LVI.< THÉODORIC ou THIERRY
Le respect qu'on portait à la mémoire d'Etienne fit tomber les suffrages sur son neveu. Thierry pour lui succéder. Il était fils de Renault, comte de Bar et princier de la cathédrale. L'Empereur Fréderich Barberousse , qui faimait beaucoup, ne contribua pas peu à son élection. Cependant il fit tous ses efforts pour rester neutre dans les querelles qui divisaient de nouveau l'empire et le sacerdoce. Il n'était que diacre et refusa constamment la prêtrise. Le titre d'évèque élu lui suffit, évitant également de se faire sacrer, soit par les Orthodoxes pour ne pas déplaire à l'Empereur, soit par les Schisma tiques pour ne pas encourir la disgrâce du Pape.
11 n'en gouverne pas moins son diocèse avec une habileté qui le fit surnommer le père du peuple. Il fait une guerre aussi implacable que son oncle aux seigneurs dont les châteaux étaient en quelque sorte un repaire de bandits. II achète Haboudange, Warsberg, Radonvillé, Conflans: il en augmente les fortifications et y place des troupes pour la sûreté des voyageurs et des campagnes.
Ses officiers s'étant interposés a Metz pour appaiser une émotion populaire, l'un d'eux fut percé de trois flèches et en mourut. Thierry fut même obligé de se retirer à Nomeny ; mais les Magistrats eurent bientôt rétabli l'ordre ; l'Evêque revint à Metz, et les chefs de la sédition furent mis à mort.
Il n'occupa que huit ans le siège apostolique, €t mourut en 1171.
Il avait eu pour maître Gauthier de Metz , archi-diacre et écolètre de la cathédrale, homme aussi modeste que savant , et dont on a conservé un, poëme en langue vulgaire.
tmc FRÉDÉRIC DE PLUYOISE,
Le schisme durait toujours, et les Messins, pour ne porter ombrage à aucun des partis qui divisaient le monde chrétien, fixèrent leur choix sur un vieillard vénérable , d'une naissance obscure, et qui ne se recommandait que par l'éminence de ses vertus.
Il parait cependant que son élection ne déplut pas d'ahord à l'Empereur, puisque, dans Tannée même où il fut nommé, Barberousse lui confirma la donation du duché de Sar^ebrucL
Quoiqu'à l'imitation de son prédécesseur , il eut évité de se faire sacrer , il n'en fut pas moins, deux ans après son intronisation, en 1173, dépouillé de son temporel par l'Empereur, sans doute parce qu'il inclinait à se rapprocher du Pape Alexandre IIJ. Aussi se retira-t-il à Rome, oii il resta jusqu'après, la pacification de l'Eglise en 1 1 79 ; mais à peine fut-il de retour dans son diocèse quil mourut.
LTIIL* THIERRY IV,
L'Empereur Barberousse, après avoir expulsé
Frédéric de Pluvoise en 1173, aYait fait monter sur le siège épiscopal Thierry son neveu , lequel était fils de Mathieu I.er, duc de Lorraine, archidiacre de la cathédrale de Metz (1).
Le jour de sa réception dans l'église cathédrale , le duc Mathieu déposa sur le grand autel la donation qu'il faisait à l'Evèque de la prévôté de Sierck et de la vouerie d'Epinal.
De même que ses deux prédécesseurs , Thierry ne fut pas sacré. Mais soutenu par l'Empereur et par son père , il n'en porta pas moins le bâton pastoral avec dignité. On remarque qu'il fit aussi prisonnier le comte de Sawerden qui lui avait enlevé le château de Lucelbourg,
Cependant, après l'entière extinction du Schisme en 1179, dans le troisième concile de Latran, le Pape Alexandre III, sans égard pour l'illustre naissance de Thierry, ne craint pas d'ordonner qu'il soit déposé, parce qu'il avait usurpé le siège du pasteur légitime. Ainsi Pluvoise revient prendre possession de son église, et Thierry se retire dans l'abbaye de Glairlieu, près de Nancy,
Le triomphe de l'un fut court, et l'autre ne survécut pas long-temps à l'affront qu'il avait reçu. Ils moururent tous deux dans la même année 1 179.
(1) Meurisse dit dans l'histoire des Ereques qur t> il purgea n toutes ses terres de voleurs, de fainéans, <Tivrognes etdepailn lards , et chastia sévèrement tous ceux qui commettaient des À crimes contre Tutilitc et Thonestelc publiques. »