LXXX1IL* ROBERT DE LÉNONCOURT
Lorsque Robert de Le'noncourt fut nommé à FEvêché de Metz en i55i, il était déjà Cardinal depuis i538, et par la faveur dont il jouissait auprès du grand Cardinal, il avait rassemblé sur sa tête les Evêchés de Réate en Italie, de Châlons, d'Auxerre, d'Embrun, d'Arles, de Toulouse et plusieurs riches abbayes.
Il vint prendre lui-même possession de ce nouveau siège , et ce fut une solennité extraordinaire pour les Messins qui, depuis soixante-sept ans, n'avaient pas vu d'Evêques dans leur cité. La maison de Lorraine avait tellement trafiqué de ce bénéfice , que Ton avait fini par ne savoir plus à qui il appartenait. L'Empereur d'Allemagne fut obligé de s'en informer auprès des magistrats de Metz.
Le Cardinal de Lénoncourt , poussé d'ambition et d'orgueil , forma le projet insensé de se rendre Prince souverain de Metz. C'est dans ces vues qu'il contribua puissamment à y introduire les Français en i55a, espérant que, la république détruite , ils l'aideraient à s'emparer du pouvoir suprême (i), mais le Maréchal de la Vielle ville découvre au Roi et ses coupables manoeuvres et son indigne conduite. Le Roi fait appeler le Cardinal devant son consfcil : il n'ose y paraître et se retire à Charité -sur-Loire.
Le grand Cardinal l'abandonne , lui reprend l'Evêché de Metz, et renonce entre les mains du ^ Roi, à toutes ses prétentions sur le pays Messin.