‹ Dictionnaire du pêcheur: traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée: histoireChapitre 104 sur 118 · TANCHE · texte numérisé non relu

TANCHE

Cyprinus tinca. — Tenca, en Italie. — Schlei, en Allemagne. — Zeelt, en Hollande. — Tench, en Angleterre.

Les tanches sont aussi sujettes que les goujons à varier dans leurs nuances, suivant l'âge, le sexe, le climat, les aliments et les qualités de l'eau. Communément on remarque du jaune verdâtre sur leurs joues, du blanc sur leur gorge, du vert clair sur la partie supérieure de leurs côtés, du jaune sur la partie inférieure de ces dernières portions, du blanchâtre sur le ventre, du violet sur les nageoires; mais plusieurs individus montrent un vert plus éclairci, ou plus voisin du noir ; les mâles particulièrement ont les teintes moins obscures. La tête est grosse, le front large, l'œil petit, la lèvre épaisse, le dos un peu arqué, la peau noire; toute la surface de l'animal est couverte d'yne matière visqueuse assez abondante pour empêcher de distinguer facilement les écailles.

On trouve des tanches dans presque toutes les parties du globe. Elles habitent dans les lacs et dans les marais ; les eaux stagnantes et vaseuses sont celles

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qu Viles recherchent. Elles ne craignent pas les rigueurs de l'hiver ; on n'a pas même besoin, dans certaine» contrées, de casser en différents endroits la glace qui se forme au dessus de leur asile; ce qui prouve qu'il n'est pas nécessaire d'y donner une issue Auxgnz qui peuvent se produire dans leurs retraites, et ce qui parait indiquer qu'elfes y passent la saison du froid enfoncées dans le limon, et au moins à demi engourdies, ainsi que l'ont pensé plusieurs naturalistes.

Elles se nourrissent des mêmes substances que les carpes,

Leur poids peut être de trois ou quatre kilogrammes. Leur chair molle, et quelquefois imprégnée d'une odeur de limon et de boue, est difficile à digérer* l>uand ou les a prises vivantes, on leur fait perdre cette mauvaise odeur en les laissant quelques heures dans un baquet dVau claire. Mais d'ailleurs, suivant les pays, les temps, les époques de Tannée, les altérations ou les modifications des individus, et une sorte de modo ou convention, elles ont été estimées on dédaignées. On s'est môme assez occupé de ees poissons dans beaucoup de contrées, pour leur attribuer de» propriétés très-extraordinaires. On a cru que coupées en morceaux, et mises sous la plante des pieds^ elles guérissaient de la peste et des fièvres; qu'appliquées vivantes sur le front, elles apaisaient les maux de tête; qu'attachées sur la nuque, elles cal-

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maiert l'inflammation des jeux ; que placées sur le -ventre, elles faisaient disparaître la jaunisse ; quç leur: fiel chassait les vers; et que les poissons guérissaient leurs blessures en se frottant contre la substance huileuse qui les enduit.

C'est le poisson qui, résiste le mieux au charroi; mais il ruine le fond d'un étang, car Ton assure qu'il faut plus de terrain pour nourrir cent tanches que pour engraisser cinq cents carpes.

Les anciens nommaient ce poisson piscis ignobilis % vilis et pauperiorum cibus. Le poëte Ausone, qui,, selon Willughby , est le premier qui ait parlé de la tanche, l'a désignée sous le nom de vulgi solatium.

TERRIR.

Les pécheurs disent que les poissons terrissent quand il fait chaud, pour dire qu'ils s'approchent de ht terre ; et quand les eaux sont fortes, ils gagnent la grande eau, où ils se retirent dans les grands fonds.

TESSURE.

Les pécheurs cordiers appellent une tessure plu» sieurs pièces d'appelets jointes les unes au bout des autres.

On appelle aussi tessure un certain nombre de

paniers, nasses, tambours, etc., pour prendre les homards, et Hés ensemble par une corde.

THOîf.

Thurmus.

Poisson de mer massif et ventru , couvert de grandes écailles et d'une peau fine. Il a le museau pointu et épais, les dents aiguës et petites, les ouïes doubles, deux nageoires auprès des ouïes, et le dos noirâtre; sa queue est large et formée en croissant.

Ce poisson est naturellement fort craintif, et il suffit do faire beaucoup de bruit où il se trouve pour le faire sauver et se jeter étourdiment dans les fosses où les filets sont tendus. Il habite les lieux limoneux de la mer; il mange l'algue et plusieurs autres plantes maritimes; il va toujours en troupes. On connaît qu'il approche par le bruit qu'il fait en agitant violemment l'eau de la mer par où il passe. La vitesse avec laquelle nagent les thons et plusieurs autres poissons, et la durée constante de cette vitesse, ne paraîtraient pas vraisemblables, si elles n'étaient pas bien connues. Le chevalier de Chimbaud, étant parti do la Martinique pour la France par la voie de Marseille, dit que dans cette traversée, qui fut de plus de cent Jours, il rencontra une quantité prodigieuse de thons qui l'accompagnèrent pendant quarante-sept

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