‹ Dictionnaire du parallèle entre diverses doctrines philosophiques et religieuses, d'une part et la foi catholique de l'autreChapitre 86 sur 87 · ISN · texte numérisé non relu

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\ent rèlre des prînci(>es indémontrables, puisqu*ils sont primiiifs. i><^ plus, ces principes nécessaires, à quoi s*appliquent-ils7 A (des vérités mélaphysiques et morales, nécessaires aussi. Il a donc bien fallu conrture rexistence d*une cause et d'un être nécessaire, ou bien, il fallait nier soit la nécessité du principe de la cause et du prinripe de la substance» soit la nécessité des vérités auxquelles nous les avons ap« ])Iiqués, c*est-à4jire renoncer à toutes les notions du sens commun ; car ce qui compose le sens commun ce sont précisément tes principes et ces vérités avec leur caractère d*universalilé et de nécessité.

« Non-seulement il est certain que tout effet suppose une cause, et toute qualité un être, mais il Test également qu*un effet de telle nature suppose une cause de la même nature» et qu une qualité ou un attribut, marqué de. tels et tels caractères essentiels, 5U(>(K)$e un être dans lequel se retrouvent éminemment ces mêmes caractèlos. D'où il suit que nous avons conclu très-îégitimement de la vérité à une cause et à une substance intelligente, de la beauté h un être souverainement beau, et d*une loi morale, composée à la fois de justice et de charité, à un législateur souverainement juste et souverainement bon En

lui les choses puisent à la fois leur intelligibilité et leur êtfe. Cest |iar la per-

ticipation de la raison divine que notre raison possède quelque chose d*alfêolu. Tout jugement de la raison enveloppe une vérité nécessaire, et toute véritié nécessaire sup[H)se l'Etre nécessaire. » Nous n*âvons

au une observation h (aire sur ces idées, ont le fond est emprunté à Platon et à Ualebrancbe; c'est que lartriié^ considérée en elle-même, ne peut être dite un effet de Dieu, puisqu'elle est Dieu même. La vérité objective démontre Dieu en vertu du principe des substances ; le prin€i(>e des causes ne peut le démontrer, dans Tordre métaphysique, qu'en partant de Vidée fiiijectite.

£n somme, il suflirait de retrnncher quelques pages du livre de M. Cousin, pour le rendre irréprocliable ; mais ces quelques pages le déparent tristement, ei Tempêt^heront de devenir classique, malgré les grandes beat tés qu'il renferme.

Quand M. Cousin arriverait à prouver que loutes ses paroles |>euvent être iuterpré* tées dans un sens qui ne blesse [)as Torthodoxie, ce serait déjà un défaut capital de n'avoir pas rendu, par plus de clarté^ cette démonstration inutile; d'avoir fait un résumé de philosophie eu évitant seulement d'attaquer la religion, et sans exposer les vrais rapports de la science metal^hysique et de la foi surnaturelle.

YEZIDIS. — M. Marmierdil, dan^ le Correspondant de mai 1854 :

« Les Yezîdis que l'on rencontre pauvres f't timides dans les rues de Tauris, appartiennent à une (5enpladc dispersée comme celle des nestoriens en Perse et en Arménie, mais si peu connue, que de savants orientalistes ont vainement cherché à résoudre l'obscur problème de son histoire et de ses croyances. M. deHammer et M. Ainsvi'ortb considèrent les Yezidts comme les derniers descendants des anciens adorateurs du feu: M Forbes, comme des sectateurs détachés, par un dogme particulier, de Tislamisme; M. Rawlinson et le missionnaire américain Grant leur attribuent une naissance judaïque. On n'est pas même d'accord sur l'origine de leur nom : selon les uns, ce nom leur viendrait d*un de leurs chefs nommé Jésu ou Jézid ; selon d'autres, du calife Jézid de la dynastie des OmmiaJes.

«On prêtre arménien, Gaspard Gevandjan, qui a vécu en qualité de précepteur daus la maison d'un chef des Yezidis,a recueilli sur cette caste mystérieuse quelques nouvelles notions que nous essayerons de reproduire. Kn premier lieu, M. Gevandjan rejette les hypothèses de Niebuhr, de Hammer, de liich, et autres orientalistes. Les Yezidis, <iit-il, ne proviennent ni des Guèbres, ni des Arabes, ni des braélites, mais des Armé-

DlCTlOilR. DU PARALLàLE.

niens. Leur secte date du ix* siècle; elle fut fondée par un Arménien du pachalik de Van, nommé Simbath, auquel s'adjoignit un astrologue persan. Simbath commença à enseigner sa doctrine dans le village de Thoudrak, qui se trouve aujourd'hui compris dans le pachalik de Bejazid, et ses premiers disciples prirent le nom de Thondrakîs.

Avant tout, Simbath imposait è ses néophvtes le secret le plus profond sur la nature de son enseignement, et le mystère dont il s'entourait favorisait toutes les suppositions. On dit qu'il niait l'immortalité de l'Ame, la providence de Dieu, et rejetait les sacrements.

< Frappés d'excommtinication dès leur origine par le patriarche Oannès, les YeiKidis furent ensuite poursuivis par le fer et par )e feu. Leur village de Tbondrak fut réduit en cendres, et tous ceui d'entre eux qui tombaient entre les mains des Arméniens et refusaient d'abjurer leur dogme étaient impitoyablement égorgés.

« Au lieu d'écraser l'hérésie dans son germe, ces perséctitions la fortifièrent. Elle se ré[)andit parmi les Persans, les Kurdes, les mahométans, et de ces divers éléments s'est formée peu è peu, d'Age en Age, la tribu des Yezidis, séparée des autres tribus de rOrient par le caractère distinct de son do^me, conservant opiniAtrément ses dialectes particuliers, ses mœurs traditionnelles, et

vivant, en grande partie, comme les bohémiens, d'une vie nomade.

« Le secret qui fut Tune des plus sévères prescriptiuns de leur fondateur , ils Pont fidèlement gardé. Comme les Druses du Liban, comme les Mandaï tes des rives méridionales de l'Euphrate, comme les Ossètes du Caucase, ils dérobent è toutes les investigations le fond de leur religion, les règles de leur culte. On sait seulement qu'ils reconnaissent un Etre suprême auquel ils donnent le nom arabe d*AIIah, et è ce nom d'Allah ils associent à la fois TidolAlrie du soleil et nne image mystique du Sauveur. La lumière, disent-ils, est issue du sein virginal de Biarie, sous la forme d'un homme qui s*est laissé crucifier pour prouver la vérité de ses leçons, qui n a point été enseveli, mais s'est élancé comme un pur rayon au sein de Dieu. Les Yezidis des bords de l'Araxe et du pacbalick de Mossoul parlent du Christ avec une profonde vénération ; d'autres l'appellent Jésus et prophète, et quiconque d entre eux prononce dans un jurement ce nom révéré, doit, en expiation de cette faute , rester seul séquestré dans sa ieiHe pendant quarante jours.

« Le jeudi de chaque semaine est le dimanthe des Yezidis. Ce jour-lè, ils ne se livrent è aucun travail. Au lever de l'aurore, ils se prosternent |)ar terre, se mettent les mains sur la ligure, et font leurs prières en se tournant vers l'orient. Ce jour-là encore , ceux d'entre eux qui sont riches distribuent des aumônes aux pauvres. Le vendredi saint, ils célèbrent une grande fôte dont on n'a pu jusqu'à présent parvenir è connaître tes détails, car ils observent à l'égard des étrangers une extrême réserve en tout ce qui tient k leurs cérémonies, et ne communiquent à personne ni leurs chants religieux, ni leurs prières. Tout ce qu*on sait, c'est qu'en ce jour solennel ils se réunisseni à une même table, comme les premiers Chrétiens, se partagent un pain sans levain, et boivent k la même coupe. On sait aussi qu'ils ont dans l'année trois jours déjeune, pendant lesquels, dès le lever jusqu'au coucher du soleil , ils s'abstiennent, comme les mahométans, de toute boisson, de toute nourriture, et soumettent leurs animaux au même régime.

« Au nom des Yezidis s*adjoint une sinistre désignation. On les appelle les adorateurs du diable. Le fait est qu'un des principaux objets de leur vénération est une flfçore d'oiseau fantastique, symbole de leur djeuHelek-Tanss, ou de leur ange noir. Hais cet ange n'est point l'éternel çénie du mal ; c'est plutôt une haute personnification d'une loi d expiation. Cet ange était jadis l'un des premiers dans les sphères célestes. Egaré par un mouvement d'orgueil, il commit une faute grave envers son souverain maître, et fut dépouillé de sa splendeur, banni des régions lumineuses. Par saDénitence,!! se fera par-

donner son crime. Un jour il remontera ; . et radieux vers lu trône du SeÎCTeur, tt ^* souviendra de ceux qui ont réréré son do dans les temps amers de son exil. tCj >4. pas une pensée touchante dans ce respe*^. . châtiment, dans ce culte du repentir, cet espoir de la grâce après ^'*s larn.e^ la contrition 7 Et cet ange noir n*est>tl . l'idéale image de l'homme qui sa<*(t>io une de ses faiblesses, et par ses prière^, - • son humilité, reconquiert la miséricorùt > Dieu?

« D'autres observations doivent aussi i difier sur plusieurs points Tidée qa*oo «-^^ pendant longtemps de ces prétendus a^J* -*teurs du diable. Ils ne sont point farou^f;-^. intraitables, cruels, comme quelques «o^:-

Seurs Tont dit. Un orientaliste qui les a^ « e près en divers lieux et en diverses frconstances, M. Abovian, professeur à L" • van, les représente au contraire comme '<? êtres d'une nature timide , inoSensite, «.vant à l'écart sous leurs tentes pour re^ fidèles à leur doctrine, et quelquefois, dJL^ les rigueurs de l'hiver, implorant bun3b>ment un asile dans un village voisin de Ieu^ pâturages.

< Chacune de leurs communautés e<t r^ gie par un prêtre qui exerce sur elle qcc complète autorité, qui est à la fois dans »ressort le directeur des consciences, leguttr des familles et l'arbitre des intérêts teD;«^ rels. Les Yezidis apprennent dès leur cefance è s'incliner devant lui avec respectai recevoir ses ordres leur vie durant, et lorsqu'ils se sentent près de mourir, ils sollK^ tent de lui un passe-port pour le gardiens: naradis, ce qui prouve du moins qu^ls critect a une autre vie. Ils y croient et en ont n£« naïve conception. Quand on les ensevela es terre, on place k côté d'eux dans leurfos)< du pain pour les sustenter^ un bâton p9c: les soutenirdans leur longue marche, du $h von pour les purifier k l'entrée des ré^o^i^ éthérées, et quelques pièces d^argent. Corne * on n'obtient rien des fonctionnaires d'Orient sans le secours des bakschichs , !e> pauvres Yezidis pensent qu'il en est o. même dans l'autre monde, et que (K>ur Cl-* agréer leur passe-port par les sentinell^^ ia palais céleste, il est nécessaire d'j joîjîJrc au moins quelques piastres.

« Toutes les communautés se rallient à a? mêmechefspirituelquiporieletitredeScLfÀkan et réside k Baadli , au nord de Mosmxi Près de Ik est le temple de Latescb, sancti6é \4t le prophète des Yezidis. On ne sait qui cvs : ce prophète, et k quelle époque il e:>t i|paru. MaisLatesch n'en est pas moins la Bloque des Yezidis. Ils j viennent de luia is pèlerinage, ils entrent dans le temple en ^ traînant sur leurs genoux, se nrosternect face contre terre k l'aspect de Vidole emiilrmatique qu'un prêtre leur montre, taodtf que d'autres, rangés autour de lui, jooaoïda fafre et battent du tambour. *

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