‹ Dictionnaire du département de la MoselleChapitre 26 sur 118 · XLVII.C THEODORIC ou THIERRY I.er · texte numérisé non relu

XLVII.C THEODORIC ou THIERRY I.er

Brunon , archevêque de Mayence et duc de la Basse - Lorraine , administra pendant plus d'une année le siège vacant, sans doute pour préparer les esprits en faveur de Thierry, qui, né en Saxe, devait craindre d'être repoussé , comme Bennon , quoique de la plus illustre naissance. Il était cousin germain de l'Empereur Othon , de Gerbe rge, reine de France, de Malwide, mère de Hugues Capet. Elevé dans l'abbaye de S.* Gai , Brunon achève son éducation, le produit à la cour, et parvient à le faire élire , sans opposition , à l'évêché de Metz.

A la mort de Brunon, il lui succède dans les bonnes grâces de l'Empereur qu'il accompagne dans ses deux guerres d'Italie, en 962 et en 980* Ce fut lui qui, en 982, dans la dernière et malheureuse campagne d'Othon en Calabre , fut chargé par l'impératrice Téophanie , de le délivrer des mains des Sarrasins qui l'avaient fait prisonnier à Bazentello.

Mais il n'eut pas pour Othon III le même attachement qu'il avait eu pour son père. Il |épousa les intérêts de Lothaire , lorsque , au commencement de 984 j celui-ci voulut , après la mort de l'Empereur , rentrer en possession de la Lorraine, tandis qu'Othon III était occupé à défendre la couronne de Germanie contre Henry de Bavière qui la lui disputait. Charles, frère du roi de France , qui tenait ce duché des libéralités d'Othon , resta fidèle à l'Empereur. Thierry l'accusa d'indignes procédés envers Lothaire , de calomnies contre la reiue , etc. Charles récrimina en reprochant à Thierry sa félonie , son ingratitude envers les Othon qui l'avaient comblé de bienfaits , ses rapines et son faste insolent , etc.

Thierry meurt la même année au milieu de ces débats et du tumulte des armes , après vingt-un ans d'épiscopat.

U n'y fit rien de remarquable que la fondation de l'abbaye de S.* Vincent en 968. Il la fit confirmer, en 970 , par le pape Jean XIII, et en 98^, par Othon II C1)*

(1) Dans son diplôme en faveur de Saint— Vincent , Othon appelle Tlierry son fidèle ami.

Dans ses nombreux voyages d'Italie, Thierry avait amassé une foule de reliques dont il enrichit l'église de S.* Vincent (i). Il établit, dans cette abbaye, une école qui rivalisa quelque temps avec celles de Gorze et de S.* Arnoult.

XLVIIL* ADALBÉRON IL

Fils de Fréderich , duc de la Haute-Lorraine , frère de Thierry, duc de Mosellane (2), et neveu de Hugues Capet, Adalbéron II reçut à Gorze une éducation soignée. Promu, en 984, à révêché de Verdun, il y renonça, dans la même année, pour occuper le siège épiscopal de Metz.

Ce vertueux prélat , digne des plus beaux siècles de l'Eglise, avait autant de grâces et de noblesse dans les manières , que de douceur , d'aménité dans le caractère et de solidité dans l'esprit.

Il s'appliqua constamment à réparer les maux de la guerre , et à soulager les peuples du fardeau des contributions. Il eut souvent le générosité de payer lui-même les subsides imposés sur la province. Il réprima les brigandages des seigneurs, en faisant raser leurs châteaux , et il releva les monastères où les pauvres trouvèrent un azile et les malades des secours.

Après avoir donné , pendant vingt-un ans ,

, (1) L'énumération de ces reliques serait trop longue : il suffira de citer le corps de Sainte-Lucie, transporté de Corfou; celui 4e Sainte-Serenne, yenu de Spolette; du sang de J.-C, du latl de la Vierge, des cheveux de Saint—Louis, etc.

(a) Ce fut loi qui, en y5i , bâtit le château de Bar-U-Duc.

(3io)

l'exemple de la plus sainte pîtié , ce vénérable pasteur mourut, le i5 décembre ioo5, universellement regretté.

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