JUILLET
C'est le matin et le soir qu'il faut pêcher en eau douce dans le mois de juillet. — Les goujons ne mordent, pour le moment, qu'aux vers rouges. — Tous les autres poissons ne demandent pas mieux que de mordre.
A la mer, on tend les cordes.
Les poissons viennent de frayer, la tanche fraye. —
Lampetra et lampreda. — Lampreda, en Italie. — Lamprey ou Lamprey eel, en Angleterre. — Lampretee, en Allemagne. — Pibale, dans quelques départements méridionaux de la France.
Au-devant d'un corps très-long et cylindrique est une tête étroite et allongée. L'ouverture de la bouche n'étant contenue par aucune partie dure ou solide, ne présente pas toujours le même contour : sa conformation se prête aux différents besoins de l'animal, mais le plus souvent sa forme est ovale, et c'est un peu au-dessous du museau qu'elle est placée. Les dents, un peu crochues, creuses, et maintenues dans de simples cellules charnues, au lieu d'être attachées à des mâchoires osseuses, sont disposées sur plusieurs rangs et s'étendent du centre à la circonférence. Communément ces dents forment vingt rangées, et sont au nombre de cinq ou six dans chacune. Deux autres dents plus grosses sont d'ailleurs placées dans la partie antérieure de la bouche, sept autres sont réunies ensemble dans la partie postérieure ; et la
langue, qui est courte et échancrée en croissant, est garnie sur ses bords de très-petites dents.
Auprès de chaque œil, sont deux rangées de petits trous, Tune de quatre, l'autre de cinq. Ces petites ouvertures paraissent être les orifices des canaux destinés à porter à la surface du corps cette humeur visqueuse, si nécessaire à presque tous les poissons pour entretenir la souplesse de leurs membres, et particulièrement à ceux qui, comme les pétromyzons, ne se meuvent que par des ondulations rapidement exécutées.
La peau qui recouvre le corps et la queue, qui est très- courte, ne présente aucune écaille visible pendant la vie de la lamproie; elle est toujours enduite d'une mucosité abondante, qui augmente la facilité avec laquelle l'animal échappe à la main qui le presse et qui veut le retenir. La couleur générale de la lamproie est verdâtre, quelquefois marbrée de nuances plus ou moins vives. Derrière chaque œil, et indépendamment des neuf petits trous que nous avons déjà remarqués, on voit sept ouvertures moini petites, disposées en ligne droite, comme celles de l'instrument à vent auquel on a donné le nom de flûte ; ce sont les orifices des branchies ou de l'organe de la respiration. Les œufs de lamproie sont de la grosseur des graines du pavot, et de couleur orange. Leur nombre est très-considérable. C'est pour s'en débarrasser, ou pour les féconder lorsqu'ils ont été
pondus, que les lamproies remontent de la mer dans les grands fleuves, et des grands fleuves dans les grandes rivières. Le retour du printemps est ordinairement le moment où elles quittent leurs retraites marines pour exécuter cette espèce de voyage périodique. Mais le temps de leur passage des eanx salées dans, les eaux douces est plus ou moins retardé ou avancé, suivant les changements qu'éprouve la température des parages qu'elles habitent.
Elles se nourrissent de vers marins ou fluviatiles, de poissons très-jeunes, et par un appétit contraire à Celui d'un grand nombre de poissons, mais qui est analogue à celui des serpents, elles se contentent aisé* ment de chair morte. ,
Des blessures graves et mêmes mortelles pour la plupart des poissons ne sont point dangereuses pour les pétromyzons, et même, par une conformité remarquable d'organisation et de facultés avec les serpents et particulièrement avec la vipère, ils peuvent perdre de très-grandes portions de leur corps sans être à l'instant privés de .vie, et l'on a vu des lamproies à qui il ne restait plus que la tête et la partie antérieure du corps coller encore leur bouche avec force, et pendant plusieurs heures, à des substances dures qu'on leur présentait.
On en a pris qui pesaient trois kilogrammes ; et lorsqu'elles pèsent quinze hectogrammes, elles ont déjà un mètre de longueur. D'aijleurs leur cbair r