LIV.e THÉODGÈRE
Après la déposition d'Adalbéron , quelques ecclésiastiques entraînés par le princier, s'assemblent en secret sur les frontières du diocèse , et procèdent clandestinement à l'élection d'un nouvel évêque. Leur choix se fixe sur Théodgère, abbé de Saint Georges , dans la forêt noire , et qui ,
(1) Cette année-là il rendit à Metz, an sujet du château d'^rssur-Moselle et de quelques Villages dépendant de Pabbaye de Remiremont, une sentence arbitrale, qui fut souscrite par le comte de Metz, ainsi que par Térêque et le prûnicier de TouJL
par la sévérité avec laquelle il avait rétabli la règle dans plusieurs abbayes , passait pour un homme d'un caractère inflexible.
Le princier va le chercher dans son monastère : il refuse le bâton pastoral. Le légat du pape lui écrit et ne peut rébranler. Son élection n'est pas moins solennellement confirmée , en 1 1 1 8 , dans le concile de Cologne , grâces à l'éloquence du princier. Théodgère est sacré à Corbie par le légat. Il s'achemina vers Metz , etYarrête àDieulouard, averti que les Messins avaient résolu de lui fermer leurs portes, et de confisquer les biens de ceux qui persistaient dans son parti.
En ii 19, Brunon archevêque de Trêves, engage les Messins à recevoir leur évèque. Dans l'espérance que ces exhortations produiraient quelqu'eiïet, Théodgère reprend la route de Metz. Il s'arrête dans un lieu nommé Capentia ^ pour fêter le dimanche des Rameaux , et n'osant encore se présenter devant Metz , il va célébrer le jeudi saint à Gorze, ou ses gens et lui courent risque de la vie : il est menacé même à l'autel ; mais il désarme les mutins par une sérénité imposante. Cette émotion populaire ne l'empêche pas de se diriger vers Metz, mais il en est détourné par les magistrats qui lui représentent les dangers où il s'expose , et les troubles dans lesquels il jetterait la ville.
ïhéodgère s'éloigne de Metz : l'archevêque d« Trêves, qui l'avait soutenu, semble l'abandonner.
î! cherche alors un asile à Cologne , où il exerce quelque temps les fonctions épiscopales.
Enfin , quoique son élection eut été de nouveau ratifiée au; concile de Rheims, présidé, en 1119, par le pape:Calixte II, il ne peut entrer en possession de son siège. Il accompagne le saint Père à Clugny où il prend sa retraite* Il meurt Tannée suivante dans cette abbaye. Quelques-uns lui ont donné le titre de saint. On lui a attribué des miracles. Il est certain toutefois que ce vertueux pré* lat avait autant de patience et d'humilité que de courage et de savoir : on de lui un traité de musique, un commentaire sûr les Psaumes et quelques ouvrages de piété.