A PROPOSEE LA PÊCHE
Un autre ouvrier sait ce que lui rapporte sa journée — en déduisant les chômages; — le pêcheur ne gagne pas plus qu^Touvrier ; mais si parfois il ne prend rien, il y a un jour où il gagne cent francs; — le menuisier qui prend son rabot sait bien qu'il va faire une table, il en a tant fait, — et quand la table est faite, il n'a pas lieu d'être fier. Mais le pêcheur, il jette sa ligne à Veau, prendra-t-il du poisson ? et quelle espèce de poisson? et de quelle grosseur sera-t-il?
Et un jour de bonne pêche il a l'orgueil du vainqueur et du joueur heureux.
La pêche est la mère de la navigation ; — c'est dans la grande famille des pêcheurs que se recrute sans cesse la marine.
J'allais oublier un des avantages de la pêche sur la chasse.
Il n'est personne qui ne souffre en voyant un chevreuil, un lièvre, un oiseau, mort, sanglant, blessé.
La nature ne nous a pas inspiré la même pitié pour les poissons.
Le raisonnement vous dira que c'est absurde,