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LXXXVI.e CHARLES II DE LORRAINE

Persévérant dans son projet d'unir le temporel de PEvêché de Metz à la Lorraine, Charles de Lorraine avait, dès ^3, obtenu des bulles du Pape qui assuraient la transmission* de cet Evêché à Charles II de Lorraine, après la mort de son frère et de lui.

Cet enfant n'était alors âgé que de sept ans, et il n'en avait que douze lorsque PEvêché lui fut dévolu.

A dix-huit ans il fut mis en possession du temporel de son Evêché auquel il réunit l'abbaye / de Gorze, dout le duc de Lorraine Charles III, son père, enleva l'argenterie qui était du plus grand prix. Tous deux consommèrent la ruine de cette abbajre et même de rEvêché.

Us prirent l'un et Pautre une part très-active dans la ligue dont les chefs s'assemblèrent à Nancy en 1 588 , pour exclure Henry IV du trône.

Sixte Quint, qui était un des ardents provocateurs de cette guerre civile, récompensa, en ïSgi, Charles de son zèle, par le chapeau de Cardinal et par le titre de légat.

En 1592, il lui donna PEvêché de Strasbourg, mais il ne résida pas plus dans l'un que dans l'autre. Cependant en 1607, Pr^s ^e frente ans après avoir été investi de PEvêché de Metz, il vint dans cette ville en prendre possession et ne survécut que de trois mois à cette solemnité. Il mourut à Nancy.

LXXXVn* HENRY DE BOURBON, -DUC

DE YERNEUIL.

JLe chapitre qui avait vu dépouiller sa manse , épiscopale de ses plus beaux revenus par h maison de Lorraine , jugea qu'il était prudent de confier les rênes de l'Evêché à un prince assez puisssant 7 tant pour conserver le peu qui restait de ce riche patrimoine, que pour essayer de recouvrer ce qui avait été' envahi. Il fit tomber son choix sur Henry de Bourbon , fils naturel de Henry IV 5 mais comme il n'avait que sept ans , la cour de Rome qui s'était montrée plus que facile envers les princes Lorrains, refusa long-temps de confirmer l'élection d'un prince français. Enfin, elle n'y consentit qu'à condition que l'Evêché serait donné au cardinal de Givry, après la mort duquel il appartiendrait alors de plein droit à Henry de Bourbon (1).

(1) Henry IV sçut tant de gré de cette élection, au chapitre que , pour Tcn remercier , il lui écrivi t le 3o février 1608 * Trés-chers

D et bien amés vous avés été guidés d'une si bonne in—

y> tention, et vous estes si dignement et sagement conduits, que -n vous avés satisfait à vostre devoir envers Sa Majesté divine, et ri avez bien mérité de nous *

Le Roi en, avait témoigné auparavant sa satisfaction particulière au doyen qui avait le plus contribué à la nominaiion de son fils, n Combien je vous sçay gré, lui dit— il, dans sa lettre du 4 dé—

i> cembre 1607, du service signalé que vous m'avés rendu

t> sçachant que vostre prudence , auctorité et diligence a de beau-

«n coup aydé et favorisé ceste affaire de laquelle vous re-

n cevrei du fruit en général, mais sur-tout vous, en vostre par- » ticulitr , condignement à vos mérites. y>

Ce Cardinal , fils du comte d'Escars , avait été bénédictin , puis évêque de Lizieux. Pendant les troubles religieux , il s'était retiré à Rome , où Clément VIII lui donna le chapeau de Cardinal, en récompense de son dévouement au Saint Siège*

Quoiqu'accusé d'avoir été ligueur, comme il était honnête homme et d'une vertu rigide , Henry IV ne balança pas à lui confier, en 1604, les intérêts de son royaume auprès de la cour de Rome , et il les défendit avec autant de loyauté que de succès.

Il était dans la capitale du monde chrétien lorsqu'il fut nommé à TEvêché de Metz en 1608: il n'arriva dans cette ville que Tannée suivante. Pendant trois ans qu'il y résida, ce sage prélat mit tous ses soins à rétablir l'ordre et la discipline dans son Eglise si long-temps abandonnée. Il fit un grand nombre de statuts pour la réforme du clergé et des monastères. Il introduisit dans son diocèse le bréviaire romain ; il obligea les Juifs d'assister une fois par semaine à la prédication dans l'église de S.* Paul.

En 1 610, la mort d'Henry IV ayant excité une grande fermentation, à Metz où le prince était adoré , le Cardinal qui , parvenu à un âge trèsavancé , craignait de nouveaux troubles , se retira dans son château de Vie , où il mourut vingt mois après, en 161 a.

Le jeune prince Henry d& Bourbon, étant encore loin de sa majorité , le chapitre prit l'administration du diocèse et ne lui en fit la remise

qu'en 1621. Il en prit possession par procureur et ne vint jamais dans son diocèse. Il n'entra pas même dans les ordres ecclésiastiques 5 car après avoir gardé cet Evêché quarante ans, il le résigna en 165a au cardinal Mazarin, et en 1668, il épousa .mademoiselle de Séguier.

Henry de Bourbon eut à Metz des suffragans d'un mérite distingué , notamment M. Cœffeteau évêque deDardanie et de .Marseille; M. Meurisse, évêque de Madaure, qui a publié l'histoire des Evêques de Metz , l'histoire de l'hérésie de Metz et plusieurs ouvrages ascétiques.

Sous son épiscopat en 1641, Bossuet fut à l'âge de quatorze ans nommé chanoine de Metz. Ses études finies en i652, il revint en cette ville où son père était conseiller au Parlement. Il y Testa pendant dix-sept ans et s'y acquit bieutôt une haute réputation par son savoir, son éloquence , sa dialectique profonde , qui le rendirent l'adversaire le plus redoutable des Calvinistes. Il n'avait que vingt^huit ans lorsqu'il publia à Metz la réfutation du cathéchisme des Protestons, par le célèbre Paul Ferry. Bossuet convertit "le fameux juif Weil de Metz, qui, de docteur en Sorbonne, se fit anglican et enfin anabaptiste.

Après soixante-sept ans d'oppositions, Henry de

en 1621. Vers le même temps les villes du diocèse se peuplèrent de couvents de divers ordres, au nombre de vingt-deux , entre lesquels Metz en

Digi

eut trois , les Ursulines , les Dames de la Visitation et de la Propagation.

En i63i , Henry de Bourbon fut sur le point de perdre ses domaines envahis par le duc Charles IV de Lorraine } mais Louis XIII rétablit FEvêque son frère dans ses Etats qui furent définitivement incorporés à la France, paç le traité de Wegtphalie.

Les Evêques de Metz ayant 0 jusqu'à cette époque, joui des droits régaliens , Henry de Bourbon avait; fait battre monnaie à Vie , pendant la durée de sou épiscopat,

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