LIX.e BERTRAM ou BERTHOLDT
Saxon d'origine, et attaché à la cour' de Frédérich Barberousse, Bertram avait été nommé Evêque de Brème en 1 178. II se rendit à Rome pour faire confirmer son élection, mais le pape l'annula avec une sorte d'aigreur, sous prétexte qu'il n'était pas encore engagé dans les ordres sacrés , mais plus encore parce qu'il était aimé de l'Empereur.
Cependant Tévêché de Metz ayant vaqué Tannée suivante, Bertram le postule, appuyé de toute la faveur de Frédérich, il est agréé des Messins et , confirmé par la cour de Rome.
Quoique fin courtisan et politique habile , Bertram tombe en disgrâce auprès de l'Empereur, en épousant avec châleur le parti de Folmar, compétiteur de Rodulphe à l'archevêché de Trêves : ce dernier était soutenu de toute la puissauce de Frédérich, mais l'autre avait reçu du Pape Ponction épiscopale , ce qui sans doute avait déterminé Bertram en sa faveur. L'Empereur le punit par la saisie de son temporel : dépouillé de ses biens , il se retire à Cologne. Frédérich meurt dans la croisade en 1189. Henry VI son fils pardonne à Bertram qui, après trois ans d'exil, est rétabli sur son siège (1).
(1) Les annales de Mets rapportent que pendant cet exil de fEveque, en 1 187, les arbres, par un phénomène singulier, fleurirent en janvier; qu'en février les fruits paraissaient déjà 9 et que la ponte des oisoaux était finie , mais qu'il survint au mois do
Cet Evêque avait beaucoup de savoir et d'esprit. Il était versé dans l'étude des lois civiles et canoniques. Il fit plusieurs réglemens utiles pour son Eglise. Ce fut lui qui rédigea, en 1179, la fameuse charte d'après laquelle se fit l'élection des Maîtres - Echevins , pendant trois siècles et demi.
En 1197, il créa les Amans ou notaires chargés de rédiger les contrats. Arbitre pour ainsi dire de la cité, il contribua beaucoup, par ses sages conseils, à en perfectionner les lois municipales. Ces soins ne le détournèrent point des v devoirs qu'il avait à remplir auprès de l'Empereur. Il lui ménagea une entrevue avec Philippe Auguste , et cet habile négociateur jouissait d'un si grand crédit à la cour d'Allemagne, que dans le traité d'alliance signé lç juin 11 98 entre les deux Souverains, l'Evêque de Metz est chargé de porter lui-même secours au Roi de France en cas d'hostilité , si alors l'Empereur était en Italie.
Bertram s'était allié au duc de Lorraine contre Thiébault, comte de Bar. Celui-ci ravage les terres de Pévêché: Bertram ne lui oppose que les armes de l'église et le fait excommunier par le Pap? Innocent UI : Thiébaut n'est relevé des excommunications qu'en payant des indem-
mars un froid jif , des neiges abondantes qui durèrent jusqu'au mois de juin, et détruisirent toute espérauce de récolte. La famine et la peste survinrent et désolèrent le pays jusque yers la fin de ii&8.
nités à l'Evêque, et en se croisant contre les Albigeois /en 1107.
L'Evêque eut des occupations plus sérieuses, lorsque la traduction des livres saints en français eut introduit dans le peuple de Metz la manie des disputes théologiques, vers la fin du douzième siècle. On en était venu à jetter du ridicule sur la simplicité des Ministres du Seigneur, à contester la suprématie de la cour de Home , à dire qu'il ne fallait obéir qu'à Dieu. Sans la prudence et la sage circonspection de Bertram, d'accord en cela avec les conseils et les exhortations du Pape, peut-être le peuple se serait jette dans les mêmes écarts que \es Vaudois et les Albigeois.
Cette fureur des discussions religieuses n'en dura pas moins près de quinze ans} elles ne se terminèrent qu'en 121 1. Bertram eut la douce satisfaction de les voir s'éteindre, et il mourut l'année suivante, laissant son diocèse en paix, ses vastes domaines respectés , défendus par des forteresses (1), et la cité de Metz préservée de troubles, d'oppression et de discordes intestines, par la sagesse des lois qu'il lui avait données.