‹ Dictionnaire du département de la MoselleChapitre 117 sur 118 · POPULATION DE METZ · texte numérisé non relu

POPULATION DE METZ

On a dit qu'avant le siège mémorable de i55a, Metz avait 60,000 habitans et qu'il n'en restait plus que 30,000 à la fin du 17/ siècle. Cette ville avait donc perdu les deux tiers de sa population dans l'espace de cent cinquante ans.

Mais dès que l'autorité des Rois de France y fut affermie et que les dissensions religieuses eurent disparu, alors se réparèrent insensiblement les pertes précédemment causées parla guerre, par l'abus du pouvoir militaire et par la fuite des Protestons.

D'après un dénombrement fait en 1684 par le sieur Abel , aide-major de la place , il n'y avait que 20,710 individus, entre lesquels 3481 Réformés, dont la plupart émigrèrent l'année suivante, après la révocation de Tédit de Nantes (1).

Depuis cette époque jusqu'en 1728, on ne connaît aucun recensement de population. Celui qui fut fait dans cette même année , donne à cette ville 27,890 habitans (2)} le nombre s'en était accru de plus d'un quart en moins d'un demi-siècle.

La population ne cessa d'aller en augmentant : elle était en 174^ de (3). . . . 3o,i 1 3 individus.

En 1750, de 3 1,837.

(1) Ancillon rapporte que dans la seule ville de Berlin, on comptait alors 36oo Messins réfugiés.

(a) Dans ce nombre les Juifs entraient pour 221 3.

(3) Les maisons de la ville étaient alors au nombre de 3om. On an compte aujourd'hui 3239,

En 1788, de . 32,4*3 individus*

En 1790 , de. . . 36,oi4-

En 1792, de.. 35,335.

La différence notable qui se remarque entre ces deux derniers dénombremens et ceux qui précèdent , provient de ce qu'auparavant on n'avait jamais compté au nombre des habitans que les gens établis , domiciliés dans la ville et y ayant acquis le droit de Bourgeoisie , tandis que depuis on y a compris tous les individus qui habitaient la ville , même les domestiques.

En 1793, la population s'est

élevée à 36,878 individus»

En 1794, à 36,498.

Mais en i8o3, elle était réduite à 33,868.

Alors les troubles violens qui avaient agité la France tenaient encore éloignées de la ville un grand nombre de familles qui avaient été chercher , au fond des campagnes , la sûreté et le repos.

En 181 1 , un recensement exact a donné pour résultat. . 4*>°35 individus. La rentrée des émigrés, le retour à la ville des

personnes qui s'en étaient absentées, rétablissement qu'y formèrent 891 familles nouvelles, attirées en quelque sorte par le désir qu'on avait d'accroître la population, espérant par ce moyen de faire paraître Metz plus importante } enfin la préférence que donnèrent à cette ville beaucoup de militaires de tout grade pour y prendre leur retraite, telles sont les causes de cette augmentation subite dans le nombre des habitajps de Metz.

Aujourd'hui cette population va toujours en croissant , quoique le nombre des naissances et des sépultures reste à-peu-près le même : elle est maintenant de 42?4I7 individus.

Ce qui prouve néanmoins que les états de population qui viennent d'être cités approchent de la vérité , c'est qu'^ s s'accordent assez avec le * relevé qui a été fait des naissances et des sépultures pour le i8.c siècle. En voici le tableau:

An lires.

Naissances.

Morts.

Mariages.

De

De

De

9,3oi

De

De

De

De

i5,oio

io,936

De

De

io,865

De

io,633

De

( 5io )

On remarque que le nombre assez faible des naissances au commencement du siècle, augmente dans la seconde période décennale , de même que les mariages ; mais cette augmentation est bien plus sensible flans la quatrième , ou il est né 2346 enfans de plus que dans la première. Alors la ville était vivifiée par la présence d'un Gouverneur qui s'appliquait à l'embellir et à la rendre florissante.

La famine de 1742 et la^guerre de sept ansv ralentirent l'essor qu'avait pris cette ville ; mais après la paix continentale de 1 763 et notamment sous le règne de Louis XVI, où le peuple fut plus heureux qu'il ne l'avait été jamais \ la population prit un accroissement très-rapide. Les naissances excédèrent les sépultures de plus du tiers, proportion très-forte , surtout dans une grande ville.

Les troubles qui survinrent ne furent point favorables aux progrès de la population. On vit alors moins de naissances et plus de morts ; aussi les tables de mortalité justifient assez l'exactitude du dénombrement fait en i8o3. En effet, cette dernière période comparée avec les dix années qui ont précédé la révolution , présente une réduction de 2917 sur les naissances, et une augmentation de 433 sur les décès : il n'est donc pas étonnant que la ville ait eu alors 3ooo ames de moins.

Les mariages cependant avaient été hors de toute proportion dans les temps de licence et .d'anarchie 5 mais ce n'est pas le plus grand nombre de mariages qui influe sur la population , ce sont les unions bien assorties, fondées sur les mœurs ët sanctifiées par la religion.

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