FOLLES
Met» que l'on Jette, sans les tendre, à la mer dan» Ion grands fonds, pour prendre les turbots, les raie*, etc.
l,o meilleur moyen de conserver un iilet est de le faire teindre ; non-seulement il dure alors davantage, mul» 11 épouvunte moins le poisson.
Il y u l rois aortes de teintures qu'on peut employer
pour colorer les filets. La première, et la plus commune, est celle de la feuille morte ; on la tait avec du tau, dont (es tanneurs accommodent leurs cuirs, ou bien avpç de l'écorce de chêne ou de noyer. Voici la coqapositipn de cette dernière teinture : on prend de l'écorce de poyer ou de chêne, on la coupe par morceaux de la grandeur de deux doigts ; sur deux boisseaux de cette écorce on met deux seaux d'eau, et on fait bouillir le tout ensemble l'espace d'une heure ; on place ensuite les filets au fond du vaisseau, en rapportant par dessus tons (es morceaux d'écorce, et on les laisse tremper vingt-qqatre heures dans cette teinture ; on les retire, ensuite on les tord, et on finit par les étendre afin de les sécher. Depuis quelques années les pécheurs à la mouche se servent de cachou; cette préparation demande beaucoup moins de temps et de soins. On trouve le cachou chez tous les droguistes. La seconde teinture est d'un jaune sale ; elle se fait avec l'herbe qu'on nomme chélidoine : on la prend à poignée, on en frotte le filet partout, comme si on le savonnait, et quand il est sec, il est de la couleur de l'orange pâle» La dernière couleur en usage est le vert; elle se fait avec du blé vert, haché et pilé en bouillie, dont on frotte le filet partout; ensuite on laisse l'un et l'autre pêlemêle tremper l'espace de vingt-quatre heures. La teinture ne suffit pas pour conserver des filets, il faut encore d'autres précautions : quand ils sont mouillés,
il faut se bâter de les étendre à l'air pour les faire sécher; il faut éviter aussi de les laisser, dans les chaleurs de Tété, au fond de l'eau une nuit entière ; l'air les attendrit alors et les dispose à se rompre facilement. Il n'en est pas de même des saisons fraîches, où on peut les laisser dans l'eau deux nuits impunément. 11 ne faut jamais manquer de laver les filets qu'on destine pour la pêche, quand on les retire de l'eau, surtout quand ils y ont passé la nuit ; ils y ramassent une espèce de crasse qui les ronge peu à peu. Les filets doivent être suspendus en l'air, au milieu d'un bois, et non proche d'un mur, pour éviter les coups de dents de la souris. Il faut aussi se hâter de les rhabiller dès qu'il manque la moindre maille; un peu d'attention prolonge singulièrement leur durée.