SUR LES ÉYÊQUES DE METZ
Les évêques de Metz , autrefois princes souverains dtus leurs domaines, ont joué un si grand Vole dans Phistoire du pays , et le siège épiscopal de cette ville, a été occupé par des hommes qui, à l'éclat de la plus haute naissance , joignirent de si grandes vertus , qn mérite si rare , une piété si exemplaire, qu'on ne peut se dispenser de faire connaître lçs principaux traits qui caractérisent chacun d'eux.
On ne saurait déterminer l'époque précise ou le christianisme s'introduisit dans la Gaule Belgique dont Metz faisait partie : il paraît certain, quoiqu'en disent les Légendaires , que c'est seulemeut vers la fin du 3e siècle ou au commencement du 4e , que la parole de Dieu fut annoncée dans. cç* contrées.
S.1 CLÉMENT, premier Evéque.
Le premier Pasteur de l'église de Metz fut Saint Clément. Si l'on en croit une inscription mise sur son tombeau , il avait été revêtu à Rome de la dignité consulaire (i). On raconte , sur sa mission apos-
(i) Cette epitaphe, recueillie au 3> siècle, est ainsi conçue: Flavius Clemens , consul Romanorum , apostokis et episcopus dtomatriçorum.
tolique dans cette province , beaucoup de choses merveilleuses. La plus remarquable est la destruction du Polythéisme , sous l'emblème d'une troupe de serpens ailés qui habitaient les ruines de F Amphithéâtre , et dont le souffle infectait la ville. St* Clément s'empare du plus gros d'entr'eux , l'entraîne dans la Seille , lui ordonne de se retirer dans un lieu désert. Il obéit, les autres le suivent (i). Les Messins , frappés d'étonnement , pénétrés de reconnaissance , renoncent à l'idolâtrie et se convertissent à la religion chrétienne.
On attribue à Saint Clément la fondation de l'église de Saint-Pierre-aux-^r£/?&ç , dans le lieu où est maintenant le Pâté (2). Il en fit construire deux autres , l'une sous l'innovation de Saint Jean- Baptiste, et qui, jusqu'au 7.* siècle , servit de baptistaire; l'autre en l'honneur de Saint Félix , et dans laquelle il choisit sa sépulture (3). En 1090 ,
(1) En mémoire de cet événement, on porta, pendant plus de huit cents ans , aux processions de Saint Marc et des Rogations , la figure d'un monstre que Rabelais appelle le dragon de Saint Clément, et qu'on nommait vulgairement Gratùlly ^ sans doute do l'allemand Greulich, qui signifie horrible, épouvantable.
(2) On vit long— temps sur le portail de cette église l'inscription suivante , en lettres d'or :
Prima sedes venice , Prima Jides patriœ, Mitsa celebratïo et serpentis ejectio.
Premier siège du pardon, De la prédication évangélique, De la célébration des Saints-Mystères et de l'expulsion du serpent.
(3) Cest au milieu des débris de l'Amphithéâtre, de la Nauma-t «hie, du Cirque, des Arènes où se donnaient les jeux, les combats,
ac$ reliques furent transportées dans l'Eglise Saint Clément à Metz.
L'histoire est muette sur la plupart des vingthuit premiers évêques qui succédèrent à ce saint Prélat. Tout ce qu'on sait, c'est qu'ils édifièrent les fidèles par l'austérité d'une vie uniquement consa^ crée au soin de leur troupeau*