit comme suit entre les principaux pays : à l'import. : ports chinois 8.928.000 taëls, Japon 3.579.000, Hong-Kong 1 .501.000 ; à l'export. : ports chinois 6.360.000, Hong- Kon^ 744.000. La valeur actuelle du taël est d'environ 3 fr. 79.

Des capitalistes cliinois ont installé en 1897 une filature à vapeur avec 580 broches et autant d'ouvriers travaillant 12 à 13 heures par jour pour 75 cents de piastre (soit 1 fr. 875) représentant la nourriture, plus 50 cents (1 fr. 25) par écheveau de soie (ilée; le produit total par mois peutètrede40piculs (deOOkgr.).

Succursale de la Hong-Kong and Shanghaï Banking Corporation. Vice-consulat de France.

Les affaires se traitent directement avec lesm.nisons de la place, sans intermédiaire de courtiers. Les payements s'opèrent généralement par virements d'écritures ou par chèques sur l'une des banques de Shanghaï.

ïCHK.MULro ou Yenchuan. Port coréen sur la mer Jaune, à l'embouchure de la rivière Han, en face l'île Roze, à 40 kil. de Séoul (chemin de fer entre les deux villes, avec pont en acier de 900 m. sur le Han), ouvert au commerce étranger en 1884. Concessions étrangères (une japonaise et une internationale) administrées par un Conseil municipal composé des consuls, d'un fonctionnaire coréen et de représentants des propriétaires fonciers.

Environ 20.000 hab., dont 15.000 indigènes, 4.000 à 5.000 Japonais et Chinois, et une cinquantaine d'Européens, dont 20 Anglais. Chambre de commerce et banques japonaises.

Mouvement du port, un millier de navires en 1898: tant à voiles qu'à vapeur, pour 200.000 T. de marchandises. Valeur des export. env. 6 millions de piastres (de 2 fr. 50) : riz, céréales, peaux, fèves, etc., valeur des import, environ 8 millions de piastres ; cotonnades, pétroles, métaux, soieries, etc.

TCHOXGlîIXG (ou Chunking). Ville maritime de Chine, située dans la province de Ssé-Tchouan, sur la rive gauche de Yang-Tsé, par 29° 33' 50' lat. N. et 104" 41' 45" long. E. de Paris. Pop. estimée en 1896 par la Mission Lyonnaise de 300.000 à 350.000 hab. Climat très humide.

Le port fluvial a été ouvert en 1890 au commerce européen. Le marché deTchongking est un des pins

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