‹ Dictionnaire du pêcheur: traité complet de la pêche en eau douce et en eau salée: histoireChapitre 82 sur 118 · MOUCHE ARTIFICIELLE · texte numérisé non relu

MOUCHE ARTIFICIELLE

Pour la pèche des truites et des poisson* blanc* à la surface de l'eau.

Cette pèche se fait en marchant.

C'est dans les mois de mai, de juillet, d'août et de septembre qu'elle est le plus productive.

On doit avoir une canne à bambou, très-légère, au moins de quinze à seize pieds de long; elle doit être à la fois roide et flexible. On la garnit de petits anneaux pour passer la ligne, avec un moulinet au bas de la canne, pour donner ou retirer de la ligné.

La ligne doit être en soie et faite comme il est dit à l'article ligne; on y met un, deux, ou trois hameçons. On a dans un portefeuille deux ou trois douzataos

de mouches artificielles, et on attache à la ligne celles qui ressemblent le plus aux insectes que l'on trouve sur le bord de l'eau,

. Une petite pluie, un temps lourd, sombre, orageux, sont les circonstances favorables. Cette pèche «e fait à la fin du jour et de grand matin.

HORCE.

Morrhua.

-.. Le poisson qu'on nomme en Hollande et sur la côte de Flandre cabillaud, chez les Basques baoaillau, dans l'intérieur de la France morue, est partout le môme. Ces différentes dénominations viennent de la différence des langues ou patois. A regard des préparations, quand on mange ce poisson tel qu'il sort de l'eau, on le nomme morue ou cabillaud frais; quand il a été salé et point séché» c'est de la morue verte ; s'il a été salé et séché, c'est de la morue sèche ; s'il a été séché sans avoir été salé, c'est du stockfisch ou morue en bâton. Et encore suivant des circonstances différentes dans leur préparation, les unes sont dites en grenier, les autres en barils ou au sec, ou en saumure ; les unes blanches, d'autres charbonnées, etc., et c'est toujours le mime poisson. On en prend de toutes les grandeurs, depuis trois pieds et plus de longueur, jusqu'à celle d'un petit merlan. . ., .

Los morues sont couvertes de fort petites écailles, peu sensibles sous les dents; elles sont très-adhérentes à une peau épaisse, grasse et fort délicate quand elle est cuite, lors même que le poisson a été salé» La couleur ordinaire de ce poisson sur le dos et ta côtés est olivâtre, rembrunie à mesure qu'elle s'approche du dos ; elle est chargée de taches, tantôt gris de fer et tantôt jaunes de couleur de rouille de fer. Ces couleurs s'éclaircissent 4 mesure qu'on approche du ventre qui est blanchâtre. Ce poisson a une fort grande bouche. Il est bon de faire remarquer que ee qu'on vend pour des langues de morue, et qu'on regarde comme un mets délicat, est formé, non*seulement par la langue, mais encore par toute la partie charnue comprise entre les deux brandies ou os, qui forment la mâchoire inférieure. Les morue», dont on peut admettre la source dans le Nord, se distribuent dans une grande partie de l'Océan. Il y a peu d'endroits dans cette grande mer où l'on ne prenne quelques morues. On prend communément de grosses morues ou cabillauds à l'ouverture de la Manche ou à l'entrée de la mer d'Allemagne; on tend pour cela de grosses cordes par fond garnies d'hahns.

Les ports de France où l'on arme pour la pèche de la morue verte sont Dunkerque, Gravelines, Saiot- Valery* Fécamp, Dieppe, le Havre, Honfleur, Cherbourg, Grandville, Saint-Brieuc, La Rochelle, Saint- Malo, Bordeaux, les Sables-d'Olonne, etc» C'est pria-

cipalement sur le grand banc de Terre-Neuve qu'on s'établit pour pécher la morue qu'on prépare en vert. Le temps le plus favorable pour cette pèche, comme pour toutes celles aux haims, est quand le ciel est couvert, et qu'il n'y a point de moture. Le choix des appâts est une chose très-importante pour faire proprement une bonne pèche. Rien n'est plus vorace que les morues, surtout celles du grand banc,peut-étre à cause de l'énorme quantité qui s'y rendent. Quand elles sont affamées, elles avalent tout ce qui tombe à la mer. On a trouvé, comme on Ta dit, dans leur estomac des manigots ou mitaines, des couteaux, des pierres, et quoique gorgées de poissons, elles se jettent quelquefois sur des haims qui ne sont point garnis d'appâts; ainsi à l'arrivée des bâtiments, il suffit de leur présenter un leurre, tel qu'un morceau d'étain ou de plomb imitant très 'grossièrement la forme d'un poisson : on a seulement soin qu'il soit brillant; c'est pour cela que quelques-uns étament ceux de plomb. D'autres fois le leurre n'est autre chose qu'un morceau de drap de quelque couleur éclatante; mais souvent les morues refusent de mordre à ces appâts ; c'est pourquoi les pécheurs leur présentent des morceaux de viande salée ou de lard, qui, ayant souffert quelque altération, ne sont point propres à la nourriture de l'équipage, des maquereaux qu harengs salés qu'on emporte dans des barils. Les maquereaux étant plus gros que les harengs, ils ont l'avantagedepouvoir

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