MARS
Pendant le mois de mars, c'est au milieu, de la journée qu'il faut pêcher dans les endroits creux et au bord des rivières, où les poissons se sont cachés dans des trous et sous les racines des saules pendant l'hiver. Les vaudoises cependant se prendront de préférence dans des courants sans profondeur. On prend des vairons, des carpes, des perches, des gardons et des goujons.
Moins de perches et de brochets cependant, parce qu'ils frayent alors, ainsi que les éperlans, ablettes et quelques autres.
Pour les carpes , il faut amorcer avec des vers rouges.
MARSOUIN ou SOUFFLEUR.
Il n'a pas plus de huit pieds; de long, sa tête a* te forme d'un museau de cochon; il a sur la. tête m* évent comme les baleines ; sa gueule est garnie par
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le haut et par le bas de petites dents pointues; sa queue est horizontale et taillée en faucille. Il y a plusieurs sortes de marsouins : l'une porte le nom de poursille^ se trouve dans toutes les mers, et est bonne à manger; une autre s'appelle moine de ?ner y parce qu'elle est revêtue d'une espèce de coqueluchon. Ce poisson est difficile à attraper, à cause de son agilité ; on le prend quelquefois sur les côtes, quand sa gourmandise le porte à poursuivre un banc de hareugs; le marsouin est une des principales nourritures des Islandais.
On voit les marsouins approcher des côtes de Normandie et d'Angleterre et se jouer autour des
navires et des embarcations. — Je ne crois pas trop m'avancer en disant que le marsouin est un poisson gai; je ne l'ai jamais vu que sautant et cabriolant. Sa gaieté seulement n'est pas toujours de très-bon goût, et dégénère en brutalité; il m'a deux ou trois fois défoncé mes filets.
Gadus merlan g us. — Whiting, en Angleterre.
Le merlan habite dans l'Océan qui baigne les côtes européennes. Il se nourrit de vers, de mollusques, de crabes, de jeunes poissons. 11 s'approche souvent des rivages; il abandonne particulièrement la haute mer, fton-seulement lorsqu'il va se débar-
rasser de ses œufs ou les féconder, mais encore lorsqu'il est attiré vers la terre par une nourri: ure plus agréable et plus abondante, et lorsqu'il y cherche un asile contre les gros animaux marins qui en font leur proie; et comme ces diverses circonstances dépendent des saisons, il n'est pas surprenant que, suivant les pays, le temps de le pécher avec succès soit plus ou moins avancé. — On le trouve très-gras lorsque les harengs ont déposé leurs œufs, et qu'il a pu en dévorer une quantité. Mais, excepté dans le temps où il fraye lui-même, sa chair fade paraît agréable à beaucoup de personnes , et comme elle est molle, tendre et légère, on la digère avec facilité, et elle est un des aliments que l'on peut donner avec le moins d'inconvénient à ceux qui éprouvent un grand besoin de manger, sans avoir cependant des sucs digestifs très-puissants. Dans quelques endroits de l'Angleterre et des environs d'Ostende, de Bruges et de Gand, on a fait sécher et saler des merlans après les avoir vidés. -^Le plus souvent, on pêche ce gade avec une vingtaine de lignes, dont chacune, garnie de deux cents hameçons, est longue de plus de cent mètres, et qu'on laisse au fond de l'eau environ pendant trois heures. Le merlan est long d'un pied dans l'Océan, quelquefois davantage ; eu égard à sa grandeur, il est menu, surtout vers la queue, car il est plus gros vers la tête. La couleur d'un merlan bien frais et de bonne
taille est en générât d'an blanc brillant; mais ter» le dos il a une teinte olivâtre plas on moins cfafref, on tirant tantôt snr le bien on tantôt sur le roux, avec des reflets eomme de cuivre jatme clair. Son ventre est blane, mais pas bien net, étant argenté pur endroits. À Dunkerque, le merlan est un desprincipaux objets de pécbe pendant les mois de décembre, janvier et février; on en prend cependant & la ligne pendant toute Tannée, et avec des filets depuis le mois de mars jusqu'en septembre; mais if n'est pas toujours également bon. Celui qu'on prend dans la saison du bareng est gras et a la chair ferme : il commence à avoir des œufs et de la laite vers la fin d'octobre, ce qui augmente jusqu'au mois de février ; vers la fin de ce mois, il devient maigre et allongé.
Quand la saison du frai est passée, on en prend de petits qui sont assez bons; la vraie saison recommence en octobre jusqu'en février. Les Dieppois font la pèche du merlan avec ce qu'ils appellent leurs petites cordes; chaque pièce de ces petites cordes a soixante-quatre brasses de longueur, et est lestée de quatre ou cinq cailloux qui pèsent chacun une livre. On attache communément, de brasse en brasse, une empile d'une brasse de longueur qui porte un haim amorcé d'un pltot ou d'un morceau de hareng.
' Quelques-uns multiplient les haims, en sorte qu'ils
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en mettent quelquefois cent cinquante dan* la longueur de soixante-quatre brasses; mais alors il fout bise les empiles moins longues. C'est assez l'usage des pêcheurs de Saint-Valéry et de Fécamp. Chaque bateau qui va à la pêche des merlans met à la mer une trentaine de ces pièces de petites cordes qui sont garnies de quatre mille cinq cents haims. Comme les merlans se tiennent volontiers au fond de l'eau, les pêcheurs de la haute Normandie, particulièrement aux environs du Havre, pèchent avec ce qu'ils nomment le libouret ou la balle ; les pêcheurs d'Yport, grands pécheurs de merlans, les prennent avec de petites cordes. Quelques-uns amorcent avec des crabes; le hareng est préférable, et un suffît pour amorcer huit ou dix de ces petits haims ; mais dans la bonne saison, le merlan mord à toute sorte d*appâts.
MERLU ou MERLUCHE.
Merluciw,
Poisson de la famille des morues. On en prend de fort grands, surtout dans l'Océan ; mais on en prend un bien plus grand nombre de petits.
Ce poisson est préparé à peu près comme la morue sèche de Terre-Neuve, et c'est ce qu'on doit véritablement nommer de la merlucfie, qui, lorsqu'elle est bien préparée, approche un peu de la bouté de la