LXXXX.C GEORGES D'AUBUSSON DE
LA FEUILLAUE.
Pour attacher les sujets de l'Evêché à la France, leur nouvelle patrie , et pour soumettre aux lois de l'Eglise gallicane un clergé nombreux, riche, puissant, qui sous le concordat Germanique et sous des Evêques presque toujours absens et plus Souverains de leurs Etats que Pasteurs de leur Eglise , affectait depuis long-temps une grande indépendance et s'autorisait d'immunités qui ne tournaient pas toujours au profit des mœurs et de la religion , le Roi comprit qu'il devait confier l'ad-
m inistration de ce diocèse à un homme dont le
zèlç apostolique fut accompagné de prudence , de lumières et d'habileté. Il fit choix de M. d'Aubusson de la Feuillade qui avait été Evêque do <iap et Archevêque d'Ambrun : il avait aussi par* coura la carrière politique. Pair de France, il avait été' admis au conseil du Roi, envoyé eu ambassade à Venise et en Espagne»
Précédé à Metz par la réputation d'un mérite rare, il subjugua les esprits, non moins par l'ascendant de ses vertus et de ses taleus, que par la fermeté de son caractère.
Il s'appliqua constamment à réformer les nombreux abus introduits dans la discipline ecclésiastique : il publia divers statuts synodaux à ce sujet.
Sa charité s'exerça merveilleusement envers les pauvres. On lui doit la fondation de l'hôpital de S.* Georges. A son imitation, Marie Thérèse d'Autriche, qui affectionnait la ville de Metz, y créa et dota l'hospice de Charité. Cette pieuse Reine fit plusieurs autres libéralités à la ville*
Leur exemple fut suivi. Peu de temps après, Thôpital de Bon-Secours est institué avec les biens de Nicolas Rollin , mort chanoine de S.* Sauveur; et Pierre Goize, chanoine de la cathédrale , établit la maison de la Doctrine - Chrétienne , pour l'instruction des filles pauvres.
Après avoir gouverné sou Eglise pendant 28 ans avec autant de piété que de sagesse et de bienfaisance , M. d'Aubusson mourut à Metz en 1697 , léguant son bien aux élablissejpeus de cb*r
rite. Il avait notamment assigné au séminaire une rente perpétuelle de iooo liv. pour la retraite de quatre vieux curés. •