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III. Matières donnant le petit teint et le faux

teint. — On croit généralement que les couleurs d'aniline (plus généralement les couleurs artiflcieilles) ont le privilège du mauvais teint : c'est une grosse erreur. Beaucoup de matières, fort usitées il y a cinquaEite ans, ont été abandonnées comme trop peu solides : carthame, rocou, curcuma, orcanette, quercitron, fustet, bois de Brésil, etc. A solidité égale, on préfère toujours les matières artificielles, plus commodes à employer, plus belles et bien plus économiques. C'est ainsi que les violets d'aniline ont détrôné l'orseille et les fuchsines ont remplacé les bois rouges. De même les bleus artificiels sont substitués au carmin d'indigo, qui n'est pas plus solide.

En résumé, il est plus que probable que dans cinquante ans les teinturiers n'emploieront plus que des produits artificiels d'une beauté et d'une solidité absolues. Dès à présent, les magnifiques nuances peu solides, ou même fugaces, obtenues avec des produits que nous possédons, permettent de teindre beaucoup mieux qu'on ne l'a jamais fait les belles étoiles de soie pour soirées, costumes de théâtre, etc. Ce genre ne demande pas de solidité, puisque les tissus en question ne voient même pas le soleil, le grand ennemi des petits teints. La lumière électrique agit aussi sur les couleurs, mais avec moins d'énergie.

En attendant les découvertes futures, constatons que le noir d'aniline, par exemple, a permis aux femmes de porter des bas de coton noir grand teint, les indiennes noires pour deuil, etc. C'est une véritable conquête réalisée par la chimie.

Procédés de teintlre : I. Méthodes par réduction. — L'exemple le plus important à citer, c'est la teinture de l'indigo à la cuve ou, comme on dit pour abréger, la teinture au bleu de cuve.

Il faut bien se garder de confondre le carmin d'indigo, qui n'est pas solide, avec le bleu de cuve, la pins stable de toutes les couleurs.

L'industrie emploie presque partout maintenant la cure à l'hydrosulfite de soude, de Schiitzenberger et Delalande. L'indigo bleu du commerce, naturel ou artiQciel, est amené immédiatement à l'état d'indigo blanc soluble par l'action de l'hydrosulfite. La cuve peut être préparée instantanément par des ouvriers à peu près quelconques. La teinture se fait sur laine avec un uni parfait, et la teinte est plus belle qu'avec les anciennes cuves, qui fixaient toujours quelques impuretés de l'indigo naturel, notamment le rouge d'indigo.

On livre maintenant aux teinturiers de l'indigo blanc réduit, dans des vases bien fermés : on peut l'employer immédiatement, même pour l'impression des tissus.

II. Teintures directes. — Les couleurs artificielles teignent directement la laine et la soie, sans aucune préparation.

Il n'en est pas de même pour le coton, excepté pour les couleurs diamines, qui prennent aussi directement sur le coton.

III. Teintures sur mordants. — La cochenille, la garance et ses dérivés (par conséquent l'alizarine et la purpurine), le campêche, etc., ne teignent les fibres que par l'intermédiaire des mordants. (Voy. MoRD.\.NÇAGE.) Cc sout dcs oxydcs métalliques : alumine, oxydes de fer, de chrome, deplomb, de cuivre,

etc., qu'on fixe snr les fibres à l'aide de différents procédés, dont quelques-uns étaient déjà connus des anciens Égyptiens.

Les fibres, ainsi mordancées, deviennent capables de fixer les matières colorantes. Ces matières sont attirées (en terme de métier) et solidement attachées à la fibre. Prenons pour exemple les couleurs dites garancées sur coton :

On imprime : 1° de l'acétate d'alumine suivant un certain dessin; 2« de l'acétate d'alumine et de fer suivant un autre dessin se raccordant avec le premier; 3" de l'acétate de fer assez étendu ; 4' de l'acétate de fer concentré.

Ces impressions se font avec quatre rouleaux de cuivre gravés en creux, montés sur un même bâti.

La pièce de calicot ainsi mordancée par impression est séchée à l'air, et, au bout de quelques jours, lavée à grande eau. Elle est ensuite teinte dans un bain de garance moulue et d'eau chaude : on obtient ainsi, en un seul bain, les 4 nuances suivantes : l' rouge ou rose (si le mordant est faible) ; 2" brun rouge; 3° violet foncé; 4" noir.

Cette teinture forme la base des indiennes grand teint.

Actuellement, on obtient le même résultat en imprimant de l'alizarine et de la purpurine mêlées avec les mordants. Le tout se fait en une seule opération.

Pour le drap garance (drap de troupe) on mordance la laine en flocons, lavée et dégraissée, dans un bain bouillant contenant de l'alun et du bitartrate de potasse. (L'acétate d'alumine ne convient pas pour mordancer la laine.) La laine est ensuite lavée à grande eau et teinte dans un bain chauffé à "Ta* et contenant de la garance en poudre. On remue constamment la laine avec des crochets. La teinte monte peu à peu jusqu'au rouge foncé. Après lavage et séchage, la laine teinte est cardée, puis filée, enfin tissée. On obtient ainsi un drap rouge grand teint, d'un excellent usage, car la teinture a pénétré la laine à cœur.

On fabrique beaucoup de draps teints en pièces: le travail est plus économique, mais il est presque impossible que la teinture pénètre jusqu'au cœur du tissu.

La garance est remplacée par l'alizarine et la purpurine, même pour les draps de troupe, quand le prix de la garance française dépasse 60 fr. les 100 kilog.; mais ce prix est plutôt fictif, car nous n'avons presque plus de culture de garance sur le sol français.

Les noirs au campêche (bon teint sur laine) se teignent aussi sur laine mordancée à l'alumine avec addition de sulfate de cuivre ou de bichromate de potasse. Mais cette couleur est presque remplacée par les noirs naphtol et naphtylamine, même pour les teintures sur chiffons (vêtements déjà portés) ; Ces couleurs sont très solides et « prennent » sans mordants.

Règles générales. — Toutes les fibres destinées à la teinture (soie, laine, coton, etc.) doivent d'abord être nettoyées à fond et lavées à grandes eaux.

Il faut opérer toujours sur des fibres bien mouillées et teindre dans des bains très faibles en « rechargeant » les bains, s'il est nécessaire. Avec des bains trop chargés on n'obtient que des teintures inégales (bringées).

Les fibres doivent être constamment agitées ré-

TEINTURE

TEINTURE

gulièrement dans les bains. Dans les teintures en écheveaux, c'est ce qu'on appelle lisaer ou User les écheveaux.

Pour la teinture des bois, des pailles, etc., on emploie une foule de recettes spéciales, dont chaque atelier fait mystère, mais qu'il est facile d'imiter quand on possède la pratique de la teinture.

Le public s'est forgé peu à peu des idées insensées à propos de la solidité des grands teints. Quand une femme achète de la cotonnade à carreaux bleus et rouges pour faire des tabliers, elle commence par savonner lesdits tabliers : l'eau devient bleue et violette : c'est la teinture « qui fait son effet », qui « jette son feu »; ensuite elle ue « bougera» plus. Ces rouenneries sont moitié grand teint et moitié faux teint : les fils rouges et les fils bleus ont été << remontés » avec de fausses couleurs qui disparaissent au premier savonnage. Le grand teint ne «lâcherait» absolument rien à l'eau de savon. Il suffirait qu'un de nos grands magasins exigeât des fabricants des cotonnades « vrai grand teint » pour le même prix : les fabricants renonceraient à cette fraude ridicule, encouragée par l'ignorance des consommateurs.

Il en est de même, d'ailleurs, des toiles bleues pour blouses : le fond est du bleu de cuve, grand teint, « remonté » avec du bleu et du violet d'aniline. Au moins, dans ce cas, le villageois profite de la fausse couleur et porte une blouse éclatante jusqu'au premier lavage. Ch.-E. Guignet,

Ingénieur civil (E. P.). Directeur lionoraire des teintures aux Manufactures des Gobelins et de Beauvais.

De l.\ Naturk et du Rôle des Matières colorantes. — Pour teindre, on emploie des matières colorantes (voy. ce mot) solubles dans l'eau; dans le bain ainsi formé, on trempe la fibre à colorer. On s'aperçoit immédiatement que l'effet obtenu dépend de la nature de la fibre et de la nature de la matière colorante. Telle couleur teindra la laine et ne colorera pas les autres fibres; ou encore, une couleur ne teignant pas le coton s'y fixera si, au préalable, on lui a fait subir un traitement particulier appelé « mordançage» (voy. ce mot).

Les matières colorantes qui se fixent directement sur les fibres sont dites : directes, substaatices, ou monogénétiques; celles qui exigent l'emploi d'un mordant sont dites adjectives ou polygénétiques. Il faut encore remarquer que parmi celles-ci certaines colorent toujours de la même façon, tandis que d'autres teignent en nuances différentes selon le mordant employé. Ex. : la fuchsine teint toujours vu rouge, tandis que l'aiizarine teint en rouge les mordants d'alumine et de chaux, en violet les mordants de fer, en bordeaux ceux de chrome, en orange ceux d'étain. Il arrive aussi qu'une couleur est substantive pour une fibre et adjective pour un autre.

Au point de vue de la teinture, les matières colorantes se divisent en : 1° matières colorantes acides; 2° matières colorantes basiques; 3° matières colorantes neutres.

Les premières sont polygénétiques ou monogénétiques. Dans le premier cas elles exigent, pour teindre le coton ou la laine, l'emploi de mordants : telles sont les couleurs d'alizarine, les couleurs oxaziniques et nitrosées. La plupart des colorants naturels exigent aussi l'usage des mordants.

Les colorants neutres sont l'indigo, le noir d'aniline.

Les colorants acides monogénétiques teignent la laine et la soie directement. Ces colorants, ainsi que les précédents, sont faiblement acides. Quand le caractère acide est nettement prononcé, ils teignent les fibres animales, mais non les végétales, même mordancées. Ce sont, en géuéral, des colorants basiques qui ont été rendus acides par sulfonation : ainsi les marques dites acides ou S ; fuchsine S, jaune naphtol S, bleus acides, bruns acides, etc.

Dans cette catégorie rentrent aussi les couleurs de benzidine, ùitessubstantives, qui, elles, teignent les fibres végétales et les fibres animales. Le type de ces couleurs est le ronge Congo, avec les benzopurpurines, couleurs diamines, chrysamines, etc.

Les matières colorantes basiques teignent les fibres animales en bain neutre ou légèrement acétique ; mais pour le coton, il faut le mordancer au tannin.

Après ces indications sur le rôle joué dans la teinture par la nature des matières colorantes, nous allons examiner l'inHueuce, sur la teinture, de la nature de la fibre.

Teinture sur colon. — Sauf quelques colorants naturels: safranum, curcuma, rocou, cachou et l'importante classe des colorants artificiels, dits substantifs (couleurs de benzidine), les autres colorants ne teignent pas le coton directement. Il faut lui faire subir un mordançage, c'est-à-dire fixer sur lui, par une précipitation chimique, un sel métallique, généralement un oxyde, qui, en se combinant à la matière colorante, formera avec elle une laque solide. Pour les colorants basiques on emploie un mordant acide: le tannin, utilisé seul ou, mieux, fixé avec un sel d'antimoine.

Le mordançage s'effectue le plus souvent avant la teinture. Quelquefois on met ensemble le mordant et le colorant, comme, par exemple, le campêche et les sels de cuivre ou de fer ; mais c'est une exception.

Les couleurssubstantives, avons-nous dit, teignent directement le coton, et elles ont la propriété de servir de mordant aux couleurs basiques. On peut donc aviver ou modifier la nuance des colorants de benzidine par un passage dans une matière colorante basique; par ex. : aviver un bleu diamine avec du bleu méthyline. Les matières colorantes à mordant jouissent des mêmes propriétés: l'aiizarine sur alumine fixe la fuchsine.

Teinture de la laine. — Presque tous les colorants, sauf ceux teignant seulement sur mordant, et les verts malachite, teignent directement la laine.

Les matières colorantes basiques se teignent sur bain neutre ou faiblement acétique pour corriger l'eau et faciliter l'uni. Les matières colorantes se teignent sur bain acide de sulfate de soude.

Les couleurs d'alizarine, les oxazines, les bois tinctoriaux exigent un mordançage, qui s'effectue soit avant, soit pendant, soit après la teinture, selon la nature et les propriétés de la matière colorante employée.

La teinture commence à 50" ctg.: on monte graduellement au bouillon, pour y rester de 1 à 2 h, selon le cas. Laver à fond après teinture.

Teinture de la soie. — Sauf les bois tinctoriaux et les couleurs d'alizarine, toutes les autres matières colorantes, sans exception, teignent la soie. On opère sur bain de savon de décreusage coupé avec de l'acide sulfuriqne ou de l'acide acétique. On teint généralement à 60» ctg., quelquefois on monte à l'ébullition.

TElXTUiŒS l'OLR CHEVEUX

TELEGRAPHE

Teinture du lin. — Elle s'opère comme celle dn colon, mais demande plus de soin, le mordançage et la teinture prenant dillicilement.

Teinture du jute. — On procède comme pour le coton ; toutefois, le jute fixe directement les matières colorantes basiques, à causedu tannin qu'il renferme. On teint au bouillon avec addition d'alun et d'acide acétique; on laisse refroidir dans le bain.

Teinture de la ramie. — En principe, elle est la même que celle du coton, mais ou doit tenir compte du brillant de cette fibre, brillant qu'altèrent et enlèvent même certains colorants et les mordançiiges compliqués, il est préférable de s'en tenir aux matières colorantes basiques fixées au tannin.

Teinture des plumes. — On les blanchit à l'eau oxygénée et ou se sert pour les teindre des matières colorantes pour laine, sans mordançage préalable; on vise surtout à l'éclat: après teinture, on sèche en saupoudrant les plumes avec de l'amidon.

Teinture du cuir et des peaux. — Les nuances claires se font encore beaucoup aux bois de teinture, le noir au campèche et aussi avec des noirs artificiels; mais pour les autres tons on ntilise les matières colorantes artificielles basiques on acides, avec ou sans mordançage au sumac et tartre on borax.

La teinture s'effectue au plongé ou à la brosse. Dans le premier cas, on plonge les peaux dans de grandes bassines contenant le, bain tinctorial; dans le second, on étend la couleur à la brosse.

Teinture du papier. — Le papier se colore dans la pile, avec des colorants basiques, légèrement acides ou neutres, comme les couleurs minérales.

Teinture du bois. — La teinture du bois ne doit pas être confondue avec la peinture. La teinture pénètre plus ou moins profondément à l'intérieur du bois, tandis que la peinture est appliquée superficiellement.

La coloration des bois s'effectue soit par le trempage, soit par injection, soit encore simplement au pinceau : le procédé par injection est le meilleur.

Teinture de la paille. — On fait bouillir la paille, blanchie ou non, avec une matière colorante naturelle ou artificielle, seule ou additionnée d'un peu d'acide tartrique. Le blanchiment s'effectue au chlorure de chaux, à l'acide sulfureux ou à l'eau oxygénée.

Teinture des os et de l'ivoire. — Elle s'eîTectne par immersion ou injection des morceaux bruts, que l'on travaille ensuite.

Teinture de la mousse et des plantes. — Il suffit de les immerger dans un bain de teinture préparé avec une matière colorante basique ou azolque.

Léon Lefèvre.

TEINTURE (Bois db). V. Bois de teixtire, Dro-

GlERIE.

TEIATURES POUR CllEVKUX. Presque toutes les teintures pour cheveux en noir sont toxiques; elles sont soit à base de plomb ou d'argent, soit à base de bichromate de potasse ou de bois de campèche. Il n'y a guère que la teinture au henné qui soit inoSensive; elle teint en rouge d'abord, et ne donne le noir qu'à la suite d'un long usage.

Une teinture très répandue, puisqu'on en vend annuellement (1900) iJO.OOO flacons, est la solution de paraphénylène diamine dans l'eau oxygénée avec addition de résorcine. Or, l'application de cette teinture cause des vomissements, des maux de tète

atroces, des altérations de la peau et des reios qui produisent des troubles fort graves.

tklai'tookai'IIe:. Ou donne ce nom à un appareil d'invention toute récente qui transmet télégraphiquement l'écriture et les dessins. Un crayon écrit sur une bande de papier à la station de départ, et une plume reproduit à la station d'arrivée tous les mouvements du crayon. Crayon et plume sont reliés électriquement par le fil de ligne. Ils sont fixés à une sorte de pantographe aux deux stations, et le déplacement du pantographe se transmet fidèlement» du départ à l'arrivée, par suite des changements de résistance du courant dos aux angles de déplacement.

Par un second fil passent des courants alternatifs qui sont en rapport avec la pression du crayon sur le papier. H en résulte que la plume, à l'arrivée, répète les pressions du crayon courant sur le papier et inscrit les caractères.

La plume va chercher elle-même son encre dans l'encrier, quand le crayon, mû par la personne qui transmet, va appuyer sa pointe dans un encrier factice.

TÉLÉGRAPHE

Sommaire : .Monopole.— Serment professionnel. — Heares d'onverlure des bareaaz. — Régimes intérieur et international.— Libellé des télégrammes. — Dépôt des télégrammes.— .Arrêt des télégrammes.— Compte des mots. — Transmission télégraphique des cours de rentes françaises.— Télégrammes météorologiques, avec accusé de réception, avec collalionnemeni, à faire suivre, multiples, avec réponse payée, transmis avec priorité, urgents, à remettre en mains propres, à remettre ouverts, par e.\près, par poste, mandats, télégrammes-lettres échangés entre la France et ses colonies: télégrammes de presse. — Communications et copies d'originaux ans particuliers et à l'autorité judiciaire. — l>ocation et concession de fils télégraphiques à la presse. — Conditions auxquelles les communes peuvent obtenir la création de bureaux télégraphiques ou téléphoniques. — Lignes d'intérêt privé. — Télégrammes pneumatiques.— Appareils télégraphiques.

RÉGLKMESTATiox GÉNÉRALE : Mouopole.— Le télégraphe est un service public auquel est confié le monopole de la transmission, à distance, des nouvelles oBicielles et privées. Le décret-loi du 27 décembre iSol.qui acrééce monopole, interdit aux particuliers de transmettre, sans autorisation, des signaux d'an lieu à un autre, soit à l'aide de machines télégraphiques, soit par tout autre moyen. Les contraventions à ce monopole sont punies de prison et d'amende. Dans le principe, l'administration des télégraphes a été instituée exclusivement pour le service de l'État : plus tard, elle s'est chargée de transmettre également les dépèches des particuliers; mais, actuellement encore, cette transmission est toujours subordonnée aux besoins du service officiel. La télégraphie privée peut même être suspendue par le Gouvernement sur une ou plusieurs lignes (loi du 24 novembre 1^0, art. i et 4; convention de Saint-Pétersbourg, art. 8). L'État n'est soumis à aucune responsabilité à raison du service de la correspondance privée par la voie télégraphique (loi du 29 novembre 18o0, art. 6: convention de Saint-Pétersbourg, art. 3).

Serment professionnel. — Les agents du télégraphe prêtent le serment de garder le secret de la correspondance télégraphique: en cas de violation, ils sont punis des peines édictées à l'art. 187 dn C. Peu. (loi du 29 novembre 1850, art. 5). Ces peines sont : amende de 16 à 300 fr. et emprisonnement de

TELEGRAPHE

TELEGRAPHE

3 mois à 5 ans; interdiction de toute fonction ou «mploi public pendant o ans au moins et 10 ans au plus.

Heures d'ouverttire des Bureaux. — Les bureaux télégraphiques sont ouverts aux mêmes heures que les bureaux de poste, avec lesquels ils sont, d'ailleurs, généralement fusionnés. Toutefois, dans certaines villes, le service télégraphique fonctionne toute la nuit et dans d'autres jusqu'à minuit. Les bureaux télégraphiques installés dans les gares sont ouverts aux heures fixées par l'Administration, d'accord avec les Compagnies.

Régime intérieur et international. — Les télégrammes sont, en ce qui concerne l'application des taxes et de certaines règles de service, soumis soit -au régime intérieur, soit au régime international (celui-ci se subdivisant en régime européen et en -régime extra-européen). Le régime intérieur comprend : la France continentale, la Corse, l'Algérie, la Tunisie, la principauté de Monaco et les vallées d'Andorre. Le régime européen comprend tous les j)ays d'Europe, les Açores, Benguéla, Bissao, Bolama, les Canaries, le Congo français, la Côte d'Ivoire, le Dahomey et dépendances, la Guinée française, le Maroc, Mossamédès, l'île Principe, la Russie du Caucase, Saint-Paul-de-Loanda, l'île San-Thomé, le Sénégal, la Tripolitaine et la Turquie d'Asie. Le régime extra-européen comprend tous les autres pays.

Libellé des Télégrammes. — Les originaux des télégrammes doivent être écrits en caractères usités en France et ayant leur équivalent dans le tableau des signaux télégraphiques. Un télégramme peut être écrit sur tel papier qu'il convient à l'expédi- 'teur, à l'encre ou au crayon, aux risques et périls de cet expéditeur. 11 est interdit aux agents de service d'écrire, même en partie, la minute d'un télégramme. Quand cette minute est peu lisible, ou lorsque l'orthographe est incorrecte, ou bien encore quand le libellé du texte ou de l'adresse n'est pas établi dans la forme réglementaire, le préposé du guichet trans- 'Crit les mots illisibles, douteux ou mal orthographiés et transpose les passages disposés irrégulièrement. L'agent du guichet doit, en ce cas, faire approuver les rectifications par l'expéditeur. Si celui-ci ou son représentant refuse d'approuver les modifications réglementaires ainsi introduites, l'agent du guichet mentionne le refus sur la minute, accepte le télégramme, aux risques et périls de l'expéditeur, tel qu'il a été rédigé, et introduit dans les indications de service la mention « rédaction maintenue » ou «adresse maintenue », qui est transmise, mais dans les limites du régime intérieur seulement. Le télégramme n'est refusé que lorsque la rédaction que l'expéditeur veut maintenir rend le calcul de la taxe impossible. La signature de l'expéditeur est facultative.

Rédaction du texte. — Le texte d'un télégramme privé peut être rédigé eu langage clair pour toutes les destinations, et si l'office de destination l'admet : 1» en langage secret convenu; 2° en langage secret chiffré (chiffres ou groupes de chiffres arabes) ; 3° parlie en langage clair et partie en langage convenu; 4» partie en langage clair et partie en langage chiffré; o" partie en langage convenu et partie en langage chiffré; en un mélange des trois langages, clair, convenu et chiffré. Les télégrammes sans texte son admis.

Langage clair. — Un télégramme est en langage clair lorsqu'il est rédigé et offre un sens compréhensible dans l'une ou plusieurs des langues suivantes : le français, l'anglais, l'allemand, l'annamite, l'arabe, l'arménien, le bohème, le bulgare, le croate, le danois, l'esclavonien, l'espagnol, le flamand, le grec, l'hébreu, le hollandais, le hongrois, l'illyrique, l'italien, le japonais, le luxembourgeois, le malais, le norvégien, le persan, le petit russe, le polonais, le portugais, le roumain, le routhène, le russe, le serbe, le siamois, le slovaque, le Slovène, le suédois, le turc et le tatin, ou, en ce qui concerne le service intérieur, dans l'un des idiomes, basque, breton, gascon ou provençal. Dans tous les cas les télégrammes doivent êtreen caractères romains, quelle que soit la langue employée.

Langage convenu. — On entend par télégrammes en langage convenu ceux où il est fait emploi de mots qui, tout en présentant chacun un sens intrinsèque, ne forment pas de phrases compréhensibles pour le service. Les mots du langage convenu ne peuvent contenir, au maximum, que dix caractères et doivent être empruntés à l'une ou à plusieurs des langues française, latine, allemande, anglaise, espagnole, hollandaise, italienne et portugaise.

Langage chiffré. — On entend par télégrammes en langage chiffré, ceux dont le texte est intégralement ou partiellement formé de groupes ou bien de séries de chiffres ayant une signification secrète. Le texte chiffré des télégrammes privés doit être composé exclusivement de chiffres arabes.

Légalisation de la signature. — L'expéditeur a la faculté de comprendre dans son télégramme la légalisation ou la certification matérielle de sa signature. Il peut la faire transmettre, soit textuellement, soit par la formule : « Signature légalisée ou certifiée par ». Cette légalisation ou cette certification, telle qu'elle est libellée sur la minute du télégramme, entre dans le compte des mots taxés et prend place après la signature. Elle n'est acceptée et transmise qu'autant que son authenticité est dûment établie, notamment par l'apposition du sceau ou cachet de l'autorité qui légalise.

Dépôt des Télégrammes. — Si l'expéditeur d'un télégramme est abonné au réseau téléphonique, il est admis à téléphoner, de son domicile au bureau de départ, les télégrammes qu'il veut faire transmettre, si ces télégrammes sont rédigés en français, en langage clair et ne contiennent pas plus de cinquante mots. Dans ce cas, il verse entre les mains du receveur de ce bureau, et indépendamment des redevances téléphoniques, s'il y a lieu, une provision préalable pour garantie des taxes télégraphiques à percevoir.

Le service peut, à la rigueur, exiger la preuve d'identité de l'expéditeur d'un télégramme chaque fois que cette mesure est jugée opportune. Si l'expéditeur ne consent pas à justifier de son identité, le télégramme peut être refusé.

Arrêt des Télégrammes. — Les administrations! de l'Union télégraphique ae réservent la faculté] d'arrêter la transmission de tout télégramme privé] qui paraîtrait dangereux pour la sécurité de rÉtat| ou qui serait contraire aux lois du pays, à l'ordre] public ou aux bonnes mœurs (loi du 29 novembre] 1850, art. 3 ; convention de Saint-Pétersbourg, art. 7).

Les expéditeurs sont informés, au moment où ils j déposent leurs télégrammes, des circonstances par-

TÉLKGRAPUE

TELEGRAPHE

ticulières qui pourraient retarder ces télégrammes on les empêcher de parvenir à destination (fermeture du bureau destinataire, mauvais état des communications, etc.). Mention de l'avis donné est portée sur la minute et, autant que possible, contresignée par l'expéditeur ou par son mandataire. Les agents ne donnent aucune indication relative au délai qui s'écoulera entre le dépôt et la remise d'un télégramme, ou aux incidents qui se sont produits ou se produiront avant ou durant la transmission.

CcMPTE DES MOTS : Langage ctair. — On compte pour un mot :

1° Dans les relations du régime intérieur :

a] Toute expression, soit composée, en usage dans la langue française;

h) Les noms propres de lieux, de paj's, de circonscriptions administratives, de voies publiques et les numéros des habitations, si les expressions employées reproduisent exactement les dénominations officielles:

c) Les dénominations servant à désigner les bureaux télégraphiques. Ex. : « Télégraphe restant, M. Duval, Marseille-Chapitre » (Marseille-Chapitre, 1 mot);

(/) Les noms patronymiques appartenant à une seule et même personne, les noms des navires, les fractions et les nombresentiers, décimaux ou fractionnaires écrits en toutes lettres, toutes les fois que ces expressions sont établies respectivement en un seul j mot, sans apostrophe ni trait-d'union; elles sont,! dans ce cas, comptées pour autant de mots qu'il y i a de fois quinze caractères ou fractions de quinze caractères : |

c) Chaque groupe de chiffres compte pour autant de mots qu'il contient de fois cinq chiffres ou signes équivalents, plus un mot pour l'excédent.

2» Dans les relations internationales (régimes européen et extra-européen) on compte pour un mot :

a) Les expressions de l'une quelconque des langues autorisées, comprenant de un à quinze caractères sans trait-d'union ni apostrophe; l'excédent, jusqu'à concurrence de quinze caractères, étant compté pour un mot;

b) Le nom du bureau télégraphique de destination, tel qu'il flgure dans la première colonne de la nomenclature officielle des bureaux télégraphiques, c'est-à-dire accompagné, le cas échéant, d'un nom de subdivision territoriale ou d'une indication qnelconque servant à distinguer ce bureau de ses homonymes; le nom de la subdivision territoriale, quand le bureau de destination est inscrit à la nomenclature sans être accompagné de cette indication complémentaire; enfin, le nom du pays de destination.

Langage convenu. — Dans tous les régimes on compte pour un mot toute expression appartenant à l'une des langues autorisées et ayant un maximum de longueur de dix caractères.

Langage chiffre. — Dans tous les régimes chaque groupe de chiffres compte pour autant de mots qu'il contient de fois cinq chifires ou signes équivalents, plus un mot pour l'excédent, au calcul des groupes de lettres et de chiffres employés, comme marque de commerce.

Sont comptés pour un ciiiffre les points et virgules qui entrent dans la formation des nombres, ainsi que les barres de fraction et les tirets. 11 en est de même de chacune des lettres ajoutées aux chifires pour désigner les noaibres ordinaux. Pour

les marques de commerce les chiffres et les lettres doivent être comptés séparément; les lettres séparées par des points sont considérées comme autant de caractères isolés et comptées chacune pour un mot, les points étant, dans ce cas, traités comme des signes de ponctuation et transmis gratuitement. Perception des taxes. — Les taxes télégraphiques sont perçues, au départ, sauf les exceptions prévues pour les télégrammesà faire suivre, les télégrammes affranchis par un bon, les télégrammes émanant d'un bâtiment en mer et les télégrammes à remettre par exprès. Les taxes sont décrites sur la minute du télégramme et sont toujours perçues en numéraire. Si la somme totale à percevoir contient nne fraction de demi-décime, cette somme est augmentée de la quantité nécessaire pour compléter le demi-décime.

Surtaxes télépho^niques. — Tout télégramme originaire ou à destination d'un bureau municipal téléphonique acquitte, en sus de la taxe télégraphique, une surtaxe de 0 fr. 2ii.

Cours des Rentes françaises : Transmission et affichage. — Les cours des rentes françaises sont remis chaque jour de bourse aux préfets, sous-préfels, trésoriers-payeurs généraux et receveurs particuliers des finances. Ils sont également portés à la mairie de toute commune siège d'un bureau télégraphique, lorsque la commune a fait placer, uses frais, un cadre à la porte de la mairie ponr y recevoir le bulletin portant les cours. Ils sont, dans tous les cas, affichés à l'extérieur du bureau, dans un endroit où le public peut les consulter commodément. Chaqne bulletin reste affiché pendant deux jours; il est porté à tonte personne qui a versé, à la caisse du receveur de la localité, un abonnement fixé à 50 fr. par semestre.

Diverses sortes de Télégrammes : Télégrammes météorologiques : Abonnements aux avertissements agricoles. — Les télégrammes météorologiques dits « avertissements agricoles » sont transmis à tous les bureaux desservant des localités, des particuliers, etc., ayant souscrit aux conditions de l'abonnement réglementaire. Cet abonnement est fixé par semestre à 20 fr. pour les communes, les commissions météorologiques et les fonctionnaires, et à 50 fr. pour les particuliers.

Télégrammes avec accusé de réception. — L'ex péditeur d'un télégramme peut demander à être avisé de la remise de sa dépèche. L'accusé de réception est transmis soit par le télégraphe, soit par la poste. La taxe de l'accusé de réception télégraphique est égale à celle d'un télégramme simple de 10 mots pour le même parcours. La taxe de l'accusé de réception postal est de Oîr.lO (régime intérieur) et 0 fr. 50 (régime international).

Télégrammes avec coUationnement. — Le collationnement consiste dans la répétition intégrale du télégramme de bureau à bureau. L'expéditeur obtient le coUationnement en inscrivant sur la minute de son télégramme l'indication éventuelle taxée « CoUationnement » ou « (T. C.) », et en acquittant une taxe supplémentaire égale au quart de la taxe d'un télégramme ordinaire du même nombre de mots pour la même destination et par la même voie que le télégramme à expédier.

Télégrammes à faire suivre. — Un télégramme est réexpédié à des adresses ou à des destinations successives, lorsque l'expéditeur inscrit sur la minute de

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son télégramme l'indication éventuelle taxée « Faire suivre» ou «F. S.». L'agent taxateur doit aviser l'expéditeur qu'en inscrivant cette indication, il s'engage à payer les taxes de réexpédition qui resteraient dues par suite de cette opération. On peut même exiger un versement d'arrhes.

L'expéditeur d'un télégramme international à faire suivre ne peut, en aucun cas, affranchir d'avance une réponse à ce télégramme, ni demander un accusé de réception. L'expéditeur d'un télégramme à faire suivre peut, en versant des arrhes au moment du dépôt de son télégramme, couvrir les frais de réexpédition dans les limites du régime intérieur; l'indication éventuelle correspondante est : « Faire suivre arrhes » ou u F. S. A. »

■ Télégrammes muUiples. — Un télégramme multiple est un télégramme adressé soit à plu.sieurs destinataires dans une même localité, soit à un même destinataire, mais à plusieurs domiciles dans une même localité, soit enfin à un on plusieurs destinataires dans des localités différentes desservies par un même bureau télégraphique. Les télégrammes multiples sont acceptés pour tous les pays, sauf pour l'Amérique. L'expéditeurd'un télégramme multiple doit inscrire avant l'adresse l'indication « .r adresses » ou « T. M. x », la lettre x représentant le nombre d'adresses. Cette mention entre dans le compte des mots taxés.

Les télégrammes multiples sont passibles :

1° D'une taxe calculée d'après le nombre total des mots à transmettre, comme s'il s'agissait d'un télégramme unique;

2° D'un droit de copie de 0 fr. 50 par chaque série de 100 mots; ce droit est répété autant de fois qu'il y a d'adresses moins une. Pour la perception de ce droit, la longueur de chaque copie est calculée d'après le libellé qui doit être remis à chaque destinataire;

3" S'il y a lieu, des taxes accessoires éventuelles, calculées comme s'il s'agissait d'un télégramme ordinaire.

Télégrammes avec réponse payée. -— Tout expéditeur peut affranchir la réponse qu'il demande à son correspondant. La taxe à percevoir pour la réponse est celle d'un télégramme établi d'après les indications relatives à cette réponse et adressé au bureau d'origine du télégramme-demande par la même voie que ce dernier. Si l'expéditeur n'indique pas le nombre de mots de la réponse, celle ci est taxée comme devant avoir 10 mots. L'expéditeur d'un télégramme peut affranchir, pour la réponse à ce télégramme, un nombre de mots quelconque à partir de 10 mots. L'expéditeur d'un télégramme international peut affranchir, au maximum, 30 mots pour la réponse à sou télégramme. Le minimum du nombre des mots d'une réponse est de 2.

Télégrammes transmis arec priorité. — L'expéditeur d'un télégramme échangé entre la France continentale, la Corse, la principauté de Monaco et les vallées d'Andorre, d'une part, et l'.Algérie ou la Tunisie, d'autre part, peut obtenirque ce télégramme soit transmis avec priorité sur les cùbles reliant la France à l'Algérie et à la Tunisie. La taxe est de 10 cent, par mot avec minimum de perception de 1 fr. par télégramme. Les télégrammes de presse, pour jouir du bénéfice de la priorité, acquittent une taxe de ij cent, par mot avec minimum de perception de 1 fr.

Télégrammes urgents. — Dans les relations avec certains pays étrangers, l'expéditeur d'un télégramme privé obtient la priorité de transmission et de remise en payant le triple de la taxe applicable à un télégramme simple de même longueur pour le même parcours. Les télégrammes urgents ne sont pas admis dans le régime intérieur. Les destinations pour lesquelles ils sont acceptés sont désignées au tarif télégraphique.

Télégrammes à remettre en mains propres. — L'expéditeurd'un télégramme peut demander que celui-ci soit remis au destinataire lui-même, ce qu'il fait connaître en inscrivant, avant l'adresse, l'indication éventuelle taxée : « Remettre en mains propres » ou « M. P. » Les télégrammes de l'espèce .sont admis dans le régime intérieur et dans les relations avec certains pays indiqués au tarif télégraphique.

Télégrammes à remettre oncerts. — Les télégrammes à remettre ouverts sont acceptés dans le régime intérieur et dans les relations avec certains pays désignés au tarif télégraphique. L'expéditeur qui désire que son télégramme soit remis ouvert au destinataire fait connaître son intention avec l'adresse par l'indication éventuelle taxée : « Remettre ouvert» ou « R. 0. ».

Télégrammes à remettre par exprès. — Pour la France, la taxe à percevoir pour le port d'un télégramme par exprès est fixée à Ofr. oOpourle premier kilomètre et à 0 f r. 30 pour chacun des kilomètres suivants, toute fraction de kilomètre comptant comme un kilomètre entier. Elle est perçue au départ. Les distances sont, en général, indiquées par le Dictionnaire des Postes et des Télégraphes. Si la distance à parcourir par l'exprès n'est pas fournie au bureau dedépart par les documents en sa possession, l'agent taxateur perçoit des arrhes dont la liquidation est opérée ultérieurement.

Télégrammes il remettre par poste. — Lorsque l'expéditeur désire que le bureau télégraphique d'arrivée acliemine son télégramme par la poste sur le lieu de destination, il inscrit l'indication éventuelle taxée : « Poste », si le télégramme doit être expédié comme lettre ordinaire, ou bien : « Poste recommandée » ou « P. R. », si le télégramme doit être expédié comme lettre recommandée. Il n'est perçu sur les expéditeurs aucune taxe pour l'affranchissement postal des télégrammes acheminés comme lettres ordinaires; mais s'ils doivent circuler comme lettres recommandées, l'expéditeur acquitte : dans le service intérieur la taxe de recommandation postah' deOfr. 2o, dans le service international une taxe deOfr.oO. Les télégrammes qui doivent être expédiés par poste à un pays autre que celui de destination télégraphique sont soumis à une taxe deOfr. iJO. Les télégrammes qui doivent être expédiés par poste à l'étranger par un bureau français sont misa la poslc comme lettres recommandées. Ils sont, en consiiquence, affranchis conformément au tarif suivant :

Fr.

Pour les cotfinies françaises 0,4(

Pour toutes les destinations comprises dans

l'Union postale 0,"

Pour les autres destinations 0,7î

Télégrammes-Mandats. — Le maximum d mandat télégraphique est de 5.000 fr. dans le service intérieur (y compris la Tunisie); il est de 500 fr. dans les rapports avec la Bulgarie, le Danemark, la Roumanie et la Serbie, et de 1.000 fr. dans les rela, lions avec les autres pays qui admettent l'é

ut .

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. .^ télégrammes-mandats. Si nn expédilenr désire envoyer une somme sapérienrp, an moyen de plusieurs mandats, il est informé qne le maximum autorisé a été établi d'après les ressources dont, en ijénéral, disposent la plupart des bureaux de poste et qne dépasser ce maximum serait s'exposer à retarder le payement des mandats; s'il persiste, il est fait droit à sa demande, à ses risques et périls. La somme à verser pour l'envoi d'un télégrammemandat se compose, dans le service intérieur :

!• Du droit postal fixé à :

I centimes par 5 fr. on fraction de 5 fr. jnsqn'à 20 fr. : — de 30 fr. 01 à 50 fr. ;

M) — de 50 f r. 01 à 100 f r. ;

75 — de lOOfr.Ol àSOOfr.;

1 franc de 300 fr. 01 à 500 fr. ;

Aa-dessns de 500 fr., 1 fr. pour les premiers 500 fr. et poor le snrplus, 25 centimes par 500 fr. ou fraction de .500 f r. :

2* De la taxe télégraphique ordinaire, portant sur le texte du mandat et. le cas échéant, sur la correspondance adressée an bénéficiaire ;

3* Des frais accessoires afférents anx indications éventuelles et à la notification télégraphique du payement.

Dans le service international les frais d'envois se composent :

1* Du droit postal, qui est : pour les 100 premiers francsde 25 cent, par 25 fr. ou fraction de 25 fr., et an delà des 100 premiers francs, de 25 cent, par 50 fr. on fraction de 50 fr.:

2* De la taxe télégraphique ordinaire portant sar le texte du mandat et, le cas échéant, sur la correspondance adressée an bénéficiaire;

3* Des frais accessoires afférents aux indications éventuelles, y compris, s'il y a lien, la taxe de la recommandation postale:

4* Du prix du timbre-poste (0 f r. 10) qui doit être apposé sar l'avis d'émission, si l'expéditeur demande à être avisé par la poste du payement de son mandat.

Dans le service intérieur (y compris la Tunisie), le payement des mandats télégraphiques n'a lieu que dans les a jours qui suivent le jour de l'arrivée du mandat au bureau télégraphique destinataire; par exception, les mandats télégraphiques émis soit en France, soit en Algérie ou en "Tunisie, au profit des militaires faisant partie des corps d'armée de l'Algérie et de la Tunisie, pendant les 10 jours qui suivent le jour de l'arrivée du mandat au bureau télégraphique destinataire. Les mandats télégraphiques internationaux sont valables pendant un délai de 2 mois, à partir du premier jour du mois qui suit celui de leur émission.

Lorsqu'un mandat télégraphique est périmé, le montant en est remboursé à l'expéditeur. Dans le régime intérieur le montant peut, sur la demande de l'envoyeur, être payé au destinataire, dans un bureau quelconque et dans le même délai qu'un mandat-poste.

Télégrammes-Lettres échangés entre la France et ses Colonies. — Les télégrammes échangés entre la France, d'une part, le Sénégal, le Soudan, la Guinée française, le Dahomey, la Côte d'Ivoire l'Indo-Chine, la Nouvelle-Calédonie, l'ile de la Réu nion, Madagascar et la Guyane française, d'antre part, peuvent être transmis, par télégraphe, sur les lignesdes pays d'origine, ensuite par paquebots-poste jusqu'au port de débarquement du pays de destination, et enfin par télégraphe sur les lignes de ce dernier pays.

Le compte des mots de ces télégrammes-lettres

est établi d'après les règles du régime intérieur. Lorsque les télégrammes-lettres sont à destination i de la localité où se trouve le port de débarquement, la taxe à appliquer est de Olr. Oo par mot (avec minimum de perception de Ofr.50 comme dans le service intérieur), plusO fr. 15 pour le transport postal. Si les télégrammes sont à destination d'une localité antre qne celle où se trouve le port de débarquement, cette taxe est de Ofr. 10 (avec minimum de perception de 1 fr.j, pour le transport postal.

Télégrammes de presse. — On entend par télégrammes de pres.se les télégrammes adressés aux journaux on publications périodiques et destinés à être publiés par ces journaux. Dans le régime intérieur, il est interdit aux journaux ou publications destinataires de vendre, distribuer ou communiquer aux particuliers, cafés, cercles, bourses, etc., le contenu des télégrammes de presse taxés à tarif réduit, ainsi que de s'en servir d'une manière directe ou indirecte pour tout autre objet que celui de l'insertion dans le journal destinataire.

Les télégrammes de presse bénéficient d'une réduction de oO ° , sur le tarif télégraphique normal. Toutefois, le minimum de perception de 0 fr. 50 leur est applicable.

Pour que les télégrammes de presse bénéficient de cette réduction de taxe, leur dépôt doit être accompagné de la production d'une carte spéciale délivrée par l'Administration et signée par le directeur du journal et le titulaire de la carte. Celui-ci n'est pas tenu de se présenter personnellement au bureau pour y effectuer le dépôt de son télégramme : la production de la carte de correspondant, à l'appui du dépôt, suffit, en général.

Rédaction. — Les télégrammes de presse sont rédigés en langage clair et en français, on dans la langue dans laquelle le journal est publié. Ils ne peuvent être adressés qu'au journal désigné sur la carte de correspondant et ne contiennent que des informations destinées à être publiées, à l'exclusion de toute communication ayant un caractère personnel. S'ils sont signés, la signature doit être celle du correspondant dont le nom est inscrit sur la carte.

Télégrammes de presse contenant des passages non destinés à la publicité. — Si nu télégramme de presse parait renfermer un ou plusieurs passages non destinés à la publicité, tels que renseignements ayant un caractère essentiellement privé [J'arriverai ce soir^ Envoyez argent par poste, etc.' on intéressant la rédaction du journal (Datez télégramme de 5 heures, Ouvrez parenthèse, etc.), les mots formant ces passages sont taxés à plein tarif. Le montant de la taxe applicable à ces passages peut être inférieur au minimum de 0 fr. 50. Cependant, si l'expéditeur affirme, par une noteécrite sur la minute du télégramme, qne tout le texte est destiné à être publié, le télégramme est accepté et taxé à tarif réduit.

Télégrammes de presse multiples adressés à des journaux ne bénéficiant pas tous du tarif réduit. — Si, au nombre des journaux auxquels est adressé no télégramme de presse multiple, il s'en trouve nn ou plusieurs avec lesquels l'expéditeur n'est pas autorisé à correspondre au tarif réduit, ce télégramme est considéré, au point de vue de la taxation, comme formant deux télégrammes distincts se rapportant, l'un anx journaux jouissant de l'autorisation de correspondre au tarif réduit, l'autre aux journaux ne

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possédant pas cette autorisation. La taxe de chacun d'eux est calculée séparément.

Télégrammes de presse pour l'Étranger. — Le tarif télégraphique indique les pays qui acceptent les télégrammes de presse. Les conditions diflèrent suivant les offices de destination.

Communications et Copies d'originaux de télégrammes. — Dans les délais de conservation des originaux (6 mois pour les télégrammes du régime intérieur et européen, 12 mois pour ceux du régime extra-européen), l'expéditeur et le destinataire d'un télégramme ou leur fondé de pouvoirs, ou encore l'autorité judiciaire peuvent obtenir, aux conditions suivantes, une copie de ce télégramme ou la communication de l'original :

Communications aux particuliers.— \]^q copie est délivrée à l'ayant-droit contre payement d'une somme de 0 fr. 50 par chaque série indivisible de 100 mots contenue dans chaque télégramme. La communication de la minute ne peut être faite qu'au guichet du bureau expéditeur. Tout expéditeur ou destinataire peut se faire délivrer, à titre onéreux, le relevé de télégrammes expédiés et reçus pendant uu temps donné : fournir une demande sur papier timbré de 60 centimes et payer les agents qui effectuent les recherches, à raison de 2fr. par vacation de 3 h. de travail.

Réquisitions judiciaires. — L'autorité judiciaire a le droit de requérir, par voie d'arrêt, de jugement, d'ordonnance ou de réquisition spéciale, la communication de minutes ou de copies de télégrammes. En général ce droit n'est exercé que pour la recherche d'un crime ou d'un délit; en matière civile l'autorité judiciaire peut intervenir également, mais plus rarement, à la suite d'un arrêt de la Cour, d'un jugement du tribunal civil ou commercial, d'une simple ordonnance du président du tribunal rendue sur requête ou sur référé.

Location de fils télégraphiques a la Presse. — L'arrêté ministériel du 21 août 1890 autorise l'Administration à louer aux journaux et agences de publicité, en vue de la transmission des dépêches de presse, des fils télégraphiques intérieurs disponibles pendant la nuit, pour une période déterminée, comprise entre 7 h. du soir et 7 h. du matin.

Si, après 7 h. du matin, la transmission des correspondances destinées au journal n'est pas termi- , née, elle peut, sur avis conforme du représentant du journal, être continuée au tarif de presse (Ofr. 023 par mot). Dans le cas contraire, la correspondance non transmise est annulée.

La communication ne peut être employée qu'à la transmission des télégrammes destinés à être publiés par la presse périodique et rédigés en langage clair. Cette correspondance doit concerner exclusivement le journal ou l'agence qui a obtenu la location et ne peut, en aucun cas, traiter d'intérêts privés. La transmission en est effectuée par les agents ordinaires du service télégraphique.

A Paris la correspondance à transmettre doit être déposée dans un des bureaux desservis, pendant la nuit, par les tubes pneumatiques.

L'Administration se réserve la faculté de suspendre pendant une durée quelconque, ou de supprimer entièrement, sans avertissement préalable et sans aucune indemnité vis-à-vis des intéressés, la communication télégraphique ainsi louée. De son côté le journal peut renoncer, à toute époque, à la commu-

nication louée, à la seule condition d'en informer l'Administration au moins 48 h. à l'avance.

L'arrêté du 13 juin i89o a fixé le prix de la location à 9 fr. par demi-heure et à 1 fr. iJOpour chaque série supplémentaire et indivisible de ii minutes, dans le cas où la transmission est effectuée par un. appareil Hughes ou par un clavier de l'appareil Baudot.

Le taux de cette redevance est réduit de 50 "/o si le fil est desservi par un appareil Morse.

Il est majoré de 2 fr. par heure indivisible, si le' service a lieu en dehors des heures d'ouverture normale des bureaux télégraphiques de l'État.

Ces redevances sont réglées chaque mois.

L'Administration peut également louer aux journaux et agences de publicité, en vue delà transmission des dépêches de presse, les câbles franco-algériens disponibles pendant la nuit, pour une périodedéterminée comprise entre minuit et 7 h. du matin. La redevance est de 40 fr. pour la première demiheure et de 10 fr. pour chaque période supplémentaire indivisible d'un quart d'heure. Le prix de la location est dû chaque jour, à moins que le servie» télégraphique n'ait été dans l'impossibilité de mettri' le câble à la disposition du locataire.

Concession de fils à la Presse. — Ces fils sont établis pour les besoins spéciaux de la presse, avec le concours des journaux intéressés (arrêtés des 29 juin 1886 et 24 mars 1891),

Ils sont mis à la disposition du concessionnaire pendant 19 heures par jour (de 4 h. du soir à 11 h. du matin), taudis que les fils loués, normalement affectés au service public, ne le sont qu'à certaines heures, déterminées d'un commun accord entre l'Administration et le locataire.

Le concessionnaire participe dans les conditiou^ suivantes aux frais d'établissement du fil, qui reste la propriété de l'État :

100 fr. par kil. de ligne aérienne; 700 fr. — — souterraine.

Au point de vue de l'exploitation, les fils concédés sont classés en deux catégories, suivant que la transmission s'effectue :

a) D'un bureau télégraphique à un autre bureau télégraphique ou au bureau privé du journal;

b) Du bureau privé de l'agence du journal au bureau privé de son imprimerie.

Dans le premier cas, le concessionnaire acquitte, pour prix d'utilisation du fil, une taxe fixée à 10 fr. par heure, avec perception par 5 minutes indivisibles. Il est tenu de verser une provision dont la quotité doit être suffisante pour garantir l'Administration contre tous risques de non-payement.

Le fil concédé peut être prolongé jusque dans les bureaux du journal au moyen d'une ligne d'intérêt privé, dont les frais d'établissement et d'entretien sont à la charge du concessionnaire du fil. La construction de cette ligne est d'ailleurs soumise, d'ui manière générale, aux dispositions qui régissent le communications de l'espèce.

Dans le bureau privé, le concessionnaire instalï à ses frais les appareils de transmission (en général l'appareil Hughes) et en confie la manœuvra' à des agents qu'il se procure et qu'il rétribue luy même.

Le bureau central du lieu d'arrivée établit lacom^ munication métallique directe entre le poste central

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yle départ et le bureau du journal, qui est ainsi en mesure de recevoir directement les correspondances qui lui sont destinées.

Dans le cas de communication directe de l'agence du journal à son imprimerie, le concessionnaire doit acquitter un abonnement annuel de : 10 fr. par kil. pour les frais d'entretien, exigibles d'avance pour l'année entière ; 15 fr. par kil. pour les droits d'usage, exigibles d'avance et par semestre.

Les lignes d'intérêt privé qui relient aux bareanx télégraphiques de l'État le bureau de l'agence do journal, d'une part, et le bureau de son imprimerie, d'autre part, sont établies aux frais du concessionnaire du fil. L'entretien en est e ffectué, comme pour le fil spécial, an tarif de 10 fr. par kil.

Dans chacun des postes desservis par le fil spécial la manœuvre des appareils doit être exclusivement assurée par des agents de l'.Administration des Postes •et des Télégraphes, dont le traitement et les émoluments accessoires (indemnités pour le service de nuit, indemnité de séjour) sont à la charge dn concessionnaire.

Conditions auxquelles les communes peuvent

OBTENIR la création DE BUREAUX TÉLÉGR.\PHIQUES

OU TÉLÉPHONIQUES. — Ces Conditions diffèrent suivant que la commune est ou non pourvue d'une recette postale de l'Etat on d'un établissement de facteur-receveur :

Commune pourvue d'un bureau de poste de l'État. — La commune doit s'engager, par délibération régulière : !• à contribuera la dépense de premier établissement de la ligne devant relier le bureau de poste au réseau télégraphique, pour une somme calculée à raison de 100 fr. par kil. de ligne aérienne à construire (fil compris) et 50 fr. par kil. de fil posé on à poser sur appuis déjà placés. Les chefs-lieux de canton peuvent obtenir une réduction de 50 • ', dans l'établissement des lignes télégraphiques (décret du 11 février 1882 j: 2» à pourvoir aux frais de distribution des télégrammes dans l'agglomération prin- •cipale, après entente avec le receveur des postes sur le choix d'un porteur; à solder, le cas échéant, les Irais d'appropriation du local de la poste.

Commune pourvve d'un établLssement de facteur-receveur.— La commune doit s'engager : 1* à •contribuer à la dépense de premier établissement pour une somme calculée à raison de 100 fr. par kil. ■de ligne neuve et de 50 fr. par kil. de fil à poser sur ■appuis existants : 2* à allouer que indemnité annuelle an facteur-receveur, tant pour la rémunération du surcroît de travail que lui occasionne la gestion du service télégraphique que pour lui permettre de se iaire remplacer pendant ses tournées de distribution postale; 3* à pourvoir aux frais de distribution des télégrammes dans l'agglomération principale, après «ntente avec le facteur-receveur pour le choix d'un fwrtenr; à solder, le cas échéant, les frais d'appropriation dn local de la poste.

En outre, cette commune n'est pas exonérée de ia subvention relative à l'achat des appareils.

Commune dépourvue d'un élablissement de poste. — La commune doit s'engager: !• à contribuer à la dépense du premier établissement de la ligne pour une somme calculée à raison de 100 fr. par kil. 4e ligne à construire et de 50 f r. par kil. de fil à poser sur appuis existants; 2* à mettre gratuitement à la disposition de l'.Administration, tant qu'elle le jugera convenable, un local facilement accessible et spécia-

lement affecté an service: 3» à faire exécuter à ses frais les travaux d'appropriation nécessaires à l'installation dn service; 4* à payer les réparations dont le local aura besoin par la suite; 5* à prendre à sa charge la fourniture et l'entretien dn mobilier, l'éclairage, le chauffage et le nettojage dn bureau ; 6* à supporter les dépenses occasionnées par la réinstallation on la translation desfils etappareilssi, ponrdes causes ne provenant pas du fait de l'.Administration, le déplacement dn bureau devenait nécessaire, et notamment en cas de remise dn service à la poste ; 7* à présenter deux agents, l'un pour la manœuvre des appareils télégraphiques, l'autre pour assurer la disbribntion des télégrammes à domicile, les frais de ces deux services restant, d'ailleurs, à la charge de la municipalité : 8* à contribuer aux frais d'installation et à la fourniture des appareils télégraphiques pour une somme de 250 fr. (Cependant, les communes, chefs-lieux de canton, gîtes d'étapes on sièges d'une brigade de gendarmerie sont exonérés de toute participation aux dépenses d'appareils (arrêté du 13 novembre 1891).

Lignes d'intérêt prh-é : Conditions d^autorisor tion, d'établissement, d'entretien et d'usage. — Aucune ligne télégraphique ne peut être établie ou employée à la transmission des correspondances que par le Gouvernement on avec son autorisation. (Décret-loi du 27 décembre 1851). Les lignes télégraphiques, non comprises dans le réseau de l'État, qui sont employées à la transmission des correspondances en vertu d'autorisations spéciales accordées en conformité du décret-loi susvisé, se divisent en deux catégories : 1* celles qui rattachent un établissement privé an réseau de l'État et sont destinées à la transmission des correspondances entre cet établissement et les divers points desservis par ce réseau ; 2* celles qui rattachent entre eux plusieurs points d'un établissement privé ou plusieurs établissements privés appartenant soit à un même permissionnaire, soit à plusieurs permissionnaires co-intéressés. (Décret du 13 mai 1879.)

Il est admis que : si la ligne est toute sur la propriété d'un seul tenant, il y a exemption d'autorisation et de charges ; si la ligne réunit deux propriétés différentes, mêmes contiguës, qu'elle traverse on non la voie publique, une autorisation est nécessaire. Quand une ligne extérieure se réunit an réseau intérieur d'une propriété, les redevances y afférentes sont exigibles pour tout le réseau. Sont construites et entretenues par le service des télégraphes, qui en détermine seul le tracé : 1* les lignes d'intérOt privé destinées à relier nu établissement particnlier au réseau de l'État: 2* les lignes destinées à relier entre eux deux ou plusieurs établissements privés, lorsqu'elles ont plus de 5 kil., ou, généralement, lorsque leur tracé peut présenter un intérêt quelconque pour le réseau de l'État. Peuvent être construites et entretenues par les permissionnaires, après autorisation spéciale et approbation du tracé, les lignes qui ne présentent aucun intérêt an point de vue général et dont le développement ne dépasse pas 5 kil. L'établissement de toutes lignes d'intérvt privé reste subordonné aux autorisations locales ou particulières nécessaires pour la traversée des voies publiques ou des propriétés privées. Ces autorisations sont obtenues à la diligence du service télégraphique, pour les lignes dont la construction Ini est réservée, et par les soins des concessionnaires

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pour celles que ces derniers auront été autorisés à construire eux-mêmes.

Part contributive aux frais d e 'premier étahliaseinent. — Les permissionnaires des lignes construites par l'État contribuent aux frais d'établissement dans les proportions suivantes :

1° Lignes aériennes : Pour toute ligne existante : ligne spéciale à un seul fil : par hectomètre, 20 fr.;

Pour toute ligne spéciale : à deux ou plusieurs fils et pour tout fil à poser sur ligne existante : par liectom. de fil, lij fr.

2° Lignes souterraines, en tranchée ou, sous galerie : Pour toute ligne existante : par hectomètre indivisible de fil simple, 7o fr. ; par hectomètre iudivisii)le de fil téléphonique double, 90 fr.

Pour toute ligne neuve spéciale à établir : à un seul fil ou à fil téléphonique double : remboursement intégral de toutes les dépenses faites en matériel, personnel et main-d'œuvre, majorées de 10 % à titre de frais généraux.

Sont à la charge exclusive des concessionnaires de lignes établies par le service des télégraphes de l'État.:

a) Les redevances dues aux communes pour occupation de leurs égouts;

b) Les indemnités réclamées par les intéressés pour préjudice résultant des travaux d'établissement ou d'entretien des lignes;

c) Les frais pouvant résulter du déplacement des lignes par suite de clôture de propriétés, réparation, surélévation de bâtiments effectuées par des propriétaires.

Entretien des Lignes. — Les concessionnaires des lignes construites par l'État contribuent aux frais d'entretien desdites lignes dans les proportions ciaprès :

Lignes aériennes : par hectomètre de fil et par au, 1 fr. aO;

Lignes souterraines : par hectomètre indivisible de ligne téléphonique à un fil et par an, G fr. ; par hectomètre indivisible de ligne téléphonique à fil double et par an, 10 fr.

Installation et entretien des postes et des appareils. — Les permissionnaires des lignes d'intérêt privé , construites ou non par l'État, pourvoient eux-mêmes à l'acquisition, à l'installation et à l'entretien des appareils nécessaires au fonctionnement de leurs lignes. Toutefois, le service des télégraphes de l'État peut se charger de l'acquisition, de l'installation et de l'entretien des appareils nécessaires au fonctionnement des lignes d'intérêt privé qui ont pour objet un service public, administratif ou municipal, moyennant une contribution déterminée comme il suit :

1" Par poste télégraphique comprenant une boîteposte des systèmes Morse ou à cadran, avec les éléments et meuble de pile : a) établissement, oOOfr. ; h) entretien par an, 50 fr. ;

2° Par poste de sonnerie : a) établissement, 50 fr. ; b) entretien par an, 5 fr.

3° Par poste téléphonique comprenant un transmetteur et deux récepteurs, une sonnerie, un meuble et les éléments d'une pile: «) établissement, 300 fr.; b) entretien par an, 30 fr.

4° Par poste avertisseur d'incendie : a) établissement, 300 fr.; b) entretien par an, 30 fr.

Droits d'usage. — 11 est perçu, par voie d'abon-

nement, pour l'usage des lignes d'intérêt privé qui fonctionnent en dehors du réseau de l'État, un droit fixé comme suit :

1" Stir les lignes : par kil. de fil et par an, 15 fr. Ce droit est calculé par fraction indivisible de 200 m., avec perception obligatoire d'un minimum del5fr. par an et par concession. Si les lignes concédées sont des lignes téléphoniques à double fil, le droit d'usage est calculé et payé d'après la longueur de la ligne simple, abstraction faite du second fil, qui n'est qu'un fil de retour;

2." Sur les fils de sonneries et fils d'incendie : Les fils de sonnerie, les fils aboutissant à des avertisseurs d'incendie (signaux d'alarme) et, en général, tous les fils destinés à l'échange de simples signaux d'appel, sont assujettis au payement d'une redevance fixe annuelle de 5 fr. par ligne individuelle, quelle que soit la longueur de fil.

S" Sur les postes : Par poste de transmission il par an, 15 fr. Les postes de sommeil ou d'appel son exempts de tout droit d'usage.

Sont exemptés de tous les droits d'usage :

1» Les lignes d'intérêt privé concédées aux diver services publics et municipaux ;

2" Les fils de Sociétés de tir;

3° Les fils utilisés par les hospices.

TÉLÉGR.VMMES PNEU.MATIQUES. — Outre ICS tel»';

grammes ordinaires taxés au mot et les messagr téléphonés, le public peut employer, pour corres pondre rapidement dans l'intérieur de Paris, les correspondances transmises par la voie des tubes pneumatiques.

Correspondances pouvant circuler dans Pari^ par tubes pneumatiques. — l»Formulespneumu tiques spéciales fabriquées par l'Administration :

Cartes pneumatiques ouvertes Ofr. 30, cartes pneumatiques avec réponse payée 0,()0. Cartes pneumatiques fermée ^ (jusqu'à 7 gr.) 0 f r. iiO, cartes pneumatiques fermées avec réponse payée 1 fr., enveloppes pneumatiques (pour correspondance jusqu'à 7 gr.) 0,50, cartes pneumatiques fermées et enveloppes pneumatiques (de 7 à 15 gr. ajouter 0,30 en timbres-poste, de 15 à 30 gr. (maximum) ajouter 1 fr. en timbres-poste).

Les cartes fermées et enveloppes ne doivent renfermer ni corps résistants, ni valeurs quelconques. 11 est nécessaire qu'elles soient suffisamment flexibles pour pouvoir être introduites dans les boîtes de trains pneumatiques.

Formules postales ordinaires et Formub fabriquées par l'industrie privée. — Peuven être également utilisées : les cartes postales, carteslettres et enveloppes postales timbrées fabriquées par l'Administration ; les cartes et enveloppes ordinaires fabriquées par l'industrie privée et dont les dimensions n'excèdent pas 14 cm. 1/2 en Ion gueuret H cm. en largeur. Ces diverses formub doivent porter au recto, en caractères très appn rents, imprimés ou manuscrits, la mention « Carte pneumatique » ou « Enveloppe pneumatique ». Elles sont soumises aux mêmes tarifs et conditions que les formules pneumatiques fabriquées par l'Administration. Leur aflranchissementest, suivant le cas, opéré ou complété à l'aide do timbres-poste.

Les habitants de la banlieue ont également la faculté de déposer des correspondances pneumatiques à destination de Paris dans les boîtes mobiles spéciales des tramways de la plupart des lignes de pénétration. Ces correspondances sont versées a» bureau télégraphique intra-muros désigné à cet

TÉLÉGRAPHE — 1*63

ifgè de les acheminer sur lear destina-

lion.

Le service pneumatiqne prend Gn à 9 h. dn soir dans les bureaux qui ferment à 9 h. et à 10 b. dans les bureaux de demi-nuit. Les correspondances déposées av.nnt ces henres doivent être distribuées le : graphique en France : soir même.

.\ppAREiLS TÉLÉGRAPHIQUES. — Toul systèmc de transmission télégraphique nécessite :

!• Un appareil producteur de courants électriques : la pile:

2» Un appareil permettant de régler l'envoi de ces courants : le manipulateur ou transmetteur:

3» Un fll métallique pouvant conduire les courants électriques du point de départ au point d'arrivée : la ligne:

4* Un appareil qui enregistre les courants arrivés par la ligne : le récepteur;

5* Un conducteur qui relie le récepteur à la terre (réservoir com muni, qui ferme le circuit électrique.

L'espace nous fait défaut pour décrire, même sommairement, chacun de ces organes essentiels. Disons seulement, en passant, que dans les grands centres télégraphiques on tend à remplacer les piles par des accumulateurs. On réalise, par ce fait, une éco- j nomie de place et une diminution des frais d'entretien. Ainsi le poste central télégraphique de Paris utilisait près de 20.000 éléments de pile Calland. Cette énorme batterie, qui occupait un emplacement considérable, exigeait la présence d'une forte équipe de pilistes et des dépenses élevées résultant de l'achat de zinc et de sulfate de cuivre. Aujourd'hui la production du courant de travail nécessaire à ce grand bureau est plus économiquement obtenue à l'aide de machines dynamo et d'accumulateurs.

Quant ans appareils de transmission, ils sont décrits dans des traités de physique et dans de nombreux ouvrages techniques. E. Xivoix.

Sous-<hef de bureau au Sous-secréUriat d'Eut des Postes eldes Télégraphes.

Les progrès de la Télégraphie. — Il y a ea 50 ans en jain 1900 que la première dépêche sons-marine a été envoyée. En 1847, l'inrentenr du câble sons-marin, Jacob Brett, avait obtenu la permission de Louis- Phi lippe de poser nn cable entre l'Angleterre et la France; mais la révolution de 1848 avait retardé son projet; ce n'est qu'en juin 1850, après avoir obtenu une nouvelle permission de Louis- Napoléon, que Brelt put poser un câble entre Douvres et le cap Gris-Xez et lancer la première dépêche. Depuis les cables sous-marins se sont multipliés.

Aujourd'hui il existe nn immense réseau dont le développement dépasse 315.0C0 kil. — de quoi ceinturer près de 8 fois la terre — et dont les i,'3 appartiennent à l'Angleterre ou à des Sociétés anglaises (voy. ci-après Réseau britannique). Tons ces Ois convergent vers Londres, sauf : d'une part, les câbles français de la Méditerranée reliant à Marseille l'Algérie et la Tunisie, le câble français transatlantique de Brest à Terre-Neuve, New- York et Saint-Domingue (23.500 kil.), enGn les quelques câbles qui relient les .\ntilles à l'.\mériqae du Sud; d'antre part, le réseau de la Grande Compagnie des Télégraphes du Nord (12.932 kil.). dont les fils desservent le Danemark, se prolongent par des lignes terrestres, traversent la Russie et la Sibérie et vont rejoindre par Vladivostok les câbles de la côte asiatique à Hong-Kong: enfin la Compagnie allemande des Télégraphes sous-marins (2.064 kil.).

Le progrès n'a pas été moins grand, quant à la rapidité de la transmission. Une dépèche qui mettait, au début, 3 à 6 heures entre Londres et le Portugal, ne met plus aujourd'hui qn^30 minutes: au lien de 9 à 10 h. entre I.ondres et l'Espagne, 15 m.; an lieu de 3 à 4 h. entre Londres et l'Egypte, 20 m. : au lieu de 3 h. entre Londres

TELtGKAPHE ; au lien de 8 h. de Londres en Chine'

et les Indes, 35 m.

Les TK1.KGRAPHKS E.1 Fbasce. — Les documents exposes à l'Exposition de 1900 par le .Ministère dn Commerce, de rinduslrie, des Postes et Télégraphes, donnent les chiffres suivants, concernant le développement do service télé-

Nombre

Kil. de fils

de boieaax

Le nombre des télégrammes privés intérieurs est passe de 42.736 en 1852 à 33.087.308 en 1899, et les recettes de 3fô.750 fr. à 40.187. 363{t compris, dans ce dernier chiffre. 8.821.738 fr. de télégrammes internationanx).

La France possédait, en 1899, 1 bureau télégraphique par 3.001 hab. et par 41.7 kil. carrés, an iieu de 1 bureau par 3 901 hab. et par 54,4 kil. carrés en 1889. Chaque bureau dessert en moyenne 30 kil. de fils, taxe 1.957 télégrammes et en distribue 1.947 par an.

Le nombre total des transmissions dans les bureaux télégraphiques de l'État a été de 198.968.070 en 1899.

Le nombre des dépêches pneumatiques, de 4.158.493 en 1869, a été de 10.288.260 en 1899.

M. Mercadier a imaginé nn appareil qui permet de télégraphier par un même fil 24 dépêches à la fois. Son système a pour base un relai télémicrophonique différentiel ; des expériences très satisfaisantes ont eu lieu avec cet appareil sur la ligne de Paris-Bordeaux, Tours, Pau, etc., sur des distances de 600 à 800 kil. En principe, la station de départ se sert d'nn monotéléphone ne transmettant qu'une note : à l'arrivée, un second monotéléphone ne résonne que sons l'infloence de celte note ; les employés entendent les brèves et les longues de l'alphabet Morse et reçoivent ainsi seulement le télégramme qui leur revient, c'est-à-dire qui a été téléphoné avec la note que donne l'appareil qu'ils écoutent.

Le RÈSE.vr britan.mque. — Le développement de l'immense réseau britannique dépasse 254.000 kil., construits et posés en trente années à peine. Voici d'ailleurs le tableau des Compagnies anglaises avec le nombre et la longueur des câbles qui leur appartiennent :

Compagnies KiL

Eastern Telegraph 48.087

Eastern Extension AnstralasiaandChinaTelegraph 32.201

.\nglo-.\merican Telegraph 22.765

Commercial Cable 16.796

Eastern and Sonth-.\frican Telegraph 16.5fâ

Central and South-.\merican Telegraph 13.891

Brazilian Snbraarine Telegraph 13.680

Western Union Telegraph 13.598

Western and Brazilian Telegraph 11 .397

West-lndia and Panama Telegraph 8.440

Direct United-States Cable 5.740

West-.\frican Telegraph 5.321

I African Direct Telegraph 5.451

I Direct West-lndia Cable 4.081

Sonlh-.American Cable 3.796

! West-Coast of .America Telegraph 3.641

; Mexican Telegraph 2.831

; Europe and .Azores Telegraph 1.^3

I Cuba Submarine Telegraph 1.943

j Direct Spanish Telegraph 1.318

i Black Sea Telegraph 625

India Rnbber.Gutta-Percha, and Telegraph Works 270

River Plate Telegraph 59

Indo-European Telegraph (réseau terrestre considérable) <9-â27

234.135 Ces Compagnies ont aujourd'hui an capital de 800 millions de fr. et font ooe recette annaelle supérieare à 110 millions de fr.

L' .Angleterre est reliée à l'.Amérique du Nord par 10 câbles (voy. ci-après Enfre l'Europe et l'Amérique du Nord); vers l'.Amérique da Sud. elle est en communication avec le Brésil par le Portugal et l'Espagne, rattachés euxmêmes à Londres par des prolongements. Un réseau inter-

TELEGRAPHB-

TELEGRAPHIE SANS FIL

médiaire s'étend le long de la côte du Pacifique à tonte l'Amérique Centrale et aux Antilles.

Vers l'Extrême-Orient, les lignes anglaises partent de Londres, contournent l'Espagne par Gibraltar, touchent à Malte, puis traversent la mer Uouge jusqu'à Aden; là, elles bifurquent sur l'Inde et la Chine, sur l'Australie et la Nouvelle-Zélande, entin sur le Cap par Zanzibar, sans compter les lignes rai-sous-marines, mi-terrestres qui, à travers l'Europe, abordent dans l'Inde par le golfe Persique.

Toute la côte occidentale d'Afrique est marquée jusqu'au Cap par les points d'atterrissement des câbles anglais, dont les principales stations sont Accra, Sierra-Leone et Bathurst avec des stations intermédiaires en territoire français : Konakry, Grand-Bassam, Kotonou, Libreville.

On projette l'établissement d'un nouveau réseau pour lequel les fonds sont prêts, qui, partant de Londres, enveloppera tout le globe, touchera d'un côté à Gibraltar, Sierra-Leone, le Cap, pour aboutir en Australie, tandis que l'autre extrémité, empruntant la ligne du Canada, viendra se rejoindre en Australie à la première (voy. ciaprès Nouveaux cdbles du Pacifique).

Entre l'Eukope et l'A.mébique du Nonn. — Il existe actuellement 12 câbles sous-marins entre le continent européen et l'Amérique du Nord, savoir :

4 câbles de l'Anglo-American Company (Société anglaise), allant de Valentia (Irlande) à Hearts Content (Terre-Neuve);

3 câbles de la Commercial Cable Company (Société américaine), de Waterville (Irlande) à Canso (dans la Nouvelle-Ecosse) ;

2 câbles de la Compagnie française des câbles télégraphiques : l'un de Brest au cap Cod, près Boston, par Saint- Pierre; l'antre direct de Brest au cap Cod;

1 câble de la Direct United-States Cable C°, delà Ballin's Kellig's Bay à Halifax (Nouvelle-Ecosse);

2 câbles enfin de la Western Union Telegraph C, de Sennen-Cove (côte occidentale d'Angleterre) à Canso (Nouvelle-Ecosse).

La station Hearts Content est reliée au continent américain par un câble qui touche au Cap-Breton ; de même, d'autres câbles partent de Canso pour New-York et pour Rockport, près Boston.

Prochainement un nouveau câble mettra en communication directe l'Allemagne avec l'.Vmérique du Nord: il ira de Emden à New-York en touchant aux Açores.

Nouveaux Cdbles du Pacifique.— Le Congrès des États- Unis a approuvé (1900) la concession d'un câble direct entre Monterey (Californie) et .Manille. Actuellement, une dépêche de Washington à Manille parcourt 14.000 milles : de Washington à New-York, de New-York à Valentia (Irlande), à Brighton, au Havre, à Marseille, à Alexandrie, à Suez, à Aden, à Bombay, à Madras, à Singapore, à Saïgon, à Hong-Kong, à Bolonao (Philippines) et enlin à Manille. Le tarif est de 2 dollars 35 (12fr. 25) par mot. Le nouveau câble du Pacifique, partant de iMonterey, toucherait à Honolulu, aux Carolines et aboutirait à .Manille : longueur totale, 7.000 milles, juste la moitié de l'autre, avec de bien moindres délais de transmission.

Les Anglais, de leur côté, ont décidé d'immerger dans le Pacifique un câble qui relierait la côte occidentale du Canada à l'Australie. Il aurait une longueur de 8.272 milles (13.310 kil.) et serait divisé en trois sections principales : de Vancouver à l'île Fanning, 3.G53 milles; de Fanning à Suva, 2.181; de Suva au Queensland et à la Nouvelle- Zélande, 2.438, par trois tronçons: de Suva à Norfolk (Sydney), de Norfolk au Qneensland et de Norfolk à la Nouvelle-Zélande. Ce nouveau câble, dont la pose coûtera près de 50 millions de fr,, devra fonctionner au commencement de 1903.

Les Fils en aluminium.— Les procédés de plus en plus perfectionnés de la fabrication de l'alnrainium ont abaissé à 2fr. 75 aujourd'hui le prix du kilog. de ce métal, qui tend à baisser encore, tandis que le prix du cuivre augmente de plus en plus. On a eu l'idée de substituer l'aluminium au cuivre dans la construction des lignes électriques aériennes; des essais, entrepris en grand aux États-Unis, auraient donné l'excellents résultats, notamment sur les lignes (de 40 et de 72 kil.) qui utilisent les

chutes de Snoqualmie, dans l'État de Washington, et une autre de G9 kil. qui conduit Iç courant produit par les chutes de Blue Lalees.

Les Télégrammes photographiques. — De nouveaux appareils, du système PoUak et Virag, viennent d'être expérimentés avec succès à Buda-Pest. Ce système produit dans un miroir relié à un électro-aimant et à la membrane d'un téléphone une succession très rapide d'images lumineuses reproduisant les signes envoyés par les appareils transmetteurs, en même temps qu'un rouleau de papier sensible photographique passe d'un mouvement régulier devant le miroir, comme pour les vues cinématographiques. Il suffit de développer l'image pour lire la succession des télégrammes envoyés. On pourrait par ce procédé enregistrer sur le papier sensible 400.000 signes télégraphiques à l'heure, ce qui correspond à une moyenne de 80.000 mots.

TÉLÉGRAPHIE OPTIQUE. La télégraphie optique a pour instrument V héliographe, qui se compose essentiellement d'un miroir concave monté sur un trépied et disposé de façon à recevoir et réfléchir dans une direction donnée les rayons du soleil ; un mécanisme d'horlogerie imprime au miroir un mouvement de rotation régulier, de même vitesse que la rotation de la terre, mais de sens contraire.

L'ouverture du miroir est dirigée vers le poste avec lequel on veut correspondre; en faisant varier légèrement son inclinaison au moyen d'une clef, puis le ramenant dans sa position primitive, on envoie par l'ouverture deux rayons lumineux successifs, séparés par une période d'ombre. Ce sont ces ombres, longues ou brèves, qui constituent la dépêche héliographique, selon le système de l'alphabet Morse, les longues correspondant aux traits et les brèves aux points.

L'héiiostat, qui est une variété de l'héliographe, projette constamment vers le même point le rayon lumineux, par suite de la fixité du miroir; c'est un intercepteur mobile qui permet de former les ombres longues ou brèves.

La distance que peut franchir un message héliographique est proportionnelle au diamètre du miroir. En Algérie, nos postes des territoires militaires du Sud ont communiqué à des distances de 270 kil. On est parvenu, aux États-Unis, à établir une communication entre Mount EUen (Utah) et le mont Ucompahgre (Colorado), séparés par près de 300 kil.

La télégraphie sans fil (voy. ce mot), en voie de perfectionnement, paraît appelée à remplacer bientôt la télégraphie optique, qui exige la présence du soleil et un temps très clair.

TÉLÉGRAPHIE SA\S FIL. La télégraphie sans fil est basée sur un principe dont le comte Henri de Ruolz, l'inventeur de l'argenture galvanique, fit en 1855 l'observation, mais sans le publier : c'est celui de la propagation de l'électricité à travers l'éther par ondes successives, régulières et rapides, avec des maxima et des minima d'intensité, comme la lumière et le son. Ces ondes furent appelées « ondes hertziennes», du nom d'un physicien allemand, M. Hertz, qui, trente ans plus tard et par d'autres moyens, arriva à la même constatation et la rendit publique.

La première application pratique de cette découverte fut faite en 1890 par un physicien français, M. Branly, inventeur du « radio-conducteur » qui porte son nom. Cet appareil, qui recueille les ondes hertziennes, a conduit directement à la télégraphie sans fil. Le professeur Popofï, en imaginant des dispositifs pratiques, put transmettre et recevoir des

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