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LXXXIV.C FRANÇOIS DE BEAUQUERRE

Pour avoir affecté à Metz la souveraineté, le Cardinal de Lénoncourt était tombé en disgrâce, Charles de Lorraine , entièrement dévoué à la France, se détermine à investir de cet Evêché, un homme qui lui fut soumis et qui n'eut d'ailleurs jamais les moyens, ni la pensée de travèrser les desseins du Roi sur le pays Messin. Il fit choix en 1 55a , de François de Reauquerre , son précepteur.

Il est à peine installé dans sa chaire épiscopale, que le grand Cardinal et lui, codent au Roi tous les droits régaliens qui ont pu leur appartenir à Metz , et Ton obtient des magistrats la même renonciation.

François de Beauquerre était éloquent , instruit, zélé pour les intérêts de la religion que les proies tans attaquaient alors avec violence. Il assembla plusieurs synodes à Vie, et dans des discours pleins de sagesse , de prudence et de raison , il traça aux ecclésiastiques la conduite qu'ils devaient tenir pour s'opposer au torrent de l'hérésie. II insista notamment sur la nécessité d'une réforme dans la discipline et dans les mœurs.

En i56i, il accompagna le grand Cardinal au Concile de Trente où il fit de très-beîles harangues -et ouvrit d'cxcellens avis qui furent adoptés , no-

tamment sur le mariage et sur les douze premiers chapitres de la vingt-quatrième session.

Le Concile étant dissous en i563 , il revint à Metz, où voyant avec chagrin s'étendre le feu de Fhérésie, il rédigea , de concert avec les Magistrats et le Clergé, des remontrances au Roi. U les porta lui-même à Charles IX, qui se trouvait à Braxle-Duc. Il ne put en recevoir une réponse favorable , et dès-lors désespérant d'arrêter les progrès du mal , il se tint éloigné de son diocèse.

Le Clergé qui , dans des conjonctures aussi difficiles , avait le plus pressant besoin d'être éclairé et soutenu par son Evêque, le somme en quelque sorte de résider , en vertu des canons du dernier Concile dont il avait été un des principaux rédacteurs 5 il s'en excuse sur ce que Charles de Lorraine ne lui a pas laissé une habitation à Metz; et ce même Charles qui, en i56i , avait enlevé une partie des joyaux de la Cathédrale , achève de la dépouiller en 1567. ^ s'empare même de l'argenterie des Eglises et il aliène le reste des biens de TEvêché, tout cela sous le prétexte de faire la guerre aux Huguenots qui, dans leurs déclamations , ne manquaient pas de tirer avantage contre l'Eglise Latine, de cette cupidité insatiable du premier prélat d$ la France.

Désespérant de plus faire le bien dans un diocèse ainsi ruiné et livré à la fureur des discordes religieuses, F. de Beauquerre abdique en i568, et dans une douce retraite, il se livre à son goût

dominant pour l'étude et pour les lettres qu'il a «ultivécs avec quelques succès,

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