ASTICOTS
J'ai parlé de ce ver à l'article des ablettes; constatons seulement ici que la pêche est une telle passion, qu'on voit très-vite diminuer et disparaître l'horreur que cause ce ver immonde et infect , qui est du goût d'un très-grand nombre de poissons. Un morceau de viande mis dans la terre, à une petite profondeur, attire de grosses mouches bleues qui y pondent des œufs qui deviennent des asticots, lesqaeMtçedeviennent à leur tour des mouches bleues.
On prend à l'hameçon , pendant le mois d'avril ,
des carpes, des brochets, des gardons, des perches, des chevennes, des vaudoises , des vairons, des goujons et des truites , qui ne commencent à mordre qu'alors.
Il faut pêcher dans les endroits creux et près des bords. — On prend ainsi, mais moins certainement, les ablettes, les barbeaux, les anguilles et les carrelets. — Les orphies approchent des plages de la mer et se prennent dans les parcs. C'est dans ce mois que frayent la brème, le goujon, la vaudoise, le barbeau et le vairon.
Batena.
C'est te plus grand de tous les animaux connus. La baleine semble un colosse organisé; son sang est très-chaud; elle respire comme les animaux terrestres, par le moyen des poumons, et voilà pourquoi elle ne peut rester sous l'eau ; elle est vivipare, et son lait sert à nourrir ses petits ; elle a sur la tête une ou deux ouvertures, nommées évents, qui lui servent à rejeter l'eau qu'elle a avalée en trop grande abondance. Cet animal a des nageoires d'une structure et d'une force proportionnées à sa masse. Les nageoires des vrais poissons sont composées d'arêtes jointes les unes aux autres par des membranes fort minces ; les baleines ont à leur place des os articulés, figurés comme ceux de la maiu et des doigts de l'homme, et qui sont mis en mouvement par des muscles vigoureux. La balçjnc a en outre une queue large et épaisse, couchée horizontalement sur l'eau pour diriger sa course, et modérer sa descente, afin que l'énorme poids de son corps ne se brise pas contre les rochers quand elle veut plonger. La baleine s'abaisse
duos te eaux ou s'élève à son gré. Du fond de sa pKttk» part uu gros intestin d'une telle largeur qu'un tontine y passerait tout entier ; cet intestin est un grand magasin d'air qu'elle porte avec elle; par ce moyen elle se rend plus légère ou plus pesante, selon qu'elle l'ouvre ou qu'elle te comprime pour augmenter ou pour diminuer la quantité d'air qu'il renferme. La langue de ce faux poisson n'est presque qu'un gros morceau de graissé, dont on peut remplir plusieurs tonneaux. Les yeux ne sont pas plus gràhtfâ que ceti* à'titi boeuf. Contre l'économie animale de* pfcis&otilj ses yeux sont revêtus de paupières et de sotlrctls, comtfié ceux des animaux terrestfeé. Lia fcoufche énorme dé grftisse qui enveloppe les bateinëâ Allège beaucoup la masse de létiï cotps. D'ailleurs (Jette enveloppe de graisse tient l'eau à une distancé convenable du sang, et par là le poisson coûserve sa chaleur naturelle.
On a vu des baleines qui avaient jusqu'à cent cinquante et même deux cents pieds de long* quelques Voyageurs prétendent même qu'il en existe dans les mers de la Chine qui ont encore beaucoup plus de longueur.
La mère porte son fruit neuf ou dit mois ; son petit à sa naissance a plus de dix pieds dé longueur, et est pour le moins de la grosseur d'un taureau : la baleine en a un soin particulier; elle l'emporte partout avec elle lorsqu'on la poursuit, le serre adroite-
ment avec les nageoires, et ne l'abandonne pas, même quand elle se sent blessée. Quand elle se plonge au fond de l'eau, elle pourrait rester plus d'une demi-heure sans revenir prendre l'air, mais elle remonte beaucoup plus tôt, parce qu'elle sent que son petit né peut rester si longtemps sous l'eau san* respirer. Lés petits tètent pendant un ah ; ils sont alors extrêmement gras, et donnent cinquante tonneaux de graisse ; quand ils ont deux ans, ils n'en donnent plus que Vingt-huit ; après ce temps on ne sait leur âge que par la longueur de leurs barbés.
La baleine, Malgré l'énorraitë de sa taille, né se nourrit que d'insectes et tout au plus dé menus poissons, tête que les merlans et les anchois ; oh né saurait donc trop recômrnandef aux jeunes curés envoyés sur les côtes de parler le moins possible au* pêcheurs de l'histoire dé Jonas. Il n'est pas rare de Voir sur Son corps des plantes, déâ Coquillages, ou autres animaux testacés, qui s'y sont attachés. Il se* rait bien facile d'étendre cette notice, tuais il n'y à guère de chances que vous preniez une baleine. Si j'ai parlé de ce cétacé, c'est à cause d'une plaisanterie étemelle que Ton fait aux pécheurs dont la ligné s'accroche att fond ; il est d'usage que le Spectateur de cet accident s'écrie : Vous avez peut-être pria la baleine.
Centropomus lupus, ou labrax.
Le poisson connu sons ce nom sur les côtes de Normandie se nomme loubine à Noirmoutier, loup à Tréguier, à Lannion et en beaucoup d'antres endroits ; en Provence, dréligny et dans la Gironde, brigne. Quoi qu'il en soit de ces différentes dénominations, c'est un poisson très-estimé quand il est un peu gros et qu'il a été péché sur un bon fond ; malheureusement, à cause de la délicatesse de sa chair, il se corrompt promptement. Il est bon de prévenir qu'il ne faut pas confondre ce poisson, qu'on nomme loup marin en plusieurs endroits, parce qu'il est vorace, avec un amphibie auquel on donne le même nom. Pour la forme du corps, ce poisson peut être comparé au saumon ; quelquefois on en a pris qui pesaient plus de trente livres ; sur les côtes de Picardie et de Gaux, on prend des poissons qu'on nomme hauts-bars, qui ont jusqu'à cinq pieds de longueur; mais ce n'est pas un bar, c'est un poisson différent, à grandes écailles d'un beau violet. Les bars nagent volontiers à la surface de l'eau, et se plaisent à l'embouchure des rivières, dans lesquelles .même il y en a qui remontent. Le bar est un poisson de passage; néanmoins la vraie saison de le pêcher est dans les mois d'août, septembre et octobre, quand ils se ras-
semblent par troupes dans les anses où il se rend quelque ruisseau d'eau douce ; en ce cas, on en enveloppe quelquefois un grand nombre avec des filets d'enceinte. On en trouve dans les parcs, les filets tournants, et l'on en prend entre les roches avec des filets traversants ou avec la senne à la traîne; pour cela on fixe un bout du filet à terre, et on traîne l'autre avec un bateau ; les mailles de ces filets ont deux pouces d'ouverture en carré ; la tête est garnie de flottés de liège, et il n'y a point ou peu de lest au pied, le poids du filet suffisant pour le faire caler ; et comme on ne se propose que de prendre des poissons qui nagent entre deux eaux, on ne cherche point que le filet porte sur le fond. On tend ces filets d'enceinte ou étentes lorsque la mer commence à perdre; et quand l'eau est tout à fait basse, on trouve le filet à sec avec les poissons qui se sont maillés, et ceux qui se sont embarrassés dans les replis des filets. On dit dans certains livres que le bar ne mord point aux haims, c'est une erreur et cela s'applique aux mulets ; le bar au contraire mord à des appâts, déjà un peu gâtés; on le prend avec des lanières faites de la chair de la sèche, avec des vers de mer ou de terre, même avec les crabes mous qu'on nomme poltrons. Ce poisson a beaucoup d'arêtes ; sa chair passe pour être plus délicate même que celle du mulet; ainsi il est fort bon quand on l'a péché sur un bon fond de sable.