‹ Dictionnaire du département de la MoselleChapitre 35 sur 118 · LX.* CONRAD DE SGHARPENECK · texte numérisé non relu

LX.* CONRAD DE SGHARPENECK

kes sentimens sont partagés sur Conrad : le* uns le représentent comme un prélat modeste,

(1) H fit cutr'autre* construire le château de Vie,

de mœurs pures et attentif aux soins de son troupeau • d'autres ne voyent en lui qu'un ambitieux, un courtisan fourbe et délié. Sa conduite tendrait à faire prendre de lui cette dernière opinion.

Il était Evêque de Spire, lorsque l'empereur Philippe II mourut. Dépositaire des ornemens impériaux , en qualité de chancelier de l'Empire ^ il refusa de les remettre au nouvel empereur Othon IV, tant qu'il ne l'aurait pas confirmé dans sa dignité de chancelier. Il obtient donc cette confirmation , accompagne , en 1 208 , Othon à Rome, assiste à son couronnement , et présente ensuite au Pape une requête signée de lui et de plusieurs Sei gneurs pour demander la déposition d'Othon j enfin, à force d'intrigues, il la fait prononcer en 121 2 dans la diète de Coblentz*

Le nouvel empereur Frédéric II récompense Conrad de sa félonie en lui procurant Févêché de Metz , que la mort de Bertram venait de laisser vacant. II n'en garde pas moins celui de Spire, néglige le soin de l'un et de l'autre, et continue ses intrigues à la cour d'Allemagne.

Il jugea comme Bertram qu'il importait h Frédéric d'être allié à la France, et il lui ménagea une entrevue dans le mois de novembre 12 r 2, avec Louis, fils aîné de Philippe Auguste. Elle eut lieu à Rigny, près de Vaucouleurs. Les liens du traité de 1198 y furent resserrés.

Frédéric, avant de partir pour l'Italie où l'appelait la cérémonie de son couronnement, se

fit précéder de Conrad pour lui assurer l'obéissance et l'affection des peuples. Conrad avait des pouvoirs illimités : il en usa sévèrement , surtout envers les Florentins qu'il mit au ban de l'Empire.

Mais Thiébaut, duc de Lorraine, ayant été pris et emmené à Wurtzbourg par Frédéric , pour avoir commis des hostilités sur les terres de l'Empire en Alsace, trouva dans Conrad un protecTteur qui lui fit rendre la liberté, et qui garantit même le payement de la rançon 5 mais l'Empereur ne lui avait pardonné qu'à regret. Thiébaut fut empoisonné en chemin par une courtisanne.

Conrad ne parut guère dans son évêché que lorsqu'il y accompagna l'Empereur. En 1214^ il régla quelques difficultés sur l'octroi de Metz, le tonneu , et fit ratifier cette décision par l'Empereur, qui était alors dans cette ville. En I2i5, il obtient de l'Empereur, à Saint -Avold, des exemptions de péages en faveur de l'abbaye de Villers - Betnach ; il fait donner par le Pape Innocent III, aux abbés de Saint- Clément, qui étaient de Tordre de Saint-Benoît, le titre singulier de protecteurs de l'ordre de Citeaux.

En 1228, il exempte l'abbaye de S.'-Simphorien de l'imposition du 20.* prélevé sur les revenus pour subvenir aux frais de la croisade, en considération de ce que l'abbé s'était lui-même croisé*

Dans le même temps , un chevalier messin , nommé Poincc, dépose sur l'autel de S.1 Simphorien

la donation de ses biens à l'abbaye , et part pour cette pieuse expédition.

En i22i, Çonrad avait affecté, du consentement de la cité et du clergé , à l'hôpital Saint Nicolas , le meilleur vêtement des morts , soit laïcs, soit ecclésiastiques.

Enfin, après avoir gardé douze ans les deux évêchés de Metz et de Spire, Conrad mourut daus cette dernière ville en 1224.

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