DE COISLIN
Une naissance illustre , un goût éclairé pour les sciences et les lettres, un cœur droit, des vertus simples et modestes, un fond inépuisable de bonté, tels sont les titres qui portèrent à l'Evêché de Metz M. le duc de Coislin, pair de France, commandeur de l'ordre du S.4 Esprit, président des états de Bretagne, premier aumônier ^ du Roi et membre de l'académie française.
Nommé le a3 mai 1697, il ne vint prendre possession de son siège que Tannée suivante. Pendant les trente-quatre années qu'il gouverna ce diocèse, tous les jours furent marqués par des actes de bienfaisance. Il y consacra constamment et les revenus de son Evêché et son riche patrimoine 5 mais loin de les employer à de stériles aumônes qui souvent ne font que stipendier la fainéantise , son ame élevée conçut , pour le soulagement des peuples, des projets d'une grande utilité. C'est ainsi qu'en 1703, il fonda la maison du Refuge pour ramener à la vertu les jeunes filles que les séductions du vice auraient égarées : et lorsqu'après l'hiver désastreux de 1709, la France éprouva une cruelle famine , M. le duc de Coislin acheta la plaine de Frescaty, et pour donner du travail et du pain aux pauvres , il y fit tracer de vastes jardins et construire un ma-
gnifique château , qui devint la maison de plaisance de ses successeurs. Là, une foule de malheureux trduvèrent du soulagement à leur misère.
En i5a7, il fit bâtir r dans le cimetière de S.* Simplice, un petit Séminaire (i) et le dota de 4o,ooo fr. pour la pension de vingt pauvres, étudians en théologie.
Aux fonds faits par M. de la Feuillade , pour la retraite des vieux curés, il en ajouta un autre de 3o,ooo fr.
Mais le plus beau monument des libéralités de M. le duc de Coislin, ce sont les casernes qui portent son nom et qu'il fit construire en 1726, pour affranchir les habitans du logement des gens de guerre. Ce vénérable prélat se proposa , dans ce grand ouvrage , un doublebut, et de soulager la ville , et de préserver les mœurs, des dangers où elles étaient sans cesse exposées.
En 1731 , lorsque ces casernes furent achevées, la ville , pour perpétuer le souvenir d'un si grand bienfait , rendit une ordonnance portant que Ton imposerait aux rues qui environnent cet édifice , les noms de baptême et de famille de M. de Coislin. >
Enfin , dans la même année , il fit bâtir encore à ses frais l'église des religieuses de Montigny (2). A peine ce dernièr monument de sa piété était terminé, qu'il mourut à Paris, universellement re-
(1) Cette maison est contigue au pont de la place de Saint-» Simplice. Elle appartient maintenant à la ville.
(aj Elle «H mauiWUMU IVftlise paroissiale du village,
gretté (i); son successeur à l'àcadémie française dit, dans son discours de réception : « Les plus » beaux éloges des Evêques , sont les larmes dos » pauvres à leur mort : la sienne fut un deuil pu- » blic. Ce qu'il y a même de plus grand dans » l'état a été sensible à la mort d'un Prélat qut » sa droiture, sa probité et la pureté deses mœurs a> rendaient si respectable »,