IX HERMANN
Ce prélat , né en Saxe , était d'une noble extraction. S.* Annon , archevêque de Cologne , prit soin
de son éducation., et il était chanoine de Liège lorsqu'il fut nommé à l'évêché de Metz, en 1073,
Lié d'amitié avec Grégoire VII , il fit , en 1074, le voyage de Rome, et reçut du pape, ainsi que de la comtesse Mathilde , l'accueil le plus distingué. Grégoire lui donna le pouvoir d'absoudre les deux évêques de Liège et de Bamberg , qui avaient encouru l'excommunication.
Malgré son attachement au S.* Siège, il fut obligé de souscrire les actes dû concile, assemblé à Worms dans le mois de janvier 1076, et où l'Empereur Henry iy fit déclarer Grégoire déchu de la papauté. Mais , loin d'en garder du ressentiment , Grégoire écrivit à Pévéque qu'il savait bien qu'il n'avait fait que céder à la violence. Aussi , plusieurs mois après , Hériman se fait absoudre du crime d'avoir participé à cette prétendue déposition : il se prononce contre son souverain, rend la liberté à des seigneurs Saxons que l'Empereur tenait prisonniers à Metz, engage les biens de son église pour lever 'v une armée contre Henry IV , qui le chasse de son siège. Il se retire à Verdun , mais ne s'y trouvant pas en sûreté , il se réfugie dans l'abbaye de S.* Tron. II y porte le trouble , la désolation et en cause la ruine.
Guibert était anti-pape depuis 1080; Rodolphe de Souabe avait usurpé l'Empire en 1077 : il est tué dans un combat en 1080, et Hériman aassezde crédit pour faire passer la couronne impériale sur Herman , ne à Metz, et l'un des officiers de l'Eveché* 'Jftenry, furieux y le fait déposer et excommunier
par l'anti-pape Guibert , dans un concile tenu à Mayence. Il se retire en Italie chez la comtesse Mathilde , et il est suivi de plusieurs ecclésiastiques de Metz.
L'Empereur fait nommer à sa place Walon , abbé de Saint Arnoult. Dégoûté d'un siège aussi orageux, il s'en démet pour aller prendre la direction des écoles de Gorze.
Brunoii, de la maison de Salm, lui succède, et s'aliène l'esprit des Messins qui n'avaient pas été consultés dans sou élection.
Enfin, après près de dix ans d'absence et d'exil, Hériman reparaît à Metz revêtu du pallium , des titres de légat et de vicaire apostolique. Il parcourt 4'astueusement ses domaines , et se fait chasser de l'abbaye de Saint Tron par le peuple révolté d« ses hauteurs , et encore aigri des maux qu'il avait causés à cette maison , dont les évêques de Metz avaient été jusqu'alors les bienfaiteurs.
En 1089, l'Empereur vient à Metz, et Hériman n'ose y rester. Enfin il meurt l'année suivante, trois jours après avoir fait la translation du corps de Saint Clément dans l'abbaye de ce nom. Il avait recueilli le peu de forces qui lui restait pour faire , dans cette pieuse cérémonie , une exhortation au peuple , et pour demander lui-même pardon {lu scandale qu'il avait causé.
UI.e POPPON.
L'Empereur avait donné pour successeur h Hériman , Adalbéroa l'un de ses courtisans } mai*
il parait qu'on refusa d'abord de le reconnaître , parce que le clergé ni le peuple n'avaient pas été appelés à son élection. II eut un compétiteur dans Poppon , fils du comte Palatin , qui parvint à se faire élire légalement } mais le feu des dissensions religieuses était si ardent qu'il ne put se faire sacrer et prendre possession de son siège , qu'en 1093 (1). Son autorité fut très-incertaine; Àdalbéron conservait le titre d'évêque de Metz ^ et l'Empereur lui assurait , par la force de ses armes, la jouissance de la plupart des domaines de l'église.
Tout ce qu'on sait de Poppon , c'est qu'il consacra l'autel de la paroisse de Saint Gorgon , et qu'il assista, en 1095, au concile de Clermont^ où la première croisade fut résolue.
Expulsé sans doute par Henry IV, qui poussa même la rigueur jusqu'à bannir une seconde fois l'abbé de Saint Vincent qui avait pris trop ouvertement le parti de Poppon ; cet évêque mourut en no3, mais on ignore le jour et le lieu de sa sépulture.
Lm.e ADALBERON.
Celui qui , treize ans auparavant, avait été nommé par l'Empereur , Adalbéron monte enfin sur le siège épiscopal et l'Empereur Henry V vient l'y affermir en 1 107. H s'appliqua beaucoup à pacifier
CO U aU* *e faire sacrer à Constance par le légat do pape* Urbain II, qui écririt aux abbés de Saint- Vincent, de Saint-* Vannes et au priaùcier, de le soutenir.'
1 abbaye de Saint Tron , et la mit sous k conduit* de Rodulphe , homme d'un rare mérite. Il délivra l'abbaye de Senones de l'oppression où la tenait son seigneur voué. 11 chasse de Metz le princier qui avait ourdi une trame contre lui 7 et l'Empereur, enchérissant sur la punition infligée par Févêque , ordonne d'arrêter ce prêtre rebelle .3 et promet une récompense de 5o talens d'argent à celui qui lui apportera les yeux du proscrit. Le princier s'enfuit à Rome , accuse Févêque d'abandonner son église pour suivre constamment la cour de l'Empereur : il rappelle les vices de sa première élection , sa participation au grand schisme. Un concile est convoqué à Rheiras pour le juger, et il est déposé par une décision du 28 mars 1 1 1 5. Il paraît qu'on ne put la faire exécuter > puisqu'en 1102, il gouvernait encore le diocèse (1). On ignore l'époque de sa mort , mais il est certain qu'en 1 136, il était encore a la cour de l'Empereur.