‹ Dictionnaire du pêcheur: traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée: histoireChapitre 105 sur 118 · THON · texte numérisé non relu

THON

jours ; ils disparurent tous au moment que l'on quitta l'Océan pour entrer dans le détroit de Gibraltar.

Le thon se trouve en abondance dans la Méditerranée, et principalement sur les côtes de la Provence ; on y en prend qui pèsent jusqu'à cent vingt livres et plus. On a préparé pour cela une pêcherie qu'on appelle madrague; on l'y prend avec une espèce de rets ou de gros filet qu'on appelle thonaire. Il se fait aussi une pêche abondante de thons sur les côtes de Basques et de Latour, dans le ressort de l'amirauté de Bayonne. Cette pêche commence à la mi-avril, et se continue jusqu'au commencement d'octobre. Là elle se fait à la ligne, le bateau à la voile ; l'hameçon est recouvert d'un vieux linge ou d'un petit sac taillé en forme de sardine,, dont les thons sont fort friands : comme ce poisson est vorace, il gobe aussitôt l'hameçon ; chaque bateau ramène quelquefois cent cinquante thons. La chair du thon ressemble à celle du veau ; l'endroit le plus délicat est la poitrine. Quand il est nouvellement péché, et qu'on le coupe aussitôt, sa chair est rouge ; elle est ferme, très-bonne à manger et nourrissante; on la mange rôtie. On la sale aussi pour la conserver, ou on la marine étant cuite avec l'huile de Provence et le sel. On transporte partout de ce poisson mariné et dépecé par tronçons, sous le nom de thonine.

Les Sinopiens tiraient autrefois un grand profit de la pêche du thon qui se faisait sur leur rivage, où, en

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